LE SPORT SCOLAIRE : LE ROLE DES PARENTS

 

                                                                                 Henri WITTORSKI

 

Je pense qu’il est tout à fait inutile de vous rappeler que les activités physiques contribuent largement à une amélioration générale du bien-être et qu’elles favorisent les apprentissages intellectuels.

 

J’insisterais plus particulièrement sur le fait que les professeurs d’éducation physique et les animateurs sportifs parmi vous contribuent largement à faire acquérir de bonnes habitudes d’hygiène durant toute la vie. En effet, dans le domaine de la santé, l’adulte est largement conditionné par les habitudes prises durant l’enfance ou l’adolescence. J’ai relu les résultats d’une enquête parue dans le « Livre Blanc sur la condition physique des jeunes en Belgique », publié en 1991 par la « Fondation Roi Baudouin » : 72 % des jeunes (soit ¾) qui sont « physiquement très actifs » à 16 ans, continueront à pratiquer un sport à l’âge adulte. Par contre, à peine 24 % des jeunes (soit ¼) qui étaient inactifs à l’âge de 16 ans pratiqueront un sport à l’âge de trente ans.

 

Dès lors, la responsabilité des éducateurs (parents, enseignants, animateurs, …) est primordiale dans ce domaine. Nous pouvons, ensemble, faire germer, chez les enfants, des bonnes habitudes qui contribueront à leur bien-être durant toute leur vie.

 

Il nous incombe, en effet, en tant que parents et éducateurs,  de compenser l’insuffisance du temps consacré à l’éducation physique durant les périodes scolaires. Dois-je vous rappeler que l’école ne consacre, en moyenne, que  100 minutes par semaine à l’éducation physique, qui comprennent la durée passée au vestiaire avant et après le cours, l’attente avant d’accéder aux engins, le trajet pour se rendre à la piscine. Le cours d’éducation physique occupe,  au grand maximum, 60 heures sur une année scolaire, mais il apparaît que l’enfant ne prend part véritablement à des activités physiques que durant un temps bien plus limité.

 

Les principales attentes des parents

 

C’est donc au secteur parascolaire et aux parents, aidés et soutenus par les pouvoirs publics, que revient la tâche de motiver les enfants à la « pratique sportive démocratique », comme l’avait demandé l’UFAPEC dans son « Mémorandum 1999 » adressé au gouvernement de la Communauté française.

 

La FNSEL  contribue, depuis 50 ans, à développer cette « pratique sportive démocratique ». Et je me permets d’insister sur l’importance de chaque mot : les parents demandent que la priorité soit accordée aux activités qui favorisent   « le sport pour tous », c’est-à-dire, la sensibilisation de tous les jeunes à la nécessité de l’exercice physique.

 

Les parents demandent aussi que l’attention soit consacrée aux  jeunes qui ne recherchent pas nécessairement la performance mais qui sont animés du désir de trouver du plaisir dans l’activité sportive.

 

Les parents demandent donc qu’une attention  particulière soit portée à la mise en œuvre des qualités humaines et morales, qui trouvent un terrain particulièrement favorable à leur développement dans la pratique sportive.

 

Quant aux compétitions sportives, il faudrait veiller à ce qu’elles constituent un stimulant pour tout le monde et qu’elles ne valorisent pas uniquement les plus forts et les plus doués. Les parents souhaitent que les compétitions encouragent plutôt des valeurs tel que le goût de l’effort, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, la solidarité, le fair play, etc.

 

La collaboration FNSEL-UFAPEC

 

Un anniversaire est toujours l’occasion de formuler des vœux, a fortiori, pour un 50 e anniversaire. Ceux que nous formulons sont destinés à intensifier notre collaboration avec la FNSEL.

 

Si le départ de quelques anciens (Jean Demarteau, notamment, qui fut une cheville ouvrière) a un peu relâché le lien entre nos deux associations, nous saisissons l’occasion pour les retendre par cinq actions, dans trois domaines différents.

 

Afin de promouvoir les activités sportives des enfants d’une part, nous annonçons, dès maintenant, les activités de la FNSEL dans les différentes publications de l’UFAPEC. Cela devrait permettre aux parents de motiver leurs enfants. D’autre part, nous proposerons aux responsables des associations de parents et des fédérations régionales d’aborder le thème de la pratique sportive lors des réunions de parents.

 

Afin de promouvoir les activités sportives à l’école d’abord, nous attirerons l’attention des parents au Conseil de participation sur les possibilités qu’offre le rapport annuel d’activités. Celui-ci prévoit d’établir « le bilan des initiatives prises en matière de promotion des activités sportives, notamment, en collaboration avec les associations sportives implantées dans la zone de l’école ». Ensuite, nous suggèrerons que chaque association de parents ait un relais FNSEL pour instaurer ou développer la participation aux activités proposées.

 

Et enfin, pour développer la collaboration entre l’UFAPEC et la FNSEL, nous sommes d’ores et déjà attentif à assurer la représentation des parents dans les différents organes communautaires et provinciaux de la FNSEL.

 

Notre « Mémorandum 99 » fut l’occasion de rappeler aux pouvoirs publics notre souhait de les voir soutenir davantage encore les initiatives prises dans le domaine sportif, en premier lieu,  par des campagnes médiatiques de sensibilisation à l’importance de l’éducation physique et de l’initiation sportive des jeunes. En second lieu, en développant les infrastructures sportives et en les rendant financièrement accessibles à tous.

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

La pratique du sport dès le plus jeune âge contribuera à améliorer la condition physique de la population dans notre société où les loisirs ont tendance à être plutôt sédentaires.

 

C’est surtout aux parents que revient le rôle de communiquer aux enfants – et, si possible -  de partager avec eux,  le goût de l’exercice physique. Mais la famille a besoin d’être aidée, par l’école, par le secteur parascolaire, et par un soutien des pouvoirs publics.

 

Grâce à ce partenariat, il sera possible d’offrir aux enfants les bases d’un développement harmonieux.

 

Maxime de Juvénal, poète latin, disait déjà, au début du premier millénaire : « L’homme vraiment sage ne demande au ciel que la santé de l’âme avec la santé du corps ».

 

Je vous remercie de votre attention.

 

Henri WITTORSKI

Président de l’UFAPEC

 

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