| Un souffle qui passe . . . Mes chers parents, Je vous aime et je suis avec vous. Ne soyez pas tristes, ni inquiets. Ne vous posez pas tant de questions. Je suis aupr�s de vous et si heureux de pouvoir vous le dire ! Mais je vous vois trop tendus, trop �nerv�s, trop fatigu�s. D�s qu'une contrari�t� ou un �v�nement inattendu vient vous surprendre, c'est une blessure dans votre coeur, dans votre amour propre ou dans votre foi. Vous ne fermez pas la porte aux d�ceptions et au chagrin et vous souffrez . . . Vous souffrez aussi � cause de moi qui suis parti et cette sensibilit� nouvelle qui �treint votre coeur depuis mon d�part vous porte souvent � agir, � penser et � parler diff�remment. Mais cette souffrance n'est pas vaine : au contraire, elle m'est tr�s pr�cieuse puisque vous la vivez par amour pour moi et que je vois � pr�sent combien vous m'aimez. Pourtant, si le choix m'�tait laiss� d'un possible retour parmi vous, je dirais non parce que c'est par cette souffrance que vous avez compris la v�rit� et que vous progressez vers le Ciel. Je suis l�, Dieu merci, pour vous redire que je vous aime et que rien n'est coup� entre nous. Soyez aimable entre vous car le diable essaye de cr�er la discorde et il faut que les familles chr�tiennes et les amis donnent l'exemple de l'unit�. R�fl�chissez avant de parler, vous disent les messagers et moi, j'ajouterai qu'il faut essayer pour ne pas rien dire et �vitez les mots blessants. ...Chacun est libre de peindre son portail de la couleur qu'il a choisie, du moment que celle-ci est en harmonie avec les couleurs choisies par les voisins...Car tel est l'essentiel, ne pas toujours agir en fonction de soi mais en fonction des autres. Chers parents, sachez donner et pardonner. Vous le faites souvent et si bien lorsqu'il s'agit de choses importantes. Faites-le donc aussi dans les petites choses. Continuez donc � r�pondre par l'amour � l'agressivit�. Laissez-vous maltraiter, insulter, accuser faussement, ensuite viendront la honte de le repentir chez votre ennemi si vous priez pour lui et tout rentrera dans l'ordre. Sachez vous reposer un peu, vous en avez besoin. Restez bons et continuez d'aider ceux qui sont dans la peine. Croyez que je ne vous abondonne pas et qu'en vous aidant � progresser dans le Christ, je vous pr�pare pour le jour de nos retrouvailles une place lumineuse et ch�re � mon coeur. Parlez ! Ne vous taisez pas ! C'est pour que vous parliez que je suis parti. Parlez du Christ et de son enseignement, de la confession et de la sainte communion. Dites la v�rit� de la communion des Saints et priez m�me lorsque votre esprit n'en a pas envie. Assistez � la messe � l'�glise aussi souvent que vous le pouvez, la messe t�l�vis�e ne vous apporte pas la communion... Vivez une sainte ann�e. Je vous aime. Votre fils du Ciel. "Un fils parti pr�matur�ment pour le Ciel" � ses parents de la terre. |
| Petite note : Ceci est une lettre que j'ai re�ue quelques semaines apr�s la mort de mon fils Xavier. J'avoue avoir �t� tr�s r�actionnaire � l'arriv�e d'une pareille missive. �crire cette lettre et la signer de la part de mon fils sans s'identifier, sans adresse de retour sur l'enveloppe m'a fach�e au d�but. Mais m�me si je ne crois pas vraiment qu'elle vienne de mon fils, parce qu'elle contient trop d'anciens enseignements directement reli�s � un Dieu vengeur et punisseur, (particuli�rement le bout avec le diable !) certains passages m'ont consol�, m'ont apport� une certaine paix. Elle d�crit bien les sentiments qui nous animaient � l'�poque : une tr�s grande col�re, une incompr�hension, le go�t d'ha�r tout le monde, de se venger sans avoir de cible pr�cise. Notre coeur �tait dans les montagnes russes � 1 000 km heure. Je relis cette lettre 10 ans plus tard, elle me touche encore dans l'intonation d'une urgence � parler, � crier notre mission. |