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CENTRE D'ETUDES
SUPERIEURES D'ØSTFOLD
Français des Affaires et Commerce International Renaud Soufflot de Magny |
VALG 97
LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN NORVEGE
La campagne
Rappel : les élections de septembre 1993
|
suffr. expr. |
|||
|
(Alliance rouge) |
|
(1 siège) | |
|
|
(Socialistes de gauche) |
|
(13 sièges) |
|
|
(Travaillistes) |
|
(67 sièges) |
|
|
(Parti du centre) |
|
(32 sièges) |
|
|
(Chrétiens-démocrates) |
|
(13 sièges) |
|
|
(Libéraux) |
|
(1 siège) |
|
|
(Conservateurs) |
|
(28 sièges) |
|
|
(Parti du progrès) |
|
(10 sièges) |
|
(Divers) |
|
La fièvre est brutalement montée au début
du mois d’août lorsque les Norvégiens, de retour de vacances
pour beaucoup d’entre eux (le plus souvent, on prend ici ses congés
en juillet), ont découvert un sondage Gallup/TV2, réalisé
du 28 juillet au 1er août, créditant le Parti travailliste
d’à peine 27,5 % et accordant au Parti du progrès 22 %, soit
7,5 points de plus que dans la précédente enquête effectuée
en juin.
Plusieurs politologues ont mis en doute la fiabilité
de cette étude. La tradition veut qu’on ne sonde pas en juillet
car beaucoup de Norvégiens étant absents de chez eux, la
représentativité de l’échantillon risque d’en souffrir.
En l’occurrence, les retraités, clientèle de choix pour le
Parti du progrès, n’étaient-ils pas surreprésentés
? La recherche du scoop (publier la première enquête de la
rentrée) n’avait-elle pas pris le pas sur l’honnêteté
scientifique ?
En fait, avant même la période estivale,
d’autres instituts (4 Fakta, ACNielsen) avaient enregistré la progression
du mouvement de Carl I. Hagen, mais ils étaient passé relativement
inaperçus.
Les enquêtes publiées pendant la première
quinzaine d’août devaient en tout cas confirmer les tendances enregistrées
par Gallup : score médiocre des travaillistes, bond spectaculaire
du Parti du progrès, érosion continue des conservateurs,
stagnation de la coalition du centre.
Depuis, les médias ont eu tendance à réduire le débat à l’affrontement entre le Premier ministre sortant travailliste Thorbjørn Jagland et le leader populiste Carl I. Hagen. Cela sert objectivement les intérêts des travaillistes qui espèrent utiliser ce dernier comme repoussoir pour mobiliser les abstentionnistes et marginaliser leurs autres adversaires (sur la stratégie du pouvoir en place, cf "Quel Premier ministre ?").
Le débat est ponctué par un grand nombre
de sondages, la Norvège étant un des pays d’Europe qui la
plus productif en période préélectorale. Pas moins
de 95 enquêtes avaient été publiées dans les
médias nationaux ou régionaux pendant les quatre semaines
précédant le scrutin législatif de 1993. Le record
sera largement battu cette année. A l’occasion du référendum
de 1994 relatif à l’adhésion à l’UE, question dans
laquelle les Norvégiens se sont très fortement impliqués,
les deux principaux tabloïds, Dagbladet et VG ont en fin de campagne
publié chacun un sondage d’intention de vote chaque jour. Peut-être
plus encore qu’en France, les journalistes ont le nez rivé sur les
sondages et ceux-ci font souvent l’ouverture des journaux télévisés
ou la manchette des quotidiens.
Ici, la publication des sondages est autorisée
jusqu’au jour du vote et le numéro trois du Parti du centre, Åse
Grønlien Østmoe, vient d’ailleurs de proposer l’interdiction
pure et simple de tout sondage pendant les quatre semaines précédant
un scrutin. Cette proposition, qui survient comme par hasard à un
moment où son propre parti connaît un tassement, a cependant
peu de chances d’être concrétisée.
La fiabilité des intentions de vote :
Les sondages d’intentions de vote ont été ces dernières années de bons indicateurs et ont souvent approché le résultat réel. Cette fois-ci cependant, les sondeurs sont confrontés à deux phénomènes qui les rendent sceptiques : le très fort taux d’indécision (près de deux électeurs sur cinq ne savent pas encore pour qui ils voteront. C’est notamment vers ceux-là que le Premier ministre va axer sa campagne) et la forte poussée du Parti du progrès : l’expérience montre en effet qu’il est difficile de mesurer avec précision les évolutions brutales.
Toutefois, la plupart des baromètres donnent des chiffres qui concordent, à l’exception de Feedback Research qui est nettement moins généreux que ses confrères vis-à-vis du parti de Carl I. Hagen. Malheureusement, la rigueur n’est pas toujours de règle dans la publication des résultats. La taille de l’échantillon et parfois même les dates de réalisation ne sont pas systématiquement mentionnées.
On s’efforcera ici de donner l’information la plus complète possible. On donnera les intentions de vote au dixième de point près comme il est de coutume en Norvège. Mais vu les marges d'erreur inhérentes à tout sondage, il faut souligner qu'un tel degré de précision a quelque chose de surréaliste...
De plus, on proposera une moyenne mobile régulièrement
remise à jour des chiffres publiés par quatre instituts sérieux
et qui publieront des séries régulières. Il s’agit
de Norsk Gallup, ScanFact, MMI et Opinion.
