Bibliographie
       previous page




CHAPITRE VI


Le Modelage des Attitudes et des Comportements
Dans une Soci�t� o� Dominent
les Valeurs Fascistes


La Psychanalyse du L�che

La Notion de chef

La R�publique des G�n�raux

L�Etat Policier

La Racine des Pr�jug�s:
Cas d�Ha�ti


Le Retour au Cacoisme

---------------------------









Le comportement d�un individu est largement d�termin� par son �ducation. La famille, la premi�re entit� sociale � jouer un r�le dans l��ducation de l�enfant, n�est peut-�tre pas �trang�re � la principale cause de l�anarchie socio-politique en Ha�ti: la pr�sence du trait F chez un grand nombre des leaders ha�tiens.



VI.1  Famille et �chelle des Valeurs Sociales

    Sous ce titre, nous verons succintement comment la famille peut etre un facteur d'�volution sociale et comment elle peut �tre un obstacle � celle-ci. Pour appuyer notre pr�somption, nous aurons un exemple tir� de la soci�t� haitienne. Enfin, nous irons � davantage de d�tails dans nos explications pour finir avec les particularit�s locales.


  1. La Famille: Facteur de Coh�sion et d��mancipation Sociales

    La famille est un facteur d��mancipation sociale. La famille favorise le d�veloppement de la personnalit�, quand elle est une famille stable. Elle est, dans ce cas, un milieu propice � l�enfant pour le d�veloppement de sa capacit� de communication. Elle offre un bon terrain pour le d�veloppement des fonctions verbales et affectives de l�enfant, en particulier. C�est dans la famille que les premi�res relations interpersonnelles de l�individu s��tablissent. Ces relations sont, d�abord, entre la m�re et l�enfant, puis entre celui-ci et les autres membres de la famille.
         La famille est un facteur de coh�sion sociale, car elle est, avant tout, la gardienne des traditions sociales. Elle a un puissant r�le de r�cup�ration sociale; celui-ci s�exerce apr�s des situations de �stress� qui peuvent d�stabiliser l�individu.



  2. Famille et Fascisme en Haiti

    En Ha�ti, la surench�re des valeurs fascistes est h�rit�e, des traditions du temps colonial, quand le colon, grand planteur et propri�taire d�esclaves, �tait le seul ma�tre de la plantation et repr�sentait la classe dirigeante de la colonie. Apr�s l�ind�pendance d�Ha�ti, la tradition despotique s�est maintenue chez les chefs noirs ou mul�tres de la jeune nation. Longue est la liste des gouvernements tyranniques et des r�volutions ponctuant l�histoire de la nation ha�tienne.
         A titre d�exemples, voici quelques gouvernements renvers�s par des r�bellions, des r�volutions ou qui se sont termin�s par de la violence politique: les gouvernements de/du:

    • G�n�ral en chef et lib�rateur Jean Jacques Dessalines,
    • G�n�ral, lib�rateur, puis roi Henri Christophe,
    • General et lib�rateur Jean Pierre Boyer,
    • G�n�ral Rivi�re H�rard,
    • G�n�ral Pierrot,
    • l'Empereur Faustin Soulouque,
    • G�n�ral Fabre Geffrard,
    • G�n�ral Salnave,
    • G�n�ral Domingue,
    • G�n�ral Boisrond Canal,
    • G�n�ral Lysius Salomon,
    • G�n�ral L�gitime,
    • G�n�ral Hyppolite,
    • G�n�ral Nord Alexis,
    • G�n�ral Antoine Simon,
    • Cincinnatus Leconte,
    • Vilbrun Guillaume Sam,
    • G�n�ral Paul Eug�ne Magloire,
    • Jean claude Duvalier,
    • G�n�ral Henry Namphy
    • G�n�ral Prosper Avril.

         Une telle instabilit� politico- sociale chronique traduit un fait caract�ristique de la soci�t� haitienne: l'existence, sur place, d'une puissante �thique bas�e sur l'autoritarisme.



