NdA : Mon amie Perséphone a présenté dans le secret de maître
Mu, une théorie intéressante selon laquelle les hommes atlantes pouvaient
donner la vie.
Là-dessus, m’est venue l’idée de réécrire la mort de Shion, en
tenant compte de ce critère. Après tout, M. Kurumada lui-même n’a jamais
rien établi sur le sujet, il est donc permis d’extrapoler.
Le
secret de Saga
Saga venait d’apprendre ce matin même le choix du Grand Pope pour sa succession à la tête du Domaine Sacré. Sur le coup, il avait été seulement déçu, puis le temps passant, il commençait à le vivre très mal. Qu’est-ce que le chevalier du Sagittaire avait de plus que lui ? Il savait bien qu’il avait une chance sur deux d’être choisi, mais il s’était pris à espérer. Un chevalier d’Athéna ne devait pas s’abaisser à l’égoïsme, à des rêves de grandeur personnelle, mais Saga se savait d’abord un homme, avec des espérances, des rêves, avant d’être chevalier. Etait-ce là son plus grand crime ? Apparemment oui, et Shion venait de le lui faire savoir.
Il passa le reste de la journée ainsi, à ruminer sa déception et se laisser submerger par la colère. Il ne savait pas ce qu’il détestait le plus, être mis sur la touche au profit d’un benêt sans caractère, ou se rendre compte que son frère avait raison à son sujet.
Shion était affamé. En ce moment il avait des envies de sucre. Vivement que ça se termine, et franchement quelle idée d’attendre un enfant à son âge ! Mais c’était arrivé, et il ne pouvait pas revenir en arrière. Il se demandait ce qui, entre l’âge et la grossesse, aurait raison de sa vie. Il se déplaça jusqu’à la cuisine pour voir ce qu’il pourrait trouver de bon à grignoter. Il hésita devant le dernier morceau de moelleux au chocolat recouvert d’un somptueux glaçage au fromage blanc, et finit par succomber. Quel bonheur !... Il pourrait toujours accuser le rat qui avait élu domicile au palais et que personne jusqu’ici n’avait encore réussi à attraper.
Il cachait sa grossesse comme il le pouvait. Bénie soit cette robe sombre que sa charge lui imposait de porter depuis toutes ces années. Tout à l’heure Aiolos, le chevalier du Sagittaire viendrait prendre possession des secrets que seul le Pope connaissait, l’accès du Mont Etoilé et l’autel des prédictions, et l’armure sacrée d’Athéna, et demain, il lui passerait les rênes officiellement, au cours d’une cérémonie qui promettait d’être longue et pénible, vu son état. Tout en savourant son gâteau il pensait à Saga et à la déception qui devait être la sienne. Même s’il n’avait rien montré ce matin en apprenant sa décision, Shion le connaissait suffisamment pour savoir ce qu’il en était réellement.
Le soir venu, épuisé, il rejoignit le Mont Etoilé. Il pouvait passer des heures à admirer les étoiles. Il se perdit dans la contemplation de la constellation d’Orion, sa préférée. Mais quelque chose n’allait pas ce soir, les étoiles avaient pris une couleur inquiétante. Il comprit qu’un malheur allait arriver. Inconsciemment il mit ses mains sur son ventre et sentit un coup de pied. Au moins, le bébé allait bien, ce qui était rassurant. Son moment de solitude régénérant ne dura pas bien longtemps, à sa grande surprise, il entendit des pas lourds derrière lui.
Il savait qu’il le trouverait là : pour trouver Shion c’était facile, s’il n’était pas à son bureau, il était au Mont Etoilé, à contempler les étoiles. Il ne savait pas au juste ce qu’il y voyait, pour lui, ce n’étaient que des étoiles éloignées qui illuminaient le ciel. Il ne fit rien pour étouffer ses pas, à quoi bon se donner cette peine ? Il ne venait que pour avoir des explications après tout. Il avait passé sa journée à ruminer sa déception et à épier d’un oeil jaloux les faits et gestes d’Aiolos quand il s’était rendu au palais pour se voir confier les secrets du Sanctuaire. Ca aurait dû être lui et personne d’autre. Il nourrissait ce projet secrètement depuis tellement longtemps. Seul son frère savait, mais là où il l’avait mis, il ne pouvait plus en parler à qui que ce soit. Et voilà qu’après ce sacrifice pénible, mais utile, Shion avait choisi son rival.
