17 d�cembre 2004
Message du gouvernement du Qu�bec aux citoyens : vous pouvez d�fendre vos droits devant les tribunaux... mais pas trop.
On a eu tellement peur de tuer 1'�industrie� de la motoneige, � Qu�bec, qu'on vient d'adopter une loi � peu pr�s sans pr�c�dent, exorbitante, extravagante. Il sera interdit pour les deux prochaines saisons de motoneige de s'adresser aux tribunaux pour se plaindre du bruit infernal que font les motoneiges dans certaines zones habit�es. Quelles que soient les circonstances.
Fermez-la, citoyens, de toute mani�re, il y a tellement de bruit, on ne vous entend pas ! Pire : la loi englobe les causes dont les faits remontent jusqu'� 2001. Une loi cadenas et r�troactive. On rassure les gens qui donnent � trois m�tres des pistes de motoneige : il y aura un couvre-feu entre 23 h et 6 h (vous vous parlerez la nuit), les pistes pr�s des habitations auront une limite de vitesse de 30 km/h (respect�e en tout temps, bien s�r) et il y aura de vastes consultations.
Ce sera aux municipalit�s de faire les ajustements n�cessaires dans chaque r�gion.
Mais justement, s'il y a des recours devant les tribunaux, c'est qu'il y a, en grande quantit�, des motoneigistes qui se foutent des r�glements, des couvre-feux et des limites de vitesse. S'il y a eu des poursuites, c'est que les MRC et les municipalit�s, dans bien des endroits, ne veulent surtout pas nuire � l'industrie touristique, et laissent faire. De toute mani�re, on n'a jamais les ressources pour surveiller les pistes.
Croyez-vous que, soudainement, tous ces gens deviendront civilis�s ? Quand on sait que, pendant des ann�es, les autorit�s ont envoy� promener les r�sidants qui viennent d'obtenir la fermeture d'un tron�on de la piste du Petit Train du Nord, on est saisi de doutes...
Cette loi vient dire aux autres personnes qui se font r�veiller par les motoneiges qu'elles ont moins de droits. Elles devront endurer, elles.
On en arrive � une application in�gale de la loi. Et � une confiscation totalement abusive des droits des citoyens que rien ne justifie, sinon une panique r�cr�o-touristique. On n'est pas devant une horde de juges qui tirent sur des motoneiges ! Si la juge H�l�ne Langlois a fait fermer cette piste, c'est que la preuve scientifique supportait la pr�tention des r�sidants : on leur imposait des inconv�nients totalement anormaux. Les juges ne sont pas fous, ils ne s'amusent pas � tuer le tourisme pour le plaisir de la chose. Ils entendent les deux parties, p�sent les arguments, d�cident selon le droit. Ce n'est pas pour rien qu'il n'y aura pas d'appel du jugement Langlois : c'est perdu d'avance.
Le plus exquis de l'affaire est que l'opposition p�quiste a aid� le gouvernement Charest � passer � la vapeur cette loi. Soyez assur� qu'il y a plus de voteurs motoneigistes que de voteurs riverains. Plus de dollars touristiques que de dollars de taxes de gens importun�s.
O� �tait le gouvernement pendant toutes ces ann�es ? Le Qu�bec est-il si petit qu'on ne puisse pas faire des routes de motoneige sans passer dans la cour des gens ? L'industrie est-elle � ce point arri�r�e qu'elle ne peut pas produire des mod�les moins bruyants ?
Questions nulles et non avenues.
Il semble dans ce pays qu'on manque terriblement d'imagination pour faire de la motoneige sans pollution extr�me. Heureusement, on ne manque pas de lois !
Il est loin d'�tre certain que la manoeuvre soit constitutionnelle. Faire deux cat�gories de victimes de la pollution, suspendre les pouvoirs - constitutionnels - des tribunaux, cela sent l'abus de droit, l'ill�galit� et, pourquoi pas, l'inconstitutionnalit�.
Cela sent assur�ment l'ill�gitimit�, en tout cas.
Il semble surtout assez clair que pour prot�ger les droits des citoyens, quand ils sont minoritaires, il ne faille pas trop compter sur nos �lus.