  3. Lysius Salomon, Fils d�une Grande Famille Ha�tienne

    L�histoire rapporte que la famille Salomon eut une vie politique active. Les Salomons furent les alli�s de Toussaint d�abord, de P�tion ensuite, dans le partage du pouvoir entre la branche ex�cutive et la branche judiciaire. Enfin, les Salomons s�agit�rent souvent, particuli�rement avec Acaau en 1844.

    Lysius Salomon �tait un homme bien �duqu� et pr�par� aux postes administratifs. Il �tait probe et �nergique. Il avait un �parfait� sens du droit et du l�gitime, mais ceci le rendait inflexible; il ne pardonnait pas quand il avait l�impression d��tre tromp�.
         Au mois de mai 1881, � la suite d�une conspiration contre son gouvernement, Salomon f�t fusiller quarante-huit prisonniers politiques, en d�pit des garanties offertes par la nouvelle constitution qui avait supprim� la peine de mort en mati�re de politique. Les 22 et 23 septembre 1883, Salomon f�t mettre le feu aux plus beaux quartiers de la capitale, habit�s, alors, par ses adversaires politiques, les lib�raux.
         Lorsque des journaux jama�cains rapport�rent les �vennements et accus�rent Salomon d�avoir assassin� des citoyens innocents, d�avoir fait violer les femmes de ses opposants et d�avoir �t� l��mule d�un N�ron, les partisans et les ministres du pr�sident r�pondirent qu�il �tait du �devoir de tout gouvernement l�gitime d�agir pour le bien de la majorit� qui l�a port� au pouvoir.� Cependant, quoique ce point de vue soit, parfaitement, correct, il a refl�t�, chez le dirigeant haitien, une conception erron�e et perverse de la d�mocratie. Il s�ensuivit bien vite, apr�s ces actes, la suppression des libert�s individuelles au profit d�une id�ologie qualifi�e de "nationaliste".
         La soci�t�, comme l�individu qui en fait partie, peut �tre saine ou malade. Que celle-l� soit marqu�e par le fascisme, par le lib�ralisme ou par le conservatisme, qu�elle promeut la comp�tition, le bien-�tre social ou la servitude, la personnalit� des individus qui la composent en sera, diversement, affect�e.



VI.2  L�Acquisition des Attitudes

L�attitude est une disposition du corps et de l�esprit envers quelqu�un ou envers quelque chose. Elle repr�sente le premier volet des interactions sociales. Le langage et le comportement en sont d�autres volets et lui sont cons�cutifs. L�apprentissage des attitudes d�bute d�s l�enfance. Les attitudes sont, donc, fonction de l�exp�rience de l�individu ou du groupe. A la base de toute attitude, aussi, se trouve une �motion, une id�e ou une action. C�est cette derni�re variable, i.e., l�action, qui rend possible le changement d�attitudes par le jeu de r�les. En ce qui concerne la variable �motionelle -- l��motion, je me suis rendu compte que les grands leaders politiques ha�tiens, comme Fran�ois Duvalier, Daniel Fignol�, ou, encore, Jean Bertrand Aristide, ont �t� ceux qui ont bien manipul� la variable �motionelle de l�attitude.
       Ces variables d�terminantes de l�attitude interviennent dans les interactions de l�individu avec la soci�t� et dans les interactions des divers groupes sociaux. Lorsque le groupe est la famille, les interactions entre l�enfant et le groupe se r�sument, quasi essentiellement, � l�influence des parents et produisent l�effet de dressage�. Dans une soci�t�, ou un groupe assez large, les interactions sociales prennent des formes diverses et utilisent des moyens diff�rents. En Ha�ti, par exemple, le succ�s de la d�mocratie d�pendra, en grande partie, de la fa�on dont les �mass media� v�hiculeront et traiteront le �message d�mocratique�, i.e., les informations sous un angle d�mocratique.



