Mr. le Président Boniface
Mr. le Premier Ministre Latortue
Ce 13 septembre 2004
Excellences:
Le choix n'est pas toujours possible en matière d'économie. Des limitations peuvent, en effet, s'imposer qui seront dictées par la conjoncture. Lors de la grande dépression de 1930, par exemple, le président américain d'alors, Franklin Deleanor Roosevelt, s'était vu obliger d'instaurer une politique où l'Etat était intervenu, directement, dans l'économie et d'avoir recours à des mesures socialistes pour soulager la misère de son peuple. Un grand nombre de ses institutions sociales, pour ne pas dire socialistes, demeurent, encore, de nos jours, et sont encore effectifs dans leur rôle de tampons socio-économiques. Haiti n'a pas le choix, aujourd'hui; une politique axée sur le schéma capitaliste où l'État joue le rôle de catalyseur, sans intervenir, directement, dans l'économie nationale, peut ne pas suffire pour répondre aux différents problèmes conjoncturels. La création de travail est importante et l'État se doit être un employeur important dans ce pays, non seulement un manipulateur de la taxation. L'exemple cubain n'est pas à suivre, mais, seulement, parce qu'à Cuba il n'y a pas de démocratie ou de choix politique libre et de liberté de la presse. Néammoins, en matière d'économie, le choix a des limitations et doit être dicté par la conjoncture socio-économique.
Une politique économique, axée sur le schéma politique, socialiste peut être plus profitable à Haiti, ne fut-ce que temporarirement, mais les problèmes d'Haiti sont vraiment sérieux. Alors que des pays, comme la Chine, la Russie et Cuba peuvent encore se vanter d'avoir réussi avec le socialisme, Haïti ne peut se vanter de ne l'avoir pas suivi. La Chine et, surtout, Cuba peuvent, maintenant, abandonner le schéma socialiste ou, du moins l'atténuer; Haïti se devrait l'essayer et l'essayer sérieusement, non seulement en avoir des velléités.
Enfin, excellences, je vous demande de considérer les poinst suivants:
- d'accorder une aministie nationale et de relâcher la plupart des prisonniers délictuels à l'exception des plus coupables et des plus dangeureux
- si possible, de créer une garde nationale d'urgence, flexible et basée sur le volontariat dont les effectifs dépendront des nécessités du moment; les volontaires seront rénumérés lorsqu'en service
- de ne pas considérer une armée nationale, présentement
- de tenir de bonnes relations avec tous vos voisins: Cuba, la Jamaique, la République Dominicaine, Porto-Rico, etc.
- de jouer constamment sur la diplomatie en matière de politique extérieure et d'éviter de pressuriser ceux qui peuvent vous aider.
Sincèrement,
Roger Qualo.
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