Le premier point est constitué par la moyenne
des intentions de vote recueillies par ces quatre instituts en juin. A
chaque nouvelle enquête, les nouveaux chiffres de l’institut sont
substitués aux précédents chiffres du même institut.
Ce qui signifie qu'à chaque moment, chaque organisme de sondage
représente 1/4 du poids total. La substitution se fait en suivant
non les dates de publication, mais la chronologie des enquêtes sur
le terrain (l'axe des abscisse porte la date moyenne d'enquête terrain).
Le dernier point de chaque courbe représente donc
la moyenne des dernières intentions de vote enregistrées
par les quatre grands instituts.
Cette technique permet à la fois de travailler
sur des chiffres comparables et de "lisser" les évolutions.
Le phénomène le plus spectaculaire est
sans nul doute la percée du Parti du progrès. Sauf nouveau
coup de théâtre dans les trois semaines qui viennent, celui-ci
deviendra le 15 septembre au soir le second parti de Norvège.
Les projections en sièges :
Du fait du mode de scrutin proportionnel, les projections en sièges sont relativement faciles à établir. La principale difficulté concerne les partis qui se situent autour de la barre fatidique des 4 % au niveau national (voir "Les institutions") Au-delà de ce seuil, ils peuvent espérer bénéficier de certains des 8 sièges “de rattrapage” distribués nationalement. Ceux-ci ont pour but de corriger les biais introduits par le fait que le pays est divisé en 19 circonscriptions et d’assurer une représentation plus fidèle de la composition politique du pays. En-deça de 4%, ils sont exclus de cette répartition.
Imaginons que le Parti des socialistes de gauche (SV) recueillent 3,9 % des suffrages et que l’un des leurs soit élu parmi les 15 députés d’Oslo. Il siégera seul au Parlement. Mais il suffit que ces mêmes Socialistes de gauche atteignent par exemple 4,1 % pour que le système leur accorde, outre leur élu d’Oslo, quatre ou cinq députés supplémentaires. Ceci explique que la dernière simulation de ScanFact n’ait accordé qu’un siège à ce parti alors que les autres instituts lui en attribuent une dizaine. Le même problème pourrait exister pour les libéraux (V) qui ne sont que légèrement au-dessus de 4 %.
Intentions de vote (en % des suffrages exprimés)
:
| NG
TV2 2-5/06 |
OP
Aft.P. 9-11/06 |
SF
VG /06 |
MMI
Dagbl. 16-19/6 |
NG
TV2 28/07-1/08 |
ACN
A Pr. 4-13/08 |
NG
TV2 6-10/08 |
MMI
Dagbl. 11-13/08 |
SF
VG 13/08 |
NG
TV2 11-15/08 |
OP
Aft.P. 14/08 |
FR
/08 |
SF
VG 15-16/08 |
4F
A Pr. 15-../08 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1,4 | 1,6 | 2 | 1,1 | 2,8 | 1,6 | 2,3 | 1,9 | 1,6 | 2,3 | 1,3 | 2,7 | 1,0 | 1,3 | |
| SV
(Socialistes de gauche) |
6,0 | 7,0 | 6,5 | 5,3 | 6,7 | 7,0 | 6,5 | 6,0 | 5,5 | 6,6 | 6,5 | 8,0 | 4,0 | 6,0 | |
| AP
(Travaillistes) |
30,3 | 30,6 | 30 | 30,9 | 27,5 | 28,4 | 28,7 | 29,8 | 29,5 | 27,4 | 31,1 | 29,2 | 30,0 | 30,0 | |
| SP
(Parti du centre) |
14,6 | 10,9 | 10 | 8,2 | 9,2 | 6,7 | 8,8 | 9,9 | 10 | 9,3 | 8,7 | 9,8 | 8,0 | 9,7 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
9,0 | 10,0 | 9 | 8,5 | 9,8 | 7,8 | 8,6 | 10,4 | 8 | 8,9 | 10,6 | 10,4 | 9,5 | 9,2 | |
| V
(Libéraux) |
6,7 | 7,9 | 6 | 7,7 | 5,2 | 7,0 | 5,7 | 4,1 | 5 | 5,4 | 6,5 | 6,1 | 6,5 | 5,2 | |
| H
(Conservateurs) |
16,3 | 15,7 | 18,5 | 17,4 | 13,5 | 17,4 | 15,1 | 13,9 | 14,5 | 14,4 | 13,8 | 14,6 | 14,0 | 12,9 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
14,4 | 14,5 | 15,5 | 17,8 | 22,0 | 23,0 | 22,7 | 23,0 | 23,5 | 24,1 | 21,2 | 17,2 | 25,0 | 20,0 | |
| Andre
(Divers) |
1,3 | 1,9 | 1,5 | 3,1 | 3,3 | 1,1 | 1,6 | 1,1 | 2,2 | 1,7 | 0,3 | 2,0 | 1,7 | 5,7 |
Projections en sièges :
| OP
Aft.P. 9-11/06 |
ACN
A Pr. 4-13/08 |
NG
TV2 6-10/08 |
MMI
Dagbl. 11-13/08 |
SF
VG 13/08 |
NG
TV2 11-15/08 |
OP
Aft.P. 14/08 |
SF
VG 15-16/08 |
4F
A Pr. 15-../08 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1 | 1 | 2 | 1 | 1 | 2 | 1 | 1 | 1 | |
| SV
(Socialistes de gauche) |
12 | 11 | 10 | 9 | 9 | 10 | 11 | 1 | 10 | |
| AP
(Travaillistes) |
54 | 52 | 53 | 56 | 54 | 51 | 56 | 55 | 57 | |
| SP
(Parti du centre) |
19 | 10 | 14 | 18 | 16 | 13 | 14 | 14 | 18 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
16 | 12 | 13 | 16 | 13 | 14 | 17 | 16 | 15 | |
| V
(Libéraux) |
13 | 10 | 9 | 6 | 8 | 8 | 10 | 11 | 8 | |
| H
(Conservateurs) |
26 | 32 | 26 | 22 | 26 | 24 | 22 | 24 | 21 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
24 | 37 | 38 | 37 | 38 | 43 | 34 | 43 | 35 |
2) Les travaillistes mobilisent (2 septembre 1997)
En l'espace d'une semaine, les intentions de vote en faveur du Parti travailliste (AP) se sont spectaculairement redressées et le Parti du progrès (FrP) a reperdu plus de la moitié du terrain conquis pendant l'été.
