|
Le d�mon, dans sa signification analytique, n'est qu'une projection de l'esprit humain. Le d�mon et son antith�se, le dieu, sont aussi repr�sent�s dans toutes les soci�t�s humaines. Les "loas" du vaudou peuvent, donc, �tre consid�r�s, en ANALYSE, comme �tant �quivalents aux totems des Am�rindiens, aux "anc�tres" des Europ�ens et aux proph�tes des Juifs. La mentalit� pseudoanimiste n'est, donc, pas une exclusivit� du vaudouisant; elle peut se rencontrer, �galement, chez les adeptes des religions modernes ou occidentales.
Chez le catholique ha�tien, par exemple, elle se r�v�le dans le culte vou� aux saints, le rituel duquel rappelle, quelque peu, les proc�dures magiques de nos anc�tres tr�s lointains. Chez le protestant ou l'�vang�liste ha�tien, la peur quasi pathologique du d�mon et l'importance accord�e � la fatalit� divine rappelle les anciennes
croyances animistes.
Les familles ha�tiennes sont, religieusement, d�vou�es � leurs loas et se consid�rent prot�g�es du mauvais sort, par l'ex�cution de certains rituels. Cette croyance in�branlable au "surnaturel" et en la qualit� d�moniaque du pouvoir de l'adversaire explique la pr�valence, des "wangas" ou des proc�dures d'exorcisme. La zombification* et le d�c�s, tant attendu, du "d�sign� du doigt" qui ont �t�, jusqu� tout r�cemment, des pratiques courantes en Ha�ti, r�v�lent le d�sir sous-jacent, chez le citoyen, d'assujettir son compatriote. Quoiqu'elles aient �t� commun�ment tol�r�es dans le milieu social ha�ltien, et entour�es d'une discr�tion caract�ristique, la zombification et l'empoisonnement "mental" et physique, subs�quent du "point� du doigt" y repr�sentent, n�ammoins, des violations flagrantes des libert�s individuelles.
|