14 décembre 2003

L'industrie du ski
pourrait souffrir grandement
du réchauffement climatique

OTTAWA (PC) - Une nouvelle étude effectuée par le Programme des Nations unies pour l'environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l'industrie du ski.

Dennis Bueckert

Selon des chercheurs de l'Université de Zurich en Suisse, les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir dans les prochaines années. Même en tenant compte de la technologie actuelle pour la fabrication de la neige artificielle, les centres de ski de l'est du Canada pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32 pour cent d'ici 2050.

"Les changements climatiques vont forcer les amateurs de sports d'hiver à aller de plus en plus au nord ou de plus en plus haut dans les montagnes pour s'adonner à leurs activités favorites", affirme le principal chercheur de l'étude, Rolf Burki.

"Pendant que les centres de ski à basse altitude sont confrontés à la banqueroute, la pression pour la construction de nouveaux centres et de nouvelles voies d'accès augmentera substantiellement plus au nord, dans des secteurs où l'environnement est fragile."

Selon M. Burki, le réchauffement climatique affecte déjà les opérations dans certains des centres les plus populaires au monde, comme en Suisse, où 15 pour cent d'entre eux font état d'un manque de neige. Les centres italiens éprouvent également des problèmes majeurs à ce chapitre alors qu'en Autriche, on s'attend à ce que la zone de précipitations de neige monte de 200 à 300 mètres d'ici 30 à 50 ans.

Les opérateurs de centres canadiens sont conscients du problème mais ne croient pas qu'ils seront véritablement affectés pour des années encore, affirme Colin Chedore, président du Conseil canadien du ski.

"On ne devrait pas avoir de problème en haute montagne, mais plus bas, il faudra fabriquer de la neige, ce qu'on fait déjà, dit-il. Nos équipements pour fabriquer de la neige sont extraordinaires en Ontario, au Québec et dans les Maritimes."

Les équipements modernes peuvent couvrir un acre sous un pied de neige en une heure, ajoute-t-il. "Si vous visitiez certains de ces centres, vous verriez probablement des centaines de milles de tuyaux. On dirait des raffineries où l'on a investi énormément pour les pompes et compresseurs."

Mais M. Chedore reconnaît que toute cette technologie est inutile si la température monte au-dessus du point de congélation.

D'autre part, selon la recherche suisse, le réchauffement climatique augmentera le risque d'avalanches au-dessus de 2000 mètres.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques estime que la température globale moyenne de la planète augmentera de 1,4 à 5,8 degrés Celsius d'ici 2100 si rien n'est fait pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre.


page mise en ligne le 14 décembre 2003 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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