"Bandwagon" et "underdog"
N'en déplaise à ceux qui pensent que la publication d'enquêtes préélectorales rend aisée la manipulation de l'opinion, les études réalisées sur le sujet montrent que deux réactions contradictoires jouent en même temps - ce qui ne signifie pas qu'elles se compensent exactement. C'est ce que les politologues appelent dans leur jargon l'effet "bandwagon" et l'effet "underdog".
Le premier pourrait être traduit par effet d'entraînement : un parti qui a le vent en poupe peut bénéficier d'une sorte de prime. Il est possible qu'un tel phénomène boule de neige ait joué en faveur de la droite populiste en début de campagne.
Mais les succès annoncés trop tôt et trop triomphalement ne se concrétisent pas toujours (en France, Edouard Balladur en a fait l'amère expérience en 1995 !). Carl I. Hagen, le leader du Parti du progrès, a d'ailleurs gardé la tête froide et répété pendant tout le mois d'août que son objectif était seulement d'atteindre 10 %, tout en en espérant 13 et en rêvant de 15. Les médias et le reste de la classe politique ont décortiqué son programme et mis en évidence certaines contradictions et cet "excès d'attention" ne lui a guère profité.
Après avoir flirté avec les 25 % dans les sondages, le Parti du progrès navigue aux alentours de 15-20 %, ce qui constituerait tout de même une victoire si cet ordre de grandeur était confirmé le 15 septembre.
La tactique du Premier ministre sortant Thorbjørn Jagland, qui a annoncé son départ au cas où son parti enregistrerait un recul, même minime, par rapport à 1993, porte ses fruits. En une dizaine de jours, les travaillistes ont regagné plus de cinq points dans les intentions de vote. Ils tournent aujourd'hui autour de 35 %, soit à peine deux points au dessous de leur score d'il y a quatre ans.
Ce sont surtout les électeurs qui pensaient s'abstenir ou dont le choix était incertain qui sont revenus vers les travaillistes et l'équipe sortante espère encore disposer d'une réserve chez les indécis. Ceux-ci sont particulièrement nombreux cette année : selon MMI, à deux semaines du scrutin, 34 % des électeurs certains d'aller voter ne savent toujours pas pour quel parti ils vont se déplacer. A la même époque en 1993, ils n'étaient que 22 % dans ce cas. Et seulement 15-16 % en 1989. De plus, 19 % des personnes interrogées déclarent une intention de vote précise, mais se disent susceptibles de changer d'avis. Si on ajoute les 5 % des sondés certains de s'abstenir, on s'aperçoit qu'à peine les 2/5 du corps électoral peuvent être considérés comme des électeurs certains et stables.
Les autres tendances sont relativement stables, mais les conservateurs n'ont guère été capables de stopper l'érosion qui les affecte. La coalition du centre, composée de trois mouvements, stagne globalement avec un total d'environ 1/4 des intentions de vote : le Parti démocrate-chrétien connaît un frémissement du fait de la campagne efficace de son leader, Kjell Magne Bondevik, candidat au poste de Premier ministre; le Parti du centre s'effrite; les libéraux semblent appeler à devenir au mieux un parti charnière entre la droite et un centre dont ils se réclament officiellement, mais vis-à-vis duquel ils prennent de plus en plus ouvertement leurs distances.
Si les dirigeants des trois formations centristes semblent tirer à hue et à dia, cela ne fait que refléter les divergences de vue au sein de leurs partisans. Selon ScanFact, la moitié des électeurs chrétiens-démocrates et libéraux préfèreraient une alliance avec les conservateurs à celle qu'on leur propose avec le Parti du centre (agrarien).