Shion ne cacha pas sa surprise en voyant arriver Saga, dans une attitude décidée. Il voulait des explications, cela se lisait dans ses yeux. Mais quelles explications lui donner ? Il avait senti une aura latente, chargée de haine en Saga depuis un petit moment déjà. Un peu comme une présence maléfique qui attendait le bon moment pour sortir de l’ombre. Comment expliquer à Saga qu’il avait choisi Aiolos à cause d’une mauvaise impression ? Il allait devoir se montrer dur avec lui, et il avait horreur de ça, et ce soir, il était fatigué. Il l’accueillit calmement tout de même.
- Bonsoir Saga, je ne m’attendais pas à te voir ici, que veux-tu ?
- Des explications, seulement des explications sur votre choix.
Au seul son de sa voix, Shion sentait qu’il réprimait de la colère, non, plus que ça, de la haine et de l’agressivité. Il trouvait ce sentiment démesuré, vu la situation, mais maintenant plus que jamais, il savait pourquoi il avait choisi Aiolos. Saga avait beaucoup changé ces derniers temps, et ce qui n’était qu’une impression se changea en certitude ce soir. Malgré tout, très digne, il décida de se prêter au jeu.
- Je n’ai pas d’explications à te donner. J’avais un choix à faire, un choix difficile, et je l’ai fait. Mais ce n’est pas un cadeau que j’ai fait à Aiolos, la charge de Pope est fatigante, usante, même. Alors, ne sois pas trop déçu.
Ses yeux lançaient tellement de haine, qu’il en eut un mouvement de recul et inconsciemment posa une main sur son ventre. Mais Saga était trop en colère pour remarquer ce dernier geste.
- Déçu ? Comment pourrais-je ne pas être déçu ? J’ai passé toutes ces années à me perfectionner, à devenir le plus puissant, pour vous impressionner, à passer des heures à vos côtés à apprendre à gérer le Sanctuaire, et tout ça pour rien !
Il se rapprocha dangereusement de Shion, l’attitude menaçante, les yeux injectés de sang, et enserra ses épaules de ses doigts qui ressemblaient à des serres.
- Vous avez détruit le seul but que j’avais dans la vie. Et selon vous, je devrais vous remercier !
Shion ne reconnaissait plus Saga, la surprise de le voir dans cet état était tellement grande qu’il en restait tétanisé d’horreur. Son coeur battait à se rompre, allait-il mourir là, maintenant ? Ses pensées se tournèrent furtivement vers l’enfant qu’il portait, et comme une réponse à ses pensées, une douleur déchirante le prit dans le bas-ventre. Il se plia de douleur, et il sentit avec effroi, un liquide chaud couler le long de ses jambes et former une flaque à ses pieds. « Oh, non, pas maintenant… » pensa-t-il. Les contractions devenaient violentes. Là, c’était sûr, il allait accoucher.
La surprise qu’éprouva Saga en regardant le Pope souffrir, agenouillé sous ses yeux, dans une flaque visqueuse, le fit revenir à la réalité. Il n’avait pourtant rien fait qui justifie cette souffrance. Il l’avait peut-être bousculé un peu trop fort ? Mais qu’est-ce que c’était que cette flaque ? Et cette odeur ? Du sang ? Non, c’était autre chose. Il s’agenouilla aux côté de Shion et lui passa une main amicale dans le dos.
- Mais qu’avez-vous ? Vous souffrez ? Qu’est ce que je peux faire ? Dites-moi ce que je dois faire !!
- Ne crie pas comme ça, lui souffla Shion, entre deux contractions, aide-moi plutôt à m’allonger.