VI.3  L�Impact du Vaudou

Le vaudou est et a �t�, en Ha�ti, un instrument de coh�sion sociale. Il peut �tre ou il peut devenir aussi un instrument de coercition. En effet, d�apr�s le hougan (un pr�tre du vaudou) Max Beauvoir, la zombification est la justice traditionelle�, appliqu�e � ceux qui ont la �langue pendante� (ceux qui sont trop bavards).
       Toutefois, le processus d�mocratique suppose des sacrifices qui �maneront des divers composants de la soci�t�. Si la zombification fait, il est vrai, partie du bagage culturel de l�Ha�tien, il n�en est pas moins vrai qu�elle repr�sente un proc�d� d�intimidation du citoyen et une violation flagrante des libert�s individuelles.
       Enfin, la pens�e pseudo-animiste, qui se refl�te dans les id�es superstitieuses de l�Ha�tien, est � la base du pouvoir de la suggestion de l�irrationnel en Ha�ti. Aucune religion, en Haiti, n��chappe � son �treinte que celle-l� se nomme vaudouisme, catholicisme, ou qu�elle repr�sente les diverses branches du protestantisme ou de l��vang�lisme.
       Je peux m�me pousser ma hardiesse plus loin, sans trop m��carter de l�objectivit�, en comparant la soci�t� ha�tienne d�aujourdh�hui � celle du Lib�ria du sergent Samuel Do; "du militaire ignard � l�intellectuel, du pasteur au pire truand, du jeune amoureux � la belle du coin, .., tout le monde ne jure que par la divination"1. C�est partout le �bon Di� bon!�



VI.4   La Psychanalyse du L�che

Confront� � l'absolutisme, au fascisme et � l'autoritarisme, le l�che recule et abdique, abandonnant son individualit� et diluant sa personnalit� dans le groupe. Renoncant � la responsabilit� de ses actes, il devient le mannequin du groupe et le pantin du chef. Chez lui, �galement, des sentiments d'hostilit� refoul�s dans son pr�conscient cachent ceux de d�pendance-culpabilit� et d'inf�riorit�-superiorit�, alors plus profond�ment tapis dans son subconscient. Ceux-ci, formant des liens entre eux et avec d'autres id�es pr�concues, s'y "cristalliseront" en complexes. Coinc�s alors dans celui-ci, ces complexes, accumulant de l'�nergie, finissent � jaillir du champ de son inconscient et � verser dans le conscient leur exc�s d'�nergie. La soupape est le m�canisme du d�placement qui permet au l�che de trouver, alors, un alibi et un bouc �missaire. Ce dernier est, souvent, celui (ceux) qui est d�sign�, directement ou indirectement, par le chef ou par le groupe (la communaut�, la foule, etc.).
     C'est ainsi que prennent naissance les pr�jug�s. Ainsi, doit-on, �galement, expliquer le l�che assassinat de trois afficheurs du R.D.N. P.2 sous la dictature �ph�m�re du g�n�ral Prosper Avril, celui du pasteur Sylvio Claude, le regrett� leader du P.D.C.H.3 et un opposant acharn� des Duvaliers, celui de l'avocat Lafontant Joseph, un d�fenseur farouche des libert�s individuelles, sous le gouvernement du cruel Namphy, et celui du juge Malary, sous le gouvernement militaire de C�dras. On ne devra, non plus, oublier les victimes au P�re Lebrun des anarchistes ha�tiens et celles du 29 novembre 1986. Tous ces crimes ont �t� des actes de pure l�chet�, indignes du brave citoyen.
     A l'oppos� d'autres individus, plus ou moins normaux, qui recherchent, dans le groupe, le support ou/et l'intimit� dont toute personne humaine a besoin, le l�che y vient pour grossir les forces antid�mocratiques ou antipluralistes . L'objectif ultime de celles-ci est d'�touffer toute dialectique � l'int�rieur du groupe et d'arriver � l'h�g�monisme id�ologique.

L'homme, �tant un animal sociable, a une tendance naturelle � former des groupes et � s'assembler � ses pareils pour former des familles, des partis, des tribus, des villages, des nations, ou des organisations internationales. On n'oubliera pas, toutefois, que si l'appartenance � un groupe a, certes, des avantages, il peut en na�tre des intentions et des comportements qui mettent son existence en p�ril et celle d'autres groupes. Qu'on se souvienne de l'holocauste des Juifs, de la traite brutale des Africains, du d�pouillement des Am�rindiens! Tous ont �t� r�alis�s par des groupes qu'on peut identifier tant�t � des nations, tant�t � des arm�es et tant�t � des races.