Intentions de vote (en % des suffrages exprimés)
:
| MMI
Dagbl. 18-20/08 |
OP
Aft.P. 18-20/08 |
SF (*)
VG 14-22/08 |
NG
TV2 17-23/08 |
MMI
Dagbl. 25-27/08 |
OP
Aft.P. 25-27/08 |
NG
TV2 25-31/08 |
4F
A. Pr. Sem.35 |
SF
VG 30/08 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1,5 | 2,3 | 1 | 1,3 | 1,6 | 1,6 | 2,0 | 0,7 | ||
| SV
(Socialistes de gauche) |
3,7 | 8,3 | 6 | 5,1 | 5,0 | 7,9 | 4,7 | 6,5 | 6 | |
| AP
(Travaillistes) |
32,0 | 32,7 | 32,5 | 34,5 | 35,5 | 35,5 | 34,1 | 33,0 | 33 | |
| SP
(Parti du centre) |
7,9 | 8,5 | 8,5 | 7,7 | 8,0 | 11,9 | 5,8 | 10,9 | 7 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
7,7 | 9,5 | 10,5 | 9,8 | 8,8 | 11,1 | 12,5 | 9,0 | 11,5 | |
| V
(Libéraux) |
4,4 | 6,7 | 6,5 | 4,5 | 5,1 | 5,5 | 6,6 | 5,1 | 5,5 | |
| H
(Conservateurs) |
15,9 | 12,2 | 15,5 | 12,5 | 15,2 | 9,7 | 14,4 | 13,8 | 14,5 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
25,5 | 17,4 | 17 | 22,3 | 20,2 | 17,3 | 19,2 | 16,5 | 19,5 | |
| Andre
(Divers) |
1,3 | 2,4 | 2,5 | 2,3 | 0,6 | 0,9 | 0,7 | 4,5 |
(*) L'enquête ScanFact 14-22/08 a été effectuée en face à face alors que les autres sondages de cet institut ont été réalisés par téléphone
Projections en sièges :
| MMI
Dagbl. 18-20/08 |
OP
Aft.P. 18-20/08 |
SF
VG 14-22/08 |
NG
TV2 17-23/08 |
MMI
Dagbl. 25-27/08 |
OP
Aft.P. 25-27/08 |
SF
VG 30/08 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1 | 1 | 1 | 0 | 1 | 1 | 1 | |
| SV
(Socialistes de gauche) |
1 | 13 | 9 | 7 | 7 | 10 | 9 | |
| AP
(Travaillistes) |
58 | 63 | 59 | 68 | 67 | 65 | 62 | |
| SP
(Parti du centre) |
12 | 13 | 14 | 11 | 11 | 22 | 11 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
12 | 16 | 16 | 16 | 13 | 17 | 19 | |
| V
(Libéraux) |
7 | 11 | 11 | 6 | 7 | 8 | 8 | |
| H
(Conservateurs) |
31 | 19 | 28 | 18 | 25 | 14 | 23 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
43 | 29 | 27 | 39 | 34 | 28 | 32 |
3) Bondevik versus Jagland (10 septembre 1997)
Les dix derniers jours ont confirmé les tendances clairement amorcées au cours de la période précédente : remontée du Parti travailliste, érosion des partis de droite et du Parti du centre, percée des chrétiens-démocrates.
Les chiffres magiques
L’ultimatum du Premier ministre sortant Thorbjørn
Jagland qui avait annoncé que les travaillistes quitteraient le
pouvoir s’ils obtenaient un chiffre inférieur, ne fût-ce que
de quelques dixièmes, à celui d’il y a quatre ans (36,9 %
des suffrages exprimés) a porté ses fruits. Atteignant à
peine les 30 %, il y a un mois, les travaillistes sont aujourd’hui en moyenne
à un petit point de leur objectif. On atteint là la limite
de précision de l’outil sondagier et un institut (MMI) les place
au-delà des 36,9.
Les réserves semblent toutefois assez faibles
pour les travaillistes qui sont parvenus à mobiliser la quasi-totalité
de leurs électeurs potentiels un moment tentés par l’abstention
ou le vote sanction. Plus de 80 % des personnes interrogées par
les sondages se déclarent certaines d’aller voter et on semble atteindre
le taux incompressible d’abstentions.
L’autre gagnant n’est autre que Kjell Magne Bondevik, l’ambitieux et efficace leader du Parti démocrate-chrétien qui vient de fêter ses 50 ans. Sachant ménager la chèvre et le chou, à savoir aussi bien le Parti du centre avec lequel il est officiellement allié que les conservateurs qui lui font les yeux doux, il apparaît aujourd’hui comme la seule alternative crédible au cas où les travaillistes devraient quitter les affaires. Même le leader de la droite populiste, Carl I. Hagen lui a envoyé un message de félicitations à l’occasion de son anniversaire, lui assurant en substance qu’il trouverait naturel de lui donner du "Monsieur le Premier ministre".
Si la progression du Parti démocrate-chrétien
assure à ce dernier la suprématie au sein de la coalition
du centre, cette dernière n’en demeure pas moins globalement à
un niveau modeste (environ un électeur sur quatre); le transfert
d’électeurs se fait surtout au sein même de la coalition,
du Parti du centre et du Parti libéral vers le Parti démocrate-chrétien
(il s’y ajoute toutefois des électeurs venant du Parti conservateur).
L’effritement du Parti libéral commence d’ailleurs
à devenir préoccupante pour Bondevik lui-même. Les
chrétiens-démocrates auront en effet besoin de l’appui des
libéraux au Parlement. Or si ceux-ci obtiennent moins de 4 % des
voix au niveau national, ils ne pourront pas bénéficier de
la répartition des huit "sièges de rattrapage" qui seront
alors distribués entre les autres formations. Aujourd’hui, les libéraux
se trouvent aux alentours de 5 % d’après les sondages. Qu’ils perdent
un point au profit des démocrates-chrétiens et la coalition
centriste se retrouvera mécaniquement avec environ cinq sièges
de moins lundi soir !
