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Dans cette première partie, l'histoire d'Haïti a été résumée, et les faits significatifs qui nous intéressent ont été retenus. Si des traits caractériels ont été soulignés et des motifs présumés ont été évoqués, ce n'est que dans l'unique but d'éclairer quelques faits, mais ceci peut avoir entâché de subjectivité une partie de l'histoire et je vous invite à en être conscients. I-1 Le général Toussaint Louverture (période coloniale et d'avant 1804)Toussaint élimina, à tour de rôle, ses concurrents, rapporte l'histoire. Le commissaire Sonthonax avait été expédié, par la France, dans la colonie de Saint Domingue. Le 14 septembre 1796, Toussaint, pour s'en débarasser, le fit élire, parmi les délégués qui devaient représenter les intérêts de la colonie en France. Le 23 septembre 1789, à la suite d'une rébellion militaire, Toussaint fit comprendre au gouverneur Hédouville que sa présence suscitait des tensions dans la colonie et réussit à convaincre celui-ci à partir. Il élimina, par la suite, son principal rival, le général mulâtre Rigaud, qui gouvernait le sud de la colonie, et ne s'embarrassa pas pour violer l'amnistie du ler messidor accordée aux rigaudins. Toussaint s'empara, aussi, de la partie orientale de l'île qui était restée fidèle à l'Espagne, après en avoir provoqué l'expulsion de son gouverneur, le commmissaire Roume. Assiégé par l'armada que Napoléon expédia contre lui, Toussaint abdiqua, mais non sans combat, et accepta de reconnaître l'autorité de la France dans la colonie. Arrêté, sans avertissement, pour être déporté en France, il prononça, avant son départ, cette phrase célèbre: "En me renversant, on n'a abattu que le tronc de l'arbre, mais ses racines sont profondes et nombreuses." (Histoire d’Haiti; les editions Henri Deschamps, 1981 )Cette phrase augurait la future guerre d'indépendance et la défaite définitive des armées coloniales, en Haiti, une dizaine d'années plus tard. I.2 Le général Jean Jacques Dessalines (1804 - 1806)Dessalines, une éminente figure historique et un personnage légendaire, est le fondateur de la nation indépendante d'Haïti. Sa capacité à haranguer ses hommes et à mobiliser des troupes était extraordinaire. Énergique et tenace, il se faisait craindre de l'ennemi: "Désalin pa vlé wè blan, oun-oun", (Dessalines ne veut pas du blanc) dit la chanson. L'histoire rapporte, en particulier, que lieutenant de Toussaint et assiégé par les troupes de Leclerc, au fortin de la Crête à Pierrot, Dessalines résista, vaillamment, à une armée ennemie dix fois supérieure à ses forces. "Je vous fais tous sauter, si les français pénètrent dans le fort" (ref.; idem) aurait-il dit à ses hommes. Après avoir arraché la bande blanche du drapeau tricolore français, Dessalines créa, à l'Arcahaie, le drapeau haïtien, en y raccordant la bande bleue à la bande rouge symbolisant, ainsi, l'union des noirs et des mulâtres contre les blancs.Un incident malheureux devait ternir sa gloire: s'étant laissé emporter par la passion et ayant craint pour l'avenir de son peuple, alors isolé par les nations occidentales après l'indépendance, il fut le principal promoteur du massacre, en mars 1804, des anciens colons. Avait-il eu peur de leur présence pour l'avenir de la nouvelle nation indépendante? Pouvait-il, sans une flotte, penser à l'expulsion des blancs d'Haiti? L'historien Thomas Madiou nous rapporte que ce massacre fut cruel et n'épargna ni les femmes ni les enfants. Par la suite, nous enseigne l'histoire, Dessalines mécontenta les habitants du Sud d'Haiti, par son sens du droit, son caractère tyrannique et ses réformes. L'une d'elles fut la remise en vigueur du code rural et du code du travail de Toussaint Louverture: le travail de la terre était obligatoire, et le vol, même léger, était puni de mort. Dessalines fut assassiné, lâchement, au pont rouge, le 17 octobre 1806, après avoir été trahi par ses anciens compagnons d'armes. I-3 Le général