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Forest Grunge ©
HDJ 2002
17
Mai 1997
Conseil
Constitutionnel
Contentieux
Electoral
2,
rue de Montpensier
75001
PARIS
-
DURINGER Gérard,
-
Président de l'Association Humanisme -
Démocratie - Justice
-
-
5, rue des Loisirs
-
-
67280 URMATT
-
-
CONTRE
-
-
-
le Ministre de l'Intérieur
-
et l'ensemble des Services Administratifs
-
chargés de l'organisation des élections
-
-
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-
sur 4 pages
-
VU la constitution Française, l'ensemble
du bloc de constitutionnalité ;
-
-
VU le code électoral ;
-
-
VU l'article 1er :
-
« Les hommes naissent et demeurent libres
et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent
être fondées que sur l'utilité commune. » -
-
VU l'article 6 :
-
« La loi est l'expression de la volonté
générale : Tous les citoyens ont droit de
concourir personnellement..., à sa formation. Elle doit
être la même pour tous, soit qu'elle protège,
soit qu'elle punisse... »
-
-
En vertu des principes fondamentaux et
constitutionnels de cet article 6 de la Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen, j’ai l’honneur
d’exposer et de conclure :
-
-
Le financement des partis politiques représente
pour les 40 millions d’électeurs-contribuables, un
effort financier de plus de 500 Millions de Francs français
par an.
-
-
Lors des élections législatives du 25
mai - 1er juin 1997, les électeurs vont avec leur bulletin
de vote décider d’une répartition entre les
différents groupements de candidats pour une durée de
cinq ans (sauf nouvelle dissolution) d’une somme de plus de 3
milliards prélevée sur leurs impôts afin d’être
distribuée aux élus et candidats de cette
législative.
-
-
Au regard des sommes astronomiques perdues par
incompétence ou détournées par corruption
est-il bien utile d’enrichir davantage les partis compromis
dans la gestion de caisses noires et d’argent sale sur des
comptes bancaires domiciliés à l’étranger
?
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-
Les nouvelles lois de financement des campagnes
électorales de 1988, 1990 et 1995 mettent l’électeur
devant une double responsabilité :
-
-
Une responsabilité politique :
-
Le choix d’un élu, dont les promesses
n’engagent que ceux qui votent pour lui.
-
-
Une responsabilité pécuniaire
:
-
Chaque parlementaire élu rapporte à son
parti en fonds publics pour le financement de celui-ci près
de 300.000 FF et plus de 100 FF par bulletin de vote à
répartir entre la majorité des candidats non élus
qui permettront au parti de l’élu ou du candidat
malheureux, oublieux de leurs promesses, dès le lendemain de
l’élection d’utiliser en toute liberté
ces fonds publics, sans contrainte et sans contrôle sur la
légalité de leur usage. En raison des abus auxquels
ceux-ci nous ont habitués dans l’utilisation
frauduleuse de fonds publics, une attitude circonspecte avant toute
décision de vote s’impose.
-
-
De nombreux électeurs s'apprêtent
à la fin du mois de mai 1997 à déposer un
bulletin de vote en faveur d’un petit parti, du Front
National, ou de tout autre candidat dont il ne partage ni les
idées, ni les convictions mais qu’ils choisissent au
hasard ou en fonction de critères sensés légitimer
selon eux à travers ce choix leur vote protestataire.
-
-
Combien parmi ces électeurs sont conscients,
qu’ils sont devenus un enjeu financier, plus qu’électoral
pour tous les groupements de circonstances ou contre nature petites
formations qui ne durent que le temps d’une élection
et cessent tout militantisme "politique" jusqu'à
la prochaine pour dans une parfaite indolence politique profiter à
loisir par le biais d'électeurs pris en otage, d'une rançon
immoralement soutirée à la nation. Les "Nouveaux
écologistes du rassemblement nature et animaux" ont
ainsi bénéficié de 3 millions en 1993, 3,8
millions en 1994 grâce à des candidats dont la plupart
n'ont pas fait de campagne active, n'ont pas présenté
de compte de campagne dans les délais et ont été
déclarés inéligibles par le Conseil
Constitutionnel.
-
L'attitude du représentant de "Génération
Ecologie" Brice LALONDE est à ce titre caricaturale
puisqu'il a artificiellement greffé dans de nombreuses
circonscriptions des candidatures alibis qui constituent autant de
tentatives de détournement de fonds publics.
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-
Devant la multiplication des candidatures à
l'évidence attirées par l'effet d'aubaine et motivées
par des intérêts financiers plutôt que l'intérêt
du bien public, une campagne nationale d'information et de mise en
garde s'impose d'urgence avant la date fatidique du 25 mai.