VI.5   La Notion de Chef

C�est � la suite d�une �mission de Radio Ha�ti-Inter du regrett�, d�funt Jean Dominique, sur la signification de la notion de chef en Afrique, que j�ai entrepris d��crire ces quelques lignes.
      En Afrique, le chef a �t� le sage le plus �cout� de la tribu et le membre le plus respect� de la soci�t�. La notion de chef �volue, cependant, avec le temps. Elle se situe dans un cadre historique et est destin� � changer. Le chef a �t�, par exemple, le proph�te chez les Juifs, le g�n�ral ou l�empereur chez les Romains, le phaaron chez les Egyptiens, le shah (maintenant l�Ayatollah ou le grand pr�tre) chez les Iraniens, et le hougan puis le g�n�ral pour les esclaves r�volt�s de Saint Domingue, les futurs Ha�tiens. En Ha�ti, comme en Afrique, la notion de chef ne s�est pas accommod�e de la conception occidentale de la d�mocratie. Dans notre monde moderne et de plus en plus d�mocratique, le chef est le simple citoyen �lu par la majorit� populaire4 (pourtant ceci a exist� en Afrique), a la direction du groupe, et pour une p�riode limit�e (ceci est r�cent). En Ha�ti, pays qui a, d�sormais, pris, pour de bon, la voie de la d�mocratie, on assistera, vraisemblablement, a une �volution de la notion de chef chez le citoyen.



VI.6   La R�publique des G�n�raux*

Militaire et militarisme ne sont pas des termes synonymes. Le militarisme est est la doctrine qui pr�ne la pr�pond�rance de l��l�ment militaris� dans la sph�re politico-sociale de la vie d�une nation, et le militariste est celui qui met cette doctrine en application. Celui-ci ne doit pas �tre confondu avec le militaire sinc�re, consciencieux, d�vou� � la cause de sa nation et oppos� � l�aventurisme militaire
     En Am�rique Latine, le g�n�ralissime (g�n�ral en chef) a �t�, souvent, l��mule du conquistador et a repr�sent� un obstacle majeur � l�im�plantation des r�gimes d�mocratiques dans la zone. Passant outre de ses pr�rogatives constitutionelles, il s�est, souvent, arrog� le droit de g�rer les finances publiques de son pays et d�en abuser, du m�me coup, de la fortune nationale. Le successeur du g�n�ral-pr�sident a �t� souvent, aussi, un militaire haut-grad�, parvenu au sommet du gouvernement ex�cutif � la faveur d�un coup d��tat militaire ou d�une r�volte populaire. Au d�but de son r�gne, le nouvel homme fort para�t jouir de la confiance de ses concitoyens. Cependant cette idylle ne dure pas.
      En Ha�ti, comme, jadis, au Paraguay, les gouvernements militaires ont eu la pr�cession sur les gouvernements civils. Le processus �lectoral y est souvent bafou� au profit des "coups de force" militaires et des r�volutions.



VI.7   L'�tat Policier

L�une des causes de la violence politique et sociale doit �tre recherch�e, en Ha�ti, dans la structure de l�Etat. Celui-ci a gard�, depuis son ind�pendance, la structure d�un �tat militaris�, caract�ris� par "l'absence de cadres civils" stables ou "institutionalis�s" et appropri�s au gouvernement par la d�mocracie, la p�riode d'occupation am�ricaine n'y ayant pas apport� de grande modification (Cha�ne de TV ABC, February 19, 2004). Les libert�s individuelles y ont �t�, souvent, restreintes; le citoyen a �t� souvent harcel� pour ses opinions ind�pendantes et la presse y fut, souvent, baillonn�e pour garantir un int�r�t national� qui se confondit, souvent, � des int�r�ts personnels.
      C�est cet �tat de choses qui explique l�antagonisme constant entre le civil et le militaire, en Ha�ti. La hargne du civil � l��gard du militaire, qui en d�coule, aurait suscit� des propos injustifi�s, entendus sur les rues, � l��gard du gouvernement provisoire de quaranre-huit heures du g�n�ral Abraham en 1989 et aurait �t� � la base du d�mantellement initial de l'arm�e sous le gouvernement de Francois Duvalier et, d'un d�mantellement plus prononc� sous celui de Jean Bertrand Aristide. Ha�ti, il est vrai, n'a pas ces jours-ci tant besoin de celle-l� pour se d�fendre, mais � d�faut d'une force de police ad�quate et, surtout, plus co�teuse, le recours � l'arm�e, ou, du moins, � une garde nationale de r�serve, peut s'av�rer n�cessaire et plus s�re que toute milice populaire, indisciplinee.