Cette barre des 4 % est également fixée avec crainte par les socialistes de gauche et même par le Parti du centre.
La droite populiste, dont les contradictions ont été calmement mises en évidence par les autres partis et par les médias, sort perdante des trois dernières semaines de campagne. Montée jusqu’à 23 % d’intentions de vote moyennes, elle tourne aujourd’hui autour de 16-17 %.
Querelle d’agenda
C’est ce qui a décidé son leader, Carl I. Hagen à franchir un degré dans la provocation en affirmant récemment qu’une société sans minorités ethniques était une société harmonieuse. Le Parti du progrès qui a tout au long de la campagne réussi à focaliser l’attention (par exemple en diffusant, au mépris de la réglementation, un spot publicitaire sur la principale chaîne de télévision privée) souhaite que l’immigration (thème qui joue pourtant un rôle secondaire dans les priorités des citoyens norvégiens) occupe une place importante dans les jours qui viennent, terrain sur lequel ne veulent pas se laisser entraîner les travaillistes.
La question de l’agenda politique sera sans doute au cœur de cette fin de campagne. Le Parti du centre avait réalisé son bon score de 1993 grâce au fort mouvement hostile à l’UE et espère remettre la question européenne à l’ordre du jour. Les partis ayant fait de l’environnement un de leurs chevaux de bataille (Parti du centre, socialistes de gauche) souhaitent également mobiliser sur ce thème.
Le débat démocratique
Il faut ici préciser que l’expression "débat démocratique" prend en Norvège tout son sens en période électorale. Alors que les citoyens norvégiens sont relativement peu mobilisés sur les sujets politiques en temps normal (seule la question des relations avec l’Union européenne atteint une dimension métaphysique...), les campagnes électorales obéissent à des règles très différentes de ce qui existe par exemple en France.
Les médias audiovisuels (en particulier la radio-télévision
publique NRK et la grande chaîne privée TV2) proposent chaque
jour des débats à des heures de grande écoute. Les
émissions dans lesquelles un homme politique se retrouve seul face
à un journaliste ne sont pas les plus nombreuses, la formule du
débat contradictoire étant de loin la préférée.
La campagne est ponctuée par les "rencontres avec
le peuple" (folkemøter) organisées dans différentes
villes du pays, consacrées à des thèmes précis
(santé, environnement, etc.) et retransmises en direct à
la télévision. La répartition des temps de parole
est plutôt favorable aux petits partis et le Premier ministre, en
tant que chef de la majorité, ne bénéficie pas d’un
traitement de faveur.
Combiné au ton impertinent des journalistes, ce
type de débat, s’il conduit parfois à une certaine démagogie
et à des effets d’estrade, permet au moins d’éviter la langue
de bois. Malgré le ton parfois virulent des attaques, les échanges
restent relativement décrispés. Carl I. Hagen a par exemple
participé dans un lycée à un débat consacré
notamment à l’immigration devant un public composé en grande
partie de jeunes d’origine étrangère.
De plus, Internet joue cette année un rôle
important. Les pays scandinaves sont parmi les plus équipés
du monde et une grande partie de l’électorat a accès au réseau
de chez soi ou du bureau.
Certains grands supports ont lancé des sites
permettant de suivre la campagne en temps réel, mais qui proposent
aussi une documentation fournie sur les programmes des partis, les parcours
des candidats, etc. Les uns après les autres, les principaux leaders
politiques sont invités par ces médias à répondre
"on-line" aux questions des électeurs-internautes. Aucun n’attend
de devenir Premier ministre pour savoir utiliser une souris...
Ces sites sont généralement très
bien construits et utilisent les possibilités du multimédia
(photos, liens audios et vidéos). Les articles sont archivés
au fur et à mesure et des moteurs associés aux serveurs permettent
d’effectuer des recherches précises.
Enfin, chose inimaginable en France, le débat politique
existe aussi à l’école. Pour développer le sens démocratique
des jeunes, les lycéens sont appelés à voter deux
semaines avant leurs aînés dans des conditions identiques
à celles qu’ils rencontreront lorsqu’ils seront majeurs.
Cette année, le taux de participation des lycéens
a été de 81 %. Le Parti du progrès a réalisé
d’assez bons scores alors que le Parti du centre a nettement reculé.
On ne peut bien sûr extrapoler à partir de ces données,
mais ces tendances se retrouveront probablement dans les urnes lundi 15
septembre.
