Guatemala
J'ai franchit la frontière après 128 jours de
route. À la ville frontière de La Mésilla, j'ai changé mon argent dans la rue.
Le passage de la douane a été d'une facilité déconcertante. J'ai par contre
fait une erreur: je ne suis pas allé signer ma sortie du Mexique. Une erreur
qui ne coute pas cher tant et aussi longtemps que je ne retourne pas au
Mexique. La route au Guatemala est très bien, j'irai même jusqu'à dire
qu'elle est d’une meilleure qualité que bien des routes du Québec. Par
contre, la géographie n'a rien à voir: c'est extrêmement
montagneux. Il a été difficile de trouver mon premier
camping au Guatemala. Il y a beaucoup d'habitation le long de la route.
Chaque pays est une nouvelle forme d'adaptation.
Avec les conseils d'autres voyageurs, je me suis
dirigé vers le Lac Atitlan. C'est un endroit magnifique et un très bon endroit
pour avoir un accident et être "obligé" de prendre du
"repos".
L'accident...
Une belle descente avec une surface asphaltée
presque parfaite. Je descends à pleine vitesse. Deux dos d'âne ou
"tumulos" surgissent devant moi sans l'avertissement préalable et
habituel. Je freine le plus possible. Je sais que le contact est inévitable. Je
me donne pour mission de garder le vélo sur ses roues. Au passage du premier, je
perds ma sacoche avant droite. 520 est toujours sur ses roues. Je me rends
compte qu'il y a beaucoup de monde aux alentours. Ma vitesse se réduit
encore. Deuxième impact, je sais instantanément que je ne pourrais pas
conserver 520 sur ses roues. En chutant, avec mes sandales toujours bien ancrées
sur les pédales je sais que ma tête percutera le sol dans une fraction de
seconde. Contact.
Après le contact, je demeure au sol pas
plus 2 secondes. L'adrénaline est certainement en concentration maximale. Je
suis tombé du coté droit. Je suis bien content de ne pas avoir touché personne
en tombant. Ma deuxième pensée est pour 520. À première vue, mes deux
jantes semblent encore en état de rouler. Le miroir est brisé mais encore
utilisable. Un attroupement de curieux se forme très rapidement autour de moi.
On tient 520 pour m'aider à le redresser un peu. Très rapidement, un
gentil spectateur de ma chute me rapporte ma sacoche avant droite. Un
attroupement, comme celui-là, me donne l'idée de prendre quelques photos. Une
autre idée un peu bizarre a été de vérifier si ma vitesse maximale
atteinte dans cette descente était supérieur à la vitesse des descentes précédentes (où
j'ai dépassé un autobus et un camion). Et bien oui, j'ai brisé mon record de vitesse
sans me briser un os. Je ne crois pas être en mesure de battre ce
nouveau record de 82km/h. 5 minutes plus tard les
"flics" font leur apparition. Avec mon espagnol approximatif ils
comprennent rapidement qu'ils ne sont pas les bienvenus sur cette scène d'accident. Une
fois 520 prêt à repartir les pompiers volontaires ou
"Bomberos" arrivent. Ils ne me convainquent pas de placer
520 dans leur camion mais ils me persuadent facilement d'aller recevoir
des traitements à la station. La station est a environ 9km de mon lieu de
chute. Ils m'attendent pour m'indiquer le chemin à suivre dans la ville de
Solola. J'ai déjà l'idée de leur demander l'hospitalité. Un pompier désinfecte
mes plaies et me recommande d'aller recevoir plus de traitement à l'hôpital. Je
refuse, je n'ai pas l'intention d'aller voir un doc pour une
simple coupure au cuir chevelu. Comme je n'ai pas beaucoup d'expérience avec
les commotions cérébrales, je préfère ne pas passer une nuit seul.
Juste au cas où...
Le chef des pompiers me donne l'autorisation
de passer la nuit à la caserne. Mais il insiste pour que
j'aille faire un tour d'ambulance jusqu'à l'hôpital pour me faire faire
des points. Ok, je vais à l'hôpital avec deux pompiers. À l'hôpital, c'est
très rapide on me fait trois points de sutures et on désinfecte mes autres
plaies. Quand je demande comment ça coûte une autre surprise...c'est
gratuit. Retour à la caserne en ambulance. Visite de la caserne et à ma
grande surprise un gros drapeau canadien orne le plus grand mur de la salle
principale. On m'explique qu'une certaine canadienne du prénom de Susan leur
fournit du matériel médical. Pour une des rares fois de ma vie, j'étais
vraiment fier d'être canadien. Vers 10h le soir c'est l'heure du souper
pour eux. Ils m'invitent à leur repas collectif. Mon meilleur repas typique du
Guatemala. Leur dortoir est simple mais confortable. Le lendemain, j'en ai
profité pour essayer le fameux poteau de pompier. Le vendredi, à Solola c'est
le jour du plus grand marché. On m'avait prévenu mais de voir une rue et
surtout l'entré d'une station de pompier complètement obstrué par des vendeurs
de toutes sortes de chose a été une petite surprise supplémentaire.
