Grand Remersdael

dernière dépêche:

De notre correspondant Liégeois pour cyclotour.

Dimanche, les ménages belges et hollandais, calfeutrés dans leur habitation, interrompaient la monotonie de leur journée, parsemée de tartes au corin, de café tiède du thermo et de blagues douteuses lancées par leur beau-frère, en écoutant à la radio, ou à la télévision pour les plus aisés d'entre eux, les denières conséquences de la tempête sévissant sur leurs contrées.

Les arbres tombés sur les passants ou les automobilistes malchanceux, les chiens et enfants arrachés à leurs parents ne pouvaient toutefois remplacer l'évènement sportif dominical, le tour de REMERSDAEL, sans aucun doute en passe d'être annulé en raison des conditions climatiques désastreuses.

A 17 heures précises, persuadés de visionner, une fois de plus , les rétrospectives des victoires de MERCKS ou ANQUETIL dans la grande boucle, le public put constater avec surprise et contentement, que 60 % du peloton était présent sur la ligne de départ pour entamer, en direct, une des classiques les plus éprouvante du tour du pays de Herve.

Jaquot, Piet den boer et le Grand Mic avaient répondu avec courage à la décision des organisateurs de maintenir la course au mépris de leur sécurité.

Le vent redoublant de violence, l'infâme Bruno fût saisi subitement d'une sinusite et quitta le lieu du départ, non sans avoir donné un coup de pied discret à pataud et ouvert les fenêtres à chaque extrémité du chateau de Warsage en laissant traîner sur les lieux des effets personnels de son frère Baudouin.

Santé fragile diront certains, maladie diplomatique affirmera Piet den boer décidemment friand de déclarations tapageuses.

Gras Bouli, quant à lui, ne mangeait ni frites ni beignets, mais pratiquait, à l'instar de Patrick, son sport de tapette des dimanches printaniers.

Un rythme soutenu pour arriver à la descente de Stroovenbosch, où Piet den boer ne tarda pas à se mettre en exergue.

Ce dernier lanca même une attaque un peu plus tard et il fallut toute la vigilance du Grand Mic pour faire avorter dans l'oeuf cet assaut prématuré.

La tactique s'avéra payante car Jaquot, assimilable en cela à son frère cadet et absent, profita lâchement des efforts dispensés par le Grand Mic pour lancer une offensive au pied du bois rouge qui laissa les autres coureurs sur le carreau.

L'ombre de l'aigle de la route devait insidieusement planer sur les esprits les plus purs car cette agression fut exécutée dans le dos.

La montée du col fut indescriptible.

Les coureurs affrontèrent la nature déchaînée, comme soucieuse de les faire renoncer à la compétition: vent en rafales, pluie, et même grêle quand rien ne semblait pouvoir altérer leur abnégation.

Tous franchirent le sommet la tête haute.

Seul Jaquot, décidément sous l'emprise maléfique de son odieux frangin, prétexta, sans succès, des maux de tête dont il n'osa d'ailleurs plus faire état par la suite.

La descente vers TEUVEN permis à Piet den boer de justifier la confiance que son sponsor Peugeot avait, selon nous à tort, placée en lui.

Le second col de première catégorie fut en tout point conforme au bois rouge.

Jaquot mis tout le monde d'accord et Piet, pourtant en progrès, terminait derrière le Grand Mic, en mal de sensations.

Le long passage valloné n'appelle pas de commentaire particulier, si ce n'est une petite démonstration de puissance du Grand Mic sur plat que les deux frères TIM ne purent accrocher.

La remontée après REMERSDAEL s'annonca beaucoup plus périlleuse pour Jaquot, lorsque le Grand Mic aborda cette nouvelle difficulté en rythme laissant s'exprimer son talent naturel.

Le duel tourna pourtant à l'avantage de Jaquot dans cette première butte.

La seconde, plus longue, ne put être abordée à la même allure.

Jaquot moins en verve s'exposa à l'explosion du Grand Mic qui, bien que rattrapé sur les derniers mètres, franchi la ligne le premier, aidé par son coup de rein légendaire et, il est vrai, par la couardise de Jaquot n'osant poursuivre son effort craignant de traverser le grand route prioritaire, placée étonnament juste après l'arrivée de cette côte de 2ème catégorie.

Le Grand Mic prouvait, s'il en était besoin, que Jaquot n'était pas invincible en côte, désavantagé par un sens de la tactique peu prononcé.

La descente vers Aubel révéla le Grand Piet qui eu le mauvais goût de poursuivre son offensive sur la route sinueuse vers Val dieu.

Une démonstration de puissance à rendre jaloux le bon Patrick.

Piet fut rejoint, reparti, fut à nouveau rejoint, se laissa distancé par une attaque de Jaquot.

Le Grand Mic alla chercher par l'oreille ces brebis présomptueuses et l'arrivée à l'abbaye se déroula, comme toujours, serions-nous tentés de dire, au sprint.

Nous passerons sous silence le déroulement de ce dernier au risque de salir un sport qui souffre seulement des comportements inadéquats de petits crétins qui sous le couvert de la sacrosainte "course d'équipe" se permettent d'étouffer l'eclosion de talents neufs, de ternir l'éclat de diaments à l'état brut.

Jaquot arriva premier, visiblement toujours possédé par l'infâme que des témoins, désireux de garder l'anonymat, ont par ailleurs apperçu, un bidon d'huile à la main, dans la descente des trois bornes.

Ou quand la méchanceté n'a d'égal que la bêtise...

La dernière difficulté fut un combat contre eux-mêmes, contre les éléments hostiles et contre la distance sans cesse rallongée des étapes.

52 Km dans de telles conditions forcent au respect, à l'admiration.

Plus tard, lorsque ces héros en culotte courte, ces robins des bois du 2 roues, ces thorgal des temps modernes auront tourné le dos à leur carrière prestigieuse, ils porront affirmer haut et fort à leur progéniture: "j'y étais fiston,...j'y étais".

Avis:

La présence du peloton à l'amstel le 1er juin prochain est confirmée.

Les coureurs partiront en avion de Warsage à 10 heures précises (Piet den boer, l'infâme Bruno et le Grand Mic sont déjà inscrits).

Les mauvaises langues, dont le Grand Mic, qui prétendaient que L'infâme Bruno était toujours partant, jamais parti, feront peut-être preuve d'un peu plus de bienveillance à l'avenir.

L'aigle de la route n'est toutefois pas encore parti...

Nous attendons la confirmation de Jaquot qui ne saurait tarder et même, aux dernières nouvelles, de moumou qui revient d'un stage en altitude. 1

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