| Antoine le moine avare |
| Antoine �tait un moine. C'�tait �galement un artiste au talent exceptionnel. Mais avant de s'attaquer � une peinture, il en exigeait toujours le paiement � l'avance. Et ses frais �taient exorbitants. Et comme le fr�re �conome ne recevait jamais rien de cet argent. Antoine �tait donc reconnu pour �tre tr�s avare. Un jour, une femme tr�s riche le fit venir pour faire une peinture. Antoine demanda : "Combien me donnerez-vous ?" La femme r�pondit : "Ce que vous voudrez." Alors Antoine ex�cuta la peinture et lorsqu'il eut termin�, il demanda la plus haute somme qu'il n'avait jamais exig�e. En lui remettant le montant convenu, la femme l'enguirlanda : "Vous �tes cens� �tre un moine, et tout ce � quoi vous pensez, c'est l'argent. Vous avez un grand talent, mais votre esprit est sale, attach� � l'argent. Vous n'�tes pas digne du talent que Dieu vous a donn�." Et elle le renvoya sans plus d'estime. Celui-ci prit l'argent, rangea ses pinceaux et s'en alla, heureux. Plusieurs ann�es plus tard, tout � fait par hasard, quelqu'un d�couvrit pourquoi le moine Antoine �tait si �pre au gain. Le ch�mage et la pauvret� qui s'ensuit avaient souvent frapp� son village natal. Alors secr�tement, Antoine avait fait construire une usine pour faire travailler les gens et leur apporter un revenu stable. Ainsi, la pauvret� avait diminu� beaucoup. De plus, toujours en secret, il avait fait r�parer la tr�s vieille route qui m�ne au village ; et il l'avait fait recouvrir de bitume pour permettre aux gens d'aller et venir librement, ce qui aida beaucoup � l'�conomie du village et aussi permit aux personnes �g�es d'aller se faire soigner plus facilement en ville. Sans oublier les touristes qui venaient maintenant visiter ce beau coin de pays. La derni�re raison pour laquelle Antoine avait recueilli tant d'argent �tait l'�glise du village. Elle apparaissait si mal en point qu'il �tait fort peu int�ressant d'y venir prier. Aussi, Antoine la fit-il refaire pour qu'elle soit tr�s belle et tr�s respectueuse de la pr�sence divine qui l'habite. Apr�s qu'il eut construit l'usine, refait la route et reb�ti l'�glise, Antoine jeta sa peinture et ses pinceaux et se retira dans la montagne pour se livrer � la vie contemplative et ne r�alisa plus aucune peinture. |