PORTRAIT DE CLINT EASTWOOD
Par Thomas Carret
Clint Eastwood est aujourd'hui
en compétition dans la sélection officielle avec "
Véritable légende vivante, Clint Eastwood affiche une filmographie impressionnante, traversant les
époques et les genres. Acteur mythique,
réalisateur de premier plan, Clint Eastwood entre dans le cinéma
grâce à l’armée.
Après avoir fait des tas de boulots, comme mécaniciens ou bûcheron, le jeune homme, originaire
de
Les Studios Universal ont choisi sa caserne comme décor d’un
film. Eastwood en profite pour prendre
des contacts et s’embarque
pour l’aventure hollywoodienne
sitôt la quille venue. Il commence par des petites apparitions dans
des séries Z, avant d’être choisi pour incarner un cow-boy dans une série
télévisée.
250 épisodes
où il
apprend patiemment son
métier. Une persévérance
qui lui vaut d’être remarqué par un réalisateur italien, un certain
Sergio Leone, qui met en chantier une
trilogie…
Un western à grand
spectacle, tourné en Espagne.
Il est un cow-boy solitaire
au cœur d’un affrontement entre deux clans rivaux, dans « Pour une poignée de dollars », en
1964. Le succès est
tel, que le chasseur de
prime revient par deux fois… « Et pour quelques
dollars de plus », et « Le bon, la brute et le truand
», contribueront à forger l’image d’Eastwood. Un loup solitaire, au teint buriné, au regard lumineux.
Le mythe
est né,
et la superstar avec. Mais à
La critique, et aussi le public, ne faisant pas la part des choses entre le personnage et le comédien. La même année, il passe à la réalisation… Son premier film,
« Un frisson dans la nuit
», est un thriller tendu, où un animateur
radio vit une orageuse relation avec une auditrice fidèle. Ce premier essai dévoile un réalisateur
de talent, mais le succès n’est pas au rendez-vous.
Il alterne ensuite films policiers et
western… « L’homme des hautes
plaines », qu’il réalise en 1972, tout comme « La
sanction », en 1975. Avec « L’inspecteur ne renonce jamais
», réalisé par James Fargo, en 1976, son personnage de Harry revient avec succès.
Après « L’évadé d’Alcatraz », autre réussite signée Don Siegel, Eastwood aborde
la décennie 80 en multipliant
les réalisations. Si « Bronco Billy » ou « Firefox » révèle sa
maîtrise des films d’aventures,
avec « Honkytonk man » en 1982, c’est
son goût pour la musique qu’il laisse transparaître
avec ce portrait d’un chanteur
de blues, gravement malade,
en quête d’un dernier succès.
La virtuosité d’Eastwood y est éclatante…
Il est alors
reconnu comme un véritable auteur.
Il signe
ensuite un nouvel épisode des aventures de l’inspecteur Harry, incarne d’autres policiers, avant de réaliser « Pale Rider »,
en 1985, un western qui aura l’honneur d’être présenté à Cannes. Le réalisateur prend alors le pas sur le comédien, même s’il continue d’être présent à l’écran.
Son sens de l’image impressionne à chaque œuvre. « Bird » en 1987, marque cette tendance.
Un touchant portrait du saxophoniste de jazz Charlie Parker, injustement
délaissé par les jurés de
Cannes, qui décernent tout de même
le Prix d’interprétation à
Forest Whitaker. La sensibilité du
roc Eastwood transparaît également
dans « Chasseur blanc, cœur
noir », un hommage au cinéaste
John Huston sur le tournage
d’ « African Queen ».
L’image désastreuse d’Harry est ensuite
définitivement gommée avec
« La dernière cible », qui clôture la saga, mais surtout avec « Impitoyable », qu’il réalise en 1992, un western
sur la violence et la rédemption,
couronné de deux oscars, celui de meilleur réalisateur et de meilleur film. Eastwood nous offre ensuite le très beau « Un monde parfait », avec Kevin Costner, une histoire d’amitié entre un tueur
en fuite et un jeune garçon…
Puis il signe
une belle romance, « Sur la
route de Madison », où il est un photographe solitaire, travaillant pour le National Geographic, qui tombe sous le charme
d’une belle fermière, incarnée par Meryl Streep. La soixantaine sonnée, une passion amoureuse, rafraîchissante.
Antipathique à une
époque, Eastwood prend le contre
pied dans ses
dernières réalisations en combattants les préjugés contre les homosexuels, dans « Minuit dans
le jardin du bien et du mal », ou en lançant un plaidoyer contre la peine de mort dans « Jugé coupable ».
Drames, aventures, policiers, romances, il
touche à tous les genres avec autant de réussite, pour peindre un
portrait sans concession de la civilisation américaine.
Fin observateur
des comportements de ses contemporains, il a su transposer
à l’écran ses convictions avec talent… Avec «
Il nous touche,
en tous cas, nous, spectateurs, par sa sensibilité, empreinte d’engagements et de nostalgie.