La muchacha de las Islas Canarias
la que yo amo distribuye el tiempo
conserva las raíces de las horas en sus manos
salud en sus campanas
en su muralla convertida en lluvia
en su corazón que está en declive
en la cumbre la muerte en el fondo el amor
amor sus dos pupilas amor cabalga la certeza
y ella convive con los hombres
hoy sus islas habitan mi garganta
la nadadora negra está de pie en la orilla
y hace jirones de pelo con el viento
la que yo amo persiste en el invierno
se da y huye
para luego volver a prosternarse
levántate esperada tu corazón es un crisol
pero aún hay una espada en tu sonrisa
la que yo amo está cerca de mí
nuestra fuerza es la fuerza de los hombres
está en mis venas y en mis músculos
caliente como el pan como la sangre como el vino
La fille des Iles Canaries
celle que j’aime distribue le temps
tient dans ses mains
les racines des heures
salut dans la voix de ses cloches
dans sa muraille changée en pluie
dans son coeur exorable
au sommet la mort au fond l’amour
amour ses deux pupilles amour chevauche la certitude
elle partage la vie des hommes
aujourd’hui ses îles habitent ma gorge
la nageuse noire est debout sur la rive
et fait des lambeaux avec le vent
celle
que j’aime traverse l’hiver
se donne et fuit
pour à nouveau se prosterner
lêve toi espérée ton coeur est un creuset
mais il est encore une épée dans ton sourire
celle
que j’aime est près de moi
notre force est la force des hommes
elle est dans mes veines et dans mes mucles
chaude comme le pain comme le sang comme le vin
(Traduction de Roger
Munier)
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