L’allonger ? Mais où, quand même pas sur le sol froid… puis ses yeux se fixèrent sur l’autel des prédictions. Il prit Shion dans ses bras, et délicatement le déposa et l’allongea sur l’autel. Shion, sans s’en apercevoir serrait ses épaules sous l’effet de la douleur. Puis il comprit, la respiration saccadée, le ventre arrondi qui se devinait maintenant sous la robe et cette flaque odorante… mais comment cela était-il possible ? Shion n’était pas une femme, du moins pas à sa connaissance. Il posa sa main sur le ventre du Pope et sentit l’enfant bouger ainsi qu’une violente contraction. Non, il ne s’était pas trompé, mais c’était impossible !
Shion voyait bien, à sa mine déconfite, que Saga ne comprenait pas. Il lui prit la main et la serra fort pour attirer son attention.
- Il va falloir que tu m’aides à accoucher, je n’y arriverai pas tout seul.
- Mais comment ? Je n’ai jamais fais ça, je n’ai même jamais vu de bébé !
- Laisse parler ton instinct, je sais que tu t’en sortiras très bien.
Saga passa les deux heures les plus éprouvantes de sa vie. Shion souffrit le martyr pour expulser l’enfant, mais sans soins adéquats, pas même une bassine d’eau, comment l’apaiser ? Il perdit énormément de sang, trop, en fait, et vu son âge avancé, il n’allait pas le supporter. Shion s’évanouit quand les épaules commençaient à apparaître et Saga dut prendre sur lui pour l’attraper et le sortir complètement. L’enfant ne cria pas, ce qui l’inquiéta, car même s’il n’avait jamais vu de bébé il savait qu’il devait crier. Il se rappela une image qu’il avait vu, il ne savait plus où, et prit l’enfant par les pieds, le tint la tête en bas et frappa sur les fesses. Il poussa enfin son premier cri. Il déchira un bout de la robe de Shion qui gisait toujours inanimé et enveloppa l’enfant dedans. La vue de ce petit être sans défense le désarmait complètement. Il n’aurait jamais imaginé, qu’il serait capable d’éprouver une telle vague de sentiments. Il posa l’enfant sur le sol et revint vers Shion, il fallait qu’il reprenne connaissance, sinon, il allait mourir. Il le secoua, l’appela, le gifla, mais rien n’y fit. Le bébé se mit à pleurer, comme s’il sentait que son « père » allait mourir, et Shion revint un moment à lui. Saga lui présenta sa fille les larmes aux yeux.
Saga se retrouva enfin à l’air libre, en bas du Mont Etoilé, où reposait maintenant Shion pour un long sommeil. Il avait dans ses bras l’enfant endormi. Il avait promis à son ancien maître de garder le secret et de s’occuper de sa fille, qu’il déposa le lendemain chez une femme dans un village près de Sparte que Shion avait juste eu le temps de lui nommer avant de rendre son dernier soupir.
Sur le chemin du retour, il passa par le Cap Sounion pour voir si son frère était toujours en vie, mais, à son grand étonnement, la prison était vide. Un sourire aux lèvres, il se dit qu’il n’était pas encore trop tard pour réaliser son rêve.
****
NdA : A la demande de mon amie Perséphone,
voici quelques lignes expliquant une vie possible pour Hellé, la fille de Shion.
