LA FÉE
CARABINE
Exposé du 9 avril
2003
Beytrison Sophie
Décaillet Thibaud
Auteur du livre :
Daniel Pennac
éditions : folio
PLAN
1.
présentation des
personnages
2.
résumé
3.étude de
personnages :
- Benjamin Malaussène
- Inspecteur Van Thian / la veuve Hô
4. études des
thèmes :
-racisme
-considération de la
vieillesse (3ème âge)
-drogue
-corruption de la
justice
5.
avis
personnel
6.
questions
- Benjamin
Malaussène
On en parlera tout à l’heure plus
longuement.
- Van Thian/ Veuve Hô
- Pastor : policier, personnage important, c’est lui
qui dénoue l’affaire.
- Les vieillards : ils vivent chez Malaussène chez qui
ils se font désintoxiquer.
- Semelle : ancien
cordonnier.
- Risson : ancien
libraire.
- Verdun on ne
sait pas quel métier il exerçait avant, mais par contre on sait qu’il se drogue
à cause de la mort de sa fille Camille, il y a 67
ans.
- Rognon : ancien
boucher.
- Merlan : ancien
coiffeur.
- la veuve Dolgorouki : voisine de Van Thian, elle a été
égorgée.
- La fée Carabine : vieille veuve entraînée par
Stojilkovicz avec ses contemporaines pour se défendre de l’égorgeur de vieilles
dames. Assassin de Vanini.
- Thérèse : sœur de Benjamin, elle s’occupe des
vieillards, les rajeunit, les détend.
- La mère : elle passe sa vie à faire des
enfants, elle accouche et laisse Benjamin les élever. Elle change de mari à
chaque enfant.
- Julie Corrençon : la petite amie de Benjamin, elle
est journaliste et se bat contre les dealers de
vieillards.
- la reine Zabo : patronne de Benjamin, aux éditions
du Talion.
- Stojilkovicz : ami serbo-croate de
Benjamin.
- Cercaire : commissaire raciste,
malhonnête.
- Vanini : policier raciste, homme de
Cercaire, il meurt tout au début.
- Ponthard Delmaire : architecte
malhonnête.
- Arnaud Le Capelier : secrétaire d’état
malhonnête.
-Hadouch Ben
Tayeb : ami arabe de Malaussène. C’est chez lui que
Benjamin va faire
les « soupers du quartier ».
Genre
du roman
C’est
un policier mais pas traité de façon classique (superflic qui résout des énigmes
compliquées). Là, c’est un minable, pas puissant qui est le anti-héros (au
deuxième degré).
Titre
Nous
pensons que Daniel Pennac a intitulé ce livre, la fée Carabine, parce que
Jérémie, le petit frère de Malaussène, dit, chaque fois que quelqu’un est mort,
qu’il a été transformé en fleur par une fée. Et la fée est le
meurtrier.
Au
début, Vanini se fait descendre par une vieille dame qui transportait un fusil à
canon scié, d’où le nom La fée Carabine...
2.
Résumé
Belleville. Sept personnages en comptant le
chien et la plaque de verglas. Une vieille dame s’embarque pour traverser cette
plaque gelée. Un homme blond se précipite pour l’aider. Au moment où il atteint
la vieille dame, cette dernière se retourne et le transforme en fleur (le tue au
fusil à canon scié). Les deux arabes, l’enfant et le chien ont tout vu. Ce
Vanini, un flic raciste, s’est fait descendre par une vieille
dame.
Dès ce moment, les complications
s’enchaînent.
La police se rend sur le lieu du crime…
Rapports, constats… Le commissaire Cercaire aborde une vieille
vietnamienne.
Chez Malaussène, un troisième vieillard est
amené. Merlan, Verdun et Risson sont abrités là, Semelle y demeure souvent mais
n’y dort pas. Ce sont d’anciens drogués qui ont été ramassés par Julia, la
copine de Benjamin Malaussène. Ils sont en cure de
désintoxication.
Durant la même période, des meurtres de
vieilles dames sont commis, il y a aussi du trafic de
drogue.
