Ce
texte est pris de deux conférences que j’ai livrées en mai 2008 et mai 2009
à l’Université McGill à Montréal
et à l’Université de Waterloo en Ontario respectivement. Le contenu se résume aux points suivants :
1.
La source du problème / du conflit personnalisé ou la Nakba
2.
La nature du sionisme ;
3.
Gaza et le génocide en cours ;
4.
Structure de la stratégie médiatique des sionistes ;
5.
La nature de notre lutte et stratégies ;
6.
La question de deux États ;
7.
La véritable solution : Un État démocratique et laïc.
1.
La source du problème / du conflit personnalisé ou la Nakba:
Mon
nom est Rezeq Faraj, je suis né en
Palestine avant la création de l ‘État d’Israël. Mon village Dayr
Rafat est situé à 26 km à
l’ouest de Jérusalem, 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. En 1948
sa population était de 499 habitants et 157 maisons. Ses terres étaient
de 13242 dunums *[1],
dont 12996 appartenaient à sa
population musulmane et chrétienne. 246 dunums étaient de propriété publique.
Il y avait là une mosquée et un monastère. Le monastère existe encore
aujourd’hui. Les 157 maisons et la mosquée ont été complètement détruites.
Dayr Rafat a été complètement détruit (à l’exception du monastère)
durant la deuxième moitié d’octobre 1948. Le village a subit un nettoyage
ethnique le 18 juillet 1948. Mon père a été tiré, est devenu aveugle et est
décédé un an plus tard. Mon frère aîné
a été tué lors de cette même attaque. Dayr Rafat a été victime de
la deuxième étape de l’opération Danny, brigade Har’el, et de l’assaut
militaire des troupes juives. En 1998, on estime le nombre de réfugiés de Dayr
Rafat à 3036 selon les
statistiques des Nations-Unies. Vous vous
demandez probablement pourquoi je vous raconte l’histoire de mon village.
Simple.
C’est l’histoire de plus de 400
villages palestiniens qui ont été détruits et qui ont subit en 1948 un
nettoyage ethnique sans précédent. Selon différentes sources 750 à 800 mille
Palestiniens ont alors subit ce nettoyage ethnique.
En 1967, Israël occupe le reste de la Palestine et fait 150.000 autres réfugiés.
Ces réfugiés sont aujourd’hui
plus de 5 millions. La population
totale des Palestiniens est d’environ 10 millions
selon l’estimé des statistiques des Nations-Unies de 1998. La Nakba de
1948 et de 1967 est une
catastrophe humaine engendrée par des
humains. Cela fait 61 ans que la population palestinienne demande à rentrer
chez-elle. Israël appuyé par les pays occidentaux et en particulier les États-
Unis refuse ce droit. Le nettoyage ethnique continue encore aujourd’hui dans
les territoires palestiniens sous occupation israélienne depuis 1967.
Aujourd’hui 61 ans plus tard les réfugiés
palestiniens de 1948 et de 1967 sont
encore réfugiés. Le droit des Palestiniens de retourner chez eux est un
droit inaliénable. Ce droit de retour est clairement reconnu dans la résolution
194 des Nations-Unies, dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme
des Nations-Unies et dans la convention de Genève. Le droit de retour est un
droit individuel et collectif inaliénable. Ce droit de retour ne peut être dénié
ou appliqué sans le consentement de la population palestinienne. La question
primordiale : quand est-ce que ce droit de retour des réfugiés
palestiniens sera t –il mis en
oeuvre ?
Si
vous êtes un juif canadien, vous pouvez aller en Palestine / Israël, vous
y établir avec votre famille. Moi, qui suis né en Palestine avant même
la création d’Israël je ne peux pas faire de même. Certes, je peux aller
visiter avec un visa pendant quelque mois mais
il faut que je quitte après trois mois.
99 % de ma famille et parenté vivent encore en Palestine dans les camps
de réfugiés autour de Bethléhem et en Jordanie. Pourquoi cela m’arrive -t-il
à moi et à des millions de Palestiniens? Pourquoi nos droits humains et notre
droit de retour sont ils déniés ? Pourquoi nous Palestiniens sommes-nous
les seuls ou presque qui ne peuvent pas
retourner chez eux dans leur pays ?
