L'enfant qui voulait remercier Dieu.

Le vieux Babam et l'enfant Ioma vivaient au fond d'une for�t avec toute la famille.  Ioma aimait les longues veill�es o� Babam racontait des histoires passionnantes autour du feu.  C'est � lui que Ioma posait les questions les plus s�rieuses qui lui venaient � l'esprit.

Un soir, Ioma admirait une belle �toile.  Alors, il demanda au vieil homme : "Babam, qui nous a donn� une si belle �toile ?"
"C'est Dieu," r�pondit le vieillard.

Le lendemain, il admira ses mains qui lui permettaient de jouer, de travailler.  M�me question � Babam : "Qui m'a donn� des mains ?"
Et la r�ponse du vieil homme fut toujours la m�me : "Dieu".

Un jour, Ioma �tait tellement heureux de pouvoir trotter dans la for�t qu'il se demanda qui lui avait donn� des pieds pour trotter ainsi...  Et Babam r�pondit : "Dieu".
"Il est tr�s bon ce Dieu de m'avoir donn� tout ca", se disait Ioma, "les �toiles, les mains, les pieds.  Babam, o� habite Dieu ?  Je veux aller le remercier !"
Le grand-p�re lui r�pondit, en pensant � sa mort : "Je le verrai bient�t, je pourrai le remercier � ta place."

Mais Ioma voulait partir tout de suite pour aller remercier Dieu.  Et, comme il pensait qu'il lui fallait attendre trop longtemps pour que Babam l'accompagne, il d�cida d'y aller seul.  Tout le monde dormait encore quand Ioma se glissa hors de la hutte et prit un tison dans le feu.  Il prit aussi une cruche de terre pour puiser de l'eau et un panier pour cueillir des fruits.  Il s'enfonca dans la for�t inconnue.
"Dieu aura bien chaud", pensa-t-il, "en arrivant chez lui, je lui donnerai mon tison en remerciement.  Il pourra boire mon eau et manger mes fruits."

Ioma marchait depuis longtemps quand il entendit � quelques pas de lui un b�b� qui pleurait.  Il avait froid et sa maman aussi.  Elle n'arrivait pas � faire du feu.  Ioma regarda le b�b� et sa maman, puis son tison.  Il dit :
"Comment Dieu qui est si bon, pourrait-il �tre heureux de recevoir mon tison, s'il apprend que j'ai laiss� cet enfant avoir froid ?"  Il donna le tison � la maman pour r�chauffer la maison et continua  son chemin.

Un peu plus loin, il rencontra un homme assis au pied d'un arbre.  Il �tait si fatigu� qu'il eut � peine assez de force pour lever la t�te quand Ioma passa devant lui. 
"Oh, donne-moi � boire" murmura-t-il. 
Ce pauvre homme n'avait pas bu depuis trois jours.  Ioma le regarda, puis il regarda sa cruche et se dit :
"Comment Dieu qui est si bon, pourrait-il �tre heureux de mon eau s'il vient � apprendre que j'ai laiss� mourir de soif un pauvre homme." Il lui donna toute son eau.

Il marcha encore tr�s longtemps, puis il rencontra une petite fille.  Quand elle l'aper�ut, elle lui demanda en suppliant :
"S'il-te-pla�t, donne-moi de tes fruits, il y a trois jours que je cherche sans rien trouver."
Ioma regarda la petite fille, puis ses fruits et les lui donna.
"Comment Dieu qui est si bon, serait-il heureux de recevoir des fruits, s'il vient � savoir que j'ai laiss� une petite fille mourir de faim."

Les mains vides, Ioma continua son chemin, en direction de Dieu.  Il marcha, marcha, marcha...sans trouver Dieu.  Ext�nu� de fatigue, de faim, de soif et de froid, il tomba dans les broussailles et pleura.  Il �tait perdu.  Il ne savait comment retourner chez lui.  Il s'endormit, �puis�.

Quand il se r�veilla, il faisait nuit.  Il se trouva blotti dans les bras de Babam qui le regardait avec tendresse.  Il ne lui demanda pas pourquoi il �tait parti, il avait compris.  L'enfant en pleurs dit au vieillard :
"Je ne l'ai pas trouv�..."
"Si Ioma, tu l'as trouv�", lui dit le vieillard.  "Il a re�u le tison, l'eau et les fruits car Dieu aime tellement les humains, que tout ce qu'on leur fait, c'est � lui qu'on le fait."

Tir� et adapt� de Contes et r�cits pour la Toussaint.
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