Henri Christophe (1807 -1820)Christophe était un frère d'armes de Dessalines et de Pétion. Il instaura la monarchie dans la partie septentrionale du pays, tandis que Pétion, devenu son rival, gouvernait la Républiqe de l'Ouest. Les travaux d'architecture, entrepris sous le règne de Christophe, ont été des chefs d'oeuvre qui sont devenus des monuments historiques et des sites touristiques. La citadelle de La Ferrière, une immense redoute, en béton et en blocs, bâtie sur le sommet d'une montagne, et le Palais de Sans Souci ont été ces merveilles dont les ruines attirent, chaque année, de nombreux touristes.Christophe n'aimait pas la controverse et exécutait les prisonniers politiques, en les faisant jeter, par dessus les murs de la citadelle, dans le précipice limitrophe. Sous la monarchie de Christophe, la religion catholique fut la seule religion reconnue par l'Etat. Christophe proscrivit, en particulier, le vaudou et le divorce et favorisa le mariage religieux. A la fin de sa vie, abandonné de tous ses amis et paralysé par une crise d'apoplexie, Christophe se suicida le 8 octobre 1820. I-4 Le général Alexandre Pétion (1807 - 1818)Quelques de nos compatriotes assimilent le pouvoir démocratique au laissez-faire (lésé grennen). Tout comme le gouvernement autocratique, le gouvernement du "laissez-faire" n'offre que peu de possibiltés de stabilité politico-sociale. Un exemple historique et national du gouvernement au 'laissez-faire" fut celui d'Alexandre Pétion. Celui-ci n'a pas su créer les conditions nécessaires à l'éclosion des valeurs démocratiques, qui auraient permis des transitions non violentes de gouvernements en Haiti. L'histoire nous apprend, en particulier, que Pétion fut élu et réélu par une minorité de sénateurs et qu'il n'eut pas le courage de mettre fin aux malversations fréquentes des fonctionnaires publics de son administration. Celles-ci sont, encore, de nos jours, un handicap majeur au développement de la nation haïtienne.Pétion eut à faire face à de nombreuses rébellions - conspiration de Yayou en 1807, révolte de Guérin en 1809, conspiration de Delva en 1811, enfin la plus terrible, l'insurrection de Goman de 1807 à 1820. Pétion mourut dans son lit, le 29 mars 1918; il eût des funérailles nationales. On le soupçonne, peut-être injustement, d'avoir trempé dans le complot d'assassinat de Dessalines. I-5 Le général André Rigaud (1810 - 1811)Rigaud fut le rival malheureux de Toussaint dans la guerre fatricide qui a suivi le départ de la première commission civile française. L'historien Thomas Madiou nous le peint comme un général beaucoup moins présent sur le champ de bataille que dans les salons mondains. Rigaud revint en Haïti avec les troupes de Bonaparte, mais dut s'exiler, une seconde fois, après leur défaite par l'armée de Dessalines. Rigaud revint, une deuxième fois, en Haïti, sous le gouvernement de Pétion pour y provoquer la sécession du département du Sud.I.6 Le général Jean Pierre Boyer (1818 - 1843)Boyer, homme de confiance et successeur de Pétion, fut, officiellement, le premier président à vie d'Haiti, mais, effectivement, le deuxième après Pétion. L'histoire nous apprend que Boyer viola la constitution en vigueur, à l'époque en faisant exclure de la Chambre législative, en 1838 et en 1842, les députés qui s s'opposaient à son programme national. Boyer nous rapporte l'historien Lyonel Paquin, fut le principal artisan de la politique de classe et de couleur: Il éloignait les noirs des meilleurs postes de son gouvernement, probablement, ayant sous-estimé leur compétence. "Vieillard rigide, il n'hésita pas à remettre, en vigueur", en 1826, sans aucune modification, le code du travail de Toussaint Louverture. Ce code représentait, pour le paysan, un retour au système de servage. C'en fut, certes, une erreur capitale, car les paysans ne tardèrent pas à fuir le travail corporatif de la terre. Boyer fut, ainsi, indirectement, un des artisans du morcellement de la terre et de la