Encore
une fois la réponse à ces questions est simple si on lit un peu l’histoire.
Voici
quelques citations qui illustrent bien mon idée:
Vladimir Jabotinsky,
père de la droite sioniste écrivait en 1923
« La colonisation sioniste ne peut progresser
et prendre l’ampleur que sous la protection d’une puissance qui ne dépend
pas de la population locale, à l’abri d’un mur de fer que la population
locale ne peut franchir »
[3]
En 1998 Ariel
Sharon déclarait:
«Nous
devons tous courir nous emparer
d’un maximum de sommets de collines afin d’agrandir les colonies, car tout
ce que nous prendrons maintenant nous appartiendra…tout ce que nous laisserons
leur reviendra»[4]
Ytzhak
Shamir : « Les colonies de peuplement dans la terre d’Israël
sont l’essence même du sionisme. Sans les colonies nous ne pouvons accomplir
le sionisme. C’est
aussi simple que ça. »[5]
(traduction de l’anglais
par Rezeq Farajr)
Voici
quelques citations qui décrivent un peu les conséquences de cette politique
israélienne organisée et structurée depuis Herzl en 1896.
«
La barrière de séparation lésera gravement les droits de centaines de
milliers de Palestiniens. Cette aussière entrave à leur liberté de
circulation restreindra leur accès à leurs lieux de travail, à leurs établissements
de santé et à leurs institutions d’enseignement »[7]
Le
prix Nobel portugais, M. Jose Saramago qui visita en 2002 la Cisjordanie disait
ceci à propos d’Israël « Je ne savais pas que pour protéger
quelques personnes, la terre agricole doit être confisquée et la récolte détruite.
Je ne savais pas que pour assurer la sécurité à quelques personnes,
des centaines de gens devaient attendre aux points de contrôle et aux barrages
routiers avant qu’on leur permette d’entrer chez eux exténués, s’ils ne
sont pas tués »[10]
((traduction de l’anglais par Rezeq Faraj)
C’est
alors, qu’il y a 61 ans Israël était
créé grâce à un nettoyage
ethnique de la terre de Palestine
de ses habitants, le peuple palestinien. En 1948, des villages et plusieurs
villes ont été détruits et la
population chassée de chez elle à coup de massacres comme celui de Deir Yassin.
Aujourd’hui, les réfugiés sont plus de cinq millions entassés dans
les camps de réfugiés partout au Moyen –Orient et dans les territoires occupés
depuis 1967. Tout cela s’est passé devant les
yeux de la soi-disant communauté internationale.
Le
nettoyage ethnique continue encore aujourd’hui dans les territoires
palestiniens sous occupation israélienne depuis 1967. Herzl et Jabotinski ont
dicté au mouvement sioniste le chemin à suivre quel que soit le gouvernement
israélien en place. Le mouvement sioniste suit de façon méthodique et
structurée la réalisation de ses objectifs. L’usage du slogan
« terre sans peuple pour peuple sans terre », « terre
promise », l’usage déformé de la religion, la colonisation incessantes
des terres palestiniennes, l’implantation
de colonies de peuplement juives dans les territoires occupés a commencé en
1967 et n’a jamais cessé. Les implantations se sont poursuivies pendant les
années d’Oslo, il y a plus de 450.000 colons juifs dans un nombre
incalculable de colonies éparpillées dans les territoires palestiniens. Tous
les gouvernements israéliens successifs ont œuvré pour contribuer à la réalisation
de l’objectif de Théodore Herzl, la création de faits accomplis, le
nettoyage ethnique de 1948, la politique d’immigration juive en Palestine sont
quelques exemples suivis par tous les gouvernements israéliens, de droite ou de
gauche. La liste est encore longue. C’est encore cet esprit qui est derrière
la construction du mur de l’apartheid. La Cour internationale de Justice de La
Hayes, organe judiciaire principal des Nations Unies, en a demandé la démolition.
