Sommaire

PLAIDOYER 1

PREMIER PLAIDOYER




Ces premières lignes vous entretiennent de la bonne théorie, de celle qui a été proposée
par Charles Darwin, de la qualité de la dialectique scientifique et de la mésaventure du
créationisme scientifique dont Saint Thomas d'Aquin fût, avec Galen, l'un des principaux
promoteurs .(Ils avaient néammoins de bonnes intentions.) Cette aventure se nourrit,
présentement, de la théorie combinée de la soupe primordiale de l'abbé Lemaître et de la
Grande Explosion précédées d'une singularité de la science, représentant le plus grand
algorythme scientifique de nos jours, et de la conception erronée et homocentriste de la
place unique de l'homme dans un Monde unique.




Au Sujet de la Bonne Théorie

La différence entre une bonne théorie et un bon exposé peut se faire sur une échelle
d'espérance. Qu' attendons-nous de celle-là? Un bon exposé est souvent une porte
ouverte sur une bonne théorie, par conséquent, nous espérons davantage de celle-ci
que de celui-là en particulier, en ce qui concerne la solution aux problèmes qui nous
assaillent. Une théorie diffère aussi d'un exposé sur l'échelle de compréhension ou
d'explicabilité. Beaucoup plus que celui-ci, celle-là nous permettra d'appréhender les faits. Enfin, la théorie n'a pas une méthodologie unique. Celle-ci dépend souvent de la
nature de la science à qui elle s'applique. En médecine, par exemple, le symptôme et,
en général, la maladie est causée par un agent pathogène, lequel peut être souvent
identifié directement1 par l'observation scientifique2.
En psychologie, l'identification de la cause repose souvent sur des inférences.
Néammoins, quelque soit la science, lorsque lorsque la relation causale n'est pas claire
l'inférence statistique peut permettre à la théorie de survivre jusquà ce que de
nouvelles découvertes y apportent de la clarté.


Une Bonne Théorie: celle de Charles Darwin et d'Alfred Russel
Wallace


En ce qui conerne l'évolution biologique, l'observateur doit tenir compte de la relativité
du temps, de celle de l'environnement, mais aussi de celle de sa perception pour saisir
la réalité. Il doit aussi se soucier de la probabilité et repenser le déterminisme. Dans
une de mes lettres écrites à oe propos, j'ai avancé deux exemples pour expliquer la
relativité du phénomène perceptuel. Le premier est celui de la ligne brisée, telle qu'elle
est vue de deux observateurs, l'un qui lui est proche et l'autre s'y trouvant à une
distance telle qu'il ne peut déceler sa solution de continuité. L'autre exemple est celui
d'une ligne continue, telle qu' elle est vue par un observateur à l'oeil nu et un autre qui
s'est muni d'un microscope électronique. Notre façon de voir la réalité est donc rela-
tive. Elle dépend de notre éducation, de notre culture et ou de nos affinités spirituelles.
Pour quelques unes de ces réalités, un différend qui existe entre nous peut tomber ai-
sément; pour d'autres, il subsistera bon gré mal gré. Nous serions, par exemple, tous
d'accord pour dire que 1 + 1 font 2, mais nous serions loin de l'être pour accepter le
fait quela vie a évolué sur cette terre depuis des billions d'années. D'autre part, si
l'appartenance à un groupe peut façonner l'individu de telle sorte à y réduire les diffé-
rences individuelles, elle peut aussi contribuer à y intro des biais sociaux et à rendre
plus difficile les relations entre les membres de groupes différents.

Quant à la Science, elle ne progresse pas par la dialectique de la cour de justice,
i.e, cette dialectique qui met en opposition deux protagonistes qui défendent des causes
choisies à l'avance qu'il leur est nécessaire de gagner a tout prix. Pour la Science, au-
cune évidence ne peut ni ne doit être cachée. Toutes les évidences sont déposées sur
la table de discussion et les protagonistes ou, de préférence, les participants cherchent
à s'en faire une idée claire, i.e., un schème , un plan ou une idée sur lequel ils puissent
tomber d'accord. Le savant gagne le respect de ses camarades non pas tant par le fait
de gagner des causes que par celui de présenter des idées neuves et acceptables. La
nouvelle conception de la bioévolution, par exemple, n'élimine pas les effets catastro-
phiques de la scène universelle; bien au contraire, elle les inclut dans un schème pro-
babilistique. Quant au déterminisme universel, il n'est plus accepté. ayant fait la place
à la nouvelle vogue, le "hazardisme" - le chaotisme spatial ou géométrique et le quan-
tisme physique. Cependant, le déterminisme n'a pas été entièreenit abandonné, il se
rencontre encore à de moindres échelles, comme, par exemple, le déterminisme gé-
nétique; il a surtout pu être ramené à des valeurs raisonables en des termes de ther-
modynamique.
Le créationisme scientifique est obscurantiste parce qu'il nie toute évidence natu-
relle. Parce les réponses qu'il apporte sont déjà connues et sont invariantes, le créa-
tionisme scientifique élimine la dialectique au profit de la connaissance absolue. il re-
présente un véritable danger pour l'humanité et le principal obstacle au progrês de la
science. Prenant un chemin similaire, beaucoup d'hommes de science ont malheureu-
sement cru que leur idée favorie ne pouvait être que la bonne et ont fini, dans le pire
des cas, par chercher à manipuler les données pour s'accomoder de conclusions biai-
sées3.
Le créationisme n'a donc aucune place dans une classe de science, que celle-ci
soit faite dans une école religieuse ou non. Cependant, le récit biblique de la créa-
tion qui en est différent a tout son mérite dans une classe de religion.

L'Élégance du Savant - Le Code de Conduite d'un Ami de la Science

Pour ne pas fournir d'arguments favorables à ses adversaires, le savant ou le professeur
de sciences doit éviter d'être dogmatique dans son interprétation des données. En
effet, la science progresse par approximation, et un ami de la science devra appuyer,
allègrement, tout raffinement de celle-ci qui peut survenir à la suite de nouvelles
découvertes ou de nouvelles théories. Celles-ci nous aident à mieux comprendre notre
environnement et nous permettent de vivre en harmonie avec lui. Un ami de la science
devra également éviter les biais culturels, car l'histoire de celle-ci ne manque pas
de ces schèmes qui sont passés pour être de la réalite mais qui se sont révélés,
à la longue, n'être que des artefacts d'une culture.



------------------------------------------------------ 1Avec un microscope, par exemple, dans le cas des maladies infectieuses
2Expérimentale, comparative, inférentielle, etc.
3Ceci s'est produit dans le cas de la théorie de l'évolution des races. Il est difficile,
en effet, de parler d'évolution biologique à l'intérieur d'une même espèce.

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