débâcle agricole qui en a suivi. De celle-ci, le pays en souffre encore.Boyer, nous rapporte l'histoire, "porta jusqu'à la caricature son respect du droit et du légitime" (ref.; idem). "Les haïtiens avaient acquis leur indépendance au prix de leur sang" (ref.; idem). Cependant, la France réclamait une pesante indemnité pour la reconnaissance internationale de la jeune nation. Boyer accepta de verser la somme requise. Il pensait, ainsi, briser l'isolement politico-économique du pays. La dette de l'indépendance fut, cependant, disproportionnée à la puissance économique de la jeune nation. Elle signa le début de la débâcle financière dont celle-là ne s'en est jamais sortie. Une révolution populaire obligea Boyer à quitter le pouvoir, au mois de février 1843. I.7 Le général Rivière Hérard (1843 - 1844)Élu président le 31 décembre 1843, Rivière Hérard n'accepta, jamais, les limites de la constitution en vigueur. il fut renversé, le 3 mai 1844, par une révolte des habitants du Sud, dont les bandes armées s'appelèrent les Piquets.I-8 Le général Philippe Guerrier (1844 - 1845)Guerrier était un vieux soldat, mais, aussi, un citoyen connu pour sa tempérance. Le pays fût en paix pendant les quelques mois qu'il passa au pouvoir. Guerrier mourut, tranquillement, le 15 avril 1845, à Saint-Marc, avant la fin de son mandat.I.9 Le général Riché (1846 - 1847)Riché, rapporte le petit livre d'histoire des Frères de l'Instruction Chrétienne, persécuta toutes les sectes religieuses, à l'exception du catholicisme. Le soulèvement d'Acaau dans le Sud pérennisait. Riché s'appliqua, vigoureusement, a y mettre fin. Riché mourut, subitement, le 27 février 1847.I-10 L'empereur Faustin ler (1847 - 1859)L'historien Lyonel Paquin, dans son premier livre,A la fin de l'annee 1847, alors que Soulouque était en tournée dans le Nord, ses partisans, les Zinglins, conduits par le général Similien, semèrent la terreur à Port-au-Prince. Ils donnèrent, ainsi, naissance à la première forme de du macoutisme, if une organisation paramilitaire et partisane, dont l'objectif était de terroriser et d'intimider la population locale. Au début de 1848, à la suite d'une prise d'armes à Port-auPrince, Similien dirigea une répression sanglante, qui dura trois jours, contre les habitants de la capitale. La terreur se poursuivit, ensuite, dans le Sud, jusqu'au mois d'aotlt 1848. Une révolution, dirigée par le général Fabre Geffrard, obligea Soulouque à abandonner le pouvoir, en janvier 1859. I-11 Le général Fabre Geffrard (1859 - 1867)Geffrard était plus intelligent que son prédécesseur. Il ne sut pas, néammoins, retenir ses partisans , avides de vengeance. L'histoire nous apprend, en effet, qu'à la suite de chaque prise d'armes, sous son gouvernement, une répression aveugle s'en suivait. Une révolte populaire, à la tête de laquelle se mirent les généraux Victorin Chevalier et Nissage Saget , obligea Geffrard à prendre le chemin de l'exil, le 13 mars 1867.I.12 Le général Salnave (1867 - 1869)Salnave gouverna le pays d'une main de fer. Sous son gouvernement, la Chambre fut dissoute et il y eut de nombreuses exécutions sommaires, dont celle de Léon Montas, un ex-rival du président. Malgré sa machine répressive, cependant, Salnave ne put, jamais faire régner la paix dans le pays. Il fut renversé par une révolte populaire et exécuté sur les ruines de son palais, le 15 janvier 1870.I-13 Le général Nissage Saget (1870 - 1874)Nissage Saget se signala par sa sagesse et, surtout, son sens des valeurs démocratiques. Il n'agissait, jamais, en dehors des limites fixées par la Constitution. Ayant à faire face à l'opposition croissante de ses adversaires politiques, Nissage Saget préféra démissioner, le 13 mai 1874, que de recourir à la dictature.I.14 le général Domingue (1874 - 1876)La démission de Nisage Saget fut une perte pour la nation haïtienne. Son successeur, le général Domingue, ne comprenait pas le sens des valeurs démocratiques et assimilait celles-ci à de la