Sa construction est illégale et contraire au droit international ainsi qu’à
la quatrième convention de Genève de 1949. La Cour a même demandé aux
Nations Unies « d’examiner quelles mesures doivent être prises afin de
mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur et
du régime qui lui est associé »
Le
mur est construit en territoires palestiniens sur les terres les plus fertiles
de la Cisjordanie. Le mur relie les colonies les unes aux autres et permet ainsi
aux Israéliens de s’emparer d’une énorme partie du territoire palestinien
occupé depuis 1967. Le mur gruge 9% des 22% dont Israël a occupé en 1967.
« Si nous
ajoutons les colonies de peuplement et les autoroutes de contournement, il en
restera à peine 9 % sur lequel on veut construire un état palestinien. Quelle
farce! » En
plus du mur, il y a les routes de contournement réservées aux Israéliens et
aux colons juifs, Quand on circule sur certaines de ces routes, on ne voit pas
les villages palestiniens éparpillés dans la campagne environnante. Ces
routes traversent les territoires palestiniens
en empiétant sur les terres palestiniennes. Les
Palestiniens ne peuvent se rendre aux parties de leurs villages situées de
l’autre côté ni y cultiver leurs champs. Pour traverser ces routes, ils
doivent parcourir des kilomètres et des kilomètres et se présenter à l’un
ou l’autre des points de contrôle qui les jalonnent. L’humiliation,
l’indigence, voilà le lot des populations palestiniennes qui vivent près de
ces routes ou près du mur. « Ces routes de contournement »[12]
relient les colonies juives entre elles et les relient en Israël. Les points de
contrôle restreignent la liberté de mouvements des Palestiniens, humilient la
population palestinienne et aggravent les problèmes dus au manque de travail,
aux privations et à la misère économique. Le mur fait en sorte que
« les colonies de peuplement »[13]
israéliennes soient à l’intérieur d’Israël. Il
y a environs 450 000 colons, dont 220 000 à Jérusalem et 230 000 ailleurs en
Cisjordanie « cette politique qui privilégie les 230.000 colons
juifs au détriment des 2,1 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie a
de nombreuses similitudes avec l’ancien régime de l’Apartheid en Afrique du
sud»[14]
Les
Israéliens essaient par différents moyens de réaliser le rêve de Théodore
Herzl d’un État juif qui s’étend des rives du Jourdain jusqu’à la mer,
habité uniquement par des juifs et dont toute la population palestinienne en a
été expulsée. La destruction de plus de 400 villages palestiniens en 1948 et
la poursuite de ces destructions jusqu’à ce jour n’ont qu’un seul
objectif : s’accaparer les terres et se débarrasser des gens qui les
possèdent. L’implantation
de colonies de peuplement dans les territoires occupés a commencé en 1967 et
n’a jamais cessé. Que dire de
Gaza avec les réfugiés qui s’y trouvent depuis 1948, qui a été occupée
avec d’autres territoires palestiniens depuis 1967 par Israël et qui, en
particulier depuis l’évacuation des colons de Gaza, est soumis à la volonté
de l’armée israélienne depuis 1967, qui subit comme en Cisjordanie, les
assassinats dits sélectifs, les bombardements réguliers qui tuent et blessent
hommes femmes et enfants, qui détruisent des maisons. Depuis août
2005 et l’évacuation des colons de Gaza, Israël affame, assoiffe la
population palestinienne de Gaza. Gaza est devenue une prison à ciel ouvert.
1.5 millions de personnes se trouvent assiégées par terre, par mer et par air.
Il n’y a pas d’électricité, ni de pétrole et il y un manque flagrant de médicaments
et de nourriture. Depuis lors, la communauté internationale est toujours
silencieuse face à ce génocide. Les dirigeants israéliens, et plus particulièrement
l’armée, voient Gaza comme une prison avec la communauté de détenus
la plus dangereuse, qui doit être éliminée d’une façon ou d’une autre. Le
ministre adjoint de la défense israélienne, M.Matan Vilnai a menacé le 29 fév.2008
à la radio de l’armée israélienne que les
Palestiniens s’approcheront d’un plus grand Holocauste.