Le commissaire divisionnaire Cercaire est
chargé de démasquer les trafiquants tandis que les inspecteurs Pastor et Van
Thian mènent leur enquête pour trouver le tueur de vieilles
dames…
Pendant la nuit suivante, une fille est
lancée par-dessus un pont, mais ceux qui voulaient la tuer ne se sont pas rendus
compte qu’elle était tombée dans une péniche. L’inspecteur Pastor se rend sur les
lieux pour comprendre. La fille est droguée. Elle est emmenée à
l’hôpital.
Lorsque l’inspecteur rentre au bureau, la
Vietnamienne du début est là. En fait, c’est l’inspecteur Van Thian, le collègue
de Pastor.
Pendant ce temps, un ami de Malaussène,
Stojilkovicz, organise des virées en autobus à travers les villes voisines, pour
distraire les vieilles veuves.
Le commissaire Cercaire fait irruption,
après quelques indices, chez Hadouch Ben Tayeb (un autre ami de Malaussène),
alors qu’ils ont un « dîner du bâtiment » (Malaussène, sa famille,
quelques arabes, veuves et serbo-croates du quartier). Le vieux Semelle était en
train d’expliquer qu’une petite infirmière brune lui avait refilé ce paquet
d’amphétamines que Ben Tayeb identifiait. C’est à ce moment précis que la police
entre dans l’appartement et embarque Hadouch, pris en « flagrant délit de
trafic de drogue ».
Pendant ce temps, la veuve Hô, alias Van
Thian, participe à un voyage organisé par Stojilkovic, et se retrouve dans des
catacombes. Là, toutes ces veuves sont équipées d’armes à feu (qui datent
d’avant la Première Guerre Mondiale), pour se défendre contre « la lame de
rasoir ». Il alerte ses collègues et Stojilkovicz est arrêté, lui aussi.
Quelques jours plus tard, la veuve
Dolgorouki est aussi transformée en fleur (égorgée au
rasoir).
Les recherches du côté de la drogue, se
rapprochent de plus en plus de celles du meurtrier. Le principal suspect :
Benjamin Malaussène.
Un jour, la veuve Hô se fait surprendre
dans son petit logement par Risson, le vieux drogué-libraire hébergé chez
Malaussène. Le vieil homme lui dit qu’il est venu chercher les quatre mille
francs qu’elle a dans la poche. L’inspecteur se fait plomber. Mais deux jeunes
Arabes coincent Risson et lui demandent pourquoi il fait ça ? Pour la
drogue… Les jeunes gens lui injectent une dose mortelle.
En même temps, l’inspecteur Pastor découvre
que les trafiquants de drogue ne sont autres que l’architecte Ponthard-Delmaire
et sa fille, avec la complicité du commissaire Cercaire.
La fille, Edith, a déjà été interrogée,
mais pas le père. Les deux policiers vont lui rendre visite. Pastor demande au
commissaire et à l’architecte de signer quelques papiers reconnaissant leur
culpabilité. Cercaire refuse et Pastor le transforme en fleur (lui fait éclater
la tête). Ponthard-Delmaire, homme plus responsable (surtout après avoir vu
Cercaire se faire descendre), signe les papiers. Malaussène, qui était derrière
la porte a tout vu. Puis Pastor, l’appelle et lui remet les photos qu’il a
perdues, il y a quelques jours en sortant de l’appartement de Julia, sa copine
disparue depuis un certain temps et
qui est, en fait, l’inconnue jetée par-dessus le
pont.
La police retrouve Risson mort. Van Thian,
malheureusement, ne va pas tarder à se retrouver dans un état similaire. La sœur
de Benjamin, Thérèse, vient quelques jours à l’hôpital pour détendre
l’inspecteur.
Le petit frère et l’autre sœur de
Malaussène, enlèvent Julia de l’hôpital.
Van Thian sort de l’hôpital et, accompagné
de Thérèse, rentre chez Malaussène. Il reprend le rôle du vieux Risson, qui
racontait des histoires aux enfants.
