PUBLICITÉ
ET SEXISME
La publicité commerciale a
pour seul objectif d’accroître les ventes d’un bien ou d’un service.
Pour atteindre ce
but, les publicités associent
un produit (ou le nom d’une entreprise) à des messages (images, sons, mots)
destinés à susciter un désir d’achat.
Ces messages ont d’autres conséquences. Ils imposent
massivement certaines
conceptions du monde et des rapports entre les êtres humains, sans que le public puisse réagir efficacement.
Or ces messages sont, pour une part, sexistes.
En effet, certains
constituent des appels à la
discrimination, au mépris ou
à la violence envers les
femmes.
D’autres représentent, en
les légitimant et en les valorisant,
des stéréotypes sexistes et
réactionnaires sur les hommes (comportements machistes) et sur les femmes (injonction à la soumission)
D’autres encore utilisent
des images de nudité (féminine
en général) ou des
allusions sexuelles sans rapport avec le produit.
Comment les citoyens pourraient-ils
exercer leur liberté de pensée, alors qu’ils n’ont
la possibilité d’échapper à la publicité
ni dans l’espace
public : affiches dans les
rues, au bord des routes, sur
les abribus, dans le métro et sur les autobus, sur certains taxis et voitures ; mise à disposition de cartes dans des commerces, vitrines, annonces sonores dans les magasins…
ni dans les médias : films publicitaires à la télévision et au cinéma, annonces à la radio et dans la presse, pop-up sur les sites
internet ?
Dans une société de débat démocratique, ne serait-il pas équitable que le législateur garantisse au public agressé par
les messages publicitaires, et en particulier
par les messages sexistes, des moyens
efficaces pour se défendre,
notamment la possibilité d’exercer un droit de réponse ?
La disproportion est en effet considérable entre la puissance économique de l’industrie publicitaire, et la
force principalement morale des groupements
qui travaillent à faire prendre conscience des dangers du
sexisme. Un gouvernement soucieux de mettre en œuvre la parité se doit de prévenir la diffusion de messages sexistes.
La loi française sur le racisme de 1972 a fait évoluer les mentalités. Le racisme et l’antisémitisme
n’ont pas disparu des esprits, mais leurs
manifestations sont réprimées,
et un travail permanent de pédagogie est mené à
l’échelle nationale.
Qu’attend-on pour lancer une
action de grande ampleur contre le sexisme ? Des mesures de prévention sont indispensables
pour que soit enfin perçu le caractère intolérable des violences sexistes.
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Utilité et Dangers de la publicité |
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Internet et
TV
Internet est devenu un autre moyen de rassembler des données sur les plus jeunes. En 1998, une étude du
gouvernement américain montrait que 89% des sites webs destinés aux enfants demandaient des informations personnelles aux surfeurs en herbe, tandis que
1% seulement de ces sites requerrait une autorisation parentale avant de fournir ces informations. Un personnage sur
le site de McDonald expliquait aux enfants que Ronald McDonald était « l’autorité ultime pour tout ». Le site web les encourageait à envoyer un e-mail à Ronald en y notant leur menu favori, leur livre
favori, leur équipe de sport favorite – et leur
nom. Depuis avril 2000, et
le passage d’une loi de
protection de la vie privée des enfants
sur internet, ces méthodes marketing sont interdites sans l’autorisation
des parents.
Malgré le développement d’Internet, la télévision reste le média privilégié des publicitaires pour
enfants. Les effets
des pubs-télé ont longtemps été sujet
à controverse. De nombreuses études montrent que les jeunes enfants ne savent
pas faire la différence entre
les programmes télé et la pub. Ils ne peuvent
également pas saisir l’objet d’une annonce,
et prennent pour dit ce que la publicité
explique. Michael Pertschuk,
directeur de la FTC, un organisme
fédéral qui, en 1978, essaya
de bannir les pubs pour enfants
du paysage audiovisuel américain, explique que ces
derniers ont besoin d’être protégé des annonceurs
qui font leur proie de leur immaturité. « Ils ne peuvent pas se protéger eux-mêmes », dit-il,
« face à des adultes
qui exploitent leur sensibilité du moment. »
La proposition de la FTC, supportée par plusieurs associations de parents, de pédiatres,
ou de consommateurs, fut attaquée par l’association nationale des télédiffuseurs, par les fabricants de jouets,
et par l’association nationale des publicitaires. Les groupes industriels exercèrent une pression sur le Congrès pour empêcher toute restriction sur les pubs
pour enfants, et intentèrent
une action en justice pour empêcher
Pertschuk de participer aux
futures réunions de la FTC sur
le sujet. En avril 1981, 3 mois après l’élection du républicain Ronald Reagan, un
communiqué de la FTC annonçait qu’une
interdiction de la publicité pour enfants
serait irréalisable, tuant dans l’oeuf
la proposition. « Nous sommes ravis de la recommandation raisonnable de la
FTC » déclara le directeur
de l’association national des télédiffuseurs.
Depuis, les publicités pour enfants défilent sur les télés. Un enfant américain passe en moyenne plus de temps –
21 heures par semaine – devant la télé que pour toute autre activité. Sur une année,
il ingurgitera
en moyenne 30,000 publicités.
Même les plus jeunes ne sont pas épargnés : environ un
quart des enfants entre 2
et 5 ans ont une télé dans
leur chambre.
Publicité: situation pas meilleure
en
Les députés avaient prévu de mettre les industriels de l'agroalimentaire
au régime. Plus de distributeurs de confiseries et de sodas dans les établissements scolaires, et des
messages sanitaires obligatoires
après chaque pub pour des produits
déséquilibrés dès septembre 2005. Vendredi, et trois mois
de lobbying plus tard, les sénateurs
ont redonné quelques biscuits aux industriels.
Et ce, en dépit des avis de l'Agence française de sécurité de sanitaire des aliments (Afssa).
Les distributeurs d'aliments
et de boissons seront bel et bien
admis dans les établissements. Et les annonceurs pourront s'abstenir de messages sanitaires
s'ils versent une contribution à l'Institut national de prévention
et d'éducation de la santé (Inpes).
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