Et la situation continue, parce que
l’idéologie sioniste est bien structurée et basée sur le racisme, le
nettoyage ethnique de la terre palestinienne de sa population. Pour arriver à
ses fins Israël a utilisé et utilise encore aujourd’hui tous les moyens illégaux,
coercitifs, militaires, économiques, psychologiques et environnementaux pour
chasser le restant de la population palestinienne de chez elle pour la remplacer
par les colons sionistes
venants de partout dans le monde.
La
situation vécue depuis des décennies par les Palestiniens à Gaza et dans
l’ensemble des territoires occupés, l’invasion armée par Israël à la fin
de 2008 ont été qualifiés comme étant la perpétration d’un génocide.
Cette attaque sur Gaza, avec les bombardements aériens et l’offensive
terrestre, a exposé une cruauté poussée à son paroxysme avec la destruction
des établissements publics comme les hôpitaux et la mort de centaines de
civils. Un autre massacre qui s’ajoute à une liste que l’on n’ose pas
mettre à jour trop souvent, car en identifiant les responsables elle peut
mettre en péril leurs intérêts et exercer, par le fait même, une pression
pour les traduire devant la Cour pénale internationale pour crimes contre
l’humanité. Les génocides sont
passés à l’histoire sans que tous leurs auteurs aient été jugés et
condamnés selon les prescriptions du droit international en cette matière.
L’impunité pour la majorité a prévalu.
Il
me semble extrêmement important de faire le point à ce sujet car le
peuple palestinien est présentement victime d’oppression et de nettoyage
ethnique qui dure depuis 1948. Ce qui arrive à Gaza est le dernier épisode. Ce
phénomène horrifiant continue de se produire..
Je
crois que le seul moyen de prévenir ces tragédies humaines est de les
ramener sans cesse dans la mémoire des citoyens, afin que ceux-ci puissent
faire pression sur leurs représentants politiques pour que les principaux
instruments de la gouvernance mondiale puissent intervenir de manière à agir
efficacement sur le processus qui les génère et à les prévenir.
La
notion de génocide:
«Selon
l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de
génocide, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre
1948, il est affirmé : « Dans la présente Convention, le génocide
s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire,
ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme
tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant
entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. »
«Cette définition
a été reprise dans l'article 6 du Statut de Rome le 17 juillet 1998, l’acte
fondateur de la Cour pénale internationale.»
Le
blocus ainsi que l’invasion armée d’Israël de la Bande de Gaza à
la fin de décembre 2008 et au mois de janvier 2009 sont un exemple où la
notion de génocide s’applique sans aucune ambiguïté. Le génocide à Gaza a
provoqué un véritable cri de douleur entendu un peu partout dans le monde lors
de manifestations tenues dans la plupart des grandes capitales au cours des
dernières semaines et mois. «Arrêtez le massacre». Un appel lancé par des
millions de manifestants et d’organismes pour la défense des droits humains.
L’invasion de l’armée israélienne de la Bande de Gaza a causé la
destruction d’un total estimé de 22 000 édifices publics et privés. Elle a
entraîné la mort de plus de 1, 500 personnes dont 410 enfants, 110
femmes et 199 vieillards. De plus environ 5300 personnes blessées dont 1855
enfants et 795 femmes. Tout cela après
des mois d’un blocus total du territoire. Il est permis de penser, en nous référant
aux termes de la Convention mondiale pour la prévention et la répression du
crime de génocides que les exactions perpétrées par Israël en Palestine
concorderaient avec celles du crime de génocide. Les très nombreux rapports
venant de témoins des actes d’Israël dans les territoires occupés et dans
la Bande de Gaza ainsi que l’invasion armée de fin 2008 décrivent tout
simplement une situation qui a pris l’ampleur d’une catastrophe humanitaire
difficile à saisir et à décrire. Selon D. Van Hove, «la Palestine ne demande
pas d’assistanat. Les capacités du peuple palestinien et de ses leaders sont
remarquables…La Palestine nous demande simplement d’appliquer les normes de
justice qui s’applique à tout pays. Etc. » Et comme depuis 61 ans,
cette demande n’aboutit pas malgré les multiples concessions faites à l’État
d’Israël, il est temps de nous rendre compte que nous nous sommes
effroyablement trompés dans notre approche politique avec un État qui en a
profité pour mener à bien une idéologie criminelle. Soucieux de préserver
les acquis fragiles d’une jeune Nation née dans le traumatisme de l’après-guerre
40-45, les générations d’alors ont manqué de fermeté à l’égard
d’Israël et au fil du temps, englués dans les relents d’une mauvaise
conscience (adroitement entretenue) nous nous sommes montrés incapables de lui
indiquer les limites. Et aujourd’hui, personne ne sait comment enrayer cette désastreuse
descente aux enfers.
