| Le Triomphe de l'Amour
"The basest soul, the most vulgar lovers, the most folly-ridden youth, have not known my turbulence: worries, jealousies, soaring ecstasies, all take their turn with me!" -- Hermocrate, Act II, Scene XII. (Want to see more? Read a translation of Act 1, Scene 8, where Hermocrate, the philosopher, meets the Princess, who is disguised as a man; and then, a translation of the dialogue from Act II Scene 12.) (The Triumph of Love), first produced in 1732, is
"the little dictionary" to the plays of Marivaux. Its
language, plot and stratagems serve as a Rosetta-stone to the author's
romantic vision. Little In recognition of this honor for Marivaux, we will present
some material on the play and, if we are lucky, we may be able to provide
some insight and entertainment. Le Triomphe de l'Amour will be staged
at the Almeida in Bath
in August, but it will also tour in Norwich and Malvern, as well as London
of course.
As the perplexed Marivaux himself reported, the play,
which is in many ways about The paintings on this page are by François Boucher
(top) and Antoine Watteau, respectively.
Reviews and Related -- The Triumph is often shown to take place in a wonderfully elegant country setting, but the plot affords a tremendous latitude in set design. You might visit a web site featuring photos of the set from a past production by another theater company. The same site provides a brief synopsis of the plot. -- Along with that, you might read Steve Capra's mixed review of yet a third recent production, review courtesy of the Xlnt Arts site. – review of a 1998 staging by another company and translator -- Planchon's direction of / comments on the play, with ref to Hermocrate and Le Réunion . . . -- Elizabeth Reitz Mullenix's 1997 article on the revival enjoyed by Le Triomphe de l'Amour. http://www.arts.ilstu.edu/shakespeare/research/ISFtriumph.html -- Read the enthusiastic review of a 1996 musical production, jointly by Center Stage (Baltimore) and the Yale Repertory Theater. -- In French. Short bio of Marivaux, together with a reasonable picture, from the Comédie-Française. |

Back to civilizationAvertissement de l'auteur (Marivaux)Le sort de cette pièce-ci a été bizarre. Je la sentais susceptible d'une chute totale ou d'un grand succès; d'une chute totale, parce que le sujet en était singulier, et par conséquent courait risque d'être mal reçu; d'un grand succès, parce que je voyais que, si le sujet était saisi, il pouvait faire beaucoup de plaisir. Je me suis trompé pourtant ; et rien de tout cela n'est arrivé. La pièce n'a eu, à proprement parler, ni chute, ni succès ; tout se réduit simplement à dire qu'elle n'a point plu. Je ne parle que de la première représentation ; car, après cela elle a eu encore un autre sort: ce n'a plus été la même pièce, tant elle a fait de plaisir aux nouveaux spectateurs qui sont venus la voir ; ils étaient dans la dernière surprise de ce qui lui était arrivé d'abord. Je n'ose rapporter les éloges qu'ils en faisaient, et je n'exagère rien: le public est garant de ce que je dis là. Ce n'est pas là tout. Quatre jours après qu'elle a paru à Paris, on l'a jouée à la cour. Il y a assurément de l'esprit et du goût dans ce pays-là ; et elle y plut encore au-delà de ce qu'il m'est permis de dire. Pourquoi donc n'a-t-elle pas été mieux reçue d'abord ? Pourquoi l'a-t-elle été si bien après ? Dirai-je que les premiers spectateurs s'y connaissent mieux que les derniers ? Non, cela ne serait pas raisonnable. Je conclus seulementque cette différence d'opinion doit engager les uns et les autres à se méfier de leur jugement. Lorsque dans une affaire de goût, un homme d'esprit en trouve plusieurs autres qui ne sont pas de son sentiment, cela doit l'inquiéter, ce me semble, ou il a moins d'esprit qu'il ne pense ; et voilà précisément ce qui se passe à l'égard de cette pièce. Je veux croire que ceux qui l'ont trouvée si bonne se trompent peut-être, et assurément c'est être bien modeste; d'autant plus qu'il s'en faut beaucoup que je la trouve mauvaise; mais je crois aussi que ceux qui la désapprouvent peuvent avoir tort. Et je demande qu'on la lise avec attention, et sans égard à ce que l'on en a pensé d'abord, afin qu'on la juge équitablement.