Prague

    


         
Apr�s Bratislava la d�serte et Budapest l'endormie, j'ai continu� mon tour des capitales de l'Est par Prague, v�ritable joyau pr�cieux enserr� dans l'�crin des collines tch�ques.
   
            A Prague les �poques et les styles architecturaux se sont succ�d�s sans que le petit nouveau ne vienne "d�caniller" (les amateurs de p�tanque comprendront) l'ancien; il en r�sulte une riche cohabitation de b�timents d'�ges divers: baroque, classique, n�o-baroque se c�toient sans se heurter, r�jouissent l'oeil sans f�cher l'esth�tique.
         Quel plaisir de se promener au fil des rues, certaines tortueuses et un peu sombres, d'autres larges et anim�es, mais toujours int�ressantes et surprenantes.
           Le passage oblig� de Prague c'est le pont Charles (du nom du roi qui l'a fait b�tir), qui enjambe la rivi�re et permet de se lancer � l'assaut de la colline de Prague, domin�e par le ch�teau. Ce pont est ponctu� de statues (mon ignorance en mati�re religieuses m'emp�che de vous en faire l'article, mais elles sont belles) qui regardent onduler le flot des passants. Tout du long se succ�dent musiciens, chanteurs, portraitistes, caricaturistes, vendeurs d'aquarelles... Les Parissens ne seraient pas d�pays�s.
         
            N'h�sitez pas � monter en haut de la tour, � l'entr�e du pont, pour une vue magnifique sur les toits de Prague. Parlant de tours justement, je vous dirais que les Tch�ques sont de grands amateurs de hauteurs. Il y a des tours partout! Et bien s�r, quand on dit tour, on dit grimper!
            La tour de la cath�drale du ch�teau est une �preuve, � d�conseiller aux claustrophobes. Un petit escalier en colima�on, �troit et sombre, monte, monte et monte encore, ind�finiment, lan�ant ses marches l'une apr�s l'autre, sans palier. On n'en voit pas la fin, il n'y a pas d'endroit o� faire une pause et...il y a plus de 300 marches � gravir.
              Ajoutons un obstacle int�ressant: le flot de visiteurs va dans les deux sens, et il n'est pas facile de croiser quelqu'un dans un tel escalier! Le coeur battant dans la poitrine, l'estomac nou�, le front moite, vous d�boucherez enfin au sommet de la tour, mais n'aurez qu'une h�te: vous �crouler sur un banc pour reprendre enfin le contr�le de votre coeur qui bat la chamade. Mais ne redescendez pas encore! Le point de vue est splendide, car Prague est  tr�s verdoyante. Profitez-en.
           Autre �preuve de la cath�drale (tiens, on se croirait dans Fort boyard...), c'est la descente dans la crypte: l� encore, �mes fragiles s'abstenir, car c'est un peu oppressant de descendre, bouscul� par la foule (parce qu'�videmment, il y avait foule ce jour-l�), un �troit escalier de pierre qui vous m�ne dans une crypte tr�s basse de plafond, peupl�e de tombeaux, sarcophages et fant�mes.
            L'air y est rare et ti�de, il y a foule, et ceux dont l'imagination va galopante pourraient craindre, au choix, l'effondrement de la vo�te, l'ouverture des sarcophages, ou un mouvement de panique qui vous laisse sans ressource face � une foule puissante qui cherche d�sesp�r�ment � retrouver la sortie. Ouf, c'est  fini!

