Si l'Évolution est Vraie, Serait-elle Inexorable? Existe-t'il un Détermi-
nisme Évolutif?
Nous, les humains, pensons être l'étape finale d'une bioévolution, et dès lors, la perfec-
tion d'une évolution constante et prédeterminée, un peu comme nos mythologies nous le
présentent, mais à la fin d'un processus créatif et divin. Pour nous donner une raison,
nous assimilons, dans nos philosophies, cette évolution à un aspect du déterminsime uni-
versel.
Nous nous trompons grandement, malheureusement, car celle-ci n'a pas de but préfixé ou
prédéterminé. En d'autres termes, la bioévolution n'est pas simplement une question
d'adaptation graduelle et de compétition interspécifique. À la lumière des hypothèses de
Gaïa et d'Alvarez et de la proposition de Moto Kimura, nous savons maintenant que
l'évolution est, en grande partie, le résultat du hazard.
Serait-il donc possible que nous soyons que pur accident dans un univers unique?
Celui-ci est néammoins immensement vaste et notre chance de nous y retrouver
nous-même ou, du moins, un semblable, quelqu'autre part qu'ici-bas, ne peut qu'augmenter
pour nous si nous le connaissons mieux et l'explorons davantage. Tant mieux! Ne nous
y lassons pas! Nous ne devrions, dès lors, pas céder au créationsime, cette théorie
scientifique qui explique, un peu miraculeusement, notre existence et qui nous apporte une
réponse aisée mais simpliste, et ceci même lorsque nous serions quasi sûrs de disparaître
un jour de la scène universelle.
Déterminisme ou Hazardisme?
La probabilité appliquée à la génétique des populations est la Loi d'Hardy Weinberg. Ce
principe qui a montré les subtilités qui découlent de l'application des lois du père de la
génétique, Grégoire Mendel, à l'évolution des populations, n'a pas permis néammoins au
savant de se figurer globalement et concrètement l'évolution, bref d'en saisir l'essence.
Il a dès lors fallu à la science attendre beaucoup plus tard pour confirmer celle-ci et mon-
trer comment à partir d'une population stable un pôle d'instabilité peut naître pour en-
gendrer de la biodiversité et, hélas pour beaucoup, l'évolution. Ce qui en a suinté c'est
que l'évolution est loin d'être le simple jeu du hazard. Des mutations surviennent au hazard;
vrai. Celles-ci sont également neutres; également vrai. Celles-ci n'intéressent qu'une
infime fraction du génome d'une espèce; vrai aussi. Néammoins (il y est), les croisements
entre les partenaires de sexe opposé sont rarement le jeu du hazard, car il y a choix, il y a
sélection, amoindrissant, de ce fait, l'effet énoncé par la loi probabiliste d'Hardy-Weinberg
qui s'appliquerait dès lors à une population idéale. Parce qu'aussi l'environnement est une
variable, par suite des accidents géographiques ou des particularités du milieu, des
migrations, du déplacement des continents, des supercataclysmes naturels ou/et de tout
autre effet naturel ou artificiel non cité ici, une mutation survenue hazardeusement peut
devenir le point de départ d'un processus évolutif ou, du moins, d'un processus divergent -
l'évolution divergente - lorsque son effet est parallèle à la spéciation1 au lieu d'en
être séquentiel. Lorsque nous mentionnons, donc, la probabilité dans le processus évolutif,
prenons garde au probabilisme.
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1La spéciation est l'apparition à l'intérieur d'une population "génétiquement" et
initialement homogène de nouveaux traits significatifs due à des mutations nouvelles.