| Le petit village. Il y a quelques ann�es, on retrouvait un petit village qu'on surnommait "Marabout". Le petit village n'�tait pas tr�s peupl� mais les personnes s'amaient bien, malgr� leurs d�fauts. Il y avait des gens heureux et des gens malheureux. Parmi ces derniers, on comptait un ministre. Depuis quelques temps, il �tait devenu triste et grognon car il avait peur. Il se faisait du mauvais sang. M. le Ministre se r�p�tait toujours : "Je veux rester ministre. C'est bient�t les �lections et s'il fallait que je ne sois pas r��lu ! J'aurais tellement honte. Je serais g�n� de rencontrer les gens dans la rue." Comme il souffrait M. le Ministre ! Dans ce village vivait aussi Mme Envieuse. Mme Envieuse n'�tait pas plus heureuse. Elle passait son temps � vouloir avoir tout ce que les autres avaient. Elle voulait poss�der la plus belle maison. Elle chicanait quand elle voyait des femmes qui avaient de plus beaux v�tements que les siens. Son coeur �tait plein de jalousie. "Pourquoi ne suis-je pas la plus riche ? Pourquoi je ne gagne pas le million ? Je veux tout ce qu'il y a de plus beau et de meilleur. Sinon je ne conna�trai pas le bonheur." Elle se faisait bien du chagrin Mme Envieuse. Parmi tous les gens malheureux du village, nous trouvions aussi "Mauvaise-perdante", une fillette d'une dizaine d'ann�es qui n'en finissait plus de se f�cher contre tout le monde. Elle leur disait des paroles blessantes. C'�tait encore pire quand ses compagnons de classe r�ussissaient mieux qu'elle. Mauvaise-perdante disait alors : "Ils ont de la chance, le professeur les aime plus que moi. La prochaine fois, je vais tricher et je serai la premi�re." Et ainsi, Mauvaise-perdante faisait le vide autour d'elle. Elle n'avait plus un seul ami. Chien Battu �tait un gar�on de 11 ans. Il ne trouvait jamais rien � son go�t. Il n'aimait pas faire des math�matiques : "Ah non ! J'aime mieux l'�ducation physique" et pendant son cours, il disait : "Je suis bien trop fatigu� pour faire cela." Quand le professeur annon�ait un cong� de devoir ou une f�te � l'�cole il se disait en lui-m�me : "�a ne vaut m�me pas la peine de sourire pour si peu. Moi c'est tous les jours que je voudrais avoir cong�." Chien Battu n'avait jamais un sourire, il avait toujours l'air d�courag�. Dans ce petit village, il y avait aussi des gens qui �taient heureux. Il y avait un dr�le de personnage : c'�tait le facteur. �tant donn� qu'il rencontrait les gens � tous les jours lorsqu'il livrait son courrier, il a d�cid� de faire sa part pour que Monsieur le Ministre, Mauvaise-perdante et Chien Battu aient leur part de bonheur. Il demanda � ses amis de l'aider � pr�parer des messages d'amour, d'espoir, de paix, de lumi�re, de vie et de confiance. Le soir, pendant que tous les gens du village dormaient sous un ciel �toil�, le facteur alla d�poser ses messages dans la bo�te aux lettres de chacun. Il monta ensuite dans un arbre pour voir ce qui se passerait au lever du soleil. Quand les gens malheureux s'�veill�rent, ils �taient bien �tonn�s de voir que le facteur avait d�j� livr� son courrier et qu'il y avait un message pour eux. "Qui nous envoie ces lettres si t�t le matin ?" demand�rent les gens. "C'est moi votre facteur." D'o� pouvait bien venir cette voix ? "Je suis dans le plus bel �rable du village, celui qui est sur le terrain de Mme Envieuse." Mme Envieuse �tait bien fi�re de son �rable. Elle s'avan�a et demanda � Mauvaise-perdante et Chien Battu de lire son message. "Vous lisez bien et fort tous les deux. Pouvez-vous lire ce qu'il y a sur mon message ?" Mauvaise-perdante ressentit beaucoup de joie et de fiert� en pensant qu'elle avait ce talent de bien lire. Chien Battu se mit � sourire en constatant que Monsieur le Ministre lui remettait son message en lui donnant la main. Ils constat�rent que les messages �taient tous diff�rents et qu'un bout de phrase manquait. C'�tait �crit : "Pour plus de joie et d'amour il faut compl�ter le message." Tout le monde cherchait � compl�ter cette phrase qui les avait enfin fait sourire et leur avait apport� la paix et la joie. |