-
-
Que les parlementaires par opportunisme n'aient pas
voté de loi afin de prendre en compte le vote blanc comme
vote protestataire traduit bien leur volonté de ne pas
laisser des millions d'électeurs les priver d'une importante
source de financement et d'une légitimité fictive
basée sur la notion de majorité absolue en apparence,
sensée crédibiliser leur représentativité
alors que la réalité objective est celle constante
d'une majorité relative, souvent très relative.
-
-
L'abstention, le vote blanc et le vote
protestataire :
-
Dans un périmètre électoral
comparable l'abstention a pris des proportions considérables
en 20 ans. (législatives 81 et 88 30 % d'abstention) (1978
(16 %), 1986 (22 %), 1993 (31 %) et la hausse continue des votes
blancs et nuls est plus impressionnante encore.
-
-
De nombreux votes pour des petites formations hors
partis parlementaires et de gouvernement sont assimilables au vote
protestataire.
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Le vote blanc, acte citoyen d'abstention civique,
signifie clairement le choix de l'électeur d'assumer sa
responsabilité civique dans le cadre de l'élection et
le refus des choix politiques proposés.
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L'abstention et le vote protestataire hors partis
institutionnels relèvent de la même intention mais
privilégient un autre choix de vote en raison d'une analyse
des conséquences électorales moins élaborée
(surévaluation du poids politique réel de certains
partis, et méconnaissance des mécanismes de calcul du
financement public des partis).
-
-
L'abstention et le vote protestataire pour des
formations politiques hors système font le jeu des partis
institutionnels car non comptabilisés. Pour l'abstention
dans le calcul du pourcentage majoritaire, et insignifiant pour le
choix, d'une formation souvent opportuniste et de durée
éphémère.
-
-
Les pourcentages de votes calculés sur le
nombre de bulletins nominatifs trahissent la réalité
des faits, surévaluent la représentativité
effective des élus.
-
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Le refus de voter pour des partis de gouvernement ou
parlementaires est ainsi passé de
26 % en 1978 à
44 % en 1986 et 55 % en 1993, s'y ajoutent les 10 % de non inscrits
à chaque élection. -
-
Aux élections législatives de 1993 près
de 2/3 des électeurs se sont réfugiés dans le
non vote et le vote protestataire.
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-
A titre d'exemple, Messieurs BALLADUR et SARKOZY aux
élections législatives de 1993 ont été
élus à l'Assemblée Nationale par moins d'un
électeur potentiel sur quatre dans leur circonscription.
Leur légitimité repose sur moins de 25 % de leur
électorat, ce qui remet sérieusement en cause leur
représentativité.
-
-
L'abstentionnisme permanent ne représente que 1
% des électeurs. L'immense majorité des Français
est très attachée à la valeur symbolique du
vote et considère la participation à l'expression de
la souveraineté du peuple comme un devoir moral et civique.
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-
-
AU VU de ces considérations ;
-
-
La relégation du vote
blanc, dans la catégorie des non-votes heurte,
le principe fondamental de toute démocratie : " un
individu, une voix".
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L'annulation de cette démarche de vote civique
ne respecte pas l'égalité du suffrage et méprise
le souci et la volonté toute légitime et honorable de
l'électeur d'accomplir son devoir
civique.
-
-
La relégation du vote blanc dans la catégorie
des votes non exprimés est une véritable
injure aux principes de la démocratie et une insulte
à l'égard des électeurs obligés
de prendre le soin de confectionner eux-mêmes et à
l'avance le bulletin blanc que les élus s'obstinent à
refuser de mettre à leur disposition dans les bureaux de
vote alors qu'il représente un choix de suffrage constant,
universel dans le cadre de toutes les formes d'élection
depuis plus de 140 ans.
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-
En refusant de reconnaître le vote blanc comme
l'expression d'un refus de l'offre de candidature proposé
dans le cadre d'une élection à une fonction et de
neutralité dans le cas d'un référendum.
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-
Les parlementaires législateurs opposés
à la mise en place d'une telle législation craignent
une telle révolution car elle aurait pour avantage
d'éclairer avec plus d'acuité les citoyens sur la
très faible représentativité et donc la
légitimité des mandats de certains élus.
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-
Tous les prétextes invoqués ne font que
confirmer cette volonté délibérée des
parlementaires de faire obstruction à l'expression réelle
pleine et entière de la vox populi.
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-
Ne paraît-il par évident
dans une élection ou la majorité absolue est
constituée de bulletins blancs (ou nuls) que cette majorité
refuse toute confiance, tout mandat aux candidats présents
et exige par ce choix électoral à procéder à
un nouveau choix avec la désignation de nouveaux candidats.