Intentions de vote (en % des suffrages exprimés)
:
| SF
VG 1/09 |
SF
VG 1-2/09 |
OP
Aft.P. 1-3/09 |
MMI
Dagbl. 1-4/09 |
SF
VG 2-3/09 |
SF
VG 3-4/09 |
4F
DA 4-5/09 |
NG
TV2 2-7/09 |
SF
VG 4-5/09 |
SF
VG 5-6/09 |
OP
Aft.P. 5-8/09 |
SF
VG 6-8/09 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1,5 | 1 | 1,7 | 1,5 | 1 | 1 | 2,3 | 1,8 | 2,4 | ||||
| SV
(Socialistes de gauche) |
6,5 | 5,5 | 5,5 | 5,9 | 4,5 | 4,5 | 6,1 | 5,7 | 5 | 4,5 | 7,2 | 7,5 | |
| AP
(Travaillistes) |
32,5 | 33 | 34,7 | 38,6 | 34 | 34,5 | 34,2 | 35,1 | 35 | 35 | 36,0 | 33,5 | |
| SP
(Parti du centre) |
8 | 7 | 8,8 | 7,6 | 7 | 6,5 | 9,5 | 6,3 | 6 | 6,5 | 8,8 | 6 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
12,5 | 14 | 14,6 | 11,8 | 13 | 11 | 11,9 | 12,9 | 12 | 14 | 13,2 | 14 | |
| V
(Libéraux) |
4,5 | 5 | 6 | 3,8 | 5 | 4,5 | 5,3 | 5,3 | 5 | 5 | 4,4 | 4,5 | |
| H
(Conservateurs) |
16 | 14,5 | 11,6 | 12,8 | 12,5 | 14,5 | 13,1 | 13,0 | 15,5 | 13,5 | 12,0 | 13,5 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
17,5 | 18 | 15,0 | 17,2 | 20,5 | 21 | 15,7 | 18,3 | 18 | 18 | 13,1 | 17,5 | |
| Andre
(Divers) |
1 | 2 | 2,1 | 0,9 | 2 | 2,5 | 1,9 | 1,7 | 3,0 |
Projections en sièges :
| SF
VG 1/09 |
SF
VG 1-2/09 |
OP
Aft.P. 1-3/09 |
MMI
Dagbl. 1-4/09 |
SF
VG 2-3/09 |
SF
VG 3-4/09 |
4F
DA 4-5/09 |
SF
VG 4-5/09 |
SF
VG 5-6/09 |
OP
Aft.P. 5-8/09 |
SF
VG 6-8/09 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 2 | 0 | 1 | 1 | 1 | |
| SV
(Socialistes de gauche) |
11 | 9 | 8 | 9 | 6 | 9 | 10 | 7 | 7 | 11 | 11 | |
| AP
(Travaillistes) |
59 | 62 | 66 | 75 | 64 | 67 | 62 | 66 | 68 | 7 | 63 | |
| SP
(Parti du centre) |
11 | 10 | 14 | 12 | 11 | 6 | 17 | 9 | 9 | 14 | 9 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
20 | 25 | 24 | 18 | 23 | 19 | 19 | 18 | 26 | 23 | 25 | |
| V
(Libéraux) |
7 | 7 | 9 | 1 | 8 | 6 | 8 | 7 | 6 | 7 | 7 | |
| H
(Conservateurs) |
28 | 21 | 18 | 20 | 18 | 23 | 20 | 26 | 19 | 18 | 20 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
28 | 30 | 25 | 29 | 34 | 34 | 27 | 32 | 29 | 21 | 29 |
4) Suspense (14 septembre 1997)
A l’issue d’une campagne extrêmement riche en rebondissements, les jeux sont loins d’être faits.
1) Les travaillistes resteront-ils au pouvoir ?
Il ne fait guère de doutes que le Parti travailliste
arrivera largement premier, mais le Premier ministre ayant placé
la barre très haut en disant et répétant qu’il quitterait
le pouvoir s’il n’obtenait pas 36, 9 % des suffrages, c’est d’abord à
leur score qu’on s’intéressera au soir du 15 septembre.
Les derniers sondages publiés situent le parti
sortant aux alentours de 36 % en moyenne, mais les chiffres varient de
34 à 40 % selon les instituts.
S’il manque ne serait-ce que quelques dixièmes,
il sera assez difficile à Thorbjørn Jagland de se déjuger.
Le paradoxe est qu’on risquerait alors de voir une coalition représentant
alors à peine un quart de l’électorat prendre les rênes
-à moins que la nouvelle "majorit&eeacute;" (sic) ne s’ouvre aux
conservateurs, quitte à se passer du soutien du Parti du centre.
Nul ne doute que dans cette hypothèse, les travaillistes
attendront leur heure, espérant un renversement du gouvernement
en cours de législature. Ceci leur permettrait de revenir aux affaires
sans attendre le prochain renouvellement du Storting, qui n’aura lieu qu’en
2001.
2) Quel sera le second parti au Parlement ?
Trois partis sont au coude à coude pour obtenir la seconde place. La question n’est pas qu’anecdotique car si les travaillistes l’emportaient, le second parti prendrait d’une certaine façon la tête de l’opposition, du fait notamment de l’organisation du travail parlementaire.
Grandissime favori il y a un mois, le Parti du progrès a perdu la moitié de ses électeurs pendant la campagne. Les autres formations, à commencer par le Parti travailliste, ont souligné les contradictions de son programme économique et l’immigration est ici un thème qui ne fait recette que jusqu’à un certain point. Un sondage (MMI/VG, publié le 14 septembre) montre que la politique de la santé demeure la question prioritaire chez les électeurs, l’immigration n’arrivant qu’au neuvième rang, derrière par exemple l’éducation, la politique fiscale ou l’environnement. On sera probablement loin du raz-de-marée qu’avaient laissé entrevoir les sondages du mois d’août, mais le mouvement de Carl I. Hagen devrait réaliser une percée significative.
