UN CAS PERDU D'ANOREXIE NERVEUSE, ET D'HÉMOCHROMATOSE CONSÉCUTIVE A DES TRANSFUSIONS SANGUINES {Page 1 et Page 2} (reserve a l'auteur: p1 et p2)

PRÉSENTATION DU CAS


La patiente, dans ses soixante-dizaines, avait cessé de s'alimenter correctement après avoir eu ses dents extraites par le dentiste et se trouvait dans l'attente d'une prothèse. L'attente avait été longue et la cahexie et l'asthénie s'installèrent après quelque temps. La deuxième phase de l'histoire clinique commence à partir de là. La patiente alla consulter un interniste qui pensa corriger ses symptômes-ci par des transfusions sanguines. Plusieurs unités de sang lui furent transfusées. Néammoins, son appétit ne s'était pas rétablie et il lui avait éte ainsi permise de continuer à se sous-alimenter. Le foie ne tarda pas à s'hypertrophier, la peau devint plus bronzée et l'asthénie la força à garder le lit. C'est alors que je fus appelé à son chevet. Ne sachant pas trop que faire, j'essayai de rétablir l'appétit, mais ce fut en vain. D'autres signes qui m'avaient permis de poser le diagnostic de l'anorexie nerveuse sont, à l'histoire, l'irrascibilité de la patiente (marqué par son grincement des dents) qui avait accru dans les jours qui précédèrent sa crise d'anorexie et l'absence de tout signe de malignité ou de pathologies concommitantes pouvant avoir provoqué l'anorexie.



LE TRAITEMENT CLASSIQUE DE L'ANOREXIE NERVEUSE

Normalement, la priorité dans le traitement de l'anorexie nerveuse est le rétablissment de l'alimenation orale, normale et d'un apport adéquat de calories et d'aliments essentiels au maintien et au fonctionnement du corps en bonne santé. Souvent, la suggestion et la rationalisation échouent et il est nécessaire d'hospitaliser la patiente afin d'entreprendre l'alimentation par l'intubation oesophagogastrique, pour rétablir d'urgence la prise alimentaire normale. Quelques cliniques réclament un telle attitude quand le poids du patient tombe en dessous de 80% du poids normal ou idéal pour l'âge et pour le sexe de la patiente; d'autres préfèrent y attendre les 70% (CDC Growth Charts) Il est préférable d'essayer, tout d'abord, l'intubation gastrique par la voie nasopharyngée et de l'entreprendre plus bas si celle-ci échoue. Au cours de cette première phase, la thérapeutique parentérale et alliée peut être nécessaire pour la correction des troubles hydro-électrolytiques; la transfusion sanguine n'est qu'une option passagère à envisager en présence d'une anémie mettant immédiatement en péril la survie du patient. Il peut s'avérer nécessaire d'y adjoindre un traitement par un anxiolytique, un thymoleptique, un neuroleptique ou une de leur combinaison, si la condition du patient le permet, mais il est recommandé de réserver de tels traitements à la deuxième phase autant que possible.
      La deuxième phase du traitement est celle qui vise à maintenir les gains réalisés à court terme, i.e., le maintien d'un apport alimentaire adéquat, et est la plus difficile. Une thérapeutique de modification du comportement en est une aide précieuse. La coopération des parents ou de l'entourage immédiat est vivement recommandée et est bienvenue. L'enseignement nutritionel, aussi minime peut-il être, est également à faire, car il peut aider le patient à penser de façon rationelle. Les états psychologiques qui ont été souvent associés à l'anorexie nerveuse sont:
  • la dépression nerveuse
  • le dysfonctionnement psychosexuel ou interpersonnel
  • le sentiment de culpabilité
  • la névrose obsessive-compulsive
  • l'anxiété
  • la dépendance


DISCUSSION DU CAS


Parce qu'une transfusion sanguine antérieure et intensive n'avait pas pu corriger le syndrome anorexique et avait sensiblement compliqué le tableau clinique, toute intervention ultérieure avait été délicate et aurait nécessité une hospitalisation prolongée. La thérapeutique à mettre en oeuvre aurait du être encore celle qui a été sus-citée. L'hépatomégalie s'était aussi installée et laissait penser à une hémochromatose, une intoxication au fer, consécutive aux multiples transfusions sanguines. Des examens paracliniques aurait du être demandés pour confirmer ce diagnostic. En tout état de cause, le traitement aurait dû allier deux spécialités médicales, la médecine interne et la psychiatrie et être entrepris avec précaution.



MOYENS MIS EN OEUVRE


L'emploi d'anabolisants ou d'une thérapeutique médicale pour accroître l'appétit avait été inutile et une perte de temps, en présence d'un cas de plus en plus complexe. Les complications les plus à craindre - l'hypoglycémie, l'hypotension, l'hypothermie, et le choc cardiogénique final - avaient été sous-estimées.









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