LE DR. FRANCOIS DUVALIER VS L'AGRONOME LOUIS DÉJOIE, LEQUEL DES DEUX AVAIT ÉTÉ LE PLUS POPULAIRE? QUID DES ÉLECTIONS DITES "BIDONS" DE 57? COMMENTAIRES SUR LE LIVRE DE RAYMOND CASSAGNOL;
Jusqu'a présent beaucoup d'ex partisans de ces deux candidats rechignent sur le passé et sur ce que furent les élections générales de 1957. Allons de l'avant et ne perdons plus notre temps pour ce qui n'a plus d'importance. Ceci dit, je vais essayer de répondre a l'attente de mes lecteurs, en commencant par la queue. Mr Raymond Cassagnol, un homme vraiment débrouillard et le petit frère de Paul Cassagnol, un homme cultivé et rationel, vient de publier ses mémoires. Apres voir consulté furtivement son livre, il m'est venu à l'idée de telles questions, mais avant de continuer, je vous invite à acheter le livre de Raymond. Raymond a été aviateur et il a beaucoup voyagé; il donne beaucoup d'informations sur les tentatives d'industrialisation d'Haiti et son livre peut être un auxilliare précieux aux futurs explorateurs et prospecteurs de ce pays.
Dans mon manuscrit qui s'intitule Les Mobiles Inconscients de la Violence Politique et Sociale Chronique en Haïti, j'ai défini la révolution et ai décrit le révolutionaire comme celui qui vient avec des idées neuves ou, qui, du moins, les met en application. Dans cette perpsective, peuvent être considérés, dans le groupe des théoriciens, Jean Jacques Rousseau, Karl Marx, Charles Darwin et même Albert Einstein, pour ne citer que ceux-là. Dans le groupe des hommes de main ou pratiques, on manquera pas de citer Toussaint Louverture, Simon Bolivar, Georges Washington, Vladimir Lénine, Grégoire Mendel et le père de la bombe atomique, Oppenheimer, parmi les nombreux exemples.
Le Dr. François Duvalier, ayant mobilisé ses partisans et une grande partie de la population haitienne sous le cri "Duvalier-Estimé", s'est voulu du deuxième groupe. Bien que mon grand-père fut un bon ami d'Estimé, je ne sais pas grand chose de celui-ci, sauf qu'il a été un bon président, a été renversé par une junte militaire, avait fait une tentative sérieuse d'embellissement de la capitale avec son "bicentenaire" et était progressiste. Lors des élections de 1957, beaucoup ont espéré tout cela de Duvalier, mais hélas, c'était connaitre mal l'histoire de ce pays. Dans ma famille, les parents avaient été partargés du côté maternel sur le choix des candidats, et du côté paternel, ils avaient été pour Clément Jumelle. Dans ma famille adoptive, un peu du fait que notre maison avait été toute proche du quartier général de Duvalier, nous étions, tous, duvaliéristes, mais la maison que nous habitions avait été partagée, l'autre locataire, Piquot, ayant été un déjoiste. Mon opinion sur la question peut dès lors refléter la position familiale, mais je vais essayer d'être, au plus, rationel et d'éviter la sentimentalité.
Le candidat Louis Déjoie avait été un concurrent sérieux du candidat François Duvalier et la lutte avait été âpre. Le fait qu'en Haïti, la pitoyable et absurde question de couleur est remise, de temps à autre, sur le tapis au profit de certains et au détriment d'autres a, certainement, affecté l'issue de ces élections. Déjoie était mulâtre, plus blanc que noir et Duvalier, également, un mulâtre, était plus noir que blanc. Fignolé était complètement noir et le candidat qu'on peut le plus comparer au Père Jean Bertrand Aristide, mais seulement de loin. Déjoie avait été populaire dans sa province natale, le Sud, mais Duvalier avait l'appui d'un grand nombre de partisans dans la province la plus peuplee du pays, le Nord. À Port-au-Prince, la capitale, la balance avait été. Déjoie avait pu compter sur l'appui de petits et de grands planteurs et d'industriels dans le Sud, mais Duvalier, qui fut un docteur en médecine qui participa à la campagne d'éradication du pian, sous l'égide du programme américain, l"Alliance pour le Progrès" était plus connu des campagnards. Alors vint sur le tapis la question d'alphabétisation. Devrait-on empecher à l'inalphabète qui constituait la majorité de la population de voter, puisque celui-ci ne peut lire le bulletin électoral? Imbus de ces questions, des militaires haut-gradés haïtiens (25 mai, je m'en rappelle bien) et, peut-être, l'ambassade américaine ont eu une position vacillante, mais se sont finalement décidés pour Duvalier qui leur paraissait un meilleur choix, dans ce pays ou la majorité de la population est noire de peau. Cependant, le choix de la population avait été évidente et la question d'alphabétisation avait été passée au second rang, pour le meilleur et pour le pire. Éduqons la population de notre pays de facon à lui faciliter le choix démocratique!