La campagne aura en revanche été un succès pour les démocrates-chrétiens. Ayant quelque peu mis la pédale douce sur les sujets sources de discorde (avortement, politique de l’alcool, etc.), ils ont été capables de rassembler au-delà de l’électorat chrétien conservateur qui constituait son socle traditionnel.
Enfin, les résultats seront sans doute médiocres pour le Parti conservateur, mais ceux-ci espèrent toujours arriver en seconde position, fût-ce de justesse.
3) Quels partis tomberont en-dessous des 4 % ?
Si la dégringolade du Parti du centre semble être stoppée (celui-ci devrait tout de même perdre au moins la moitié de ses représentants), deux partis ont pu craindre de se situer en deçà des 4 % nécessaires pour pouvoir bénéficier des sièges de "rattrapage" distribués au niveau national.
Il s’agit des socialistes de gauche (mais l’engagement personnel de son numéro 1, Kristin Halvorsen, semble avoir enrayé la chute) et des libéraux, qui pourraient pourtant jouer un rôle charnière non négligeable en cas d’alternance.
En raison de différences notamment dans les techniques de redressement utilisées, les instituts parviennent à des résultats sensiblement différents les uns des autres, tant pour le classement des différents partis que pour leur score (pour le Parti du progrès, les chiffres publiés ces deniers jours varient par exemple de 11,4 à 16,3 %). L’ensemble de la campagne a par ailleurs été marquée par une très forte instabilité de l’électorat (en un mois, le Parti du progrès a perdu près de 10 points dans les intentions de vote, le Parti travailliste en a regagné 7).
Autant dire que le suspense sera grand lundi soir et il faudra peut-être attendre fort tard pour avoir une vision précise de la nouvelle composition du Parlement norvégien.
Intentions de vote (en % des suffrages exprimés)
:
| MMI
Dagbl. 8-9/09 |
SF
VG 8-9/09 |
NG
TV2 8-10/09 |
FR
S.Pr 8-11/09 |
MMI
Dagbl. 8-11/09 |
SF
VG 9-10/09 |
ACN
A.Pr /09 |
SF
VG 10-11/09 |
NG
TV2 /09 |
4F
DA 11-12/09 |
OP
Aft.P. 11-13/09 |
SF
NRK 11-12/09 |
SF (*)
NRK 13/09 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
0,7 | 2,2 | 1,9 | 1,0 | 1 | 2,1 | 1,5 | 1,6 | 2,9 | 1,7 | 2 | 1,7 | ||
| SV
(Socialistes de gauche) |
4,9 | 6 | 4,9 | 6,2 | 4,9 | 5,5 | 5,8 | 6 | 6,3 | 8 | 8,9 | 6 | 6,3 | |
| AP
(Travaillistes) |
40 | 36,5 | 35,1 | 36,4 | 40,0 | 37,5 | 36,2 | 35 | 35,7 | 34,3 | 34,8 | 34 | 35,7 | |
| SP
(Parti du centre) |
6,6 | 5,5 | 8 | 8,6 | 7,0 | 5,5 | 6,9 | 6,5 | 7,3 | 7 | 9,4 | 7,5 | 7,2 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
11,4 | 11 | 14,5 | 12,8 | 12,0 | 11 | 11,8 | 13,5 | 14,8 | 11,8 | 13,6 | 14 | 12,2 | |
| V
(Libéraux) |
4,7 | 5,5 | 3,8 | 4,9 | 4,3 | 5,5 | 6,1 | 5,5 | 4,2 | 5,9 | 4,6 | 4,5 | 5,3 | |
| H
(Conservateurs) |
13,9 | 15 | 13,4 | 14,2 | 12,9 | 14,5 | 14,2 | 14 | 14,6 | 16,1 | 13,0 | 15 | 15 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
16,7 | 18 | 16,3 | 13,7 | 16,3 | 17,5 | 15,1 | 15,5 | 14,3 | 13,3 | 11,4 | 14,5 | 14,8 | |
| Andre
(Divers) |
1,1 | 2,1 | 1,3 | 1,5 | 2 | 1,8 | 2,5 | 1,1 | 2,6 | 2,5 |
(*) L'enquête ScanFact 13/09 a été effectuée en face à face alors que les autres sondages de cet institut ont été réalisés par téléphone
Projections en sièges :
| MMI
Dagbl. 8-9/09 |
SF
VG 8-9/09 |
MMI
Dagbl. 8-11/09 |
SF
VG 9-10/09 |
SF
VG 10-11/09 |
NG
TV2 /09 |
4F
DA 11-12/09 |
OP
Aft.P. 11-13/09 |
SF
NRK 13/09 |
||
| RV
(Alliance rouge) |
0 | 1 | 1 | 1 | 1 | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| SV
(Socialistes de gauche) |
7 | 10 | 6 | 9 | 10 | 10 | 12 | 14 | 6 | |
| AP
(Travaillistes) |
76 | 68 | 78 | 70 | 63 | 67 | 62 | 65 | 66 | |
| SP
(Parti du centre) |
9 | 8 | 9 | 8 | 10 | 11 | 11 | 13 | 12 | |
| KrF
(Chrétiens-démocrates) |
17 | 17 | 19 | 17 | 24 | 24 | 18 | 24 | 23 | |
| V
(Libéraux) |
6 | 9 | 6 | 8 | 9 | 6 | 9 | 7 | 4 | |
| H
(Conservateurs) |
22 | 23 | 17 | 23 | 22 | 23 | 30 | 21 | 25 | |
| FrP
(Parti du progrès) |
28 | 29 | 29 | 29 | 26 | 24 | 21 | 18 | 21 |
5) Dernière heure (15 septembre)
Jean-Marie Le Pen : "Tous mes vœux de succès
au Parti du progrès"
Carl I. Hagen : "Le Pen est un raciste authentique
et répugnant"
Dernier rebondissement d’une campagne qui n’en a pas manqué : le soutien apporté par Jean-Marie Le Pen au Parti du progrès et la colère de Carl I. Hagen contre les "amalgames odieux".