faiblesse politique. Dès le lendemain de la chute de Saget, Domingue ordonna la dissolution de l'Assemblée Nationale et fit élire, à la baïonette, une nouvelle Constituante, le 6 août 1874. "Une fête du travail pas comme les autres!" peut-on dire, a l'instar de Roger Gaillard.. Le ler mai 1875, le président Domingue, dans un élan de colère, fit exécuter les opposants Pierre Monplaisir Pierre et Brismard Brice. Ce geste regrettable incita d'éminents citoyens à prendre le chemin de l'exil; ce fut nous dit, Roger Gaillard, le début de la déroute de l'intelligentsia haïtienne qui s'accélérera sous Hyppolyte et continuera sous d'autres régimes politiques répressifs.Après ces tristes événements, la révolution ne tarda pas à éclater au Cap, à Jacmel, à la Croix des Bouquets, puis dans tout le Nord. Ayant voulu s'enfuir avec des malles pleines d'argent, Domingue et son neveu Rameau, alors vice-président, furent tués dans les bras du représentant français en Haiti. I-15 Le général Boisrond Canal (1876 - 1879)Quoiqu'ayant été soldat, Boisrond Canal était un homme pondéré et un ami de la démocratie. Il accéda au pouvoir, après des élections présidentielles, le 17 juillet 1876. Sentant monter une opposition croissante à son gouvernement, Boisrond Canal préféra démissionner, le 17 juillet 1879, plutôt que de recourir à la force. Il y avait, cependant, d'autres alternatives que ces deux là; le départ de Canal peut être considéré comme un mauvais coup assené à la cause de la démocratie en Haiti.I.16 Le général Lysius Salomon (1879 - 1888)Salomon nous rapporte l'histoire était bien préparé à prendre les rennes du pouvoir. Il fit des études administratives en France et il paraissait probe et énergique. Cependant, il perdit sa tempérance à l'égard de ses rivaux politiques. Les 22 et 23 septembre 1883, il entreprit une répression brutale contre ceux-ci; les plus beaux quartiers de la capitale, nous rapporte l'histoire, furent détruits par un incendie criminel qui aurait été allumé par les partisans de Salomon. Cet évennement malheureux signa l'instauration d'une nouvelle dictature. Salomon fut renversé par une succession de révoltes populaires qui débutèrent le 5 et le 10 août 1888.I-17 Le général Hyppolyte (1889 - 1896)Hyppolyte était un soldat de carrière. Il voulut appliquer la discipline militaire dans la conduite des affaires publiques. Après la conspiration du 28 mai 1891 contre son gouvernement, il se vengea sur les habitants de la capitale. Roger Gaillard (1984) évoque cette tragédie dans un volume, La Republique Exterminatrice de sa série, Les Blancs Débarquent, sur l'histoire d'Haiti. Le chapitre qui traite de la répression de ce 28 mai s'intitule "Une Fête-Dieu Pas Comme Les Autres" (ref.; Les blancs débarquent: La République exterminatrice; Le Natal, 1984). Hyppolyte mourut d'une crise cardiaque, alors qu'il se préparait à écraser une révolte populaire.I-18 Le général Tirésias Simon (1896 - 1902)Tirésias Simon Sam était un homme conciliant. Quand la polémique éclata entre la Constituante et l'Assemblée Législative, au sujet de la fin de son mandat, Sam ne s'opposa pas au vote final et démissiona le 15 mai 1902.I.19 Le général Nord Alexis (1902 - 1908)Nord Alexis était un fervent patriote, mais il était d'une ignorance notoire, ce qui lui valut le surnom de "Tonton Nô". Il fit le "procès de la consolidation" (ref.; (Histoire d’Haiti; les editions Henri Deschamps, 1981) contre les administrateurs corrompus de l'administration de son prédécesseur. Il pensa, néammoins, que ces qualités et ses prérogatives le dispensaient de respecter les libertés individuelles. A la suite d'une fausse dénonciation, Nord Alexis fit fusiller d'éminentes têtes de l'élite haïtienne; notre grand poète Massïllon Coicou et le respectable citoyen Clément Lafontant, en particulier, périrent sous les coups assassinés par ses hommes de main. Les consulats du pays ne tardèrent pas à se remplir à la suite de cette tuerie. Nord Alexis fut renversé