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-
En tant que juge de la régularité de
l'élection, il appartient aux Conseil Constitutionnel de
prendre toutes les mesures utiles pour informer les électeurs
des implications nouvelles, financières, d'un choix
électoral et des conséquences de leur choix de
suffrage.
-
-
Il est impératif dans cette optique de faire
réaliser rapidement une information nationale sur le
principe que le vote blanc est la seule forme de vote qui permette
de remplir ce devoir civil de participation à l'expression
de la souveraineté du peuple, symbolisé par le
suffrage universel.
-
-
tout en exprimant :
-
- un vote protestataire
-
-
- ou de désillusion
-
-
- de désenchantement
-
-
- de ressentiment à l'égard d'une
certaine classe politique
-
-
- sans faire bénéficier inconsidérément
une formation que l'on choisit par défi pour manifester sa
protestation d'une manne imméritée de fonds publics.
-
-
- semblable choix tactique électoral porte
préjudice au contribuable-électeur en augmentant ses
impôts pour financer le parti du candidat pour lequel il a
voté, permettant à celui-ci de profiter de l'aubaine
sans que par ignorance des implications financières
l'électeur ait vraiment pris conscience de l'enrichissement
de ces groupuscules opportunistes en quête abusive car
détournée de son but réel, de fonds publics,
véritables motivations de leur candidature.
-
-
Le vote blanc, choix
démocratique, forme d'abstention civile dans le respect du
devoir civique de tout citoyen est outrageusement déconsidéré
par les autorités légales de tutelle et de contrôle
de toutes les formes d'élections.
-
-
Alors que les machines à voter comportent un
choix électronique : vote blanc, seul alternative
électronique de vote nul, l'absence répétée,
inconsidérée antidémocratique de bulletins
blancs dans les bureaux de vote est une injure constitutionnelle,
une défaillance coupable des pouvoirs établis.
-
-
Conclusions : Par ces motifs plaise à
la Haute Cour :
-
Dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés
par la Constitution de faire procéder à une
information civique sous la forme d'une campagne médiatique
d'envergure nationale pour prévenir les électeurs des
conséquences financières de leur choix de vote.
-
-
Et d'imposer impérativement la présence
de bulletins de vote blanc dans les bureaux de vote sauf à
s'exposer à une avalanche d'annulation (577 au total) pour
entrave matérielle à la liberté
d'expression et de choix des électeurs.
-
-
Subsidiairement je conclus :
-
A la demande de condamnation à une somme égale
à la subvention prévue par la loi pour chaque voix
portée au compte d'un candidat n'ayant pas manifesté
une intention réelle de participer à la campagne
électorale, d'assumer son mandat, de défendre ses
idées et non pas seulement de remplir comme seules
obligations légales le dépôt en personne de son
acte de candidature, pour ne plus ensuite participer d'aucune
manière à la campagne, ne pas poser de compte de
campagne et reconnaître de surcroît devant les
électeurs médusés avoir agit avec beaucoup de
frivolité et désinvolture sans réfléchir
à la responsabilité liée à un tel acte
vis-à-vis des électeurs.
-
-
Un acte de candidature à un mandat législatif
par respect pour nos principes démocratiques n'est pas un
acte innocent ou futile, motivé par un intérêt
pécuniaire.
-
-
Semblable attitude relève de la tentative de
détournement de fonds publics et à terme du recel de
ceux-ci à fin d'enrichissement personnel.
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Tout parachutage téléguidé sans
intention réelle de postuler, de donner suite à une
éventuelle élection, d'assumer les responsabilités
d'un mandat doit être sanctionné d'une inéligibilité
à vie pour atteinte délibérée à
la qualité du débat démocratique.
-
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Les chefs de faction, destinataires et gestionnaires
des fonds recelés, passibles de sanctions pénales
verront leur dossier transmis par le juge de l’élection
au parquet à la fin de poursuites, conformément au
code électoral.
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Pour ces motifs subsidiairement accorder :
-
-
- au demandeur la somme de 20.000 FF en vertu de
l'article 700 N.C.P.C. ou article 75 du T.A.
-
- une subvention de fonctionnement afin qu'elle puisse
oeuvrer pour le bien public, à
l'association que je
préside à titre de dédommagement.
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Recours
devant le Conseil Constitutionnel étouffé par Mr.
Olivier Schrameck.
Secrétaire
du Conseil Constitutionnel.
Immédiatement
récompensé par un poste de directeur de cabinet de Mr
Jospin.
Nommé
à la suite de ces élections législatives 1997.
Premier Ministre, cohabitant, avec le prince des corrompus.
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