De son côté, Pastor part en voyage avec
« l’amour de sa vie », la mère de
Malaussène…
3. Etude des
personnages
Benjamin
Malaussène
Il est le personnage principal et le
narrateur. C’est autour de lui que tourne toute l’histoire. Il exerce le métier
de bouc émissaire professionnel, officiellement directeur littéraire, dans une
maison d’édition. Cela consiste à rattraper les bévues de l’entreprise en
attirant sur son sort la pitié de son interlocuteur.
« Bouc comme moi, bouc émissaire, à
l’origine de rien mais responsable de tout » (p.145)
« Bouc, vous l’êtes jusque dans la
moelle de vos os. Tenez, si en ce moment même on cherche le responsable d’une
grosse connerie dans la ville, vous avez toutes les chances d’être
désigné ! »
(p.24)
Il exerce cette profession de manière
purement alimentaire et non par intérêt. D’ailleurs, même sa description
physique sommaire, se modifie selon qu’il est au travail ou chez lui.
« L’employé en question était un type
sans âge et curieusement transparent qui répondait au nom de Benjamin
Malaussène »
(p.115)
« L’autre versant du reportage
présentait Malaussène en famille. Il y paraissait beaucoup plus jeune et bien
mieux défini. »
(p.116)
Il est affable, gentil, il a dans son
caractère tous les traits qui lui permettent de réussir dans cette profession
particulière et d’apitoyer les gens de son entourage. Ceci dénote sûrement d’une
connaissance approfondie de la psychologie humaine.
Benjamin Malaussène est aussi un homme
d’une très grande générosité. Fils aîné d’une famille nombreuse, il se dévoue
entièrement pour cette dernière et accueille chez lui les vieux drogués du
quartier. A la place de sa mère totalement irresponsable, il assume le rôle de
chef de famille, tant pour subvenir à leurs besoins que pour se préoccuper de
leur bien-être.
« Avant l’arrivée de Risson, c’était
moi, Benjamin Malaussène, l’indispensable frère aîné, qui servais aux mômes leur
tranche de fiction prénocturne. »(p.33)
Il s’applique avec le même sérieux pour
soigner les vieillards démolis par la drogue que lui amène Julie, sa
compagne.
« Mes vieux à moi sont miens,
compris ? La seule infirmière autorisée, c’est moi.
Pigé ? »
(p.78)
Il est aussi un ami infaillible et un amant
fidèle. Il aime Julie à en perdre la tête mais malheureusement pour lui, elle
est journaliste et consacre plus d’importance à ses enquêtes qu’à la relation
qu’elle entretient avec lui. Quant à lui, il passe le plus clair de son temps à
l’attendre et à s’inquiéter de son sort.
« - C’est Julia, je m’écrie. Et mon
cœur bondit tout seul vers la porte. » (p.37)
« Ma pensée à moi s’envole vers Julie,
vers ma Corrençon, vers ma journaliste de l’Ethique… »
(p.38)
« Où est Julie ? Je t’en supplie,
sois prudente. Ne déconne pas ma Julia. Méfie-toi de la nuit. Méfie-toi des
vérités qui tuent. »
(p.39)
« Mon but à moi, c’était Julia, mon
joli but secret, planqué bien profond sous la montagne des obligations, c’était
Julia » (p.133)
Il manifeste sa jalousie lorsque Pastor
s’approche de Julie pour son enquête. Ce sentiment s’exacerbe au fur et à mesure
que la fréquence des visites de Pastor augmente.
Lorsque Julie est évanouie, Pastor lui
parle à l’oreille.
« … Tout cela rend une petite musique
d’intimité qui m’empoisonne le sang. » (p.279)
« Pour tout dire, il commence à me les
briser menu, ce tueur mondain, avec ses « belles dames » susurrées
dans l’oreille sans défense de ma Julia » (p.279)
« Elle a
parlé !… et moi tellement soulagé, tellement heureux, mais tellement
anéanti par la jalousie que j’en reste sur place, comme si cette liesse ne me
concernait pas. »(p.280)
Il aime les gens et est
très tolérant, il accepte les failles des autres et essaie d’améliorer leur
quotidien. Ceci est largement prouvé par son genre de vie; tout le monde
n’accueille pas chez lui les vieillards drogués et solitaires. Il préférerait
parfois devenir raciste et méchant, suivre la grande majorité des
gens.