VI.8   La Racine des Pr�jug�s: Cas d'Ha�ti

Quoique la formation des groupes repr�sente un ph�nom�me social, l�int�gration d�un individu � un groupe am�ne souvent celui�ci �restreindre ses contacts avec ses cong�n�res des autres groupes. C�est de cette fa�on, en cr�ant un isolement relatif, que le groupe peut servir � cristalliser des pr�jug�s.
      Au cours des �lections de 1957, la nation ha�tienne �tait divis�e en trois principaux clans politiques: duvali�riste, d�joiste et fignoliste. On peut imputer � ces groupes l�accroissement de l�incidence de l�agressivit� sociale qu�a connue le pays durant cette p�riode. La rivalit� acerbe qui opposait les duvali�ristes aux d�joistes faisait revivre au pays celle qui a exist� entre le noir Toussaint Louverture et le mul�tre Andr� Rigaud, aux derniers temps de la colonie. Face � ces deux clans se dressait celui du noir dessalinien, Daniel Fignol�. Celui-ci, repr�sentant les aspirations des couches les plus basses de la population, rappelait l�esclave r�volt� qui se trouvait tant�t alli� de l�affranchi face au colon blanc, tant�t isol� et seul dans son combat ultime pour la libert�.
      Ces antagonismes, n�s de la p�riode coloniale, ont eu des reviviscences tout au long de l�histoire d�Haiti et ont, constamment, terni la sc�ne socio-politique de cette nation.

         La Fin et la Renaissance des Pr�jug�s en Ha�ti

Le but surordinal est celui qui ne peut �tre r�alis� sans la coop�ration des divers groupes ou des diverses couches sociales qui luttent pour sa r�alisation. En 1803, les g�n�raux de valeur, que furent P�tion, Christophe, Dessalines, Clerveaux, Geffrard, Vernet, Toussaint Brave, Romain, Cang�, G�rin et Gabart, avaient, tous, la confiance de leurs hommes et des groupes sociaux auxquels ils s�identifi�rent. Combinant leurs efforts, ces g�n�raux r�alis�rent l�ind�pendance d�Ha�ti, ce but surordinal, qui fut loin d�avoir �t� l�oeuvre d�un seul homme ou d�un seul groupe social.
      On peut chercher, dans la carence en buts surordinaux, l�origine des multiples convulsions politico-sociales qu�a connues le pays depuis son ind�pendance. Au lendemain de celle-ci, en effet, le culte de la fiert� de classe et l�identification des protagonistes � leur groupe raviv�rent les anciennes dissensions.



