Paroles d'Homme

Les textes qui suivent son extraits d'un livre, intitul�, donc, Paroles d'Homme, �crit par Arthur Haulot, qui a v�cu la seconde guerre mondiale, dans les camps de concentration. Cet ouvrage, qui se lit tr�s vite, est un appel plein de confiance � la jeunesse actuelle.

Ne pouvant y rester insensible, je choisis d'en pr�senter quelques extraits sur ma page web. J'esp�re ne trahir aucun copyright, mon but est seulement de faire partager ces lignes avec des internautes d'un peu partout! J'esp�re que vous appr�cierez !!! Encore merci � mon prof d'histoire de rh�to, qui m'a donn� ce bouquin!

Extraits: Le devoir de vivre
La vertu d'indignation
Oser le bonheur
Discours � la jeunesse
Psaume

Le devoir de vivre

Trag�die, com�die. De quoi est faite la vie? (...)
J'affirme, avant tout, que la vie vaut d'�tre v�cue. Certes, elle est encore, pour des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, une sorte d'enfer. Mais si nous cherchons s�rieusement � comprendre pourquoi il en va ainsi, c'est le m�me proc�s qu'il faut recommencer. Car il n'est pas vrai que la nature seule et ses convulsions anarchiques soient responsables de la famine et de la peur des hommes. Le plus souvent, c'est l'exploitation, la mise en coupe r�gl�e des richesses du sol et du sous-sol, le maintien en esclavage de peuples entiers livr�s � la dictature des grands consortiums et des compagnies internationales qui sont � la base de ces vastes mis�res, de ces an�antissements. Ailleurs, ce sont d'autres forces n�gatives qui prennent le relais. C'est la toute-puissance des fanatismes religieux, qu'ils se manifestent en Inde ou en Alg�rie, en Iran ou en Isra�l, au Liban ou en Irlande. C'est aussi l'intransigeance, le totalitarisme, l'�crasement de la pens�e libre, l'autre visage du malheur des hommes. Le combat � mener est le m�me, le d�fi � relever ne change que d'ampleur.

La vertu d'indignation

C'est bien l�, cependant, ce qui me semble utile. S'indigner. T�moigner, par la parole et les actes, du d�go�t �prouv� pour tels crimes, telles fautes, telles l�chet�s. T�moigner, du coeur et de l'esprit, de son refus d'admettre l'avilissement, la banalisation du m�pris de l'autre, la croissance de la haine, l'option la plus basse et la plus mensong�re.

S'indigner. Elever le voix, rejeter la faiblesse, proclamer hautement son jugement, sa foi dans les valeurs qui fondent l'avenir, confortent l'aujourd'hui.

S'indigner, faire entendre raison � ceux, quels qu'ils soient, qui qui misent sur la pusillanimit� des foules, leur sens des convenances, la peur pour l'individu de sortir du lot, d'�tre remarqu�, et -qui sait?- marqu�.

S'indigner. Dire tout haut ce que tant d'autres pensent tout bas, mais n'osent exprimer par soucis des convenances et du "qu'en dira-t-on?". Bousculer les qui�tudes, d�ranger fort, tr�s fort, pour que la voix s'entende et r�sonne, longtemps, par del� les silences de bonne compagnie et de petit courage. S'exposer au ricanement de ceux qui ne croient qu'� leur p�le nombril et au confort des bien-pensants.

Oser le bonheur

Et pourquoi ne pas parler du bonheur?

Pourquoi faudrait-il enfermer notre pens�e dans la nasse de l'bscur, dans le marais de la d�solation -ou tout au moins de l'indiff�rence- que la vue du monde et de ses convulsions peut nous pr�senter comme seule avenue?

C'est que le bonheur est affaire, d'abord, de personnalit�. Il n'est gu�re � la port�e des �ternels grincheux. Quelles que soient les chances que leur offre la vie, ceux-l� ne sauront jamais approcher l'univers qu'avec l'oeil mauvais de l'�ternel pers�cut�. C'est � leur intention qu'on a cr�� l'image de la demi-bouteille. Ils ne sauront jamais de que lnectar l'autre moiti� est pleine, puisqu'ils ne veulent contempler que celle qui a d�j� laiss� �chapper ses esprits...

