Dr. Risto Delev 

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Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

La présente constitue mon ultime tentative de regagner la place qui me revient dans la société, comme tout le monde. C'est un dernier appel afin de rendre public un crime commis par des psychiatres, aidés et cautionnés par le pouvoir judiciaire. Pendant trente-cinq ans, j'ai demandé sans relâche qu'une enquête publique ait lieu. Je suis convaincu qu'elle révélerait un crime inimaginable au Canada, si ce n'est au monde.

Il y a un peu plus de trente-cinq ans, j'ai été arrêté illégalement et incarcéré dans des hôpitaux psychiatriques pour une durée d'environ six mois et ce, sans examen préalable d'aucune sorte et sans la moindre preuve que je puisse être atteint d'une maladie mentale.

Alors que je vivais à Hamilton en Ontario, un psychiatre sans scrupules, le Dr Jacques Grenier de Québec, a affirmé que j'étais un homme dangereux et dérangé. Lorsque je me suis rendu à Québec pour rendre visite à mes enfants qui vivaient avec leur mère, j'ai été arrêté sans mandat à mon arrivée. J'ai donc été incarcéré sans caution judiciaire, on m'a torturé et lavé le cerveau afin de me persuader que j'étais un homme dangereux doublé d'un malade mental.

Il était évident que le docteur Grenier avait commis un horrible faux pas au tout début de cette affaire. Son diagnostic d'admission a donc été changé, ce qui contredisait son « histoire de cas ». De plus, comme il a été écrit dans mon dossier quelques jours après mon admission, un ami psychiatre digne de foi était stupéfait par la nouvelle de mon internement. Il blâma le premier psychiatre et décrit l'incident comme « une tempête dans un verre d'eau ».

Toutefois, au lieu d'admettre leur erreur et de présenter leurs excuses, ils ont décidé de couvrir leurs fautes professionnelles mutuellement en ayant recours à des actes criminels. J'ai demandé secours après du Protecteur du citoyen et de l'aide juridique, mais malheureusement, ils ont donné le feu vert aux criminels.

D'après la preuve que constitue mon dossier médical, au milieu de mon internement, j'étais supposément « libéré définitivement », ce qui avait été approuvé par un Comité de révision. En fait, j'ai été transféré dans un autre hôpital pour y recevoir un « traitement disciplinaire ». Finalement, j'ai été libéré avec un diagnostic de « dépression situationnelle » et « dirigé », c'est-à-dire expulsé du Québec vers Hamilton, en Ontario. Bien que j'aie été un « cas très sérieux », j'ai été libéré sans médication ou suivi quelconque pour soigner ma « maladie »!

Ce n'est pas assez de dire que j'ai été torturé et traité d'une façon pire que le dernier des animaux par ces psychiatres sans compassion aucune. Mes droits humains les plus fondamentaux ont été bafoués de la façon la plus barbare qui soit. Du temps de l'inquisition, les hérétiques (defamatus) étaient mieux traités que cela. Ma vie a été littéralement dévastée.

Ma demande d'aide auprès le Protecteur du citoyen du Québec a été rejetée du revers de la main, bien qu'il était évident que mon internement fut illégal et plus qu'inhumain.

Ma cause a été entendue en cour. Toutefois, le jugement est aussi tendancieux que les psychiatres et leurs dossiers. De toute évidence, les intentions du juge étaient de couvrir les fautes professionnelles de psychiatres criminels ainsi que celles des responsables de la protection des citoyens qui ont refusé mes demandes d'aide. Le juge ignora les dossiers médicaux rédigés par les psychiatres impliqués. Il appuya son jugement sur des témoignages hors-dossier qui ne sont qu'un tissu de mensonges. Il n'a même pas hésité à m'imputer « une admission partielle de violence préjorative (sic) », violence qui, « préjorative » ou autre, ne s'est jamais produite et n'a encore moins pu être prouvée.

Le professeur William Schabas a écrit dans la préface de mon livre (Psychiatry and Justice on Trial, publié aux éditions Sherwood publishing (1993), Toronto) qu'à son « avis, il y a quelques erreurs sérieuses dans le raisonnement du juge ». Je me permets d'ajouter qu'aucun juge raisonnable n'accorderait de la crédibilité à des témoignages lorsqu'il a sous la main les dossiers médicaux rédigés par les psychiatres eux-mêmes! Le même raisonnement est applicable aux jugements de la Cour d'appel et la Cour suprême du Canada.

