| L'ingrate |
| Depuis qu'il �tait enfant, Max avait un r�ve : il voulait visiter l'Afrique pour voir des animaux comme des lions ou des giraffes en chair et en os. Mais Max remettait toujours ce r�ve � plus tard. C'est que Max habitait avec sa vieille maman qui avait bien besoin de lui. Sa m�re �tait en chaise roulante et ne pouvait pas s'habiller et se laver toute seule. Max ne se sentait pas capable de l'abandonner, m�me seulement pour quelques semaines, pour partir en voyage. Max avait une soeur qui s'appelait Julie. Julie �tait partie de la maison le jour o� leur maman �tait tomb�e malade. Elle trouvait trop d�primant de s'occuper de sa m�re. Elle voulait vivre sa vie ! Depuis son d�part, il y a deux ans, Julie en avait profit� pour faire le tour du monde. A No�l dernier, elle avait envoy� � Max une carte postale avec trois gros lions. Depuis qu'elle �tait partie, Julie avait �crit � peine quatre ou cinq fois. Et les derni�res nouvelles remontaient � plusieurs mois d�j�. Tout semblait indiquer qu'elle se souciait bien peu de sa m�re et de son fr�re. Tous les voisins connaissaient l'histoire de Julie. On trouvait bien �pouvantable qu'elle abandonne ainsi sa famille. Certainement, ils devaient lui en vouloir beaucoup. Un jour, la nouvelle se r�pandit dans le quartier que Julie, ruin�e de son dernier voyage, �tait de retour dans le coin. Tous les voisins se demandaient bien si la m�chante fille allait oser demander de l'aide � cette famille qu'elle avait abandonn�e sans remord. Tous esp�raient que la porte se fermerait devant cette vilaine ingrate, vengeant ainsi ce bon gar�on et cette pauvre m�re malade. Oui, c'�tait bien vrai, Julie �tait revenue. Mais, elle fl�nait dans le quartier sans oser frapper chez elle. Elle avait honte d'elle-m�me et redoutait la col�re de Max et le rejet de sa m�re. Allaient-ils la recevoir ? Allaient-ils la repousser ? Un soir, la faim fut trop forte. Julie n'avait rien mang� depuis plusieurs jours. L'odeur des bons petits plats qui mijotaient pour le souper se r�pandait par les fen�tres des demeures du quartier. Elle se dirigea tranquillement vers la maison o� habitait sa m�re et son fr�re. L'effluve d'un bon bouilli de l�gumes lui fit perdre ses derni�res h�sitations. Elle s'approcha discr�tement de la fen�tre de la cuisine pour voir si elle ne pourrait pas d�rober quelques aliments sans �tre aper�ue. Ce qu'elle vit alors la toucha comme une fl�che en plein coeur. Son fr�re et sa m�re �taient � la table. A la place de Julie, le couvert �tait mis. |