par une révolte populaire, en novembre 1908.I-20 Le général Antoine Simon ( 1908 -1911)Antoine Simon passait pour être un homme pondéré. Élu président, il instaura, pourtant, l'autocratie. Il n'avaît, surtout, pas la formation nécessaire pour gouverner et ne voulut ou ne sut pas s'entourer d'hommesm compétents. Il fut l'un des artisans de la débâcle financière du pays; il signa, en particulier, avec des financiers américains, des contrats ruineux pour le pays. La ville de Ouanaminthe s'était soulevée contre son administration. Il la livra au pillage. Une révolte populaire éclata au mois d'août 1911 et força Antoine Simon à prendre le chemin de l'exil.I-21 Cincinnatus Leconte (1911 - 1912)Leconte s'empara du pouvoir en se servant des bandes de cacos (des groupes de guérilleros locaux). Il ne demeura pas, cependant, longtemps a la tête du pays. Il devait, en effet, périr dans une explosion du palais présidentiel, en 1912. Qui frappe par l'épée périra par le même "P", nous dit le proverbe populaire.I-22 Vilbrun Guillaume Sam (Mars 1915 - Juillet 1915)Un fait notoire de la période finale du gouvernement de Sam fut le massacre, le 27 juillet 1915, des prisonniers politiques par son ministre de guerre, le général Charles Oscar Etienne. A la suite de cette tuerie, la population se révolta, pénétra dans les consulats où s'étaient réfugiés Guillaume Sam et Oscar Etienne et les fit passer de vie à trépas.I.23 Periode d'Anarchie et de Chaos Politique, Suivie de l'Occupation Américaine et du Protectorat Americain (1915 - 1935)Les révoltes périodiques et fréquentes de la population indigène et celles de bandes paramilitaires aguerries, comme celles des cacos, dans le nord, et des piquets, dans le sud, avaient finalement conduit le pays au chaos social et politique. L'armée fracturée et divisée qui était sortie de la guerre de l'indépendance et de la déportation de Toussaint, suivie de l'assassinat de Dessalines, ne pouvait plus maintenir l'ordre social sur une période suffisante en Haiti pour permettre a la jeune nation de continuer son existence. L'arrivée des "marines" américains, en 1915, avait réussi a rétablir une période de tranquilité fragile, mais les vraies raisons des déboires d'Haiti, avaient été sous-estimées 1, comme on le verra plus tard.
I.25 Elie Lescot (1941 - 1946)I.26 Dumarsais Estimé ( 1946 - 1950)I-27 Le général Paul Eugène Magloire (1950 - 1956)Soupçonné de travailler à sa réélection, le général Paul Eugène Magloire, vulgairement appelé "Canson Fè" (Pantalon de Fer), abandonna le pouvoir à la- suite d'une grève du secteur commercial et d'une révolte estudiantine. Il n'avait jamais été aimé du peuple pour avoir trempé, semble-t'il, dans le coup de force contre Dumarsais Estimé.I.28 François Duvalier (1957 - 1971)Le docteur en médecine, François Duvalier, ironiquement, dénommé "Papa Doc" par un grand nombre de ses détracteurs, ou "François papa" par ses admirateurs, a été le chef effectif de l'armée durant les treize années de sa présidence. Il portait le casque et le costume militaires à ses moments difficiles. Duvalier se faisait respecter et craindre de tous. Il créa le corps des Volontaires de la Sécurité Nationale, plus connu sous l'appellation de corps de Tontons Macoutes (TTMC), une milice populaire locale dont le but était de décourager et d'effrayer l'opposîtion. Les femmes qui firent partie de cette milice étaient les terribles Fillettes Lalos.Un nombre indéterminé, mais, de toute évidence, élevé de crimes Politiques ont été commis sous le gouvernement de François Duvalier. Les haïtiens ont, encore, probablement, sur leurs lèvres les noms de Clément Jumelle, de Riobé et de Sansarick qui ont péri sous les coups des miliciens de Duvalier. Beaucoup de citoyens, instruits et capables d'aider au développement de la nation haïtienne, partirent pour l'exil, durant les quatorze années du règne de François Duvalier, et surtout, après les "vêpres" de Jérémie. Parmi les actes de François