Un nouveau départ - Chapitre 24 " Les US, enfin ! "

 

Le voyage arriva à son terme, au grand soulagement de Shaka, à qui la vie de marin ne convenait pas. Même 18 jours étaient trop pour lui. Cependant, même s’il ne voulait pas l’admettre, la vie sur un navire avait fini par avoir raison de son arrogance et de sa tendance naturelle à snober les gens.

Arrivés sur l’immense port marchand de New York, tout n’était pas terminé, il fallait encore décharger le navire, ce qui leur prit le reste de la journée. Le soir, ils étaient tellement exténués, qu’ils demandèrent à ne quitter le bord que le lendemain matin.

Ils décidèrent de partir très tôt le lendemain de leur arrivée, car une longue route les attendait.

Ils prirent donc congé du personnel de bord, qui avait fini par se faire à la bizarrerie de ces trois personnages aux cheveux longs et aussi bavards que des carpes. Le Capitaine, quant à lui les remercia chaleureusement pour tout le travail qu’ils avaient fourni sans rechigner et leur donna à chacun une liasse de billets correspondant à 2 mois de salaire. Ils refusèrent d’abord l’argent, mais le capitaine leur expliqua que c’était convenu comme ça avec leur patron. Ils se regardèrent en entendant le mot « patron », puis acceptèrent leur salaire.

 

Kanon exultait, il était enfin là où il rêvait d’être, ou presque. Le port était immense, et ils se perdirent plusieurs fois dans les dédales de conteneurs entassés sur le quai. Après avoir tourné en rond plusieurs fois, ils finirent par trouver la sortie, présenter les papiers que leur avait donné le capitaine aux douanes, et ils furent enfin libres. Quelle ne fut pas leur surprise en découvrant les larges avenues de New York et les buildings. Ils voyaient ce spectacle pour la première fois.

En suivant un plan que leur avait donné un garde à l’entrée du port, ils trouvèrent un arrêt de bus. Ils attendirent près d’un quart d’heure le bus qui les emmena à la gare, sous les regards curieux et parfois approbateurs des passants et des passantes.

-         Je voudrais bien qu’on m’explique pourquoi on nous regarde comme ça !, s’énerva Shaka. C’est insupportable !

-         C’est normal, lui répondit Kanon, ils ne sont pas habitués à voir des gens de notre look dans le coin. Ce n’est pas Athènes, ici. Mais, je pense qu’au Montana, ça ira mieux, tu verras.

Ils arrivèrent enfin à la gare ferroviaire Pennsylvania Station, où ils prirent leur billet pour Billings dans le Montana. Kanon préférait voyager par chemin de fer, même si c’était plus long, pour prendre le temps de voyager et de regarder un paysage inconnu, pour trancher avec les paysages du Sanctuaire et d’Athènes qu’ils connaissaient par coeur. Une fois dans le train, Kanon sortit son guide touristique du Montana, qu’il venait d’acheter à la gare, et fit le point.

-         Nous allons arriver ici, à Billings. C’est une grande ville aussi visiblement, puis de là, on va se débrouiller jusqu’à Big Salmon Lake.

-         Et, tu as une idée pour traverser le Montana ?, lui demanda Shaka.

-         Ici, je voudrais prendre mon temps, vois-tu ? Nous avons tout le temps d’arriver à destination. Aussi, je pensais nous procurer un moyen de transport motorisé.

A ces mots Saga le regarda avec un sourire entendu. Kanon avait eu tout le temps de lui expliquer ses rêves sur le bateau.

- Vous me faites peur tous les deux quand vous souriez comme ça. Vous pensez à quoi exactement ?

- Oh, à rien de bien compliqué pour un chevalier d’or tel que toi ! Saga et moi pensons investir notre salaire et nos économies dans un deux-roues.

Shaka ouvrit de grands yeux.

-         Une moto ? Vraiment ? Oh, je rêve d’une japonaise !

-         Nous, nous penchons plutôt pour un modèle plus américain. N’est ce pas, Saga ?

 

Ils dormirent comme des souches le reste du trajet jusqu’à Billings. La tension qu’ils éprouvaient encore de leur départ assez précipité du Sanctuaire pour l’inconnu s’estompait petit à petit. Et Saga était métamorphosé. La vie en mer, le dur labeur et la méditation avaient eu raison de sa morosité et de sa tristesse. Quant à Shaka, loin de son  temple et de son titre de « chevalier d’or le plus puissant », il était méconnaissable.

Ils arrivèrent enfin à Billings le lendemain matin, frais et dispos. Ils s’offrirent un copieux petit-déjeuner dans un coffee-shop et firent le tour de la ville, qui n’était pas si grande que ça, à la recherche d’un concessionnaire Kawasaki pour la moto rouge de Shaka et Harley Davidson pour Saga et Kanon. Ils étaient heureux de pouvoir enfin dépenser l’argent qu’ils gagnaient à sauver le monde !

 

 

Chapitre 25 " Big Salmon Lake "

 

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