Bonjour,
j'ai h�sit� tr�s longtemps avant d'ouvrir la porte � un aspect de ma vie qui fut pourtant primordial : la mort de mon fils.  Il est d�c�d� le 10 septembre 1994 � l'�ge de 60 jours du syndr�me de mort subite du nourrisson.  Cette mort brusque sans cause apparente, sans raison, a boulevers�e notre vie, la mienne et celle de ma petite famille.

Je ne suis pas une sp�cialiste de la question de ce syndr�me, seulement une m�re qui pleure toujours la mort de son enfant ador�e apr�s 9 ans.  Oui, apr�s tout ce temps, je m'ennuie toujours de lui, je pleure toujours pour lui.  Alors que nous ne l'avons eu avec nous que 60 tr�s courtes journ�es.

Apr�s la mort de mon fils, j'ai ressenti une immense solitude.  J'avais l'impression d'�tre seule sur mon �le.  J'ai pass� des ann�es � ne pas dormir la nuit, � revivre les �v�nements, � essayer de voir o� j'avais fait des erreurs, o� j'avais  pu manquer.  Alors qu'il n'y avait aucune raison, aucune faute, aucun moyen de pr�venir cette perte.  Je revoyais chaque petit d�tail � la loupe, au microscope :
est-ce que je l'avais assez aim�,
est-ce que je m'en �tais assez occup�e,
est-ce que son lait �tait assez chaud,
avais-je �t� impatiente avec lui,
avait-il voulu partir, etc...

Je me suis tortur�e par la culpabilit� pendant des ann�es, jour et nuit.  J'avais l'impression de n'avoir personne avec qui parler de mes �motions.  Alors je les ai gard�es pour moi, retardant mon processus de gu�rison.  J'avais l'impression qu'en ouvrant la bouche pour parler, je perdrais un bout pr�cieux de ma vie : mon fils.  Il �tait � moi, seulement � moi et je ne voulais pas partager ma peine, mes pens�es, de peur de le perdre ou de l'oublier.

La question qui me fait le plus horreur : combien as-tu d'enfants ?  Je ne savais jamais quoi leur r�pondre...  En effet, comment expliquer entre deux all�es d'�picerie, sur le coin de la rue, a des vagues connaissances qui ne sont pas assez proches pour savoir la r�ponse, qui ne veulent qu'entretenir la conversation, toutes les souffrances qu'impliquait la r�ponse.  Je me f�chais quand mon mari r�pondait 3.  Alors qu'il ne me restait qu'une enfant, ma plus vieille, mon deuxi�me �tant mort du SMSN, et le troisi�me, n'ayant jamais vu le jour ayant fait une fausse couche � 3 mois.  J'avais l'impression que mon mari exposait � tout vent et � n'importe qui toutes mes souffrances, mes peurs, mes �checs sans tenir compte de moi.  Alors que pour lui, il �tait important de faire savoir qu'il aimait trois enfants bien que deux ne soient pas avec nous.

Pour en avoir discut� longuement avec lui, puis avec une conseill�re spirituelle, j'ai appris a me respecter.  Je n'ai pas a ouvrir mon coeur devant des personnes que je connais � peine.  En effet, quand quelqu'un pose ce genre de questions, cela suppose que nous ne soyions pas tr�s intimes.

J'ai travaill� sur moi pendant des ann�es.  J'ai suivi des cours de th�ologie afin de me r�approprier ma vie.  Afin de comprendre o� �tait mon fils, que faisait-il, etc.  N'�tant pas croyante avant sa mort, je n'avais pas de points de rep�res pour m'aider � me faire une id�e, une image.  Je n'arrivais pas � me dire qu'il �tait en s�curit�, qu'il �tait bien.  Apr�s plusieurs ann�es, j'ai trouv� une image de la vierge p�lerine.  Je la regardais � tous les jours en me disant c'est mon fils qui est entre ses mains, Marie l'aime, elle en prend soin, ne t'inqui�te pas.

J'ai quelques fois des signes de lui, par exemple lors de la maladie de ma m�re.  Elle est tomb�e malade d'un acv tr�s grave.  Les premiers jours, elle disait : b�b�, b�b�.  Mais comme elle �tait insconciente, nous ne pouvions savoir ce qui se passait.  Comme c'�tait l'anniversaire de naissance de mon fils, j'ai pens� sans le dire a personne d'autres que mon mari, c'est Xavier qui est avec elle !  Ce n'est qu'un an et demi plus tard que j'ai eu la confirmation de la bouche de ma m�re dans un instant de lucidit�, elle m'a dit : "Xavier  est avec moi tous les jours depuis que je suis malade."  De plus, elle m'a confirm� qu'il �tait son accompagnateur pour son passage dans l'au-del�.

C'est avec le temps, avec l'approfondissement de ma foi, qu'est arriv�e une certaine paix quant a son d�part.  Il n'y a malheureusement pas de formule magique pour chasser la souffrance de la perte d'un enfant.  J'esp�re par mon t�moignage, par mon site, par des r�flexions,  aider d'autres personnes dans la m�me situation que moi.  Si vous voulez partager votre exp�rience de vie, vous pouvez m'�crire.  Si vous le souhaitez, je peux l'inclure dans mon site.  Ne vous g�nez pas.
A mon ange . . .
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