           De retour parmi les vivants, terminez de visiter cette magnifique cath�drale, avant de grimper dans la tour poivri�re (h� oui, Prague et les tours, je vous le disais, c'est une belle histoire d'amour!). L�, il y a des collections de meubles anciens, vieux instruments (musique, math�matique, astronomie...). Fatigu�e par toutes ces �motions je cherche � m'asseoir, j'avise une chaise et... devinez? J'y prends place! Pour voir arriver un jeune homme indign� qui m'explique que cette chaise date du 17�, que c'est un objet d'exposition et non d'usage... oups, je suis vraiment confuse, d'autant que tout le monde nous regarde en rigolant! Bon, mais ils n'ont qu'� mettre des panneaux ou un filin, aussi, puisqu'il ne faut pas s'asseoir!
             Balade dans les vieilles rues pour se remettre. En effet, autour du ch�teau et de la cath�drale s'agencent un couvent et d'autres b�timents, autour d'un entrelacs de ruelles d�licates. Au d�tour de l'une d'elles nous nous trouvons face � deux jeunes hommes qui chantent (d'une voix fausse) en s'accompagnant d'une guitare un morceau de hard-rock espagnol... incongru, en plein milieu de Prague!
             Dans ces ruelles beaucoup d'artisans: peintres, verriers...C'est tr�s anim�, agr�able, color�... on y entend parler fran�ais, anglais, il y a �norm�ment de touristes.

              Passez une journ�e � visiter le quartier juif: synagogues et cimeti�re. Le cimeti�re est constitu� de plusieurs couches de tombes: en effet, au fur et � mesure de l'augmentation du nombre de gens � ensevelir, on manqua de place; donc, on a rajout� une couche de terre pour ensevelir les morts, et puis encore une autre, et puis... au final, il y a 14 couches. Donc on peut voir des pierres tombales dont seul le sommet d�passe, et d'autres � moiti� enterr�es, et d'autres encore compl�tement en surface.

                 Prague c'est une atmosph�re; il faut fl�ner dans les rues et se laisser le temps de la saisir au vol. La ville est m�ridionale, on se croirait un peu en Italie, ou dans le sud de la France. Les boutiques restent ouvertes tard (21:00...� Vienne c'est � 18:00, comparez!).
                  En vrac, Prague c'est aussi des vignobles sur les hauteurs de la ville, une temp�te de neige en plein mois d'ao�t (c'est le tournage d'un film!), de la musique (les caveaux de jazz!), un tour de p�dalo autour des piliers du pont Charles...

                   Ces quelques souvenirs tch�ques ne seraient pas complets s'il n'y avait pas un passage gastronomique, n'est-ce pas? Fid�le � moi-m�me j'�voquerai donc...
                
la goulasch! Internationale (on en mange aussi bien l� qu'� Vienne, Budapest ou Bratislava) elle est servie ici avec des Kn�del, de grosses boules � base de mie de pain ou de pommes de terre, qui �pongent remarquablement bien la sauce savoureuse.
                
les Kn�del, justement: natures, elles sont un accompagnement d�licieux des plats en sauce. Mais elles peuvent aussi �tre au lard, aux herbes, au bacon... et constituent alors un plat � part enti�re, accompagn�es de chou rouge marin� (avis aux connaisseurs: qui aurait la recette du chou � l'aigre-douce???) et de sauerkraut sucr�e-sal�e.
                
le gibier: en France, la consommation de gibier est tr�s r�glement�e, surtout pour les restaurants. Ici, nous avons mang� du faisan, du cerf,...pr�par� de fa�on d�licieuse 'avec de la cr�me de petits pois, du chou rouge...). Un r�gal, surtout si vous savez ne pas vous casser une dent sur un petit plomb...
               
les desserts: difficile de manger un dessert apr�s une goulasch, des Kn�del... donc, r�servez-vous pour le go�ter. Une sp�cialit� ici, c'est le beignet! Ils sont d�licieux.
            Avis aux nostalgiques de Vian (ou �tait-ce Rimbaud?):
l'absinthe est en vente libre, ici.
            Pour r�sumer, 20/20 � la gastronomie tch�que. En plus, �a ne co�te � peu pr�s rien (disons 20 francs pour un plat, servi pour un r�giment bien s�r).            
                                          
             Un b�mol: il y a plein de suppl�ments rajout�s � votre note! Le service, notamment, et puis  le pain. Bon, �a reste hautement raisonnable, simplement il faut �tre pr�venu!

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