20 Madame donne beaucoup de détails sur la chaleur des gens en Serbie, et avec raison. Il est vrai que les gens y sont chaleureux, mais avec certaines réserves. J'avais déjà appris que le voisin «venait souvent quêter du sel et des légumes» (jamais sa femme), mais il passait toujours par la porte, comme un homme «civilisé». Cette fois-là, j'ai vu le «voisin», probablement trop «chaud», enjamber la fenêtre pour venir «quêter». Il était, c'est exact, visiblement rouge. Mais il était trop excité pour être en colère. Quant à moi, je n'étais pas fâché car, selon la culture des gens de notre pays, pour qu'on puisse s'approcher d'une femme, elle doit d'abord signifier son désir. Or selon un adage un peu vulgaire, mais avec lequel je suis d'accord, «La chienne ne serait pas approchée par le chien à moins qu'elle ne donne un signe avec sa queue.» Cet incident me donnait une excellente raison de mettre fin à mon mariage. Mais à cause de mes soeurs, qui s'opposaient au divorce, nous avons continué à nous tourmenter l'un et l'autre.


21 Naturellement, je n'était pas enchanté par l'attitude de madame. Elle me faisait une scène d'hystérie en criant contre moi, comme si j'étais la cause de son incompétence. (Cette note démontre clairement que «madame» n'est pas normale).


22 Enseigner le serbe était très difficile pour ma femme. Sa langue maternelle étant le macédonien (slave). Elle a terminé ses études en macédonien. Même si elles sont de même origine, le serbe et le macédonien sont des langues différentes. À trois reprises, ma femme a dû quitter des emplois en raison de sa piètre connaissance de la langue.


23 Il suffit de se reporter quelques lignes plus bas, où ma femme affirme que j'arrivais à «gagner un salaire très élevé» et que je pouvais «faire un bon train de vie à sa famille», pour voir une certaine contradiction, qu'il semble que ni la compilatrice de ces renseignements, ni les psychiatres qui les ont consultés, n'ont remarquée. Comment un homme réunissant tous les traits de caractère que m'attribue ma femme pourrait-il assurer ce genre de vie à sa famille?


24 Selon une lettre de mon ex-épouse, elle était très heureuse d'aller vivre à Paris.


25 Émigrer au Canada est le désir d'un grand nombre de personnes à travers le monde; nous en sommes une preuve vivante. La chose est particulièrement vraie pour la population de Yougoslavie. À l'époque, il y avait au moins 800,000 citoyens yougoslaves qui travaillaient hors du pays. Quant à nous, je l'admets, il ne nous était pas nécessaire d'émigrer. Comme mon ex-épouse l'indique, je gagnais plus qu'un spécialiste et je pouvais assurer à ma famille «un bon train de vie»; mais il nous manquait deux choses essentielles à la vie conjugale - l'amour et le respect mutuel. Le propos ci-dessus le confirme.


26 Une simple vérification des faits prouvera ultérieurement que j'«étais un bon employé», ce qui démontre que madame n'est pas une épouse honnête. Voir le rapport du travailleur social, en date du 22 novembre 1971.


27 Comme j'habitais à Hamilton, il eut été normal et logique de se renseigner sur mon comportement et sur mon travail à cet endroit.


28 Les amis de ma femme, déjà en Yougoslavie, comme je l'ai écrit précédemment, faisaient souvent l'objet de nos différends. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles nous sommes venus au Canada. Elle m'avait promis de changer. «L'amie» en question était une Canadienne qui avait épousé un marin yougoslave, elle, pour avoir un mari, lui, pour obtenir la citoyenneté canadienne. Il ne parlait pas français et elle ne parlait pas le yougoslave. Ma femme, dont le français était plus que restreint, servait d'«interprète» à ce marin et à ses amis. Lors d'une visite à Québec, en octobre, j'appris que les marins étaient à nouveau venus chez moi et qu'ils avaient consommé de l'alcool en compagnie de ma femme. Alors que je lui posais des questions et qu'elle s'emmêlait dans ses réponses, elle est sortie dans la rue, comme je l'ai expliqué plus tôt. C'est alors que la police est venue et que les gendarmes nous ont demandé de régler nos affaires plus calmement.


29 Encore faux. Nous avons alors échangé de très belles lettres, que j'ai conservées.


30 Marshall, David T.: The Physician and Canadian Law, The Carswell Company Limited, Toronto, 1979, page 9.


31 Dix jours avant mon internement.


32 Systematically Misleading Expressions - Logic and Language - first series - edited by Antony Flew, Basil Blackwell, Oxford, 1960, pp. 11-13.


33 Mes correcteur ont essayé de préserver «l'orthographe» des psychiatres tel quel, parfois avec «sic» à côté de mot.


34 Il a été prouvé que la note est écrite par le docteur Jacques Dufour.


35 Voir le Manuel de classification des diagnostics psychiatriques, basé sur la Classification internationale des maladies, adapté - CIMA-8: Bureau fédérale de la statistique, Ottawa, 1969.


36 Cf. E. Fuller Torrey: Surviving Schizophrenia, Harper and Row, New York, 1988, pages 74-76.


37 À cette époque, ma TA normale se situait entre 110/65 et 115/70; mon pouls oscillait entre 55 et 65.


38 The Physician and Canadian Law, The Carswell Company Limited, Toronto, 1979, pp. 5-6).


39 Dans le dossier figurent deux formulaires de mon admission à l'hôpital. Un fait par le docteur Dorion , qui sera mon «psychiatre traitant», et l'autre par l'étudiant, J. Boucher. Tous les deux sont faux, car selon le journal que j'ai rédigé pendant mon internement et selon cette note de l'infirmière, le seul médecin avec lequel je me suis entretenu était le docteur André Beaudoin. Évidemment, ce dernier, pour s'éviter des problèmes, a jugé sage de ne pas signer le formulaire.

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