PORTRAIT DE MONICA BELLUCCI
Par Thomas Carret
La maîtresse
de cérémonie de ce 56ème
festival de Cannes est à l'affiche du film évènement de cette édition 2003, "Matrix Reloaded", signé par les frères Wachowski, présenté hors compétition aujourd'hui, et qui
sort dans toutres les salles françaises, demain vendredi 16 mai.
Les sirènes du grand écran incitent beaucoup de célébrités à se lancer dans l'aventure. Ces dernières
années, ce
sont les tops-modèles qui ont le plus tenter leur chance dans la comédie. Mais si
les prétendantes sont nombreuses, peu réussissent à durer, et à se faire une vraie place.
Naomi Campbell, Claudia Schiffer, ou Cindy Crawford, ont pour l'instant
vainement essayé... Laetitia Casta grignote lentement du terrain à force d'un vrai travail d'apprentissage.
Parmi ces icônes de la
mode, Monica Bellucci se taille
progressivement une vraie légitimité. De film en film, sa cote de popularité s'accroît et la reconnaissance de ses
pairs en même temps.
Après ses débuts dans le mannequinât, Monica Bellucci s'oriente vers la comédie et c'est Dino Risi qui lui permet
de tenter sa chance un
première fois, dans un téléfilm italien, « Vita coi fligi », en 1990. Son premier rôle important, c'est sous la direction de Franceso Laudadio qu'elle le tourne, en 1991, dans « La riffa ». La
chance lui sourit en 1992 lorsque Francis Ford Coppola, en personne,
la repère et lui offre un petit rôle dans sa
version de « Dracula ». Sans bruit, à force de
travail, elle regarde, écoute, apprend, pour, film après
film, démontrer que sa présence
au cinéma n'est pas qu'un effet de mode.
Quelques films italiens plus tard, Monica débarque en France
pour tourner « L'appartement
», en 1996, sous la direction de Gilles Mimouni. Son personnage, peu présent à
l'écran, mais essentiel dans l'histoire, irradie tout le
film....
Son regard, ses mystères,
ses mouvements, lui valent notre
fascination et une reconnaissance du
public français. Elle s'impose
en un film, aux côtés de la
non moins troublante Romane Bohringer, et a comme partenaire un certain
Vincent Cassel, qu'elle va retrouver sur
plusieurs autres aventures, et qu'elle épousera quelques temps après.
Elle enchaîne
ensuite avec « Doberman », de Jan Kounen,
avec Vincent Cassel, puis «
Mauvais genre » , de Laurent
Bénégui.
Elle alterne
ensuite films français et italiens, avant
de reprendre le rôle de Romy Schneider, dans le remake de
« Garde à vue », « Under suspicion », de Stephen Hopkins, en l'an 2000.
Elle est depuis abonnée aux films phares de ces dernières années...
Christophe Gans l'emmène dans l'aventure
du « Pacte des loups », avant qu'Alain Chabat, en 2001, lui fasse totalement
changer de registre, avec sa
composition décalée de Cléopâtre
dans « Astérix et Obélix, mission Cléopâtre ».
Du mystère à la comédie, en passant par la noirceur de certaines de ses apparitions, Monica Bellucci élargit de film en film son registre,
et affirme un talent qui ne
peut que faire taire ses détracteurs...
Son rôle
de femme violée dans « Irréversible », de Gaspard Noé, a fait sensation, et provoquer un scandale quelque peu artificiel.
Mais Monica se joue de ces polémiques et
préfère défendre une histoire banalement sordide, dérangeante.
A l'affiche
de la suite de « Matrix » cette année,
présenté hors compétition à Cannes, Monica Bellucci poursuit son chemin, sans se soucier des oiseaux de mauvaise augure. Elle souhaite ne pas être qu'un objet
de tentation, mais veut exister par son travail et son talent.
A 35 ans,
Monica Bellucci s'est d'ores et déjà affirmée
comme une comédienne à part entière, audacieuse et sensible.