Après avoir
indirectement participé à ce génocide, soit par le silence, soit par
l’appui tacite ou par l’appui déclaré, la soi- disant communauté
internationale, après avoir permis le baiser de l’ourse, s’est réunie au début
de mars 2008 (2 au 4 mars) à Sharm
El-Sheikh en Égypte pour verser les larmes de crocodile. L’argent promis par
les États Unis (900 millions) sera donné à l’autorité collaboratrice de
Mahmoud Abbas et non pour la
reconstruction de Gaza. Même après cette réunion, Gaza est toujours soumise
au blocus israélien. Pendant que cette communauté internationale est réunie,
les dirigeants israéliens déclarent à qui veut l’entendre qu’ils vont
intensifier la colonisation de la Cisjordanie. De plus, les sionistes cherchent
une façon pour expulser la population arabe (22% de la population totale
d’Israël) d’Israël vers
d’autres destinations d’ou leur demande de reconnaître Israël comme état
juif . Le nettoyage ethnique des palestiniens qui a débuté en 1948, s’est
poursuivi en 1967 et continue sans relâche. Les massacres qui ont commencé en
1948 comme celui de Deir Yassin, en 1956 comme celui de Kafer Kassem, en 1967
comme durant la guerre de six jours, en 1982 comme le massacre de Sabra et
Shatila (camps de réfugiés palestiniens) au Liban, en 2002 comme le massacre
de Jenine et en 2008 et 2009 à Gaza. À quand le prochain massacre dans la
poursuite du génocide?
Des
livres sont et vont être écrits sur ces sujets ce qui n’aidera pas la
population qui subit ces nettoyages ethniques, ce génocide, ce massacre ou
encore ceux qui seront sous occupation sous le régime d’apartheid israélien.
4 :
Structure de la stratégie médiatique sioniste;
1.
Définir les termes du débat, et vous gagnez le débat. Très tôt les
sionistes ont défini le contexte, le point de départ, le fil
conducteur qui façonnera la compréhension de l’attaque sur Gaza. Par
exemple : les sionistes ont réussi avec la répétition constante à établir
la notion que le conflit a commencé le 19 décembre 2008, date prévue de
la fin du cessez le feu de six mois entre Israël et Hamas.. Israël a défini
que Hamas a unilatéralement
mis fin au cessez- le- feu. Ce faisant, Israël ignore,
naturellement,
sa violation du cessez- le- feu tôt en novembre 2008,
son
refus d’honorer son engagement envers le cessez- le- feu soit
d’enlever l’embargo sur Gaza. Israël a aussi ignoré qu’il a fait de
Parce
que les sionistes savent que la plupart
des Américains ne
suivront pas le développement du conflit d’une façon régulière et que
ceux-ci seront prêts à croire la ligne dite de la « guerre préventive »
et à force de répétions constantes, l’idée finit par s’implanter.
2.Reconnaître
que les stéréotypes fonctionnent car pendant des générations, le
conflit israélo–palestinien a été défini par des images culturelles
positives des Israéliens et des
images négatives pour les Palestiniens.