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Note du webmestre : Pr�cisons que la section de la piste du P'tit Train du Nord que la juge Langlois a rendu inacessible aux motoneiges est une des pistes de ski de fond les plus fr�quent�es du Qu�bec.
| La bo�te aux lettres |
La pr�sence des motoneiges qui circulent pr�s de nos r�sidences fait parler beaucoup de gens depuis que la cour a statu� sur l'utilisation de la piste du Petit Train du Nord. Aujourd'hui le 16 d�cembre, Cyberpresse pose la question : � Est-ce que les motoneiges et autres v�hicules r�cr�atifs prennent trop de place dans nos campagnes ? � Il est difficile de croire que le territoire qu�b�cois est trop petit pour permettre de tenir de telles activit�s r�cr�atives tout en respectant la tranquillit� des gens qui y r�sident. Bien que je sois personnellement contre l'usage de ces maudits engins qui vous d�font la colonne vert�brale, vous �crasent les testicules et vous rendent sourd, j'estime que ceux qui jugent que cette activit� est malgr� tout enivrante ont le droit de la pratiquer en toute libert�. Tout est question de respect mutuel. Ce qui g�ne, ce n'est pas la motoneige en soi, c'est la motoneige en arri�re de la maison, et la nuit par dessus le march�. Qu'on balise des sentiers loin des r�sidences et le probl�me sera r�gl�, non ?
Andr� Brunelle
Qu�bec
La grande illusion
Le jugement Langlois �tait tr�s document� et tr�s r�fl�chi. Son point majeur peut se r�sumer ainsi : aucune industrie touristique n'a pr�s�ance sur la sant� et la qualit� de vie des citoyens. Pourtant, suite au lobbying intense que les associations de motoneiges menaient ces derniers jours, le gouvernement vient de donner un tr�s mauvais signal � tous les citoyens qui pouvaient �ventuellement �tre concern�s par ce courageux jugement : � votre droit de vivre en paix et en sant� nous l'abrogeons r�troactivement � d�cembre 2001 et jusqu'� 2006 �. Ainsi la �grande illusion� du d�veloppement durable vient d'en prendre pour son rhume. Nous avons l� la preuve la plus �clatante que pour les MRC, les chambres de commerce, les petits et grands �lus le signe de piastre influence largement leurs d�cisions et que comme eux le petit peuple doit adorer le veau d'or et entrer dans sa tani�re. Aucune commission itin�rante ne viendra changer cette r�alit�.
Jacques L�ger
Morin-Heights
600 M de retomb�es
Voil� un bel exemple d'un gouvernement qui sait agir rapidement. La population des r�gions autres que la m�tropole montr�alaise ne peut �tre priv�e de 600 M de retomb�es �conomiques engendr�es par cette activit� au nom de la qualit� de vie de quelques centaines de retrait�s ayant choisi de se retirer aux abords d'une voie ferr�e.
� quand le recours collectif contre l'a�roport international de Montr�al � force d'�tre matern�s et de sans cesse revendiquer des banalit�s, bon nombre de Qu�b�cois, souvent issus des milieux publics et parapublics, choisissent de militer pour des causes sans fondement et continuent � nier le pouvoir d�mocratique (loi 40) ayant par ailleurs permis ces activit�s. Le Qu�bec est le seul endroit au monde o� la motoneige se pratique gr�ce � l'action b�n�vole. Conna�t-on bien des industries rapportant 600 M par an et qui ne requi�rent aucune subvention ?
Yves Par�
Acton Vale
Quel d�veloppement durable ?
Monsieur Charest,
D�veloppement durable. Il semble que ce soit un mot-clef ces temps-ci. Par contre, les actions de votre gouvernement laissent pr�sager le contraire : refus du ministre Michel Audet de reconna�tre l'urgence d'agir au niveau des for�ts, loi sp�ciale pour permettre aux motoneiges bruyantes et polluantes de faire ce qu'elles veulent, fin du moratoire sur la production porcine dans plusieurs r�gions. Quelle � Belle, Province � allez-vous laisser aux g�n�rations futures ? Un d�sert �conomique non viable ? Est-il encore possible d'avoir un environnement paisible au Qu�bec ? Vous dites que c'est pour le � bien � de l'�conomie des r�gions ? H� bien ! redonnez � l'�conomie � aux gens des r�gions et vous verrez que �a vaut mieux que de donner des subventions aux
grandes entreprises qui, de toute fa�on, ne se pr�occupent pas vraiment du bien-�tre des gens et de leur environnement.
�tienne Gingras
Verdun
page mise en ligne le 17 d�cembre 2004 par SVP

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