Le vieux tailleur.

Conrad, le vieux tailleur, vivait seul au milieu d'une petite ville.  Ses deux enfants �taient partis �tudier dans une autre ville et ne lui �crivaient pas souvent.  Depuis longtemps, sa femme l'avait quitt� pour un monde meilleur.
Conrad cr�ait de magnifiques v�tements.  Sa petite boutique recevait plusieurs clients par jour.  Sa franche et cordiale hospitalit� lui avait m�rit� l'estime de tout le village.

A l'occasion de la f�te de No�l, toutes les maisons des villageois �taient d�cor�es de mille lumi�res.  Devant l'�glise, les gens installaient une cr�che.
Avec le temps, les habits des personnages s'�taient us�s.  Un des anges avaient des ailes qui tombaient en lambeaux.  Naturellement, les villageois confi�rent le renouvellement des v�tements � Conrad.

Seul, dans son atelier, Conrad examina les statues.  Elles �taient tr�s grandes et anciennes.  Les ann�es avaient fait des accrocs � la tunique de Joseph.  Les mites s'�taient install�es dans la robe de Marie.  Celle de J�sus avait perdu ses d�licates dentelles.

Avec ardeur, le sympathique tailleur se mit au travail.  Il prit des mesures, fit les patrons.  Il avait  m�me fait des kilom�tres afin de trouver les meilleurs tissus, les plus riches et somptueux.

En attendant que sa soupe finisse de se r�chauffer, Conrad fixa un voile sur la t�te de Marie.  Il entendit frapper � la porte.  Il ouvrit : c'�tait un enfant qui cherchait sa maman.  Il �tait terroris� et avait tr�s faim.  Le vieux Conrad servit son repas au petit gar�on puis, alla le reconduire � sa maison.

Pendant ce temps, dans l'atelier, les personnages de la cr�che se regardaient et se disaient  entre eux, ce qu'ils pensaient des achats de Conrad.
-"Qu'allons-nous faire ?  Ces tissus sont trop riches pour nous," disait Marie.
-"Que dira J�sus lorsqu'il verra sa robe !" r�pondit tristement Joseph.
Une fois revenu, le tailleur se remit au travail avec ardeur pour finir de coudre le manteau de laine de Joseph.  Lorsqu'on frappa de nouveau � la porte.  Entra alors une bonne grand-maman toute courb�e par les ans et grelottante de froid.  Conrad regarda le superbe manteau qu'il avait dans les mains et il le d�posa sur les �paules de la vieille dame.  Celle-ci remercia le tailleur des milliers de fois en s'en allant.

L'horloge �gr�nait les heures, lorsqu'une troisi�me fois, le vieux Conrad devina le pas d'un visiteur.  Il  ouvrit grande la porte.  Cette fois, c'�tait une fillette qui lui demandait un peu de tissu pour faire un cadeau pour le bapt�me de sa 5e petite soeur.  A voir ses v�tements, Conrad devina que sa famille �tait tr�s pauvre.  Le vieux tailleur, �mu, lui offrit la jolie robe de dentelle qu'il avait confectionn� pour J�sus.  La fillette �tait tellement heureuse qu'elle retourna chez elle en sautillant de joie.

D�courag�, Conrad se demanda ce qu'il pouvait encore faire avec le peu de tissu qu'il lui restait.  Il travailla longtemps.  Les douze coups de minuit depuis longtemps s'�taient �teints dans la nuit.  �puis�, le vieux tailleur tomba dans un profond sommeil.  Soudain, il sursauta, les yeux �blouis par la lumi�re �clatante qui illuminait toute la maison.  Conrad regarda Marie, Joseph et J�sus.

Ceux-ci lui jettaient des regards o� �tincellaient la joie.  Soudain, Conrad comprit qu'il s'�tait tromp� dans le choix des tissus qu'il avait utilis�s pour confectionner leurs nouveaux v�tements.  Il �tait heureux d'avoir fait le bonheur de trois personnes  la fillette, le petit gar�on et la vieille femme au lieu d'avoir fait de nouveaux v�tements aux personnages de la cr�che..

Le soir de No�l, les paroissiens passaient � tour de r�le devant la cr�che de l'�glise.  Personne ne remarqua la tunique rapi�c�e de Joseph, la robe repris�e de Marie et la robe de coton sans dentelle de J�sus.  Tr�s heureux et fier de lui, Conrad d�posa un ange aux ailes d�ploy�es portant une jolie banderole sur laquelle on pouvait lire : Joyeux No�l.
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