Le fils prodigue.

  Cette histoire nous a �t� racont�e plusieurs fois, nous la connaissons tous.  J�sus l'avait racont� � des Pharisiens, ces gens qui respectaient la loi de Dieu � la lettre au m�pris souvent des autres, des petits, des �trangers...

  Au d�but, le plus jeune fils demande � son p�re sa part d'h�ritage.  Quand a-t-on un h�ritage ?  � la mort de la personne, seulement.  On comprend que le fils ne partait pas seulement pour quelques jours mais bien pour toujours.  Dans son esprit, son p�re �tait mort.

  Apr�s une p�riode d'intenses activit�s de toutes sortes, s�rement quelques bonnes et d'autres moins louables, le fils se retrouve sans un sou, sans ami, sans nourriture.  D�sesp�r�, il se trouve du travail : surveiller les cochons.  Il ne faut pas oublier que cette histoire est racont�e � des Juifs, des Pharisiens  qui ne toucheront jamais � un cochon ni n'entreront dans la m�me pi�ce qu'une personne qui mange du cochon, car cette personne est alors consid�r�e comme impure.

  Le fils en est rendu � vouloir manger la nourriture des cochons, des caroubes.  Le fruit du caroubier ressemble � des haricots.  Les gousses sont remplies d'un sirop fonc�, elles go�tent le miel. � l'�poque, ces fruits servaient � nourrir le b�tail.  Seuls les gens tr�s pauvres en mangeaient.  Quel d�shonneur et humiliation pour ce fils d'un riche propri�taire terrien ayant plusieurs serviteurs !

  Le fils pense � retourner chez son p�re comme serviteur.  Il entame la route pieds nus, seuls les gens tr�s pauvres et les esclaves allaient pieds nus.  Tout au long de la route, il se pr�pare un long discours d'excuses, il tourne les phrases dans sa t�te en tout sens.  Pourtant alors qu'il est encore tr�s loin de la maison, probablement encore perdu dans ses pens�es, c'est son p�re qui accourt vers lui.  Sans laisser le fils d�biter ses excuses, le p�re le serre dans ses bras.  Il lui fait porter la tunique et les sandales, qui sont les signes des hommes libres.

  Le p�re va encore plus loin dans sa d�monstration.  Il lui passe son anneau au doigt, ce qui �l�ve le fils au m�me niveau que le p�re.  Ce dernier commande de tuer le veau gras,  alors que la viande n'�tait r�serv�e qu'aux grandes occasions.  Les meilleurs plats et les meilleurs vins seront servis pour marquer la nouvelle alliance, l'union des coeurs entre le p�re et le fils.  La f�te bats son plein parce que le fils qui �tait mort est revenu � la vie.

  Dans cette parabole de J�sus, les sacrements du pardon et de l'eucharistie sont bien repr�sent�s.  Ces sacrements que nous avons re�us enfant et que nous avons tendance � mettre de c�t�.  Quand on est submerg� de travail, qu'il faut s'occuper des enfants, courir � l'�picerie, faire le souper, les devoirs, il est ardu de prendre du temps pour penser � Dieu, � notre p�re qui nous aime tant.  Pourtant quand nous prenons quelques secondes, quand nous commen�ons seulement � penser � lui, nous nous rendons compte que Dieu �tait l�, pendant tout ce temps, il accourt � nous, il nous attend avec amour.

  Dans cette histoire,  le premier sacrement repr�sent� est le pardon.  Avez-vous remarqu� l'amour du p�re ?  Avez-vous remarqu� que le p�re guettait le retour de son fils ?  Le fils n'a pas eu � ouvrir la bouche ni � donner quelque chose.  Il �tait d�j� pardonn�.  Dans le sacrement du pardon, nous n'avons pas � m�moriser des formules toutes faites, ni � faire la liste de tous nos manquements.  Ce qui est important dans la r�conciliation est de faire le geste, de venir � la rencontre par l'entremise du pr�tre.  C'est une fa�on de montrer au P�re que nous voulons revenir avec lui.  D�j� nous sommes attendus, pardonn�s et aim�s par Dieu.  Il nous rend libre.  Nous avons besoin de ses bras, de son amour sans condition pour revenir � la vie.

  Le deuxi�me sacrement est l'eucharistie.  Le p�re, le coeur rempli de joie, organisa une grande f�te pour son fils toujours vivant.  � chaque eucharistie, nous sommes convi�s par Dieu, � f�ter J�sus toujours vivant.  Nous sommes invit�s mais pas oblig�s.  Pourtant, il est important de remarquer que J�sus d�crit le bonheur c�leste comme un immense banquet.  Alors c'est � nous de choisir si nous voulons participer d�j� ici au repas qui nous pr�pare � la f�te du ciel.

  L'hostie que nous venons chercher est un cadeau de vie.  C'est une nourriture qui nous fait grandir, agir et aimer � la fa�on de J�sus.  Il y a eu une premi�re, une deuxi�me...il y aura une milli�me communion.  � chaque fois, nous avan�ons un peu sur la route avec J�sus.  Et nous ne sommes pas seul, tous les chercheurs de Dieu marchent avec nous.  Saint Paul ajoute m�me que nous devenons un seul corps du Christ.

  Le d�fi est maintenant de d�couvrir ce que nous pouvons faire � notre tour afin de r�pandre les bienfaits re�us du P�re dans le pardon et l'eucharistie.  C'est aussi un appel � partager avec ceux qui ont faim de pain et d'amiti�.  Nous sommes des chr�tiens, depuis notre bapt�me, nous sommes en chemin pour devenir comme le P�re c'est-�-dire aimer enti�rement et sans condition.
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