Duvalier, qui ont bloqué le processus démoratique en Haiti, on peut citer: le maintien de la loi martiale, le renvoi du corps législatif, la désintégration de l'armée régulière et la capture à vie du pouvoir. François Duvalier mourut sur son lit de malade, le 21 avril 1971. Avec lui, la nation haïtienne venait de vivre l'une des plus tristes pages de son histoire. I.29 Jean Claude Duvalier (1971 - 1986)Jean Claude Duvalier accéda à la présidence, à la mort de son père. Il n'y accéda pas à la suite d'un processus électoral, mais y fut, tout bonnement, nommé par les sbires de son père. Il gouverna, pourtant, avec modération, mais, seulement, en comparaison de son pere; neammoins, le pays avait ete calme, a cette epoque, et les repressions militaires et paramilitaires moins frequentes et moins brutales. Un ami, Patrick Lemoine fut emprisonne, durant son regne, dans les cachots de Fort Dimanche, une prison de torture des opposants politiques, durant le regne des Duvaliers. Jean Claude Duvalier eut des velléités de modernisation de la machine Politique haïtienne. Il abandonna le pouvoir, le 7 février 1986, à la suite d'une révolte de jeunes de la ville des Gonaïves et d'autres villes provinciales associée à une forte pression internationale. Son règne se caractérisa par un grand nombre de malversations financières qui ont été la raison de la démission de Marc Bazin, une fois, son ministre des finances.I-30 Le général Henri Namphy (février 1986 - février 1987; juin 1987 - octobre 1987)Henri Namphy succéda à Jean Claude Duvalier. Il est celui sur qui doit tomber, principalement, le blâme de la violence dirigée contre des fidèles de l'église de Saint Jean Bosco, lors d'une messe célébrée, en septembre 1987, par le père Jean Bertrand Aristide. Une gestante y fut poignardée et son foetus blessé. C'est, également, sous son règne que se produisit le massacre des électeurs de la rue Vaillant, le 29 novembre 1986, qui a fourni un prétexte à l'annulation du processus électoral en cours. Il fut renversé par une révolte de la garde présidentielle.I-31 Leslie Manigat (février 1987 - juin 1987)Le professeur Manigat accéda au pouvoir après des élections que la presse internationale qualifia de honteuses, mais il n'en fut point responsable. Le président Manigat prônait une politique de modération et d'entente nationale et promettait de consolider les acquis de la révolution de 1986 et de la démocratie en Hailti. Il fut renversé par un coup d'état militaire délivré par les sbires du général Namphy qui ne comprit pas bien le jeu démocratique.Les critiques adressées au président Manigat ne sont pas, toutes, justifiées. Il fut, surtout, celui qui essaya, ce qu'on peut, désormais, considérer comme de la "dissonance cognitive" (§ 1,5 Tome I). I.32 Le général Prosper Avril (octbre 1989 - avril 1990)Prosper Avril accéda au pouvoir à la suite d'une rébellion des sergents et des adjudants du palais national contre le cruel Namphy. Il se peut qu'Avril ait été un pion" de la C.I.A., dans ce "jeu d'échecs" de la politique haïtienne au cours de la période immédiate d'après Jean Claude Duvalier. En effet, il se pouvait que quelques uns des militaires rebelles, qui s'étaient révoltés contre le général Namphy, fûssent des éléments de la gauche, infiltrés dans l'armée, qu'Avril et son fidèle sergent, Hébreux, y purgèrent ensuite. De toute façon, le général Avril bénéficia, sinon de l'appui, de l'approbation de l'ambassade américaine en Haiti, quand il élimina ses principaux concurrents, le trop fougueux colonel Jean Claude Paul2 qui était recherché, entre autres, par les services antinarcotiques américains et le colonel Rébu3. Ceux-ci avaient été, respectivement, les commandants des Casernes Dessalines, (où se logeait un corps militaire bien aguerri) et du Corps des Léopards (une création de Jean Claude Duvalier).La pouvoir du général-président reposait, essentiellement, sur la puissance de feu de la garde présidentielle, dont il fut le chef