J'ai passé environ une semaine à San Pedro
de la Laguna, où j'ai fait la rencontre de plein de monde. Vincent, un
autre québécois a même été mon coloc pour deux ou
trois nuits. Beaucoup de Grigos et Gringas mais très agréable. J'ai séjourné à
l'hospedaje Mendez pour moins de 1,50$ (10Q) la nuit. Normand, un artisan de
mexico, m'a donné un collier en cadeau. Je lui ai promis de l'amener le plus au
sud possible.
Départ en direction de San Andres Ixtzapa le 10
oct. La montée de Panajachel à la CA-1 a été longue mais sans ennui. La
portion de Panajachel à Solola été quand même assez abrupte. Plus loin, je
repasse sur le lieu de mon accident. Les avertissements sont vraiment trop
près. Je quitte le lac Atitlan avec la nette impression que j'y reviendrai un
jour ou l'autre.
Un dodo sur le bord de la route de plus, mais ici une famille de paysan
m'informe que le site de camping improvisé n'est pas très sécuritaire. Je leur
fait comprendre que la route à l'obscurité est encore moins sécuritaire.
Le père de famille finit par donné son accord mais me prévient qu'un troupeau
de vache passera probablement me réveillé au petit matin. Le lendemain, moins
de 30 km et j'arrive à Maya Pedal. Cet O.N.G financé en parti
par L'ACDI est situé à San Andres Ixtzapa. Leur mission est de rendre
accessible a différents groupes de multiples machines à pédales:"(To
support the basic family economy though the design and distribution of
pedal-powered machines, as such providing an alternative for the development of
rural Guatemala . We design and build pedal-powered machines that serve
as local economic tools to improve the health of the community and the
environment)" Les vélos, le matériel de base, proviennent de Bikes Not
Bombs. Ils revendent les vélos non transformés en machine comme source de
financement. La boutique est aussi ouverte au publique pour les réparations
courantes de vélo. J'arrive au moment de la réunion mensuelle du comité
d'administration. Erica, une canadienne de Vancouver et l'interne de
L'ACDI, prend quand même la peine de me faire visité les lieux et de me
présenté aux autres membres de l'équipe. Il y a beaucoup de travaille ici, je
ne m'ennuie pas du tout. J'ai passé 2 très belles semaines de
"travail" et de visite avant de reprendre la route. J'ai du
me rendre à l'infâme Guatemala Ciudad pour aller chercher un
coli du Canada avec plein de cadeau pour 520 et moi. Le coli était
adressé à Old Town Outfitters à Antigua mais ils n'ont pas reçu
mon courriel les prévenant de l'arrivé d'un coli pour moi. Donc, un petit aller
retour San Andres-Guatemala Ciudad-San Andres. Par contre, je ne mets pas en
doute l'efficacité du service postal du Guatemala. J'y ai été très bien
servit. Guatemala Ciudad n'est pas une ville agréable à pédaler. Je suis
revenu très fatigué et noir de diesel. Le 20 oct. est une journée fériée, la
fête de la révolution. Le technicien Carlos a profité de ce jour de repos
pour faire visité sa ferme à l'équipe de Maya Pedal. Maya Pedal a été une
bonne source de pièces usagées pour 520: 2 plateaux, 2 câbles de vitesses,
un miroir et un pneu. Merci à Mario, Carlos, Edwin, Erica, Jesse et Lisa
pour un agréable changement à mon habituel quotidien.
Le restant du Guatemala été un jeu d'enfant
mis à part le pavé de Antigua. J'ai réussit à atteindre 83km/h dans la
descente entre Antigua et Esquintla. Un peu après Esquintla,
j'ai trouvé un nouveau type de terrain de camping: un champ de cannes à sucre.
À ma sortie du Guatemala, j'ai
rencontré un journaliste pigiste français du nom de Jean-Luc Fornier. Il a fait
un petit topo, mais je n'aimerais pas voir le résultat.