Qu'est-ce donc que ce bonheur, si fragile, si volatile, si ce n'est la capacit� de l'homme � se r�jouir des plus grandes choses comme des plus simples, du charme d'un nuage qui passe comme de l'immensit� s'une symphonie, du parfum d'une fleur comme de la beaut� fabuleuse de la montagne, de la chaleur d'une main amie comme de la joie cosmique d'un �t� de vacances?

Mais qu'est-ce que le bonheur? Je ne pense pas qu'aucun inventaire ait jamais �t� dress� des millions de pages que les penseurs, les philosophes, les po�tes... ou les amoureux ont d� consacrer � ce sujet depuis que le monde est monde et que l'homme r�fl�chit � son destin.

Le bonheur, n'est-ce pas tout simplement le fait m�me d'�tre conscient de vivre et d'en jouir? J'avoue que pour moi, c'est l� que tout commence. Le simple fait, le matin venu, d'�merger du sommeil, de percenoir la lumi�re, d'entendre � travers la fen�tre le premier cahnt d'oiseau venant � mon oreille, en un mot la perception premi�re du fait que je suis l�, t�moin des choses et partie de la vie, cela me donne quotidiennement ma premi�re mesure du bonheur.

Mais le bonheur n'est-il que cela? Suffirait-il, pour �tre heureux, de savourer la joie animale, �l�mentaire, du chat s'�tirant les pattes au r�veil, du chien grommelant la chaleur de saniche, du l�zard offert sans vergogne � l'�crasement sublime du soleil?

Sans doute faut-il aller plus loin, identifier en soi les strates de cet �tat de gr�ce. De la satisfaction primaire mais essentielle de la chair enchant�e de sa propre mati�re � l'extase de saint dans son adoration, que de marches � gravir! Que de moments � savourer, que de d�tours � feindre, que de sauts p�rilleux � oser assumer! (...)

Le bonheur n'est-il pas, tr�s simplement, le fait de savoir accueillir le sourire du monde?

Discours � la jeunesse

"La vie est � monter et non pas � descendre.
C'est en vous que vous trouverez le courage, l'enthousiasme, la foi.
C'est dans la libert� seulement qu'on peut s'�panouir.
C'est dans l'�galit� que l'homme s'affranchit.
C'est la fraternit� qui tue les �go�smes et donne sa dignit� � chacun d'entre nous. "

Psaume

Enfants des hommes
Je r�ve de vous donner la joie
de vous rendre la joie
de vous tendre � bout de bras
la joie de vivre,
 
que vous recommenciez
� mordre dans la joie
comme nous mordions dans les pommes vertes
au temps o� nous �tions enfants.
 
Je veux vous rendre
les merveilleux interdits de l'enfance
les premi�res prunes maraud�es
Les jupes soulev�es aux cuisses des cousines
les premiers bulletins trich�s
les bras d'honneur � ces b�tes de p�res
les plaisirs solitaires enturbann�s d'opprobre
les jurons horrifiques sur les nids visit�s
la cigarette du premier p�ch�.
 
Je vous r�apprendrai
la joie qu'il y a de conna�tre le ciel
� chaque aube qui na�t,
la joie de retrouver l'ample bondissement
du faon, de la chevrette
� chaque coup battu par le coeur sur le sang.
 
Je vous veux �tonn�s
du souffle et du rire
et des larmes d'amour
et des cris de douleur.
 
Je veux vous enseigner
la joie d'�tre vivants
que le seul pr�cipice sera de ne plus �tre
que vous �tes comptables
des p�tales glissants
aux merveilleux usages de vos veines
de chaque image charg�e de refl�ter le monde
en vos prunelles
de chaque goul�e d'air au fond de vos poumons
 
Je veux que vous soyez conscients
du poids de vos racines de semences alourdies
de la beaut� du sexe en son imp�ratif
de la tension de vie � son plus haut �clat
que vous ayez aussi assez peur de la mort, juste assez
pour savoir jusqu'au bout des ongles et des dents
la fabuleuse joie
d'�tre vivant.

 

Hosted by www.Geocities.ws

1