« Je voudrais
appartenir à la grande, belle Ame Humaine, celle qui croit dur comme fer à
l’exemplarité de la peine, celle qui sait où sont les bons, où sont les
méchants, je voudrais être l’heureux proprio d’une conviction intime, putain que
j’aimerais ça ! Bon Dieu, comme ça simplifierait ma vie ! » (p.216)
« Moi, Benjamin
Malaussène, je voudrais qu’on m’apprenne à dégueuler de l’humain… qu’on
m’apprenne le mépris ou la bonne grosse haine bestiale… » (p.215)
En conclusion, Benjamin
Malaussène est l’homme qui éveille tous les soupçons, qui rattrape toutes les
erreurs des autres, bien qu’il soit un homme totalement innocent et honnête.
(Excepté dans son travail, où il fait preuve d’une hypocrisie remarquable. Mais
Pennac nous montre très bien que sa fonction ne lui convient pas du
tout.)
Commentaire
Rôle de
Malaussène : il est le pilier de l’histoire, tout le livre tourne autour de
lui, sans lui l’histoire ne pourrait pas exister, il est celui autour duquel
tous les autres se rattachent.
A travers Malaussène,
Pennac semble vouloir nous montrer d’une part la tolérance, l’honnêteté,
l’innocence d’un homme, qualités qui ne sont pas forcément reconnues par la
société, et d’autre part, l’hypocrisie
qui n’est pas toujours facilement décelée et l’immoralité qui n’est pas
toujours sanctionnée. Il nous faut attendre la fin du livre pour rétablir un peu
d’équité.
Inspecteur Van Thian / la
veuve Hô
physique
Il a une double personnalité...
« ... D’un geste las, la vietnamienne
retira sa perruque de cheveux lisses, ce qui fit jaillir sur toute la surface de
son vieux crâne une bosse grise et clairsemée, mais raide comme la
fureur... » (p.57-58)
-(en inspecteur Van Thian) Cet un homme de
petite taille, un peu enrobé et âgé. Il a une peau jaune, qui lui vient de sa
descendance vietnamienne. Il est lent d’allure mais peut surprendre en rapidité
et en adresse lorsqu’il s’agit de vies en danger. Il hait la veuve
Hô.
-(en veuve Hô) Elle est vietnamienne. Elle
va d’un pas tranquille mais assuré. Elle a toujours sur elle une robe rose
parsemée de petites fleurs et parfumée au « mille roses d’Asie ». Elle
s’exprime en français accompagné de l’accent asiatique. Elle déteste
l’inspecteur Van Thian.
Psychologie
Déjà jeune, quand ses parents s’occupaient
d’un entrepôt de « pinard » dans lequel se trouvait un
« fumoir » que les étudiants fauchés fréquentaient, la nouvelle recrue
de police n’osait pas entrer chez lui (dans l’entrepôt) en habits de service,
alors il se déguisait en ouvrier.
Plus tard, étant inspecteur diplômé, il
n’est connu sous le nom de Van Thian que dans la police. Sinon, en civil, il se
promène sous la forme de « veuve Hô ».
« ... On avait vu la veuve Hô faire un
bout de trottoir avec des camés... » (p.99)
Il n’arrive pas à accepter sa propre
identité, alors il se persuade que c’est son métier qui veut qu’il se déguise.
Mais l’identité «veuve Hô » prend le dessus. Il ne quitte plus son parfum
et sa belle robe à fleurs. Ce costume va lui jouer un tour, car ayant rendu
visite à Malaussène, là où habite Risson, en veuve Hô et ayant brandi sous son
nez les 4000 francs, il va mettre l’eau à la bouche au vieillard qui va aller
chercher cet argent pour pouvoir se payer de la drogue. Ainsi l’inspecteur va
presque être transformé en fleur (blessé gravement par une balle de
P.38).