VI.8   Le Retour au Cacoisme - L'Impact des Valeurs Ancestrales

Il serait tout aussi erron� de penser que les cacos furent de vulgaires bandits qu�il ne le serait de voir en eux des nationalistes int�graux, travaillant pour ce but surordinal qu�est le bien-�tre social de leurs concitoyens.
      Il est, aussi, particuli�rement, important de distinguer deux p�riodes et, surtout, deux formes de caco�sme:
  • le caco�sme d�avant Charlemagne P�ralte qui f�t de l�anarchie partisane
  • le caco�sme de Charlemagne P�ralte qui s�inspirait de valeurs natio�nales et d�une id�ologie noble, celui du droit � l�autod�termination. C�est de ce caco�sme-ci que fait l��loge l��crivain Roger Gaillard.
Apr�s la chute de Jean Claude Duvalier, le 7 f�vrier 1986, le pays a sombr� dans l�anarchie politique et sociale et cinq pr�sidents se sont succ�d�s en l�espace de deux ans. Ce ne fut pas cependant la premi�re fois dans l�histoire politique d�Ha�ti qu �un tel �vennement survint car, du 4 mai 1913 au 27 juillet 1915, quatre pr�sidents se sont succ�d�s � la t�te de la petite nation, par l�action des cacos. On peut donc �tablir un parall�lisme entre ces deux p�riodes et parler d�un v�ritable retour au caco�sme en Halti, en 1987, mais au caco�sme anarchique d�avant Charlemagne P�ralte.

 

VI.9  Le mécanisme de Projection?

Ce 18 janvier 2007

La Page Sociale de la Semaine: Le Mécanisme de Projection

Allo Carl,

Je constate que dans ton journal, un certain nombre d'auteurs  se plaisent à critiquer le défûnt Duvalier et qu'ils s'en tiennent davantage à leur émotion qu'à leur raison  (mais ce n'est peut-être que pour faire de l'art).  Ils ne paraissent pas en contact avec la réalité politico-sociale haitienne qui va au delà des Duvaliers.  Il me semble aussi que les haitiens n'ont pas beaucoup changé et s'en tiennent, encore, beaucoup trop aux rivalités de classes qu'ils ont héritées de la période coloniale.   Haiti ne pourra, jamais, progresser si les haitiens n'y vont pas au delà pour considérer plutôt des programmes politiques et économiques.  Pour moi, le plus grand tort causé par Duvalier n'a pas été ses démêlées avec la classe bourgeoise et les mulâtres haitiens (ils avaient somme toute, tort de ne pas accepter la défaite de leur candidat) mais les malversations financières, au cours de son régime, et, surtout, l'atteinte à l'écologie du pays, créée par l'exploitation à outrance des carrières et des sites naturels pour la construction de villas de luxe.  S'en prendre à autres choses et publier celles-ci n'est que jetter de la poudre aux yeux et promouvoir une rechute.  Duvalier a répondu, mais, vraisemblablement, avec intempérance, au hargne de ses opposants, également avides de pouvoir, et sa faute d'intempérance la plus grave pour le développement du pays a été d'avoir guardé le pouvoir à vie, une faute que la conjoncture seule ne peut justifier. Enfin, bien sur, tous les assassinats politiques sont condamnables et ceci, meme dans la conjoncture revolutionaire; quelques uns peuvent le nier, mais avec Duvalier elle survint et l'armee et la bougeoisie ont ete transformees, bien avant celle de 1991. (cf., III.9 Révolution ou Évolution, laquelle Est Payante?)

Qu'est le mécanisme de projection?

En psychologie, le mécanisme de projection consiste, chez un individu, a attribuer ses propres tendances inconscientes a autrui que celles-ci trouvent, ou non, leur expression chez celui-ci. Il est bon de distinguer le mécanisme de projection de la malice dans laquelle le sujet se plaît, intentionellement, à montrer les fautes et les crimes d'autrui pour cacher les siens ou ses propres intentions maléfiques.





---------------------------------------------------------


1cf., Haiti-Observateur, 8-15 ao�t 1990

2 Le R.D.N.P. est le sigle du Rassemblement D�mocratique Progressiste National du professeur Leslie Manigat.

3Le P.D.C.H. est le sigle du Parti D�mocrate Chr�tien Ha�tien, fond� par le regrett� pasteur Sylvio Claude.

4" ...Tous ces arguments sont corrects nous dit l'auteur fran�ais Fernand Braudel , dans son Histoire de Civilizations, "mais, dans un groupe tr�s divis�," (politiquement ou socialement) "la majorit� n'est pas n�cessairement un panac�e qui peut r�soudre tous les probl�mes"*. (Braudel, Fernand; Une Histoire des Civilisations: Unit� en Europe; Allen Lane, La Presse du Pingouin; New York, NY 1997)
Hosted by www.Geocities.ws

1