Un nouveau départ - Chapitre 27 " Le
retour de Shaka "
Deux mois après leur départ du Sanctuaire, et après un mois passé à Big Salmon Lake, Shaka prit la décision de rentrer au Sanctuaire.
Ils étaient tous les trois partis en randonnée pour la journée, et Shaka leur annonça sa décision pendant la pause déjeuner.
- Tu rentres, alors ?, demanda Kanon.
Saga semblait poser la même question du regard.
- Oui, il est grand-temps, non ? Et vous devriez y penser de votre côté. Deux mois d’absence c’est beaucoup, et Shion va se demander si nous n’avons pas déserté.
- Ah, flûte, Shion…, soupira Kanon en s’allongeant dans l’herbe les bras derrière la tête… Je l’avais oublié celui-là.
- Tu parles du Grand Pope, ne l’oublie pas !, commença Shaka.
- Oui, oui, je sais !...
Il se rassit et le regarda dans les yeux.
- C’était juste une expression. Quoi qu’il en soit, je ne rentre pas, pas encore.
Shaka se tourna vers Saga, mais à son expression, il était clair qu’il n’avait pas envie de rentrer non plus.
- Tant pis, soupira-t-il, j’aurai au moins essayé.
- Tu rentres par bateau ?, lui demanda Kanon avec un sourire entendu.
- Certainement pas !, répondit Shaka en riant, je rentre en avion, comme n’importe quel homme civilisé.
Le lendemain matin nos trois amis firent leurs adieux à Charlie, son frère et Marie.
- C’est décidé, alors, demanda Marie à Kanon, vous partez ?
- Shaka rentre au Sanctuaire, oui. Mais Saga et moi avons envie de faire la fameuse route 66. Nous pourrons repasser par ici à notre retour.
- Revenez quand vous voulez, leur assura Charlie.
Ils prirent tous les trois l’autoroute pour les ramener plus vite à Billings où Shaka devait prendre son avion. Ils passèrent la nuit à l’hôtel face à l’aéroport. Ils avaient oublié, après un mois à dormir dans le noir complet et le silence absolu, ce qu’était un motel miteux et bruyant, sans compter le bruit incessant des avions.
Le lendemain, Shaka confia sa moto au personnel chargé d’embarquer les effets personnels dans la soute et rejoignit Kanon et Saga dans la salle d’attente de l’aéroport.
- Voilà, c’est fait ! … Dernière chance de rentrer avec moi, rajouta-t-il.
- Ca ira, merci Shaka, lui dit Kanon. En fait, merci pour tout.
Saga posa sa main sur le bras de son ami, et serra fermement en guise d’au revoir. Une petite larme perlait sur sa joue.
Au Sanctuaire, Shion ne savait plus où donner de la tête. Il fallait gérer les affaires courantes, surveiller l’avancée des travaux dans les maisons et au Mont Etoilé, qui avait été dévasté à la dernière visite de Saga. Et en plus, le système informatique « plantait » à cause des travaux non loin de là. En repensant à Saga, il se demanda comment il allait. Son état n’était pas très brillant quand il avait quitté le Sanctuaire deux mois auparavant.
- Déjà 2 mois ! Le temps passe vite… ,se dit-il à lui-même.
- Vous pensez à Saga, Kanon et Shaka ?, lui demanda Saori qui venait de rentrer dans le bureau.
Il fut un peu surpris de la voir, il ne l’attendait pas avant l’après-midi.
- Oui, c’est vrai, finit-il par lui répondre, un peu las.
- Vous devriez sortir un peu de ce bureau, Shion. Allez voir Mü et Kiki, faites un peu d’exercice, ce que vous voulez, mais je ne veux plus vous voir avant demain ! C’est compris ?
Il parut un peu décontenancé à ce qu’elle venait de dire, mais devant son sourire, comment résister ?
Il se leva, enleva sa robe sombre, la plia soigneusement sur le dos de son fauteuil, et lui répondit avant de sortir en lui rendant son sourire :
- Je suis à vos ordres, Majesté !
Le lendemain, quand Shion se rendit à son bureau, il trouva les gens qu’il croisait un peu agités. Sa journée de détente de la veille l’avait bien détendu, mais lui avait paru trop courte.
- J’aurais dû faire comme les autres, moi aussi, pensa-t-il. Je pourrais prétexter que je ne suis pas retourné en Inde depuis…
Puis tout haut en arrivant dans la salle du trône :
- Mais qu’est ce que vous avez tous ce matin ?! On ne s’entend plus penser !
Ce fut un serviteur qui lui répondit en saluant bien bas :
- Majesté, c’est Shaka, le chevalier de la Vierge ! Il est rentré.
- Shaka ?, fit-il en laissant tomber ses dossiers qu’il tenait sous le bras. Où est-il ?
- A la grande entrée. Personne ne l’a reconnu quand il est arrivé.
Il se précipita le plus vite qu’il put à la grande entrée. Shaka devait s’y trouver encore au vu de l’attroupement qui s’y trouvait. Quand il se présenta, on le laissa passer. Et ce qu’il vit, le cloua sur place : Shaka en jean-baskets, un casque de moto sous le bras, le teint hâlé, les cheveux attachés avec un magnifique ruban de couleur vive, un sourire radieux, se tenait fièrement à côté d’une moto de marque japonaise de couleur rouge vif.
- Je suis content de te revoir Shaka !, lui dit Shion, une fois remis de sa surprise. Deux mois passés aux côtés de nos jumeaux terribles t’ont bien changé.
Tout le monde se mit à rire de cette remarque.
- Quand tu auras fini de signer des autographes, tu passeras me voir dans mon bureau. Athéna et moi sommes curieux de tout savoir.
Epilogue