« ... L’inspecteur Van Thian n’était
pas mort. L’inspecteur Van Thian, dans sa robe de veuve ensanglantée ne valait
guère mieux, mais il vivait encore... » (p.253)
On peut donc en conclure, au niveau de la
psychologie, que Van Thian a été perturbé pendant sa jeunesse (honte de ses
parents), et cela se répercute dans son avenir.
Evolution
Au début du livre, l’inspecteur apparaît
pour la première fois en veuve Hô. L’auteur nous montre là qu’il est déjà
dépassé par cette seconde identité.
Il est quasiment toujours sous la forme de
la veuve Hô. On ne distingue pas une évolution flagrante au niveau de ce
personnage. L’inspecteur gagne quand même quelque chose.
« Chacun des deux désirait ardemment
la mort de l’autre ; c’était ce qui les maintenait en vie... »
(p.300)
Lorsqu’il est à l’hôpital, un dialogue
intérieur, malgré quelques cris, s’installe entre la veuve Hô et l’inspecteur
Van Thian. Mais l’homme a toujours le dessus.
Durant cette période, Thérèse passe le voir
tous les jours et le détend. Il est possible que cette femme lui ait rendu sa
vraie nature, car pendant les moments de relaxation, la veuve Hô disparaît pour
laisser un Van Thian entier.
Dans les dernières pages du livre,
l’inspecteur ne se cache pas des civils et ne se déguise
plus.
Conclusion : le fait que l’inspecteur
Van Thian prenne une balle lui a redonné confiance en lui. Son identité
masculine a repris le dessus.
Relation avec les autres
personnages
Van Thian est très asocial. Il n’arrive à
discuter qu’avec Pastor, son collègue. Avec les autres policiers, il est très
bourru.
« Van Thian n’honorait pas ses
visiteurs. Il ne répondait à aucune question, il ne rendait aucun
regard... » (p.304)
Par contre, la veuve Hô, malgré ses
problèmes de prononciation, discute volontiers. Par exemple avec Leila, la fille
qui lui apporte son repas ou encore ses voisines et même les jeunes de
Belleville
Van Thian s’ouvre après avoir été blessé,
d’ailleurs il remplace le vieux Risson pour raconter les histoires aux gosses (frères et sœurs de
Malaussène).
On peut en déduire que l’inspecteur devient
de plus en plus sociable au cours du livre. À la fin, il est exactement comme la
veuve Hô.
Rôle
Au début, on ne comprend pas ce qu’il fait
ici. Plus on avance dans le livre, plus il devient présent et important, on le
suit dans son raisonnement opposé à Benjamin Malaussène mais qui aboutit comme
lui.
Commentaire
C’est un personnage pour lequel aucun
sentiment ne m’a pris au début. Puis, après un certain temps, l’affection a
surgi ainsi que de la pitié...
Il est sympathique lorsqu’il raconte ses
histoires drôles mais on le sent possédé par la veuve Hô. Tout à la fin, c’est
un soulagement de voir qu’il est sauvé, car il doit apporter quelque chose aux
autres romans de cette collection (au bonheur des ogres, la petite marchande de
prose...).
4.
Etude des thèmes :
1.
racisme
Le racisme est un
élément clé de ce livre et il nous a semblé important de le relever, même si on
remarque une grande opposition entre les personnages racistes, le commissaire
Cercaire et ses hommes, du moins Vanini, et ceux qui se comportent avec
tolérance et humanité, la famille de Malaussène, les vieillards et Julie.
Les étrangers sont
responsables de tous les maux de la cité, d’ailleurs Vanini a causé sa perte et
s’est approché de la vieille dame en voyant les deux étrangers sur le trottoir
d’en face car il les suspectait de vouloir agresser cette
dernière.
« Il était
Frontalement National, le blondinet, en sorte qu’il avait eu à réfléchir
objectivement sur les dangers de l’immigration sauvage ; et il avait
conclu, en tout bon sens, qu’il fallait les virer vite fait, tous ces crouilles,
rapport à la pureté du cheptel français d’abord, au chômage ensuite et à la
sécurité enfin. »
(p.14)
Cercaire, dans presque
tous ses discours, ajoute un mot insultant pour les étrangers.
