| Chacun son calendrier... Le calendrier est le syst�me qui permet � l'homme de recenser les jours pendant de longues p�riodes de temps. Le jour, le mois et l'ann�e prennent leur source dans l'observation de ph�nom�nes astronomiques. Le jour est l'intervalle de temps qui s�pare deux levers ou deux couchers cons�cutifs du soleil. Il correspond � l'ensemble d'une journ�e et d'une nuit. Le mois correspond � l'intervalle de temps s�parant deux nouvelles lunes cons�cutives. L'ann�e correspond au temps mis par le soleil pour revenir en un m�me point de la vo�te c�leste. Bref, pour fixer le calendrier, l'on fit appel � l'un des deux astres les plus brillants du ciel, le Soleil ou la Lune. Le choix d'un calendrier lunaire ou solaire s'est impos� selon le type de soci�t�. Les soci�t�s nomades �voluaient d'apr�s le cycle de la lune, qui est plus visible, tandis que les peuples s�dentaires comme les agriculteurs pr�f�raient se guider sur le cycle solaire qui est en relation avec les saisons (�quinoxe-solstice.) Actuellement, on distingue le calendrier liturgique, propre � chaque religion, et le calendrier usuel, qui est le calendrier gr�gorien (chr�tien) universellement utilis� dans la vie civile. Cependant une ann�e solaire est plus longue de onze jours qu'une ann�e lunaire. Le calendrier mixte, dit lunisolaire, ajuste les ann�es aux saisons. Dans ce calendrier, les mois suivent les lunaisons et l'on ajoute, environ tous les trois ans, un treizi�me mois pour �viter le d�calage perp�tuel par rapport aux saisons. Ce calendrier est employ� dans le juda�sme, l'hindouisme et le bouddhisme. L'islam utilise un calendrier purement lunaire et le d�but de l'ann�e passera par chacune des saisons. Il faut trente-quatre ann�es musulmanes pour faire trente-trois ann�es gr�goriennes. L'ann�e liturgique diff�re d'une religion � une autre. Dans le juda�sme, la cr�ation du monde remonte � l'ann�e 3761 avant notre �re et marque le d�part du d�compte des ann�es du calendrier liturgique juif. Dans l'islam, le d�compte des ann�es se fait � partir du 16 juillet 622 : c'est la date de l'h�gire, l'exil de Mohamed � M�dine. Pour les Hindous, l'�re Vikrama, d�butant en 58 avant notre �re, est largement utilis�e dans l'Inde centrale et occidentale. Par contre, l'�re Shaka, d�marrant en 78 de notre �re est aussi utilis�e dans la majeure partie du pays. L'�re bouddhique d�marre � l'ann�e de naissance du Bouddha, au VIe si�cle avant notre �re, mais diff�re selon les pays qui observent la tradition bouddhiste. Chacun sa liturgie... Le sens de la f�te n'est pas le m�me dans toutes les religions. La f�te est d'abord une c�l�bration collective, avec une fonction sacr�e propre � chaque tradition. Dans la plupart des calendriers liturgiques coexistent des f�tes n�es � diverses �poques et int�gr�es subs�quemment � une signification propre de la religion dominante. Certaines f�tes sont �troitement li�es � d'anciennes festivit�s agraire et aux mythes qui pouvaient s'y rattacher. Par exemple, chez les agriculteurs canan�ens, P�que �tait la f�te du printemps o� l'on c�l�brait le renouveau de la nature. Elle s'est ensuite enrichie de significations successives autour de la notion de passage (sortie d'�gypte pour le peuple Juif, r�surrection du Christ qui fonde l'espoir en une vie �ternelle pour les Chr�tiens.) Christianisme : Les f�tes chr�tiennes comm�morent les faits signifiants de la vie de J�sus, rites et f�tes varient selon les tendances. La chr�tient�, au cours de l'histoire, s'est divis�e entre Catholiques, Protestants et Orthodoxes qui ne f�tent pas tous les m�mes �v�nements, ni avec la m�me intensit�. Le protestantisme se distingue par une grande sobri�t�. Chez-lui, la f�te s'inscrit dans la liturgie et le culte, surtout par la lecture de la Bible, par des pr�dications orient�es selon l'�v�nement c�l�br� et par les cantiques. Les f�tes consacr�es � Marie sont absentes de la liturgie protestante. Les Orthodoxes, par contre, sont tr�s attach�s au culte marial, ils c�l�brent particuli�rement toutes les f�tes d�di�es � la Vierge. Plus d�monstratifs par leurs nombreuses processions, ils utilisent abondamment les images et les ic�nes. Les Catholiques se joignent aux deux autres traditions pour c�l�brer les f�tes essentielles du christianisme soit celles qui rappellent la vie du Christ : naissance, mort, r�surrection. Juda�sme : Les f�tes juives rappellent le p�riple du peuple h�breu. Elles comm�morent des �pisodes bibliques historiques, mais surtout, elles sont des moments sacr�s privil�gi�s pour signifier la relation �tablie avec Dieu. Les f�tes sont identiques