Question
Qu'est-ce que la société
"adolescentrique" ?
Réponse
Certains auteurs estiment que la société et
singulièrement la famille ont adopté dans notre société post-moderne un
comportement de type adolescent.
Quelques explications.
- Erikson décrit l'adolescence commme une sorte de "moratoire" entre
l'enfance et l'âge adulte. C'est un temps oů "l'irréversible est
reporté à plus tard".
- Aujourd'hui, non seulement ce éttat tend à se prolonger dans les faits
(élévation continue de l'âge auquel les enfants quittent le foyer parental, de
l'âge à la première cohabitation, de l'âge auquel la formation est achevée, de
l'âge au premier mariage, de l'âge à la naissance du premier enfant) mais il
devient une sorte d'idéal pour de nombreux adultes. C'est ce que l'on a appelé
la société "adolescentrique".
- Cet état est en grande partie coonditionné par l'impossibilité d'accomplir des
choix car une contradiction est souvent ressentie entre la nécessité du choix
et la répulsion qu'il suscite. Choisit-on, il y aurait là une aliénation d'une
partie de soi. Ne choisit-on pas, décide-t-on de demeurer dans le réversible,
on renoncerait alors à une part de la réalité qui exige un engagement à long
terme. De toute manière, l'angoisse est dominante, car liée tant à un choix qu'à
son impossibilité.
- Traditionnellement, les biographhies étaient scandées par une série de
ruptures: rupture par le mariage entre le célibat et les responsabilités
familiales; rupture aussi entre le légitime et l'illégitime, qu'il s'agisse
d'union et de filiation; ruptures dues au rang, à la parenté, aux statuts. Les
seuils avaient une double fonction: dans le présent, ils rendaient une
situation incompatible avec les autres; dans le temps, ils marquaient les
points d'irréversibilité. Les seuils introduisaient donc celui qui le
franchissait dans une situation nouvelle, distincte et en quelque sorte
définitive. C'est à l'arasement progressif de ces seuils que nous assistons
aujourd'hui.
- Autrefois vécus comme des étapess obligées, comme autant de rites initiatiques
auxquels la société participait dans sa dimension collective, les choix
apparaissent aujourd'hui comme fondamentalement terrifiants. Nous exigeons de
décider de notre histoire, mais nous sommes terrorisés par l'idée męme du
définitif. Ainsi, toute la vie se passerait sous le signe d'une jeunesse qui se
prolongerait bien au-delà de la maturité. Le vśu profond de beaucoup est
finalement que rien ne se passe, que les confins entre les diverses situations
soient larges et flous et les passages d'un état à l'autre lents et
insensibles. Cette volonté de mélange des genres et de réversibilité des
démarches correspond à une interrogation plus générale: celle de l'identité,
caractéristique elle aussi de l'adolescence.
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Le besoin d'ętre![]()
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Passage obligé entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescence ouvre vers de
larges horizons inconnus, parsemés d’embûches : affirmation de soi, choix d’une
orientation professionnelle, découverte de la sexualité, etc. En męme
temps, elle s’accompagne du renoncement à l’enfance et d’un détachement envers
les parents. L’adolescent(e), disait
Françoise Dolto, est comparable au homard qui, une fois sa coquille tombée, est
obligé d’aller se cacher sous les rochers, le temps de sécréter une nouvelle
coquille. Vulnérable à toute sortes de sollicitations, l’adolescent(e) tend
alors parfois à compenser son manque de défense par des changements d’attitudes
soudains et variés, des comportements excessifs, voire déviants. Les tumultes de l’adolescence, associée
parfois à un âge ingrat, font des ados une sorte de groupe social « à part »,
peut-ętre oublié, avec lequel les parents, mais aussi les éducateurs et la
société en général, ne savent pas trop bien comment communiquer. Pourtant,
cette période délicate est celle au cours de laquelle le jeune bâtit pas à pas,
en trébuchant parfois, son autonomie affective et relationnelle. L’adolescent n’est pas seul dans cette
traversée incertaine. Souvent, cette période constitue une phase de profonde
remise en question pour la famille toute entière. Certaines d’entre elles ne
parviennent pas à trouver suffisamment de ressources internes pour l’assumer.
Il peut en résulter alors de nombreuses difficultés, que la société tente
d’appréhender avec toute l’attention nécessaire. ![]()
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