28 avril 2004

Myriam Bédard chez Groupaction

Cinq témoignages contredisent LeFrançois

François Cardinal

La médaillée olympique Myriam Bédard n'est pas la seule employée de VIA Rail à avoir travaillé chez Groupaction alors qu'elle continuait à percevoir son salaire du transporteur ferroviaire. Au moins un autre employé de la société ed'État a eu droit à un tel transfert.

Le rapport de 112 pages de l'arbitre en droit du travail Michel G. Picher, que La Presse a pu consulter dans son intégralité hier, contient le témoignage de cinq personnes qui confirment que Mme Bédard a été transférée chez Groupaction pour une « formation ».

Or, le 26 février dernier, M. LeFrançois, alors président de VIA Rail, soutenait dans une entrevue avec La Presse qu'aucun employé de la société d'État n'avait séjourné chez Groupaction, une des firmes éclaboussées car le rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser.

« À ma connaissance, jamais (un employé de VIA n'a travaillé chez Groupaction), avait-il répondu. C'est pour ça que je suis renversé de vous entendre et je vous invite à l'extrême prudence parce que vous êtes en train de vous faire amener à la pêche.»

Le rapport de l'arbitre Picher contient plus d'une demi-douzaine d'entretiens réalisés au cours des denières semaines, dont un avec Jean Brault, président de Groupaction. Soutenant que l'ex-biathlonienne a « du talent pour la réalisation de publicités », ce dernier confirme le passage au sein de sa firme pendant plusieurs semaines de Mme Bédard, qui devait « être initiée aux activités de son agence de marketing ».

On y ajoute même : « Avant l'affectation de Mme Bédard à Groupaction, un autre employé du Service du marketing de VIA Rail était venu suivre la même formation pendant environ un mois. »

Les témoignages contenus dans le rapport confidentiel de l'arbitre nous éclairent également sur les circonstances entourant le départ de Myriam Bédard de VIA Rail, où elle occupait un poste au sein de l'équipe de marketing. M. Picher conclut que celle-ci « a librement et volontairement présenté sa démission ». VIA refuse du coup de lui redonner son emploi comme elle le demande.

Rappelons que Mme Bédard dit avoir été forcée de démissionner, alors que M. LeFrançois soutient qu'elle est partie de son plein gré. Selon les propos rapportés par M. Picher, la double médaillée olympique a mis sur pied sa propre entreprise et a ensuite indiqué son souhait de quitter VIA Rail, non sans honorer ses divers contrats de diffusion pour les Jeux olympiques de Salt Lake City, quelques semaines plus tard.

« C'est dans ce contexte, a affirmé (M. LeFrançois) qu'il lui a indiqué qu'elle devrait démissionner immédiatement. »

Par ailleurs, M. Picher soutient que Mme Bédard s'est placée en situation de conflit d'intérêts en octroyant elle-même à une entreprise qu'elle avait fondée avec son conjoint divers contrats de VIA Rail alors qu'elle y travaillait toujours. Cela se serait fait à l'insu des dirigeants de la société, peut-on lire.

Or Mme Bédard, rencontrée hier dans ses bureaux du centre-ville, a montré à La Presse différentes factures imputées à sa firme, In Marché, signées par deux patrons de VIA, Keith Moulton, directeur des programmes nationaux, et Steve Del Bosco, vice-président du marketing. « Lorsque je travaillais chez VIA, ils ont approuvé toutes les factures», a- t-elle dit.

À son avis, cela prouve que les conclusions de M. Picher sont truffées d'erreurs. Elle rejette d'ailleurs la totalité des conclusions du rapport et entend préparer, à partir des témoignages contenus dans ledit document, ses propres conclusions.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Qui sur SVP?

Hosted by www.Geocities.ws

1