| Remy Vincent - Site Perso - Notes de lecture Platon : Le Banquet |
| Qui � racont� le r�cit du banquet � qui |
| Personnes pr�sentes au banquet |
| R�sum� des discours |
| Petit commentaire |
Dans ce commentaire, je ne prendrai malheureusement pas le temps de
justifier mes affirmations.
Je le livre tel quel.
Socrate raisonne trop sur l'amour, en cherche l'essence, alors que l'amour est une chose qui appartient d'abord au monde des sens et des instincts.
Je veux en venir au fait que, comme Nietzsche, je pense que Socrate est essentiellement un d�cadent, c'est � dire quelqu'un qui compense une d�g�n�rescence de ses instincts en s'accrochant de toutes ses forces � des attitudes et des pens�es simples et facilement reproductibles. Pour dire la m�me chose en image, La philosophie de Socrate est � l'esprit ce qu'une chaise roulante est au corps d'un paralytique; c'est � dire quelque chose qui tombe � pic pour compenser une incapacit�. Socrate sentant que son esprit se paralysait peu � peu a invent� une chaise roulante pour son esprit, soit ce syst�me de pens� simple et m�canique qui l'aide dans tout ses d�placements spirituels. Ce commentaire sur la philosophie de Socrate vaut pour tous les syst�mes de pens�e qui n'int�grent pas la totalit� de ce qu'est l'homme. L'image "une chaise roulante pour l'esprit" s'applique � Socrate juch� sur sa philosophie, mais aussi � un Chr�tien s'accrochant � sa foi, ou encore � un psychanalyste sondant son inconscient. Le probl�me de fond de ces nombreux syst�mes de pens�e est qu'ils n'int�grent qu'une fraction de ce qu'est l'homme. Pourtant les adeptes de ces syst�mes les voient comme englobant l'essentiel de ce qu'est l'homme, s'y plongent sans retenue et forc�ment s'y noient. Ils perdent alors de vue une part insoup�onn�e mais consid�rable d'eux m�me. La part d'eux m�me qu'ils perdent de vue est essentiellement : COMMENT NAISSENT LEURS PROPRES PENSEES. Peu de gens voient la production de pens�es comme le probl�me essentiel, et pensent donc, implicitement, que les pens�es naissent par "g�n�ration spontan�e", comme on pensait par le pass� que les moisissures naissaient sur les organismes en d�composition par "g�n�ration spontan�e". Prenons par exemple le cas d'un chr�tien qui sent sur lui le regard de Dieu durant toute la semaine et que le prie avec ferveur � chaque repas ainsi que le dimanche. La pr�occupation essentielle de se pauvre homme va �tre sa foi. Jamais il ne se demandera: mais au fait d'ou viennent mes pens�es, ma m�moire, ma capacit� � raisonner, � d�duire, � d�cider, � me mouvoir dans l'espace, etc. Toutes ces aptitudes se manifestent pourtant tout au long de sa journ�e, mais cet homme ne les verra pas comme quelque chose d'extraordinaire n�cessitant une analyse approfondie. Comme ce chr�tien, la plupart des hommes, y compris les intellectuels, sont devant leur pens�es comme les anciens devant le lever et le coucher du soleil, ou la g�n�ration spontan�e des moisissures : ils voient �a comme quelque chose qui ne pose pas probl�me. Pour revenir � Socrate, son discours me pla�t malgr� tout car j'y vois un d�lassement de penseur. C'est pour moi l'�quivalent de ce qu'�taient les contes de f�es dans mon enfance : un monde imaginaire, mais plaisant. Ce sont des raisonnements "pour rire". Donc honte au professeur de philosophie qui pr�senterait Socrate � ses �l�ves comme le repr�sentant d'un pass� glorieux : quelle absurdit� ce serait de v�n�rer un rem�de pour handicap� de l'esprit. Ce serait une incitation � s'amputer l'esprit. Et bien entendu, malheur � celui qui prendrait vraiment Socrate comme mod�le.
J'ajouterai que dans ce banquet celui qui de toute �vidence peut garder la t�te haute est Aristhophane, tant par son discours sur l'amour que par son attitude moqueuse et d�sinvolte face aux airs pr�tentieux d'Agathon et surtout de Socrate.
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update : 22-juin-2000 - |