Un nouveau départ - Chapitre 20 " La jalousie de Seiya - Suite "
Le lendemain de sa visite aux jumeaux, Seiya encore un peu honteux de sa conduite, se décida à aller voir Saori sans plus tarder. Ils devaient parler.
Il se présenta de bonne heure dans la maison du Pope, passage obligé avant la maison d’Athéna. Quand il arriva, il entendit des voix qui sortaient du bureau du Grand Pope. Il s’avança doucement pour essayer de savoir qui était là et s’il n’allait pas déranger une discussion importante. Il entendit clairement la voix de Saori :
- Shaka veut retourner en Inde venir en aide à la population après le tremblement de terre.
- Ah, je me doutais qu’il formulerait cette demande ! Ce qui m’étonne, c’est que c’est à vous qu’il en ait parlé, lui répondit Shion.
- Il m’en a parlé parce que je lui ai demandé ! Mais je soupçonne autre chose.
- Quoi donc ?
- Je ne sais pas, il a peut être envie de partir, tout simplement.
- Saori, la plupart des chevaliers ont envie de partir en ce moment. Tenez, Aldébaran voudrait rentrer quelques jours au Brésil, Shura voudrait retourner en Espagne et Camus m’a demandé la permission d’aller en Sibérie voir Hyoga, le chevalier du Cygne… Alors pourquoi pas l’Inde ?
Seiya profita du moment de silence pour frapper à la porte. Ce fut Shion lui-même qui lui ouvrit la porte.
- Tiens, Pégase !
- Seiya ! s’exclama Saori.
La joie qu’elle avait de le revoir dissipa tous ses doutes. Il se dit qu’il avait du rêver ce qu’il avait vu, ou bien en donner plus d’importance que ça n’en avait réellement.
…
Saori emmena Seiya dans les jardins, près d’une fontaine où elle aimait se retrouver pour lire ou penser, et être seule. Elle était consciente de la souffrance de Seiya, par rapport à ce qu’il avait vu l’autre jour à l’hôpital. Elle s’apprêtait à lui expliquer ce qu’il en était quand il prit la parole :
- Vous avez l’air de bien vous entendre avec le grand Pope.
- Ah, et bien, oui, c’est vrai. Tu sais, beaucoup de choses ont changé depuis notre retour d’Athènes. Assieds-toi, j’ai des choses à te dire…
Il se troubla un peu. Mais, intrigué, il obéit. Il sentait qu’il aurait enfin des réponses. Elle s’assit à ses côté, observa un instant l’eau de la fontaine qui coulait doucement et scintillait au soleil, puis se lança :
- Au moment des évènements, quand Saga a tenté de tuer Shion et les autres, quelque chose s’est réveillé en moi. Une force de vaincre que j’avais déjà ressenti quand j’avais fait face à Hadès pour qu’il libère Shun. Je crois que c’est l’esprit guerrier de la déesse Athéna. J’ai demandé aux chevaliers d’or de me considérer comme l’une des leurs, car je ne suis plus la jeune fille d’autrefois.
- Mais…
- Celle que tu as vue à Athènes n’était plus sûre d’elle-même, elle souffrait de solitude.
- De solitude ?
- Oui, c’est un peu dur d’être la seule femme, et de ne pouvoir confier à personne ses petits soucis.
- Et le fait d’être considérée comme un guerrier vous permet d’oublier que vous êtres une femme ?
- Non, bien sûr ! Il me manque toujours une oreille féminine, mais j’ai trouvé des amis et non plus des subordonnés. Et j’aide Shion à gérer le domaine sacré. Il m’aide beaucoup inconsciemment et lui, de son côté, ne ressent plus le lourd fardeau de sa charge.
Seiya resta un moment à digérer ce qu’elle venait de lui dire. Il n’était pas sûr de bien comprendre ou d’accepter la nouvelle situation. Saori parut comprendre son désarroi et rajouta en lui souriant :
- Rassure-toi, cela ne signifie pas que je n’ai plus besoin de toi. Tu comptes beaucoup pour moi, depuis toujours !
Elle posa doucement sa tête sur son épaule et ils restèrent comme ça un long moment. Seiya se disait qu’enfin, la vie était belle et valait la peine d’être vécue.
Dohko avait rejoint Shion dans son bureau. Ils assistaient de loin tous deux à la scène.
- Je crois, mon vieil ami, que notre déesse n’a plus besoin de nous.
Shion le regarda en souriant.
- Elle a aussi le droit d’être une femme. La guerre est finie.