Paroles d'Homme
Les textes qui suivent son extraits d'un livre, intitul�, donc, Paroles d'Homme, �crit par Arthur Haulot, qui a v�cu la seconde guerre mondiale, dans les camps de concentration. Cet ouvrage, qui se lit tr�s vite, est un appel plein de confiance � la jeunesse actuelle.
Ne pouvant y rester insensible, je choisis d'en pr�senter quelques extraits sur ma page web. J'esp�re ne trahir aucun copyright, mon but est seulement de faire partager ces lignes avec des internautes d'un peu partout! J'esp�re que vous appr�cierez !!! Encore merci � mon prof d'histoire de rh�to, qui m'a donn� ce bouquin!
C'est bien l�, cependant, ce qui me semble utile. S'indigner. T�moigner, par la parole et les actes, du d�go�t �prouv� pour tels crimes, telles fautes, telles l�chet�s. T�moigner, du coeur et de l'esprit, de son refus d'admettre l'avilissement, la banalisation du m�pris de l'autre, la croissance de la haine, l'option la plus basse et la plus mensong�re.
S'indigner. Elever le voix, rejeter la faiblesse, proclamer hautement son jugement, sa foi dans les valeurs qui fondent l'avenir, confortent l'aujourd'hui.
S'indigner, faire entendre raison � ceux, quels qu'ils soient, qui qui misent sur la pusillanimit� des foules, leur sens des convenances, la peur pour l'individu de sortir du lot, d'�tre remarqu�, et -qui sait?- marqu�.
S'indigner. Dire tout haut ce que tant d'autres pensent tout bas, mais n'osent exprimer par soucis des convenances et du "qu'en dira-t-on?". Bousculer les qui�tudes, d�ranger fort, tr�s fort, pour que la voix s'entende et r�sonne, longtemps, par del� les silences de bonne compagnie et de petit courage. S'exposer au ricanement de ceux qui ne croient qu'� leur p�le nombril et au confort des bien-pensants.
Et pourquoi ne pas parler du bonheur?
Pourquoi faudrait-il enfermer notre pens�e dans la nasse de l'bscur, dans le marais de la d�solation -ou tout au moins de l'indiff�rence- que la vue du monde et de ses convulsions peut nous pr�senter comme seule avenue?
C'est que le bonheur est affaire, d'abord, de personnalit�. Il n'est gu�re � la port�e des �ternels grincheux. Quelles que soient les chances que leur offre la vie, ceux-l� ne sauront jamais approcher l'univers qu'avec l'oeil mauvais de l'�ternel pers�cut�. C'est � leur intention qu'on a cr�� l'image de la demi-bouteille. Ils ne sauront jamais de que lnectar l'autre moiti� est pleine, puisqu'ils ne veulent contempler que celle qui a d�j� laiss� �chapper ses esprits...
Qu'est-ce donc que ce bonheur, si fragile, si volatile, si ce n'est la capacit� de l'homme � se r�jouir des plus grandes choses comme des plus simples, du charme d'un nuage qui passe comme de l'immensit� s'une symphonie, du parfum d'une fleur comme de la beaut� fabuleuse de la montagne, de la chaleur d'une main amie comme de la joie cosmique d'un �t� de vacances?
Mais qu'est-ce que le bonheur? Je ne pense pas qu'aucun inventaire ait jamais �t� dress� des millions de pages que les penseurs, les philosophes, les po�tes... ou les amoureux ont d� consacrer � ce sujet depuis que le monde est monde et que l'homme r�fl�chit � son destin.
Le bonheur, n'est-ce pas tout simplement le fait m�me d'�tre conscient de vivre et d'en jouir? J'avoue que pour moi, c'est l� que tout commence. Le simple fait, le matin venu, d'�merger du sommeil, de percenoir la lumi�re, d'entendre � travers la fen�tre le premier cahnt d'oiseau venant � mon oreille, en un mot la perception premi�re du fait que je suis l�, t�moin des choses et partie de la vie, cela me donne quotidiennement ma premi�re mesure du bonheur.
Mais le bonheur n'est-il que cela? Suffirait-il, pour �tre heureux, de savourer la joie animale, �l�mentaire, du chat s'�tirant les pattes au r�veil, du chien grommelant la chaleur de saniche, du l�zard offert sans vergogne � l'�crasement sublime du soleil?
Sans doute faut-il aller plus loin, identifier en soi les strates de cet �tat de gr�ce. De la satisfaction primaire mais essentielle de la chair enchant�e de sa propre mati�re � l'extase de saint dans son adoration, que de marches � gravir! Que de moments � savourer, que de d�tours � feindre, que de sauts p�rilleux � oser assumer! (...)
Le bonheur n'est-il pas, tr�s simplement, le fait de savoir accueillir le sourire du monde?