| Jonas (suite) |
Une descente vers le fond. La suite du r�cit symbolise la r�gression de Jonas par sa descente au fond de la mer et son engloutissement par une baleine, un gros poisson. �tre dans le ventre de la baleine, repr�sente l'isolement de la personne qui s'enferme dans le lien fusionnel. Apr�s trois jours et trois nuits, Jonas laisse monter une pri�re sinc�re vers Dieu dans laquelle il supplie de le tirer de cet enfer. �tant pris au pi�ge, ne pouvant plus s'enfuir, il a �t� oblig� de sentir la souffrance qu'il avait cach� tr�s longtemps sous un masque. Jonas vit l'inconfort dans le ventre du monstre, il �touffe et croit mourir. Sa peur qui l'avait isol�, va lui donner le courage de s'ouvrir et d'aller vers les autres. Jonas se tourne vers Dieu, vers sa pr�sence bienveillante au milieu de ce qui semblait �tre un de ses pi�ges. Il prit Dieu de l'aider dans son cheminement int�rieur et dans sa mission par un cantique. La gr�ce menant � la vie en abondance, c'est dans la relation aux autres qu'elle se trouve et vers eux qu'elle renvoie. Jonas a d� vivre une descente aux enfers afin de d�couvrir la profondeur des sentiments de Yahv� envers lui. Il a d�couvert qu'il ne l'a pas abandonn�, qu'il l'aime de mani�re unique. Ceci lui a permis d'approfondir sa foi et de voir Dieu sous un autre jour. Isra�l avait une tradition de l�galisme. Le peuple avait l'impression et l'habitude de suivre la loi religieuse � la lettre afin de ne pas perdre l'amour de Dieu. Un peu � l'image des enfants et des adolescents qui se sentent �touff�s pas ce qu'ils pensent �tre la volont�, la loi des parents et qui est en fait, une mani�re d'agir afin de ne pas perdre l'amour des parents. Tout �tre humain a besoin de se remettre en question, d'�voluer dans tous les sens du terme, humain et spirituel. Il est possible que certains comportements, certaines peurs ont pour source des blessures de l'enfance, des besoins non combl�s. L'histoire de Jonas nous indique une fa�on de cheminer afin d'am�liorer sa capacit� de relation et permettre de vivre enfin libre. Peur de mourir vs joie de partager. Jonas est vomi par le poisson vers Ninive. Son succ�s de pr�dicateur est imm�diat et les Ninivites suivent � la lettre le je�ne, le deuil, la pri�re, deux fois plut�t qu'une. Le peuple renonce � ses richesses et � ses fausse s�curit�s. Ce d�nuement semble indispensable pour se d�tourner de l'isolement, provoquer par la peur de perdre et ainsi s'engager dans une relation avec l'autre. L'auteur du r�cit met en �vidence la tendresse et la piti� de Dieu ne refusant pas son amour � la personne qui s'approche de lui. Pourtant malgr� son changement de vie, son succ�s avec le peuple de Ninive, Jonas est toujours jaloux, il a peur de ne plus �tre important et aim� de Dieu. Il est pr�t � s'isoler afin de voir la puissance de Dieu se d�chainer contre le peuple de Ninive. Jonas est f�ch� � mort parce que Dieu a pardonn� � Ninive. Cette section de l'histoire est de nature � permettre l'�mergence la souffrance des personnes jalouses que leur agressivit� isole, les faisant mourir � petit feu. � l'exemple d'un enfant qui doit se soumettre � la loi de ses parents pour sauver son lien d'amour et vivre, le peuple juif s'�tait soumis � la loi pour cr�er un lien avec Dieu. Demander de partager sa foi, c'�tait demander au peuple de renoncer � sa s�curit�, en y renoncant le proph�te a des id�es suicidaires. Il vit la m�me ins�curit� qu'un enfant qui doit partager l'amour de ses parents avec un nouvel enfant. Comme l'a�n� dans le fils prodigue, le plus vieux veut faire disparaitre le cadet, Jonas esp�rait que Dieu exterminerait les Ninivites. Mais comme c'est un sentiment trop fort, souvent il se retourne contre la personne elle-m�me, passant d'un souhait de meurtre � un d�sir de suicide. Cette histoire peut donner des mots � des enfants qui vivent des �motions difficiles, fortes afin d'exprimer leurs sentiments et ainsi reprendre le contr�le de leur existence. Plusieurs histoires de l'Ancien Testament aident des personnes � �tre plus vivantes, � reprendre vie. Vaincre l'isolement. Tant que Jonas est rest� centr� sur lui-m�me, il ne peut comprendre Dieu d'aimer d'autres personnes que lui, comme les juifs ne pouvaient croire que Dieu �tait aussi celui des pa�ens. Dieu fit pousser un petit arbre afin de lui rendre la vie plus facile en lui procurant de l'ombre pendant qu'il surveille Ninive l'oeil jaloux. Une lecture symbolique s'av�re n�cessaire pour comprendre pourquoi l'ombre de l'arbuste peut gu�rir le mal du proph�te d�j� install� � l'ombre de sa cabane. La hutte, dans laquelle Jonas s'est r�fugi�, r�v�le sa grande solitude et son incapacit� de vivre en relation avec les autres. L'ombre de cette cachette ne lui fait pas de bien : au contraire, elle l'isole davantage. Sa gu�rison devait passer par le bonheur de vivre une relation d'amiti�, si �l�mentaire soit-elle. Son attachement au ricin sera `a l'origine d'une d�marche qui le conduira � faire un deuil. Comme les Ninivites avaient d� renoncer � leur richesse, leur confort et leur pouvoir pour vivre la conversion, Jonas devra renoncer � l'exclusivit� de Dieu. Dieu n'impose rien de force. Jonas n'est pas oblig� de s'ouvrir au monde, s'il le fait c'est parce qu'il aura senti du bonheur et de la joie, parce qu'il aura go�t� comme est doux et rafraichissant le sentiment de bien-�tre que procure la pr�sence de l'autre. L'autre qui m'habite, l'autre que je c�toie et l'autre qui m'a donn� la vie. Cette belle histoire n'a pas de fin et n'en est que plus efficace, car elle laisse libre de choisir en toute conscience aujourd'hui encore, de vivre l'isolement ou la relation � soi, aux autres et � Dieu. Mais, m�me si elle ne se finit pas, elle offre un chemin de vie aux personnes souffrant de se sentir rejet�es, de trop : l'accueil de soi-m�me et l'ouverture. C'est d'ailleurs cette solution qui sera reprise dans le r�cit de la temp�te apais�e, dont le but �tait d'inciter la communaut� chr�tienne naissante � s'ouvrir aux pa�ens, et que nous allons maintenant �tudier. |