J'ai retrouvé par hasard dans la bibliothèque de ma fille, ma
vieille collection de " Martine ", voici Martine petite maman, et
Martine à la maison, là c'est Martine au parc et... qu'est-ce donc
? Les dix-huit ans de Martine ? Tient Donc, je ne me souviens pas de
celui-là... en l'ouvrant et le parcourant je suis restée ébahie, mon ami
!
Voici un Martine inédit que j'ai décidé de soustraire à la bibliothèque de
ma fille qui, heureusement à trois ans, n'a pas encore eu le loisir de le
découvrir !
C'est dimanche aujourd'hui. Martine bondit hors de ses draps,
elle est contente, c'est le jour de son anniversaire. Elle a dix-huit ans. Et
puis il fait beau, on va pouvoir installer le buffet dans le jardin, et aussi la
balancelle, on sortira toutes les chaises et tous les fauteuils sur la pelouse
pour les invités.
C'est une journée magnifique qui s'annonce.
Martine,
toute guillerette, décide de courir réveiller ses parents, elle a besoin de
l'aide de maman pour préparer le buffet, et papa devrait installer les grands
parasols sur la pelouse...
- Oh, non... laisses-nous dormir encore un peu,
gémit papa.
- C'est dimanche... dit maman.
- Mais c'est mon anniversaire !
Il faut tout préparer, et j'ai besoin de vous.
- Oui, joyeux anniversaire, ma
chérie, dit papa, mais réveille-nous dans une heure, s'il te plaît, ça ira très
bien...
- Bon, d'accord, mais je vais déjà sortir les parasols, ça sera
fait...
- Non, interdit papa, ça je le ferai, n'y touche pas... allez
laisses-nous, maintenant...
Martine sort de la chambre, impatiente, cherchant
déjà quelque chose à faire pour faire avancer les préparatifs...
Finalement
elle commence à sortir les chaises et les fauteuils, un banc ici, quelques
tabourets par là... et puis deux ou trois guéridons. Là, c'est
parfait.
Maintenant... allons, pourquoi ne sortirait-elle pas les parasols,
elle en est bien capable, tout de même ! Elle est majeure, non ? ce n'est plus
une petite fille maladroite !
Dans le cellier, les parasols sont rangés, debout contre le mur,
derrière une montagne de cartons :
- Quelle idée de les avoir rangé au fond !
Cela ne va pas être simple, pense Martine.
Elle ôte alors le petit cardigan
qu'elle avait enfilé par dessus sa petite robe d'été et le dépose sur une
étagère à vin. Puis, courageusement, entreprend de se frayer un chemin,
déplaçant quelques cartons et enjambant les autres...
Finalement, la voici
tout près des parasols, elle peut les toucher du bout des doigts. Martine se
hisse sur un carton et parvient à saisir l'un des parasols, elle le fait passer
par-dessus les cartons et... CRAC, PATATRA ! Le carton sur lequel elle est
montée s'effondre sous son poids, son pied se retrouve dans les éclats de
vaisselle, pris au piège à l'intérieur du carton, et le parasol, lui entame un
vol plané en direction des étagères à bouteilles, tout s'effondre dans un
terrible vacarme, les bouteilles se cassent, répandant le vin et les morceaux de
verre mêlés sur le sol du cellier... une véritable catastrophe !
Papa est arrivé, hirsute, en pyjama, affolé par le bruit, il est
là, contemplant l'étendue du désastre avec des yeux d'animal blessé et furieux.
Pendant ce temps, Martine tâche d'extraire son pied du carton.
- Flûte ! Mon
espadrille est restée là-dedans ! Oh mais c'est le service en faïence anglaise
de grand-mère !Enfin... c'était...
Mais elle n'a pas le temps de se
retourner.
Papa l'empoigne par le bras et l'entraîne dans le jardin, sans un
mot. Il est tout blanc. Il a l'air en colère. Vraiment très en
colère.
Martine se retrouve assise, sans ménagements dans l'un des fauteuils
sortis pour la fête.
Papa est devant, plutôt nerveux, il va d'une chaise à
l'autre, sans s'asseoir, il passe la main dans ses cheveux, se frotte le menton,
de temps en temps il regarde Martine, furibond.
- Tu es fâché papa ? dit
Martine, timidement.
Papa s'arrête, saisi de stupeur :
- Quo... quoi ? !
Fâché, moi ? Mais non voyons, tu viens de réduire à néant ma réserve de vin...
rien que des grand crus... classés ! Tu viens de mettre en miettes le service en
faïence anglaise de ta grand-mère... tu...tu, bégaye t-il, tu ...
- Je suis
vraiment désolée, s'excuse Martine, je voulais...
- Tu voulais quoi ? !
-
Je voulais... sortir les parasols pour...
- Les parasols ? Mais je t'avais
dit de NE PAS Y TOUCHER, non ?
Martine baisse la tête et garde le silence. Au
fond, elle n'a plus rien à dire...
Alors papa, excédé, l'attrape par le bras
pour l'obliger à se lever. Il pose son pied sur une chaise et soulève Martine
comme une fleur.
La voilà hissée sur la cuisse de son père, avec ses jambes
qui pendent et s'ébattent dans le vide, elle en reste le souffle coupé pendant
que papa rabat sa robe sur ses reins et fait glisser sa culotte sur ses
jambes.
Il ne va quand même pas la fesser, comme ça, au beau milieu du jardin
? Le jour de ses dix huit ans ? Comme quand elle était petite fille ! Martine a
juste le temps de pousser ce petit gémissement qui ressemble plutôt à un
gloussement de poulet déconfit...
CLAC ! CLAC ! CLAC ! CLAC !
Papa
commence à fesser sa fille, sans attendre, avec fureur. Il pense à son vin...
perdu...répandu parmi les éclats de bouteille. Quel gâchis ! Quel terrible
gâchis !
Il fesse avec emportement, sans même entendre les cris de Martine
qui le supplie d'arrêter.
CLAC ! CLAC ! CLAC ! CLAC !
Il ne voit ni
n'entend rien. Il pense au vin...
Martine gigote, sa culotte est tombée par
terre, elle se débat mais sans succès car papa l'immobilise fermement, la main
sous son ventre.
CLAC ! CLAC ! CLAC ! CLAC !
Alertée par les hurlements de sa fille, maman passe une tête par
la fenêtre et, suffoquée devant un tel spectacle reste quelques secondes sans
bouger, la bouche ouverte, stupéfaite.
- Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ?
! ? s'écrie t-elle de là-haut.
Papa libère enfin Martine, il se laisse aller
dans un fauteuil, essoufflé, la figure empourprée ( mais pas autant que les
fesses de sa fille qui ramasse en vitesse sa culotte et se sauve en courrant
vers la maison, sanglotant comme un bébé, et bousculant au passage maman qui
accoure aux nouvelles.