Dans son édition de 18h30, dimanche 14, la principale chaîne de télévision privée, TV2, a diffusé un reportage consacré au Front national.
TV2 a d’abord présenté un extrait du discours de Jean-Marie Le Pen : "Pédérastes et gouines présentés en héros de la nouvelle morale avec insémination artificielle et métissage obligatoire, et avortement conseillé pour les autres. Frais d’orgasme remboursés par la Sécurité sociale !".
Ensuite est venue une courte interview réalisée par le reporter de TV2 sur la percée attendue du Parti du progrès : "Ça prouve que les Norvégiens sont bien les gens de bon sens que je savais puisque d’abord ils ont commencé par refuser d’entrer dans l’Europe (ce dont je les félicite) et maintenant ils donnent un très grand poids, ou du moins on l’espère, au mouvement nationaliste et je forme pour celui-ci les vœux de succès le plus sincères. (...) Je leur dirai : Votez norvégien, votez pour la Norvège d’abord, votez pour la préférence nationale norvégienne. C’est normal, c’est juste, c’est sain."
Carl I. Hagen, leader du Parti du progrès, a explosé en découvrant ce reportage vers 20 heures et il a immédiatement exigé la possibilité d’intervenir dans le journal de 21 heures. Au cours de cette édition, TV2, après avoir rediffusé le reportage incriminé, a donc donné la parole en direct à un Carl I. Hagen ayant visiblement du mal à contenir sa rage et son émotion.
"C’est une des choses les plus abjectes que j’ai connues pendant cette campagne. Je revenais du Rogaland et j’ai trouvé ma femme en pleurs, complètement effondrée (...) Je n’ai rien de commun avec tout ce que Le Pen représente".
Interrogé par le chef du service politique de TV2 sur le fait que, comme le Front national, le Parti du progrès a fait de l’immigration un cheval de bataille, Carl I. Hagen devait répondre: "Pas du tout. Nous n’avons jamais dit que c’était le combat le plus important. C’est la santé et les personnes âgées qui sont pour nous les questions les plus importantes (...) Il y a une différence énorme entre tout ce que Le Pen représente et nos propositions".
Ce matin, Aftenposten (quotidien de référence, plutôt conservateur), consacre un papier à l’événement dans lequel Carl I. Hagen déclare : "Le Pen est un raciste authentique, répugnant, avec qui je n’ai rien en commun. Son idéologie se situe à des années-lumière de ce que le Parti du progrès défend (...) Dans cette campagne, ni moi, ni mes collaborateurs n’avons jamais attaqué les immigrés ou les homosexuels. C’est contre la politique de l’immigration que nous avons dirigé nos critiques et c’est une différence essentielle. Nous ne voulons pas, comme Le Pen, renvoyer tous les étrangers chez eux. Ceux qui séjournent légalement dans notre pays doivent évidemment être respectés en tant que citoyens comme tous les autres Norvégiens."
Dans la soirée, le standard de TV2 a été saturé par les appels de téléspectateurs mécontents. Le quotidien à grand tirage VG (tabloïd) affirme ce matin avoir reçu plus d’une centaine de coups de téléphone après la diffusion du reportage. VG cite les propos d’une dizaine d’entre eux, pour la plupart non sympathisants du Parti du progrès, mais choqués que TV2 ait diffusé ce reportage alors que le scrutin était déjà en cours.
NB: Les éditions de 18h30 et de 21h00 du journal de TV2, avec notamment les propos de Jean-Marie Le Pen (en français sous-titré) sont accessibles sur le site Web de la chaîne (au format VXtreme).
6) La soirée électorale
du 15 septembre en français
LUNDI 15 SEPTEMBRE, ENTRE 20H30 ET MINUIT, LES RESULTATS
EN TEMPS REEL ET EN FRANÇAIS !!!
Sondage sortie des urnes vers 21h, estimations à
partir de bulletins dépouillés vers 22h, extraits des déclarations
politiques les plus significatives et éléments d'analyse
à chaud toute la soirée !
CLIQUEZ ICI :
Abréviations :
4F : 4 Fakta
ACN : ACNielsen
FR : Feedback Research
MMI : Markeds- og Mediainstittuttet
NG : Norsk Gallup
OP : Opinion
SF : ScanFact
A.Pr : A-Pressen
Aft.P. : Aftensposten
DA : Dagsavisen Arbeiderbladet
Dagbl. : Dagbladet
S.Pr : Senterpressen
VG : Verdens gang
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soient mentionnés en page "Débats", merci de le préciser)