L'article 1234 du Code civil de la province du Québec est très clair à ce sujet :

Dans aucun cas, la preuve testimoniale ne peut être admise pour contredire ou changer les termes d'un preuve écrit valablement fait.

En d'autres mots, des témoignages oraux ne peuvent être substitués à des dossiers médicaux.

Le professeur L. Ducharme a écrit, « cette interdiction (de substituer des preuves orales aux documents écrits) n'est pas nouvelle, elle existe depuis l'ordonnance de Moulin de 1566. » En fait, il ne peut en être autrement, c'est une question de gros bon sens!

Lorsque les psychiatres concernés se sont rendus compte à quel point leurs dossiers étaient incriminants, ils ont tenté de les falsifier. Étonnamment, « l'opération » effectuée sur mon dossier était tellement maladroite qu'elle sautait aux yeux de n'importe quel lecteur, si distrait soit-il. Un expert confirma que les documents avaient étés falsifiés. Dans son jugement, le juge qualifia les dossiers « de preuve accablante » contre les psychiatres. Pourtant, le juge rejeta ma demande et refusa de reconnaître que les psychiatres étaient incompétents et avaient falsifiés leurs dossiers.

Récemment, lorsque j'ai demandé une copie des documents concernant l'enquête que l'ombudsman aurait effectuée, j'ai reçu une lettre du bureau de l'ombudsman disant que les documents avaient été « détruits ». À l'évidence, la destruction de ces documents n'est qu'une opération de camouflage.

Malheureusement pour mes « médecins » et pour toutes les personnes impliquées dans mon internement, l'ombudsman inclus, j'ai réussi a obtenir tous les dossiers médicaux et documents judiciaires lorsque j'ai été libéré de l'hôpital il y a plusieurs années. Ces pièces à conviction sont très révélatrices.

Les dossiers médicaux montrent clairement, outre le fait qu'ils ont été manipulés, que les psychiatres concernés étaient mentalement et intellectuellement dérangés.

Il a été établi durant le procès que les autorités médicales et judiciaires ont eu recours à toutes sortes de manoeuvres frauduleuses, de parjures effrontés et de falsifications. J'ose affirmer que le système de justice canadien a flanché lamentablement dans mon cas.

Après tant d'années, je suis convaincu d'une chose : j'ai été torturé et on m'a malicieusement accolé l'étiquette d'homme dangereux et malade, sans aucune raison que ce soit. Toutes les personnes impliquées devraient être à tout le moins réprimandées. Aujourd'hui, avec l'avancée des techniques et de la science, il serait facile d'établir si j'ai été traité de façon correcte par les autorités médicales et judiciaires.

Selon les dossiers médicaux, j'étais un bon père de famille. Je prenais bien soin des enfants et ils m'adoraient (sic). À titre de médecin issu de l'ex-république de Yougoslavie, je gagnais plus d'argent qu'un spécialiste.

J'ai maintenant plus de 84 ans. J'ai vécu plus de 35 ans dans la souffrance et l'humiliation la plus abjecte. J'ai discuté de mon cas avec mes amis et des connaissances. Plusieurs étaient d'avis que je suis très patient et réservé, puisque je n'ai pas tué quelqu'un ou commis le suicide après ce qui m'était arrivé. Mais non, je ne suis pas du type suicidaire, et je ne pourrais pas faire de mal à qui que ce soit.

Néanmoins, j'ai été tyrannisé et ostracisé de la façon la plus brutale qui soit et durant les 35 dernières années, j'ai utilisé tous les moyens légaux afin de redevenir une personne respectable et que mes droits humains soient protégés. Mais mes efforts pour me réhabiliter n'ont jamais été entendus par les autorités compétentes. C'est pourquoi il ne me reste plus d'autre choix que de combattre la tyrannie et l'oppression, comme il est recommandé dans la déclaration universelle des droits de l'homme :

Considérant qu'il est essentiel, pour éviter que l'homme ne soit contraint à user du suprême recours qui est la révolte contre la tyrannie et l'oppression, que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit

Je crois qu'une enquête publique par les médias ou par un magistrat indépendant et impartial, serait en mesure de mettre en lumière les gestes criminels de tous ceux que j'accuse être responsables de mon sort.