(Israël la seule démocratie au Moyen-Orient versus les terroristes
palestiniens) Les propagandistes israéliens
ont des avantages ici qu’ils peuvent plus facilement exploiter, parce que le
fil conducteur a toujours été présenté comme un problème humain auquel font
face les Israéliens. La couverture médiatique de tout conflit commente ce
problème affectant les Israéliens. Comme l’a dit une fois Golda Meir
« nous pouvons pardonner les Arabes de tuer nos enfants, mais ne pouvons
jamais leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants » Ainsi, ce
n’est pas surprenant que malgré la disproportion de la souffrance des
Palestiniens, les médias dans leur prétention d’être neutres, donneront un
traitement excessif avec des photos montrant le chagrin, la peine, la peur et
l’impact que la guerre a sur les Israéliens. Très tôt le traitement médiatique a eu le plus d’impact favorisant Israël. Les
Palestiniens, comme d’habitude ont été réduit comme nombre négligeable ou
comme dommage collatéral.
3.L’anticipation
des erreurs de l’opposant. La
maladresse de Hamas a joué un rôle des les départs dans la stratégie israélienne.
Des le départ, Israël s’attendait à ce que le Hamas lance des roquettes, et
fasse des menaces contre Israël, menaces, qui ont attiré la sympathie des pays
occidentaux, les Israéliens, sachant que cela va certainement se produire, et
qu’ils pourront l’exploiter dans leur propagande.
4.Être
partout et répéter la même chose et s’assurer que vos opposants
restent invisibles le plus possibles. Au début de chaque guerre que Israël déclenche,
Israël a des porte-parole,
la plupart des occidentaux, disponibles en tout temps pour les médias par
exemple Israël a un consul général. d’origine arabe disponible à Atlanta
ou se trouve CNN. Ces porte-parole partout aux États Unis et dans les pays
occidentaux répétant la même litanie assure le succès. En même temps, on a
interdit aux médias l’accès à Gaza seulement permettant aux journalistes occidentaux de
regarder de loin sous la surveillance et le contrôle de IOF. Cela a garanti à
Israël de façonner la ligne conductrice de son histoire et en même temps empêchant
une vérification indépendante des horreurs commises par leur guerre à Gaza.
5.Ne
laisser aucun espace politique à l’opposition. Faire en sorte que les
gouvernements occidentaux suivent la ligne conductrice dictée par Israël et
soit suivie de façon rigoureuse. Que ce soit à Washington, à Ottawa ou
ailleurs dans le monde occidental. Exemple, les déclarations du congrès américain,
les porte-parole, les médias, même la présidence américaine, et d’autres
organes gouvernementaux occidentaux suivent l’idée de départ. En répétant
la même chose partout dans le monde, on s’assure ainsi au moins de 50 % de réussite
de la guerre. (Exemple : Israël à le droit de se défendre)
6.Nier,
nier ,nier tout le temps les réalités qui réussissent à passer entre
lignes qui contredisent le narratif israélien. Utiliser la machine de
propagande pour nier et encore nier. Qui est ce que vous croyez? Moi ou vos yeux
menteurs? Ou encore créer de toute pièce un autre narratif contraire et mettez
le blâme sur l’autre, nous n’avons pas fait cela, ils nous ont forcés à
le faire…ainsi la mort des Palestiniens est toujours la faute de quelqu’un
d’autre. Ou encore, accuser les journalistes et les critiques de monter la
souffrance des Palestiniens, en voulant dire que les souffrances des
Palestiniens ne sont pas comme les nôtres.
7.Le
dernier recours…quand tout cela ne réussit pas, trouver quelques
exemples d’antisémitisme et généraliser cela et accuser les critiques d’être
antisémites. Avant, c’était toujours jouer aux victimes en utilisant
l’holocauste. Les sionistes utilisent toujours ça, mais aujourd’hui pour
faire taire le monde, l’antisémitisme est à la mode. Que ça va être demain
lorsqu ‘ils attaqueront Gaza à nouveau?
Le Congrès juif, le FNJ, Bnai Brith
et autres organisations juives suivent à la lettre la politique de
la propagande mise de l’avant par les stratèges du gouvernement israélien.
Ils sont parfois plus extrémistes, racistes et sionistes que les Israéliens
eux-mêmes ou comme on dit plus catholiques que le pape.