Par une nuit chaude et très étoilée, un homme frappa à ma porte. C’était un peu avant l’aube, aussi j’hésitai une seconde avant d’ouvrir. J’étais très fatiguée, je venais de me coucher, j’avais passé la journée et une partie de la nuit au chevet d’un quadragénaire cardiaque. Je l’avais sauvé cette fois encore, mais je savais que sa troisième attaque serait la dernière. Aussi, quand j’entendis frapper, je crus d’abord que l’on venait m’annoncer son décès. J’ouvris la porte à un homme, que je trouvais beau du premier regard, mais ses yeux trahissaient une dualité pesante. Je devinai dans ses bras la forme d’un bébé. Il me regarda longuement avant de se présenter comme Saga, chevalier des Gémeaux. Au mot chevalier, mon sang se glaça, il venait du Sanctuaire, là-bas près d’Athènes, là où vivait l’homme que j’aimais en secret depuis des années. J’essayai de masquer au mieux mon trouble, et le fis entrer. Je lui proposai une tasse de thé qu’il refusa, disant qu’il était pressé, et me présenta l’enfant nouveau-né qu’il tenait. Rien qu’en le voyant, je compris. Shion m’avait expliqué un jour le secret des Atlantes, et que lui-même avait déjà eu un fils. Je tremblai d’effroi. Si ce chevalier venait me confier ce bébé Atlante, cela voulait sûrement dire qu’il était arrivé quelque chose à son père. Je pris l’enfant dans mes bras, en ravalant mes larmes, mais je devais savoir. Quand il me répondit, avec toute la délicatesse dont il était capable, que Shion était mort dans ses bras en donnant la vie cette nuit-même, je crus que j’allais mourir moi aussi. Avant de repartir, il me tendit une enveloppe contenant une grosse somme d’argent en liquide en me disant que le Sanctuaire me verserait une rente tous les ans, pour moi et l’enfant, et qu’il y veillerait personnellement. Shion m’avait dit qu’il hésitait entre deux de ses chevaliers pour lui succéder, je me dis qu’il devait être son successeur, pour qu’il lui confie son enfant.
Je le regardai s’éloigner dans les premières lueurs de l’aube, ses magnifiques cheveux ondulant au gré du vent. Il s’arrêta soudain et revint sur ses pas pour me demander si j’étais d’accord pour appeler l’enfant Hellé, comme l’étoile de la constellation du Bélier. J’approuvai en pleurant à chaudes larmes mon amour disparu.
Le temps passa.Hellé était une enfant discrète et très solitaire. Elle ressemblait beaucoup à son père, les mêmes cheveux blonds indisciplinés, le même regard. Mais sa solitude me pesait. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi elle n’allait jamais avec les autres enfants du village, elle préférait rester seule ou à me regarder préparer mes remèdes et pommades, et elle ne parlait que très peu. Mais elle avait une telle présence ! Quelquefois, elle me regardait intensément en forçant un peu sur sa vue. Au début je croyais qu’elle avait des problèmes de vision, mais je compris bien vite, quand j’entendis pour la première fois sa petite voix dans ma tête, qu’elle s’essayait à la télépathie.
Pour son 5ième anniversaire, grâce à la rente plus que généreuse que me versait le Sanctuaire, à chacun de ses anniversaires, je me décidai à lui offrir un chien, au lieu d’une nouvelle poupée qu’elle regarderait à peine. J’optai pour un chiot épagneul roux, très vif et très joueur pour la forcer un peu à jouer et se dépenser. Le jour où je les présentai l’un à l’autre, le coup de foudre fut immédiat. Elle le prit dans ses bras et le berça comme un enfant. Elle le nomma Mu, nom plutôt étrange, qui me faisait penser au légendaire empire de Mu, mais elle était trop jeune pour connaître cette histoire, et je me dis qu’il s’agissait sûrement d’une coïncidence. J’appris 8 ans plus tard, par un jeune Atlante nommé Mu, lui aussi, que les Atlantes naissaient avec les souvenirs de leurs ancêtres et que c’était pour cette raison qu’ils avaient des dons innés de guérisseurs, de télépathie et de télékinésie.
Son caractère solitaire ne s’arrangea pas avec les années, la seule personne qu’elle acceptait près d’elle, c’était moi, et son meilleur ami était son chien. A 10 ans elle était déjà capable de m’assister et même de me remplacer en tant que guérisseuse et ce fut aussi à cette période qu’elle commençait à s’absenter plusieurs jours, toujours avec son chien sur les talons, dans les montagnes pour cueillir des herbes. Je n’aimais pas du tout ses escapades et je la trouvais trop jeune pour partir seule dans les montagnes, mais elle ne me laissait pas tellement le choix, étant donné qu’elle partait sans me demander mon avis. Elle se contentait de me dire que Mu veillait sur elle et qu’elle était parfaitement capable de se débrouiller et de se défendre seule.
