Ong Thong Hoeung
citoyen d'honneur de Woluwé-Saint-Pierre



Le 7 novembre 2005, Monsieur Ong Thong Hoeung s’est vu décerner le titre de « citoyen d’honneur » de la commune de Woluwé-Saint-Pierre (Belgique) par le bourgmestre (maire) et sénateur honoraire Jacques Vandenhaute. Plus haute distinction
honorifique conférée par la commune, ce titre vise à encourager les personnalités,
écrivains, artistes ou hommes politiques qui, par leurs talents ou par leur courage, ont
lutté pour la démocratie, le développement et la liberté de pensée. Parmi les
personnalités récompensées figurent notamment le Dalaï Lama, Aung San Suu Kyi et
Ingrid Bétancourt.
Devant une assistance composée de Belges, Français et Cambodgiens, le bourgmestre
Vandenhaute a rendu hommage à Monsieur Ong pour son livre « J’ai cru aux Khmers
rouges », publié en 2003 (éd. Buchet-Chastel). Le bourgmestre relève que l’auteur y
livre un témoignage sur la vérité historique empreinte de sincérité politique et éthique.
Jacques Vandenhaute a également insisté sur les qualités littéraires de cet ouvrage « qui
se lit comme un roman ».
«J’ai cru aux Khmers rouges» raconte la «vie d’enfer» sous les Khmers rouges subie
par Monsieur Ong et son épouse. Pendant deux ans et demi, leur quotidien, ainsi que
celui de l’ensemble de la population cambodgienne, fut synonyme de travaux forcés, de
faim, de peur, d’humiliation, de «rééducation». Monsieur Ong témoigne de la
politique de secret du régime communiste de Pol Pot, ce secret si bien gardé qui a
permis aux dirigeants khmers rouges d’illusionner des milliers de Cambodgiens
idéalistes et dévoués pour reconstruire leur patrie ravagée par des années de guerre
civile.
De son côté, Monsieur Ong a remercié la commune de Woluwé-Saint-Pierre pour cette
distinction honorifique. «J’ignore quels sont les droits et privilèges associés à la
citoyenneté d’honneur, mais j’espère du moins qu’elle m’aidera à me sentir plus en
sécurité lors de mes voyages au Cambodge», a-t-il lancé en guise de clin d’œil à
l’adresse de son pays où la sécurité est loin d’être assurée pour toute personne critiquant
le régime. Monsieur Ong a souligné qu’il a rapidement considéré la commune de
Woluwé-Saint-Pierre comme la sienne. Même après avoir déménagé de celle-ci, il
avoue continuer à fréquenter quotidiennement sa bibliothèque communale. Monsieur
Ong a conclu qu’il était citoyen de cette commune et qu’il le resterait avec un effort
dédoublé pour être digne de l’honneur qui lui avait été accordé.
Bravo encore à Monsieur Ong et à son épouse pour le courage et la ténacité dont ils ont
fait preuve dans cet épisode particulièrement douloureux qu'ils ont traversé main dans la
main et dont ils sont sortis la tête haute, et pour la renaissance extraordinaire qu'ils
ont vécue dans un pays d'accueil d'une toute autre culture, pays devenu si cher à leur
coeur.
Oui, c'est un titre qu'il a amplement mérité, et Monsieur Vandenhaute a su le
reconnaître.
Par Janine Masse