« Et, je respecte
les intellectuels dans votre genre Malaussène, mais je ne les laisserai pas se
mettre en travers de ma route quand il s’agit de coincer un bougnoule qui fait
dans la came. »
(p.88)
« Je respecte
votre goût pour l’exotisme maghrébin, mais jusqu’à un certain point seulement,
pigé ? »
(p.89)
Ces citations nous
prouvent aussi que comme il s’adresse à Malaussène, ce dernier n’est en tous cas
pas raciste.
Pennac parle beaucoup de
racisme dans ce livre, il semble vouloir s’y opposer en nous montrant que cela
existe, il émet ses idées discrètement, de façon sous-jacente et avec humour en
parlant par exemple de Vanini, ou simplement en finissant l’histoire avec
Malaussène libre et Cercaire et Vanini tués. On voit très bien qu’il caricature
les personnages odieux et il s’identifie sûrement à Malaussène.
Le racisme est
malheureusement une réalité de la société et particulièrement des villes
françaises où les habitants des ex-colonies se sont implantés en grand nombre,
ce qui exacerbe le rejet.
2.
considération de la vieillesse
On nous présente le
troisième âge comme une race « délaissée », qui n’a plus sa place
ici.
Conséquences : les
grands-pères se droguent pour oublier leurs problèmes. Evidemment, ils finissent
par être transformés en fleur (tués par overdose) et laissent derrière eux des
veuves, le plus souvent vieilles et riches. Mais les vieillards qui se shootent
ont besoin d’argent pour se payer leur « moment de plaisir ». Ceux qui
sont pleins aux as (riches) n’ont aucun problème, mais les pauvres, en
particulier Risson, doivent trouver de l’argent, alors ils transforment en fleur
(toutes les manières sont possibles, il suffit d’avoir de l’imagination) les
veuves laissées par leurs riches maris défunts, et continuent leur cure
d’ « intoxication » jusqu’à ce qu’ils soient eux aussi
transformés en fleur (overdose).
Les personnes qui
fournissent les doses aux vieillards n’ont qu’un seul but : L’ARGENT... (Voir
corruption)
Pennac met en scène les vieilles
personnes, car c’est un bon tiers de la population, mais qui est laissée parce
que :
-elle n’est plus à la mode
-elle est fatigante
-elle est malade
-perd la mémoire
-elle ne sert plus à rien
-elle coûte cher
...
Une vieille personne qui
n’a plus de conjoint(e) ou d’ami est malheureuse, mais elle se bat. Dans le
livre, on nous présente les veuves comme des guerrières. Elles apprennent à
utiliser des armes à feu. Elles ont encore envie de
vivre.
Ce n’est pas le thème
principal, mais il faut en parler car c’est un sujet qui nous préoccupe
tous
3. La
drogue
On nous présente des
vieillards sans plus aucune ambition, qui se droguent. En fait, l’histoire
révèle qu’ils sont drogués par des promoteurs et des flics pourris sans
scrupule, qui convoitent leurs habitations. Ces vieux
les dérangent dans leurs projets et leur désir de cupidité, ils les rendent
dépendants à la drogue pour s’en débarrasser.
L’auteur nous montre à
quel point notre société est touchée par ce problème et qu’on ne se rend pas
toujours compte de ce que cela représente. Mais pourquoi des
vieillards ?
Ils sont présentés là
par Pennac, comme les veuves armées jusqu’aux dents, pour attaquer les problèmes
graves de la société (drogue, violence...) par l’humour.
Après réflexion, on
comprend que ce ne sont pas toujours des jeunes qui font des
« bêtises », mais que d’autres classes d’âge en sont tout autant
capables. Les jeunes sont considérés comme de sales gamins, mal élevés... En fait, ils savent que
la ville est pleine de policiers en civil, donc ils n’osent rien faire. Et
pourtant,
s’ils le pouvaient, ils
mettraient la main sur l’égorgeur de mémés.
«Les rues sont pourries de flics discrets
comme des Vanini, les gosses le savent et ils ne bronchent pas, c’est tout.
