L'autre monde - Chapitre 15
Camus m’observait en coin, très méfiant, et tenant son ami Milo à l’écart des autres. Celui-ci était loin d’être à l’aise, cela crevait les yeux.
Je me décidai toutefois à les secouer un peu pour avoir des explications.
- Quelqu’un va-t-il se décider à me dire ce qui se passe ici ?
Une petite voix, venue de plus bas parvint jusqu’à moi :
- Voilà qu’il se remet à jouer les seigneurs…
Je lançai un regard mauvais dans la direction de Masque de Mort qui venait de revenir à lui. Il se releva péniblement, en se tenant au pilier.
Hyoga et Shiryu pressentant à raison que j’allais encore le frapper, me retinrent, chacun de leur côté.
- Vous êtes toujours aussi colérique ?, me questionna Shaka, toujours aussi imperturbable.
Cette fois c’en était trop, je sentais que le vase n’allait pas tarder à déborder. L’étreinte de mes amis se fit plus forte.
- Je vais les tuer… murmurai-je entre mes dents. C’est tout ce qu’ils méritent. Si Athéna n’était pas prisonnière là-haut, je crois que j’aurais fait demi-tour vite fait, pour les laisser pourrir dans leur merde.
Tout le monde m’avait entendu, bien sûr, et ils semblèrent se calmer. Les seuls à me regarder en face étaient DM et Camus, qui remontaient, pour le coup, dans mon estime. Je les fusillai cependant du regard, attendant des explications. Elles vinrent cependant de quelqu’un d’autre, qui prit son courage à deux mains, pour nous affronter, les chevaliers d’or, mes amis, et moi.
- Tout est de ma faute… commença Milo d’une petite voix.
- Ca ,tu peux le dire !!, cria Pégase, toujours retenu par Saga.
Pégase écumait vraiment de rage, il me rappelait moi, quelques années plus tôt. Milo me faisait de la peine, aussi l’invitai-je à continuer d’un geste que je voulais rassurant.
- C’est bien moi qui ait tué les chevaliers de bronze et provoqué toutes ces morts au Japon, pendant le tournoi. Je suis vraiment désolé…
- Tu n’as pas à l’être, lui murmura Camus.
- Tu n’y étais pour rien, lui dit Shura à son tour.
J’essayais de comprendre quelque chose, mais visiblement il manquait des éléments.
- Très bien, commençai-je, je veux bien te croire, je ne demande que ça. Mais si tu commençais depuis le début ?
- Oui, intervint Aldébaran, j’aimerais bien comprendre, moi aussi !
Milo osait à présent tous nous regarder. Je crois que nous voir, nous les bronzes, dans des armures d’or, de voir deux chevaliers des gémeaux presque identiques, à l’exception de la couleur des cheveux et deux chevaliers du bélier, dont un qui devait vaguement lui rappeler quelqu’un, devait lui faire un choc, en plus des révélations, que je devinais assez pénibles, qu’il avait à nous faire.
- Je voudrais que vous sachiez que je n’ai pas agi de ma propre volonté. C’était comme si quelqu’un avait pris possession de mon cerveau et me donnait des pulsions de mort…
La lumière me vint, d’un coup. Je comprenais tout, et d’un coup d’oeil, je vis bien que Hyoga, Shiryu et Kiki avaient eux aussi compris.
- Vous savez de quoi il parle, n’est ce pas ?, me demanda Camus, soudain rempli d’espoir.
- Oui, admis-je en baissant la tête et désolé, je sais de quoi il parle. Puis m’adressant à Milo : - Tu as été en contact avec le Pope quand ça s’est passé ?
- Eh bien, oui, me dit Milo qui commençait lui aussi à espérer que quelqu’un le croirait enfin.
- Alors c’est bien cela !, intervint Shiryu. Le Genrô maô-ken !
- Le quoi ? demanda Aldébaran
- C’est une attaque que seul le grand Pope utilise, commença Saga. Elle met la personne complètement à sa merci en lui paralysant le cerveau. La victime ne reprend possession de son esprit que lorsqu’elle a tué.
- Tu as l’air au courant !, lança soudain Aiolia.
- Tu oublies que j’étais l’un des favoris quand le Pope Shion se cherchait un successeur.
Ensuite, tout se passa à la vitesse de l’éclair. J’étais par terre avec les autres quand je repris mes esprits. Je crois bien avoir entendu DM crier avant de perdre connaissance.
- Que s’est-il passé ?, m’enquis-je en massant mon crâne endolori.
Shaka vint vers moi, pour m’aider à me relever. J’acceptai son aide, un peu surpris de le voir se proposer à aider autrui. Il me rendit un sourire, il avait compris ce que je venais de penser.
- C’est Aiolia, me dit-il en me remettant debout. C’est lui qui vient de lancer son attaque.
- Aiolia ? m’écriais-je. Comment cela ? Pourquoi ?
- Je voulais te prévenir, mais tu ne m’en as pas laissé le temps !, m’interpella DM
- Me prévenir de quoi ?
- Si tu ne m’avais pas assommé tout à l’heure, je t’aurais dit de te méfier du chevalier du Lion.
Effectivement, tout me revint en mémoire à cet instant. Aiolia s’était tenu à l’écart, depuis le début, et plus depuis que Death Mask avait repris connaissance. Il avait dit à Saga qu’il semblait au courant pour le Genrô maô-ken et DM s’était retourné comme s’il venait seulement de s’apercevoir qu’il était là et lui avait crié dessus, juste avant les éclairs qui nous avaient tous mis K.O.
- Qu’est-ce que tu lui as dit, exactement ?
- Je lui ai dit : « qu’est ce que tu fous là, toi ? »
- Ah ! Et bien il n’a pas apprécié visiblement, pour nous avoir lancé son « Lightning Plasma », lui répondis-je mi amusé.
Chapitre 16