nominal, sous le règne des Duvaliers. Il y eut des violations flagrantes des libertés individuelles sous le gouvernement d'Avril; il n'y eut, pourtant, pas beaucoup de poursuites judiciaires. L'une des plus bruyantes fut l'arrestation de Jean Robert Mésieux et de son groupe dont les membres furent torturés et présentés au petit écran. Cet évennement souleva la protestation de nombreuses ambassades étrangères. L'assassinat crapuleux de trois afficheurs du R.D.N.P., qui apposaient des effigies de l'ex-président Manigat, passa, cependant, sous silence. Proper Avril abandonna le pouvoir à la suite d'une grève du secteur commercial et sous une forte pression internationale. I.33 Le ministre d'Etat, Roger Lafontant (janvier 1991: 1 jour)Le docteur Roger Lafontant a été un farouche militant duvaliériste ("Duvaliers' bull-dog"), dès ses premières années à la Faculté de Médecine d'Haiti. Diplômé médecin, il abandonna sa profession pour devenir un politicien chevronné. Il fut l'ambassadeur de François Duvalier, mais il acquit une influence encore plus grande dans le gouvernement de Jean Claude Duvalier qui en fit son ministre d'Etat. Une lutte d'influence ne tarda pas à s'engager entre Roger Lafontant, d'une part et d'autres membres du cabinet ministériel. A son temps d'idylles avec les Duvaliers, Roger Lafontant fut le chef nominal de la redoutable milice partisane, dont les anciens membres le regrettent encore. En 1990, en effet, il se présenta comme candidat à la présidence et ne tint pas compte des critiques, proférées contre sa personne, par l'ex-président américain Jimmy Carter qui entreprenait une tournée en Haïti. Quelques mois plus tard, il participait au coup d'état démentiel qui devait barrer la route à la présidence au père Jean Bertrand Aristide. Le coup échoua et Roger Lafontant fut emprisonné aux Casernes Dessalines. Les circonstances et les raisons de l'exécution de Roger Lafontant, dans un cachot du pénitencier national, n'ont pas été, complètement, élucidées, et les bourreaux et les promoteurs de cette exécution n'ont pas, tous, &eacure;té identifiés. Celle-ci, qui d'après beaucoup de langues, fut bien méritée, représente, néammoins, une violation des droits individuels des prisonniers politiques.I.34 Ertha Pascal Trouillot (avril 1990 - septembre 1991)Madame Trouillot n'a pas mérité le pouvoir, car le choix de sa personne à la présidence d'Haiiti ne s'est pas fait par le suffrage populaire ou par le suffrage caméral. Son régime a été, essentiellement, un intervalle de transition entre une période d'anarchie totale et une période plus stable.Mme Trouillot fut la première femme à la présidence d'Haïti et a, peut-être, montré que les femmes tendent à être moins autocratiques que les hommes. Cependant, seuls l'analyse statistique et un échantillon représentatif permettraient, en définitive, d'infirmer ou de confirmer une telle présomption. I-35 Le Père Jean Bertrand Aristide (février 1992- septembre 1993) (2000 - 2004)Le prêtre catholique Jean Bertrand Aristide accéda au pouvoir par la voie des urnes populaires, à la suite d'élections probes. Il remporta une victoire écrasante sur ses adversaires politiques, en particulier sur le candidat Marc Bazin dont la campagne électorale avait été soigneusement préparée. Les conditions d'acceptation de la candidature d'Aristide par le Conseil Électoral Provisosire ne sont, toutefois, pas très claires; celui-là n'avait, jamais, en effet, été un membre du F.N.C.D. qui l'avait choisi, à la toute dernière minute, comme son candidat préférentiel.La pierre d'achoppement du pouvoir "lavalassien" avait été le refus de la compromission et le jugement des anciens criminels politiques. Cependant, Aristide ne sut ou ne put prendre des mesures socio-économiques historiques et paraissait n'avoir pas de programmes politico-économiques bien définis. Le père Aristide fut renversé par un coup d'état militaire qui valut au pays la réprobation internationale. Il revint, cependant, à