18 décembre 2004

Motoneige et développement durable

André Désiront

La pratique de la motoneige est-elle soluble dans le développement durable ? Le récent jugement qui a poussé une MRC des Laurentides à interdire l'accès du parc Linéaire du P'tit train du nord aux motoneigistes risque de coûter cher aux entreprises touristiques de la région. Dans plusieurs autres parties du Québec, les résidants riverains des sentiers envisagent déjà le recours aux tribunaux afin d'obtenir la paix et, subséquemment, quelques dédommagements financiers.

Or, la province déploie le plus grand réseau de sentiers de motoneige au monde - 33 700 kilomètres. À cet égard, elle fait figure de leader avec le Nouveau-Brunswick. Chaque année, 58 000 étrangers (Américains en tête, suivis par les Européens et les Ontariens) viennent injecter des millions de dollars dans notre économie. Sans compter que 410 000 Québécois s'adonnent également à la pratique du vroum-vroum des neiges, dépensant au passage de jolies sommes dans les restaurants et les établissements d'hébergement établis à proximité des pistes.

Mais la collectivité québécoise a peut-être un autre choix que celui qui consisterait à trancher entre les retombées économiques et les droits des riverains à la paix. Le Réseau de veille en tourisme de l'UQAM vient de publier un bulletin traitant de deux cas où les résidants établis en bordure des sentiers et les clubs de motoneigistes ont trouvé des terrains d'entente à leur mutuelle satisfaction et à celle de l'économie locale.

Le premier concerne la communauté de la région de Funäsdalen dans le nord de la Suède. Les adeptes de la motoneige y empoisonnaient l'existence des riverains d'un réseau de 456 kilomètres de sentiers. Les autorités locales ont réuni les représentants des deux parties et les ont incités à créer une corporation pour gérer le tracé des sentiers et les accès.

La même corporation a réglementé la pratique de manière à permettre aux adeptes de s'adonner à leur sport sans agresser les résidants à coup de décibels et sans empiéter sur les sentiers de ski de fond. Cette initiative a été orchestrée sous la supervision du ministère suédois de l'Environnement et de l'Union européenne dans le cadre d'un programme visant à développer le tourisme dans une optique de développement durable.

Plus près de nous, dans l'État du Maine, où les clubs de motoneigistes entretiennent 4000 kilomètres de sentiers, les propriétaires riverains ont commencé à renâcler dès les années 1970. Le Department of Conservation (DOC) de l'État a contraint les deux parties à trouver un terrain d'entente. Propriétaires et motoneigistes ont du se mettre d'accord sur le tracé des sentiers qui, aujourd'hui, se déploient à une distance respectable des résidences. Un système de droits d'immatriculation perçus par l'État a permis d'alimenter un fonds servant à défrayer les coûts de réaménagement des sentiers.

Moralité, selon le Réseau de veille : il y a moyen de trouver des terrains d'entente.


page mise en ligne le 18 décembre 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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