Ceux qui appuient Israël veulent dicter les termes du débat pour tout le
monde. C’est ainsi que par exemple, ils vous disent que c’est illégal
d’utiliser les mots comme FOI/IOF au lieu de FDI/IDF, est illégale.
D’utiliser les termes comme apartheid, massacre, génocide etc. est illégal
selon eux. Ils ne veulent pas que
nous soyons effectifs. Ils préfèrent parler de dommage collatéral. Ils
sont heureux quand les pro-palestiniens
disent n’importe quoi aussi longtemps que ce n’est pas efficace
ou effectif. Pour nous, il ne faut pas abdiquer. Il faut dire et utiliser
les mots qui décrivent la réalité comme vécue par les Palestiniens sur
le terrain. Il ne faut pas avoir peur ou se laisser intimider par ceux et
celles qui appuient à fond de train Israël. Il faut boycotter Israël et
le dire, il faut parler de BDS (boycottage, désinvestissement, et des
sanctions) contre Israël comme nous l’avons fait contre l’apartheid en
Afrique du sud.
5.
La nature de notre lutte et stratégies ;
Permettez-moi
de croire que vous croyez comme moi que le peuple palestinien a subi une grave
injustice flagrante et que nous sommes ici pour travailler à rendre justice au
peuple palestinien. Je voudrais vous parler
d’éléments de stratégies pour briser ce cercle vicieux dans lequel nous
nous trouvons.
Aujourd’hui,
avec l’Internet, l’information circule. Il y a beaucoup d’informations
disponibles et accessibles. Informations fiables et importantes, informations
critiques qu’on peut facilement utiliser. Mais il y a un côté négatif à
cette grande quantité d’informations : c’est la difficulté de
discernement et de discrimination. Constamment, nous avons besoin de nous
rappeler le véritable objet de la lutte. L’objet principal de lutte est le mouvement colonial de peuplement
– le sionisme. Les faits que j’ai mentionnés devraient nous aider à mettre
un ensemble de stratégies et comment procéder.
1.
Tout d’abord, nous devons comprendre que notre lutte n’est pas une lutte
religieuse.
2.
Elle n’est pas une lutte entre ceux et celles qui croient que les citoyens
d’Israël ont le droit d’exister ou pas.
3. Ce n’est pas une lutte pour trouver un arrangement temporaire à savoir comment mettre fin à l’occupation ou minimiser les effets de
celle
–ci sur la population palestinienne.
4.
Contrairement à la perception populaire, ceci
n’est pas une lutte pour
seulement gagner la liberté pour les Palestiniens de l’occupation israélienne.
5.
Cette lutte est une lutte contre un système et une structure qui permet
l’occupation et la suppression de l’autre.
Une structure pour atteindre la « pureté juive» sur la terre de
la Palestine.
Nous
avons donc besoin d’une stratégie pour travailler contre la structure
d’occupation, cherchant le démantèlement de son système d’apartheid, de
son idéologie d’exclusion basée sur le nettoyage ethnique et du transfert de
la population non juive.
a)
Pour atteindre notre objectif, nous devons comprendre qu’il n‘y a pas de libération
des Palestiniens de cette structure sans la libération des Israéliens, et
qu’il n’y a pas de libération des Israéliens de cette structure sans la
libération des Palestiniens. Cette structure opprime tous les deux,
Palestiniens et Israéliens.
b)
Pour atteindre notre but, je vois deux niveaux de lutte : Une lutte
à l’interne centrée en Palestine / Israël, et une lutte à l’externe
centrée sur le reste du monde en mettant l’accent
particulièrement aux endroits où il y a une présence juive
politiquement active dans tout ce qui se passe en Palestine historique
(Palestine/ Israël,), plus particulièrement mais non exclusivement en Europe
de l’ouest, au Canada et aux États Unis d’Amérique. Nous avons besoin de
tous ceux et celles qui s’opposent aux structures d’occupation israélienne
en Palestine. Nous devons inciter les juifs progressistes dans ces pays à
devenir l’avant-garde de la lutte dans le démantèlement de la structure
d’apartheid et de l’occupation.