pour tous les Juifs. Cependant, il existe des diff�rences de rituel entre les S�pharades et les Ask�nazes. On classe g�n�ralement les f�tes en trois grands types. D'abord les f�tes bibliques, comme P�que, la Pentec�te juive et la F�te des Cabanes. Ce sont des f�tes dites de p�lerinage, c'est-�-dire que tous les hommes et jeunes gens ont l'obligation de se rendre � la synagogue. Puis, une p�riode rigoureuse de p�nitence et d'examen de conscience sera appel�e la convocation d'automne o� l'on c�l�bre le Nouvel An et le Grand Pardon. Et finalement, Pourim est consid�r� comme une f�te secondaire � caract�re joyeux puisqu'elle comm�more la d�livrance des Juifs menac�s d'extermination, aux temps de l'Empire perse. Les f�tes juives sont soulign�es � la maison par des repas o� les mets consomm�s sont porteurs de symboles. Islam : Les f�tes musulmanes �voquent les �tapes essentielles de l'itin�raire de Mohamed. Elles sont une c�l�bration ou une comm�moration d'un �v�nement de la communaut� musulmane, appel�e Ummah. Les f�tes pr�sentent un aspect social tr�s fort o� personne ne doit �tre exclu, m�me les plus d�munis. Deux grandes tendances dominent : les Sunnites et les Chiites. Selon ces tendances, certains �v�nements seront plus particuli�rement soulign�s. Pour les Chiites, seul un imam, descendant d'Ali peut devenir le successeur l�gitime du Proph�te afin de diriger la communaut�. De plus, ils exaltent le martyr de celui qui sacrifie sa vie pour Dieu. Leurs f�tes sont souvent des comm�morations douloureuses, comme Achoura, la f�te des morts. C'est un grand jour de deuil, comm�morant la mort d'Hassan et Husain, les petits-fils de Mohamed, martyrs pour leur foi. Quant aux Sunnites gens de la communaut� et de la tradition, ils d�sirent que le successeur de Mohamed soit �lu par la communaut�. Des grandes f�tes qui rythment le calendrier musulman, deux sont essentielles : la f�te du Sacrifice et la f�te de la Rupture finale du je�ne. L'islam impose cinq obligations ou piliers � tout musulman. Le culte reposant sur le respect de ces principes fondamentaux, les f�tes ont une importance secondaire et leurs rituels se r�v�lent tr�s d�pouill�s. On loue, on prie, on invoque Allah par les pri�res, on lit le Coran. Hindouisme : Dans l'hindouisme, cette religion sans fondateur, on trouve une multitude de f�tes, car il existe une multitude de divinit�s, qui sont les manifestations d'une r�alit� ind�finissable. Toutefois, le divin rev�t trois aspects fondamentaux : Brahma, Vishnu, Shiva. Le culte de Brahma est tr�s rare, par contre, Vishnu, dieu apaisant et gracieux, est tr�s v�n�r�. Ce dernier est venu plusieurs fois sauver la Terre et les Hommes des d�mons. Pour cela, il s'incarne, et ses manifestations (les avatars) les plus connues sont les septi�me et huiti�me : R�ma et Krishna. Shiva est un dieu populaire et redout�, � la fois porteur de vie et de destruction. Il n'a pas d'avatars comme Vishnu, mais une foule de fils, de serviteurs, de courtisans, jouant le m�me r�le. Les f�tes illustrent de mani�re tr�s concr�te un rendez-vous avec la divinit�, dont la statue ou son image est transport�e hors du sanctuaire, devenant ainsi accessible � tous. Les f�tes ont un r�le particulier, il s'agit de la dimension religieuse communautaire, absente de la pratique religieuse familiale. Elles permettent l'abolition provisoire de toutes les barri�res de castes. Ces manifestations publiques sont en grandes parties religieuses et jumel�es � des divertissements populaires. Bouddhisme : Les f�tes bouddhiques c�l�brent de grands moments de la vie de Bouddha. Il est souvent difficile de distinguer les f�tes proprement et exclusivement bouddhiques des f�tes li�es aux autres pratiques religieuses. En effet, le bouddhisme a souvent fusionn� avec la religion d�j� en place. Avant d'�tre un ensemble de croyances , le bouddhisme est d'abord une philosophie qui se manifeste par la pratique de la m�ditation et de rituels. Les interpr�tations des paroles du Bouddha peuvent �tre assez libres, et pour les la�cs, le bouddhisme consiste � honorer le Bouddha avant toutes autres divinit�s et � soutenir les moines par des dons de nourriture ou tissu. Ainsi, il n'y a pas d'incompatibilit� avec les autres religions envers lesquelles le bouddhisme est tr�s tol�rant. Parfois, il y a m�me assimilation des divinit�s, comme cela a �t� le cas au contact de l'hindouisme. Les formes de bouddhisme sont donc tr�s diff�rentes : bouddhisme japonais (li�s notamment au shinto�sme), lama�sme tib�tain (influence shamanisme et de l'animisme). |
| Chaque religion a son calendrier . . . |