Même, ils seraient les premiers à mettre la main sur le dingue au rasoir que ça
ne m’étonnerait pas... » (p.61)
Tous les inspecteurs
sont à peu près sûrs que la « lame de rasoir » est un jeune. Dans
cette histoire, les gosses font semblant d’effrayer les veuves, mais en réalité,
ils les protègent.
« ...Ces mômes ne voulaient pas voler
la veuve Hô. Je dirais même plus : ils l’ont protégée !... »
(p.60)
Le moteur de la drogue,
c’est l’argent. Certains policiers, promoteurs immobiliers malhonnêtes
qui veulent se débarrasser des vieux utilisent de la drogue abusivement pour les
rendre dépendants et, ainsi « se faire du fric » sur leur
dos.
Ils s’attaquent à des
personnes « faibles », qui ont des problèmes familiaux, affectifs,
psychologiques... ce sont des cibles car elles sont naïves et croient ce qu’on
leur dit.
Les vieillards, entre
autres, font partie de cette catégorie, du fait qu’ils sont souvent seuls,
malades, fatigués ou démunis.
C’est un thème difficile
à traiter, mais important. On parle beaucoup de ce problème, et pourtant on
peine à trouver des solutions satisfaisantes.
4. La
corruption de la justice
Arnaud le Capelier, l’architecte Ponthard Delmaire et Cercaire se sont réunis pour droguer les
vieillards, dans le but de les envoyer en maison de retraite afin de transformer
leurs maisons et de les revendre au prix fort.
La fille de l’architecte
est engagée par Arnaud le Capelier pour amadouer les
vieillards, elle le fait pour se venger de son père qu’elle croit honnête. Quand
elle apprend qu’il est complice, elle se suicide.
La corruption est
énormément évoquée dans le livre. Là encore, Pennac s’oppose. A la fin, il
rétablit la justice ! On trouve dans cette histoire des personnages très
honnêtes qui luttent pour elle, par exemple, Pastor, Malaussène et Van Thian. On
remarque que la fin de l’histoire est favorable à ces derniers.
Pastor part avec la mère
de Malaussène, soi-disant la femme de sa vie, Malaussène se retrouve chez lui,
avec sa famille et Julie en bonne santé, et Van Thian oublie sa solitude et
s’installe chez les Malaussène ; il remplace Risson pour raconter les
histoires aux gosses.
5. Avis
personnel
Sophie
J’ai trouvé ce livre
très intéressant, au début, je n’ai pas vraiment aimé le lire, il a fallu que je
m’accroche, mais plus j’avançais, plus il me plaisait ! Cette façon que
Daniel Pennac a de faire de l’humour en parlant de réalités grave comme le
racisme m’a beaucoup plu. Certaines de ses comparaisons ou de ses jeux de mots
sont à la fois étranges et drôles.
« Elle est belle comme une bouteille de
coca remplie de lait. » (Malaussène parlant de sa
mère juste après son accouchement)
« Il était frontalement
national… » (Malaussène évoquant Vanini)
En même temps, ce livre
est très compliqué, autant à analyser qu’à lire. J’ai décroché une fois pendant
quelques jours, je n’ai pas lu une seule ligne, en m’y remettant, j’ai eu
beaucoup de peine à reprendre le fil.
Thibaud
La lecture des 30-40
premières pages était difficile et j’ai dû m’accrocher pour commencer ce
livre.
Après, j’étais content
de l’avoir lu, car il est intéressant et comique. Malgré les moments pénibles,
je l’ai fini. Je lirais volontiers les autres
prochainement.
La plume de Daniel
Pennac est maligne et drôle, certaines fois un peu grossière mais pas
choquante.
Ensuite, le travail
d’observation n’était pas évident, car le livre n’est pas construit d’une
manière traditionnelle. Il faut réussir à lire entre les lignes pour comprendre
ce que sous-entend l’auteur. C’est ce qui fait son
charme !
Le personnage que j’ai
traité (inspecteur Van Thian/la veuve Hô) était compliqué, difficile à cerner,
mais attractif et intéressant parce que complètement
inattendu.
En bref il m’a beaucoup
plu et je pense que je ne l’aurais pas lu de mon plein
gré.