L’année de ses treize ans, il y eut une bataille terrible au Sanctuaire pour renverser le nouveau Pope. Je repensais à ce jeune homme qui m’avait apporté Hellé et qui était venu nous voir 3 ans plus tôt.
A 13 ans, elle était déjà une belle jeune fille et le mystère qui planait autour d’elle la rendait très séduisante, et je savais bien qu’au village, elle avait de nombreux prétendants, dont elle n’avait que faire. Elle préférait de loin la compagnie de son chien avec qui elle partait gambader des heures durant, voire même des jours durant, vêtue comme un garçon.
Le jour de cette fameuse bataille au Sanctuaire, elle rassembla ses quelques affaires et me dit qu’elle partait. Je la regardai scandalisée.
- Mais comment ça, tu pars ? Pour aller où ?
- J’ai envie de voir le Sanctuaire, l’endroit où vivait mon père… et Saga aussi.
- Saga ? Pour ton père, je comprends, mais lui, tu ne l’as vu qu’une fois, il y a 3 ans.
Je comprenais tout à coup son total désintérêt pour les garçons de son âge.
- Je te comprends, car moi aussi j’étais amoureuse du Grand Pope. Mais regarde ce que ça m’a apporté ! Une vie de solitude et de souffrance à devoir vivre sans lui ! Et Saga est mort, maintenant, lui aussi !
- Je n’ai plus rien à faire ici, de toute façon. Et puis, tu savais bien que je partirais, non ?... Silla, ne m’en veux pas.
Je fondis en larmes, ma fille me quittait, elle aussi. Elle avait raison, je savais qu’un jour viendrait où elle partirait, mais pas si tôt. Elle me caressa les cheveux, son premier geste de tendresse envers moi en 13 ans, et partit, Mu toujours sur ses talons.
Peu de temps après, j’eus la visite de Mu, le chevalier du Bélier, l’un des rares chevaliers survivants de cet énorme gâchis que fut la bataille du Sanctuaire, disciple de mon bien-aimé Shion, et peut-être aussi le fils dont il m’avait parlé, bien qu’ils ne ressemblassent pas du tout. Il se présenta chez moi, à l’heure du thé, en habits civils, ses longs cheveux fins négligemment attachés par un ruban.
- Vous êtes Silla, n’est ce pas ? La mère de Hellé ?
- Sa mère adoptive, oui, comme vous le savez certainement. Saga est venu me la confier, il y a 13 ans de cela.
- Nous devons rester les deux seules personnes à le savoir. Pour les autres, Saga est l’assassin de Shion.
- Mais c’est terrible ! C’est un abominable mensonge !
Il insista, ses yeux verts en amande fixés dans les miens :
- ; Personne ne doit savoir…
- Comme vous voudrez, m’inclinai-je.
Ce mensonge m’horrifiait, mais je savais qu’il était nécessaire et Saga, en aidant Shion à accoucher cette nuit-là et en acceptant de garder le secret, savait bien ce qu’il risquait.
- Comment va Hellé ? Vous avez des nouvelles ?, demandai-je résignée.
- Elle va bien. Elle est très surprenante.
- Elle est toujours au Sanctuaire ?
- Non, elle est partie. Je l’ai envoyée à Jamir, au fin fond du Tibet, où j’ai vécu en retraite pendant 13 ans, et Shion, bien avant moi. Elle sera bien là-bas, et elle sera respectée. Les habitants des villages voisins sont habitués à y voir un ermite guérisseur. Et d’ailleurs, je suis venu vous proposer de l’y rejoindre.
Mon coeur fit un bond dans ma poitrine. Je regardai autour de moi, la maison où j’avais toujours vécu, et où Shion aurait dû vivre, une fois son successeur installé sur le trône du Sanctuaire, et où sa fille avait vécu à sa place. Plus rien, à part de douloureux souvenirs, me retenait ici. Ce fut les larmes aux yeux, que j’acceptai sa proposition.