Le
niveau interne doit donner le ton de la lutte et renverser le mode et le courant
actuel. Le niveau interne doit refaire l’agenda de la lutte et donner et le
ton pour le reste du monde. En Palestine historique nous devons bâtir une
coalition de toutes les forces internes engagées qui luttent véritablement
contre la structure et l’idéologie de l’occupation. Cette coalition doit être
inclusive et doit contenir toutes les forces qui travaillent pour le même
objectif. Elle doit être composée des juifs israéliens, des musulmans et des
chrétiens palestiniens, des laïcs
israéliens, des laïcs palestiniens ainsi de suite. La plate-forme de cette
coalition doit être claire dans ces objectifs contre l’occupation et le démantèlement
des structures de l’apartheid et doit inclure également
le retour des réfugiés chez-eux si nous cherchons une solution juste et
durable a ce conflit.
6.La
question de deux États ;
7.Le
véritable solution : un État démocratique et laîc
Finalement,
notre engagement à faire partie de cette longue lutte pour mettre fin à
l’occupation, à l’apartheid, à l’injustice, pour arrêter le transfert
illégal de populations et le nettoyage ethnique ,en somme pour libérer
l’esprit et la terre, ce
qui est l’essence même de la libération. Nous pouvons le faire. Palestine
–Solidarité pour un seul état est un début dans ce sens à Montréal. Il y
a déjà plusieurs associations semblables qui existent et des conférences sur
la question s’organisent un peu par tout. Les sionistes ont commencé à dénoncer
de telles activités, car la chose le plus dangereuse pour le sionisme est l’état démocratique et laïc.
[1]
Un Dunum est l’équivalent de 1000 mètres carrés.
[2]
Théodore Herzl,
l’État Juif, éditions de
l’Herne,1969, page 45.
[3]
Vladimir Jabotinsky,
1923, cité dans le documentaire « Le Mur de Fer »
de
Mohammed Alatar.
[4]
Déclaration
d’Ariel Sharon (Premier ministre israélien) :
AFP, 15 novembre 1998.
[5]
Ytzhak Shamir,
(Premier ministre israélien)
cité dans Maariv, le 21 février 1997. (traduction de l’auteur).
[6]
(Voir
le journal La Presse, 2 mars, page 6, cahier Plus).
[7]
B’tselem dans son bulletin de juillet 2002.
[8] Ilan Pappe, le 2 septembre 2006 dans Électronique Intifada. Prof. Ilan Pappé né Haifa de parent juifs-allemands qui ont fui la persécution Nazie en 1930. Il a obtenu son D.Phil. de l’Université de Oxford en 1984. Il enseigne actuellement à l’Université de Exeter en Grande-bretagne. Auteur de plusieurs livres dont le dernier "The Ethnic Cleansing of Palestine" (le nettoyage ethnique en Palestine.
[9]
Richard
Falk, le 7 juillet 2007.
Richard Falk
est
professeur
de droit international à l’Université de Princeton.
[10]
.“I didn’t know that in order to protect a few people, farmland had to
be confiscated and crops had to be destroyed; I didn’t know that in order
to provide security for a few people, hundreds had to be kept waiting at
checkpoints and roadblocks before being allowed to return home exhausted,
that is if they are not killed.”
[11]
«This morning we saw pictures of the Warsaw ghetto at Yad Vashem and
this evening we are going to the Ramallah ghetto.»
[12]
B’tselem :Noam Hoffstater, le porte-parole de B’tselem, a émis le
constat, en août 2004.
[13]
L’implantation de colonies de peuplement juives dans les territoires occupés
a commencé en 1967 et n’a jamais cessé. Les implantations se sont
poursuivies pendant les années d’Oslo, il y a plus de 450.000 colons
juifs dans un nombre incalculable de colonies éparpillées dans les
territoires palestiniens. Tous les gouvernements israéliens successifs ont
œuvré pour contribuer à la réalisation de l’objectif de Théodore
Herzl
[14]
B’tselem : Noam Hoffstater, le porte-parole de B’tselem, a émis le
constat, en août 2004.