LETTRE OUVERTE A LA RADIO TROPICALE POUR LA RESTAURATION ET LE MAINTIEN DU PROCESSUS DEMOCRATIQUE EN HAITI

Dr. Roger Qualo [email protected] www.geocities.com/rogerqualo/MA_PAGE_UNIVERSITAIRE

Ce 12 octobre 2004

Mr. Bob Lemoine Radio Tropicale

Avant hier et hier, la RadioTropicale a eu sur ces ondes deux personnages importants, le premier �tant un ancien d�put� du FNCD, le second un docteur en sciences politiques. Commen�ons par le second. Celui-ci a qualifi� le gouvernement du premier ministre de technocratie, i.e., un gouvernement contr�l� par des technciens, des savants ou, dans ce cas, des experts en administration. Ma r�ponse est qu'un gouvernement de transition ne peut et ne devrait etre �tre que ceci. Le docteur en sciences politiques a encore critiqu� Mr. Latortue d'opportuniste, mais il a oubli� que celui-ci n'a pas saisi le pouvoir, il lu a �t� offert en sa qualit� d'experts en administration pour r�soudre les graves probl�mes socio-�conomiques et financiers qui affligeaint le pays au d�part d'Aristide. Le docteur en sciences politiques a insist� aupr�s de Bob pour le reconna�tre comme tel et d'accepter ses arguments comme irr�futables. Ce n'est point une une attitude de scientistes ou de savants. Tout homme de sciences accepte la dialectique; il va a la recherche des cause, apporte des arguments et offre des solutions qui ne sont souvent que probables et temporaires. Le d�part souhait� de Mr. Latortue par ce politicologue n'est vraiment pas une solution ou, du moins, n'est pas la solution unique, mais a �t� une prise de position que je qualifie d'extr�me.
    Concernant le deuxi�me larron, l'ancien d�put� du FNCD, il fait remonter le probl�me actuel que conna�t Haiti au temps de la colonie ou au d�but de son ind�pendance. Bravo! Dans mon tetxe, Les Mobiles Inconscients de la Violence Politique et Sociale Chronique en Ha�ti, j'y vais de m�me. Un point de d�saccord a surgi avec moi quand il a parl� de r�conciliation nationale. La r�conciliation nationale, oui pour tout le monde aux futures �lections, mais en d�mocratie, la comp�tition existe toujours et la r�conciliation des positions id�ologiques n'est pas souvent possible. Sous le sous-titre de L'Union Fait la Force, j'ai analyse les vrais motifs de ces appels � l'union et � la r�conciliation nationales souvent entendus dans le milieu. Je reproduis, plus bas ce texte pour les lecteurs et pour les auditeurs.

II.9 L'Union Fait la Force

L'union des noirs et des mul�tres, en bref, des forces antiesclavagistes, � Saint-Domingue, a rendu possible la victoire finale qui a conduit � l'ind�pendance d'Haiti, en 1804. Ce fut, aussi, depuis lors que la phrase symbolique, "L'Union Fait la Force" devint un signe de ralliement symbolis� par l'embl�me de cette nation. L'union est avec la structure deux dimensions tr�s importantes, mises en relief dans les �tudes de la dynamique du groupe organis�, Des groupes tr�s hi�rarchis�s, et, par cons�quent, bien structur�s, et dont les membres sont tr�s unis, tels l'Arm�e et l'Eglise, sont des groupes forts.
    S'inspirant de ces mod�les, les leaders autoritaires ou dictatoriaux insistent, anormalement, sur ces deux qualit�s essentielles au bon fonctionnement du groupe organis� que sont l'union et la structure. La coh�sion rev�t, d'ailleurs, dans de tels groupes, un aspect d'uniformit�, et l'union s'y fait au d�triment du droit aux libert�s individuelles et aux convictions personnelles. Pour Haiti et pour tous les haitiens, le pr�cepte embl�matique, "L'Union Fait la Force" a �t�, trop souvent, un instrument de malheur aux mains de forces t�n�breuses. Celles-ci ont toujours cherch� et sont souvent arriv�es � modeler le comportement du citoyen non averti sur des normes fascistes.
    Dans une lettre dat�e du 31 decembre 2003 et envoy�e � radio M�tropole, j'ai encore adress� le probl�me et l'ai rendu plus clair. Le probl�me haitien, ai-je dit, n'est pas celui du patriotisme, il n'est pas celui de l'union, ni m�me celui de l'arm�e. Il rel�ve de la d�mocracie et du respect des libert�s individuelles et des divergences id�ologiques. C'est l'autoritarisme des leaders haitiens et son "petit fr�re", le militarisme local, qui sont un majeur handicap au progr�s de cette nation. L'union dans le respect de l'ordre est essentielle � celui-ci, mais l'unit� et le conformisme id�ologiques sont ind�sirables dans une d�mocracie.

Salue � toi, Bob et autres animateurs de la Radio Tropicale. Mes f�licitations. Sincerement, Roger Qualo

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