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démarche artistique théâtre
H. R. Jauss et
l'esthétique de la réception
Philologue allemand, né en 1921, décédé en 1997, reconnu surtout, en arts, pour ces travaux sur l'esthétique de la réception et sa récupération du concept husserlien d'horizon d'attente. Effectue un discours à l'Université de Constance en 1966 qui lance l'esthétique de la réception.1 Son déclin s'ammorce au milieu des 1980 avec la révélation de son passé d'officier Nazi.

HANS ROBERT JAUSS ET CONSTANCE

Jauss s'intéresse à l'esthétique dans une perspective historique où les productions artistiques aussi bien que l'évolution, plutôt que leurs évolutions, constituent un système totalisant où l'histoire artistique est une histoire particulièrement dans son rapport spécifique à l'histoire générale. C'est-à-dire une histoire où l'oeuvre est un agent de changement, un facteur de production dans la société et non pas un simple produit de cette société. Pour le philologue, le caractère esthétique c'est l'expérience esthétique. Celle-ci ne peut se priver du lecteur, spectateur ou contemplateur, tiers partie indispensable de la triade auteur - oeuvre - public et pourtant ignoré par la majorité des théoriciens. Seul Kant, et avant lui Aristote, ont en effet systématiquement tenu compte de la réception comme critère d'analyse.

L'oeuvre est ici une partition qui perd toute matérialité dans l'actualisation de son existence, au fil du dialogue qui se noue entre le public et elle. Et c'est ce dialogue qui objective, qui fait de l'oeuvre un objet, et non pas son immanence. Ainsi, l'esthétique devrait être régie par sa finalité: l'effet produit par l'oeuvre et sa réception, les réactions du public et le jugement des critiques. Impossible d'approcher l'oeuvre avec des préceptes platoniciens où une substance intemporelle, une essence poétique par exemple, traverserait les époques: les oeuvres aujourd'hui dites classiques n'ont évidemment pas été ainsi reçues au départ. Il n'en reste pas moins que la réponse, ou plutôt la question, se trouve au sein de l'oeuvre: c'est bel et bien "le texte qui doit être déchiffré" lors de son analyse et son "interprétation à pour tâche d'y déceler la question à laquelle il apporte sa réponse propre." 2

En outre, cette logique de la question et de la réponse protège les oeuvres d'interprétations abusives. De plus, afin d'amenuiser le psychologisme et la subjectivité inhérente au jugement de goût, Jauss propose la reconstitution d'une ou plusieurs horizons d'attentes à partir d'un " système de références objectivement formulable." Une fois reconstituée, l'horizon d'attente dans lequel s'inscrit l'oeuvre, nouvelle ou non, en étant expériencée, permet la mesure d'une valeur esthétique. En bref, plus une oeuvre est proche des présomptions du public quant à son genre, ses constituants dominants ou permanents, formels ou thématiques et son ouverture poétique - par opposition au langage pratique -, plus celle-ci serait à rapprocher du simple divertissement - voire du goût cullinaire. Au contraire, une oeuvre ayant un écart esthétique important aurait une valeur artistique supérieure.

HORIZON D'ATTENTE

Le concept d'horizon d'attente rend bien la mouvance de l'ensemble des attentes d'un public à travers le temps historique, mais aussi pendant le dévoillement d'une oeuvre. Cherchant à s'éloigner de cette dernière perspective au profit d'une historicité plus grande, Jauss renvoie aux formalistes de Prague - qu'il critique d'autre part pour avoir prêtés aux tiers-parties des connaissances philologiques par défaut, quant ils n'étaient tout simplement pas ignorés -, en ce qui concerne l'effectuation de l'oeuvre, ou, pour reprendre les mots de Jauss, en ce qui concerne le passage de l'effet produit par l'oeuvre à sa réception. 3

Dans son article sur la critique de l'art, Encyclopedie Britannica Online, reprend les propos de Jauss selon lesquels "every work of art exists within a social and historical 'horizon of expectation'", avant d'ajouter, dans la même veine:

The aesthetic response elicited by the work often depends upon how much it does or does not conform to historically conditioned social expectations. Critical recognition and advocacy, as Jauss says, is a complicated response to an often complicated art. The history of art criticism is a narrative of of the response that made an aesthetic as well as social difference in the general perception and conception of art, often legitimating its change in direction.4












EN DÉVELOPPEMENT






(1) La source primaire de ce texte est d'ailleurs cette conférence. Intitulé Literaturgeschichte als Provokation, ce texte est disponible en version française sous le titre L'histoire de la littérature: un défi à la théorie littéraire et constitue le premier essai de la collection rassemblé dans
    JAUSS, H. R., Pour une esthétique de la réception, Gallimard, coll. "Tel", France, 1992, 333 pages.

(2) Préface de Jean Starobinski, de la collection d'essais citée précédemment, p. 18.

(3) Un peu étrangement, Jauss ne fait nulle mention de son collègue à Constance, Wolfgang Iser. Celui-ci c'est intéressé à l'acte d'interprétation "itself as it happens within the minds each of us as we 'perform' the text." Jauss cherchait véritablement à "rénover l'histoire littéraire", en faire une histoire des lectures basée sur la réception (acceuil du grand public, dans un premier temps et, subséquemment, le jugement des critiques.) Même si à première vue elle semble improbable, une compétition entre les deux pourraient expliquer que Jauss préfère renvoyer aux travaux de F. Vodicka (1941) plutôt qu'à celui de son contemporain. Hans Ulrich Gumbrecht, qui à eu Jauss comme "academic advisor", parle de W. Iser comme "partner and rival" de H. R. Jauss. Dans sa préface, Starobinsky comble cette oublie en assertant que c'est "à Jauss (et avec lui à Wolfgang Iser et à ses collègues de 'l'école de Constance') que revient le mérite d'avoir développé les lignes directrices d'une esthétique de la réception (...)"
Sources:
    Wilson Web Biography Refrence Bank, Biography from World Authors 1985-1990 (1995), pour la première citation et
    GUMBRECHT, H. U., From Oedipal Hermeneutics to Philosophy of Prescence, [An Autobiographical Fantasy], Telos, April 2007, 138, 18 pages (163 ss.)
, pour la deuxième et
    Op. Cit., p.13-4, pour la préface de Starobinsky.

(4) (de la Biography Reference Bank de Wilson Web, Biography from World Authors 1985-1990 (1995)




à Wolfgang Iser.

Daniel Quimper

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Daniel Quimper, Auteur de théâtre
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