Mes fils savent que tout ce que j'écris est la pure vérité. Ils pourraient faire triompher la justice immédiatement. Ils pourraient bénéficier moralement et financièrement de cette affaire. Je suis à la fin de ma vie, mais les stigmates de la « maladie mentale » de leur père les poursuivra toute leur vie.

De plus, si mon ancien avocat et sa femme, William Schabas et Pénélope Soteriou, reprenaient ma cause en main, la réussite serait assurée, puisque mon cas leur est familier et que le professeur Schabas est une sommité en matière de Droits de l'homme.

Aussi, le nombre de ratés de la justice qui ont survenu dans mon cas font en sorte que l'appel de ma cause est tout à fait fondé. Je serais reconnaissant de l'aide et la collaboration que pourraient m'apporter tous les citoyens concernés par la reconnaissance des droits humains.

À titre d'homme honnête et raisonnable, j'accorde beaucoup de valeur à la dignité humaine. Ce communiqué de presse constitue la dernière tentative de regagner la place qui m'appartient et d'avoir droit à une mort honorable, comme tout le monde. Nietzsche, le philosophe allemand a dit : « Si vous ne vivez pas honorablement, il est mieux de mourir honorablement ».

Depuis que la psychiatrie a été reconnue comme « science médicale », l'histoire nous apprend que les psychiatres ont sans la moindre honte abusé de leur profession. On a qu'à se rappeler du scandale des orphelins de Duplessis, une réussite dans le genre, qui fut le fruit de la collaboration exceptionnelle des psychiatres québécois et des autorités judiciaires.

En ce qui concerne les « sciences juridiques », elles sont comme le hockey : la partie peut être truquée non seulement par les joueurs mais aussi par les arbitres. Les déboires scandaleux de la justice dans les causes d'hommes innocents comme Donald Marshall, David Milgaard et Guy Paul Morin, pour ne mentionner que ceux-là, illustrent ce fait. Lorsque l'on réunit nos deux « sciences », on imagine aisément les conséquences de la partie de hockey évoquée plus haut sur la vie de gens innocents. Mon cas, comme celui des enfants de Duplessis, est précisément le résultat de ce jeu entre les dignes représentants de ces deux « sciences ».

J'ai eu la chance de discuter de mon cas avec quelques « amis du milieu ». Ils sont unanimement d'avis que j'ai été la victime de psychiatres sans scrupules. Pourtant, ils ont été très hésitants à condamner directement leurs collègues - avocats, juges, ombudsman. Ils étaient d'avis que mon cas est « complexe ». Mon cas n'est complexe lorsqu'on nie la réalité et les faits.

La vérité et les faits sont que je suis un homme comme les autres et que je n'ai jamais été atteint de maladies mentales, pas plus que je n'ai jamais fait de mal à qui que ce soit - du moins pas jusqu'à maintenant. Aussi, la vérité et les faits sont consignés dans les dossiers de ceux qui ont détruit ma vie.

Pour ceux qui sont curieux à propos de ce cas si « complexe », je leur recommande de lire mon livre Psychiatry and Justice on Trial, préfacé par le professeur William Schabas de l'université du Québec à Montréal. Une version française, qui n'est pas encore publiée, est intitulée L'inquisition de nos jours. Elle est accessible sur Internet, avec les dossiers médicaux et la transcription du jugement de l'Honorable Pierre Boudreault, accompagnés de mes commentaires. Pour des raisons financières et techniques, je n'ai pas pu numériser l'ensemble du dossier et du jugement. J'ai illustré mes écrits avec quelques citations, dont la plupart ont été écrites par les psychiatres concernés.

J'ai la ferme intention d'organiser une conférence de presse au cours de laquelle, avec mes pauvres capacités d'expression en anglais et en français, je présenterai mes dossiers médicaux, le jugement et, par la même occasion, je dévoilerai les compétences morales et intellectuelles des « experts » impliqués dans mon cas. Bien entendu, ceux-ci seront les bienvenus et je les invite à prendre part à la discussion.

J'apprécierais que les personnes intéressées à assister à cet événement contactent l'auteur de ces lignes, si ce n'est que pour confirmer l'heure et l'endroit où la conférence aura lieu. Je crois qu'il sera intéressant d'entendre des preuves de malversations d'une « accablante évidence », embarrassantes pour les psychiatres sans scrupules et pour les autorités judiciaires censées protéger le public des criminels.

Merci de l'attention que vous porterez à cette lettre.

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