la tête du pays, deux ans plus tard, avec l'appui des "marines" américains. Avec son retour la démocratie sembla s'installer, définitivement, en Haiti. Cependant, seul l'avenir le prouvera. I.37 Le Général Raoul Cédras (septembre 1993 - octobre 1994)Raoul Cédras, un militaire modéré du temps des Duvaliers et ancien compagnon d'armes, à West Point, du général américain Collin Powell, accéda au pouvoir à la suite d'un coup d'état militaire qui renversa le président Aristide, lors de son premier mandat. La répression militaire continua sous son régime mais fut moins violente. Aristide qui déplaisait ou ne jouissait pas de la confiance du président américain de tendance républicaine, d'alors, ne fut pas soutenu par les U.S.A.. Il a fallu attendre une administration démocrate - celle du président William J. (Bill) Clinton - pour le restaurer au pouvoir, mais seulement, après ses idylles et son mariage avec sa présente femme, une étudiante américaine, d'origine haïtienne.I.37 Le Président René Préval (1996 - 2000)René Préval, un ex-partisan d'Aristide et son homme préféré, avait accédé au pouvoir à la suite de la victoire électorale, écrasante, du parti "Lavalas". Il me parut d'un caractère plus conciliant que celui-ci car il avait eu l'amabilité de répondre à une des mes lettres alors que je n'eus pas cet honneur de son patron. Ayant été étudiant en Europe (Louvain et Union Soviétique), il aurait été plus accepté par l'intelligentsia locale.I.38 Le Protectorat des Nations Unies:
------------------------------------------------------------------------------------------------ 1 Haïti, est, certainement, la république la plus aguerrie de l'Amérique Latine (elle a founi un appui militaire - canons et conseils stratégiques - à Simon Bolivar), et l'un des pays le plus instable du monde, sur le plan socio-politique (ayant connu une multitude de révolutions sanglantes). Les luttes pour la possession de l'île avaient débuté entre les anciennes puissances coloniales: la France, l'Angleterre et l'Espagne. Une période de stabilité fragile avait suivi la conquête de l'île par l'armée personnelle de Toussaint Louverture, qui était passé de l'Espagne à la France. Puis ce fut la lutte intestine entre Toussaint et Rigaud. L'expédition française et l'occupation subséquente de l'île, par l'armée de Bonaparte, avaient été de courte durée et l'indépendance du pays s'en était suivie. Une nouvelle ère d'isntabilité s'instaurait avec la succession "explosive", au pouvoir, des généraux, d'une armée fracturée. 2 L'impétueux colonel Jean Claude Paul ne respectait plus ses supérieurs après la chute de Jean Claude Duvalier. Il a pu avoir été utilisé par ses supérieurs, dont le général Régala, pour des tâches impropres à un militaire. .Il est aussi coutume de voir, en Amérique Latine, que des militaires haut-gradés, après avoir servi la cause de superpuissances étrangères, accuser une arrogance et une conduite impropres à l'idéal militaire. Le général panaméen, Manuel Antonio Noriega, lui aurait été un exemple célèbre. 3Le colonel Rébu fut victime de son propre orgueil et de sa sincérité militaires, quand il tenta un coup d'état contre le général Avril. Ce coup d'état fut condamné par l'ambassade américaine, en Haïti, et échoua, faute de soutien populaire et de l'approbation internationale. 4 Le père Aristide avait bénéficié de l'appui du F.N.C.D., une concertation politique de la gauche, après avoir eu un de ses sermons virulents et faisant allusion à la violence par la machette (une réminiscence de la lutte des esclaves en 1799), à l'Eglise de St Jn Bosco, interrompu, violemment, par des militaires et des paramiltaires à la solde du gouvernement d'Henry Namphy. 5 Sous la menace d'Aristide, - "il y aura mort d'hommes", eut-il dit (un menace mi-sérieuse mi comédienne, à la manière d'Aristide) - Mr. Léon Manus prit le chemin de l'exil avec l'aide de l'ambassadeur d'Allemagne et se rendit aux U.S.A. où je l'ai rencontré, une fois. |