Rue-
photo sans titre - 1940
** Naked City
Le titre fut racheté par la production de
1948 pour le celèbre film noir de Jules Dassin
(USA) |
The Public Eye
(L'oeil public - 1992)
Film injustement malmené par la critique lors de
sa sortie.
Malgré quelques défauts de scénario,
cela reste un film noir prenant et réussi.
Le personnage central, reporter-photographe à
New York, a directment été inspiré par le vrai Weegee,
et les traits et maniéres d'agir du personnage sont réels.
L'intrigue ne l'est pas, mais beaucoup de détails ont un fondement
historique, depuis la voiture
{**}transforméé en laboratoire de développement
, le récepteur de fréquences d'urgence , jusqu'au "livre"
que le photographe trimballe partout (image de Weegee préparant
son fameux album paru en 1945: Naked City).
En passant par le marche noir(!) des annees de guerre,
historique, lui aussi !
La prestation de Joe Pesci, incarnant le photographe,
est tout bonnement formidable. |
Bowery
cette cour des miracles
où les chanceux dormaient dans les "flophouses" à 20 cents,
et où les autres cuvaient à méme la rue, et ce jusqu'à
la fin des années 50. On estime que plus de 30.000 personnes hantaient
cette avenue des laissés pour compte
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Weegee
| Photo noire?
Il est certain que Weegee n'a consciemment pas tenté
de créer un style photographique qui se voulait l'émanation
de la littérature noire américaine.
Le qualificatif vient plutôt du regard que Weegee
apporta et du genre de scènes qui retinrent son attention.
Sa vision réaliste, dépassée par
l'événement, son constat de la corruption et de l'échec
présents partout dans la société qui l'entoure, ainsi
que sa description de la survie des défavorisés du sort,
l'apparentent au mouvement noir, sans aucun doute.
Sans oublier ses qualités esthétiques au
service du sujet de la photo, visualisation spontanée, mais évidente,
de ce que nombre d'écrivains incorporent dans leurs écrits.
Tout cela l'apparente à la même démarche
que celle contenue le roman noir moderne.
Cela m'a frappe depuis que je connais ses photos.
Il semble que je ne soit pas le seul...
EB
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Naked
City
Pour 5$ l'épreuve,
dans les années 30 et 40, le reporter-photographe qui passait ses
nuits dans les rues de la ville, dormait à peu près n'importe
où, vendait aux journaux de New York ces photos saisissantes en
noir et blanc qui racontaient les drames de la rue de cette ville
dejà gigantesque.
Arthur
Fellig, surnommé Weegee, ce photographe "instinctif" ne croyait
qu'à l'instantané, à l'enregistrement à chaud
des scènes dramatiques de la vie quotidienne, scènes captées
par son Speed Graphic de reporter dont le flash éclairait de manière
impitoyable les drames nocturnes des rues de New York.
Au
délà du fait divers, Weegee décida de fixer l'image
des témoins en plus de celle des victimes et des coupables, créant
ainsi une fresque dure et précise qui révélait les
aspects sombres et cachés de la Ville, qui faisait apparaître
la Naked City (Cité sans voiles)**- [ comme
il qualifia lui-méme un album rassemblant quelques unes de
ses photos marquantes en 1945].
New
York Noir
Des
10 années passées dans les rues de New York, de 1935 à
1945, pour alimenter les quotidiens locaux en photos de faits divers ou
d'évènements spectaculaires, Weegee ramena une moisson incroyable
de documents en noir et blanc, parmi lesquels les meurtres, les gangsters,
et la violence avaient une place importante.
Sa
maniére de fixer dans ses clichés les masses blanches et
les zones d'ombre, ainsi que certains détails en demi-teintes,
capte l'atmosphère réaliste des événements,
le tout soutenu par un cadrage infaillible soulignant discrètement
l'aspect dramatique de l'instant saisi.
Sans
formation artistique, sans vouloir se comporter en photographe d'élite,
Weegee, en suivant son instinct et ses qualités de voyeur de génie,
fixera sur photos un compte-rendu dur, réaliste et sans concession,
d'une ville et de ses habitants.
Cadavres
d'hommes abattus en rue, coupables emmenés par la police, gangsters
se cachant la face, badauds effrayants se délectant de l'horreur
du quotidien, incendies que les pompiers ont difficile de maîtriser,
tout est là!
(
voir: notre galerie de photos)
Il
jeta aussi un regard cru mais compatissant sur les épaves et les
victimes de la vie dure de New York, tels les clochards et les poivrots
réfugiés dans le Bowery (**)
Ou
encore sur les victimes de chauffards, la famille des gens assassinés,
les gosses entassés dans les taudis malsains de la cité...
Le
New York Noir des années 40.
Et
l'humain...
Les
gens de toutes conditions, rencontrés au hasard ou dans les endroits
peu orthodoxes de la ville que Weegee frequentait systématiquement,
furent un des sujets pricipaux de ses photos. Et ce, comme nous l'avons
souligné précédemment, dans le contexte de ses
reportages sur les faits divers mais aussi indépendamment, pour
rendre compte du traitement de l'humain dans la machine folle qu'est une
très grande ville. Et ce furent des photos à chaud de la
misère, de la solitude, de l'arrogance des nantis, ou de la folie
ordinaire des habitants de New York.
Ce
côté quasi sociologique de son oeuvre est sans aucun doute
un des éléments qui attirèrent l'attention de certains
spécialistes de l'époque.
D'autre
part, ses qualités intrinsèques de photographes sont évidentes,
même en dehors des sujets qui l'ont rendu célébre.
Pour
vous en persuader, contemplez la marée humaine visible sur l'extraordinaire
photo qu'il a prise de Coney Island Beach un jour de canicule en 1940,
et vous serez à jamais convaincu que la terre est infestéés
d'hommes!!
Weegee
the famous (1899- 1968)
Tel
était le logo qu'il tamponnait au dos de ses clichés pour
qu'on puisse se souvenir de lui.
Sa
vision et le soin apporté aux tirage des photos en faisait un véritable
auteur, et, à son étonnement, il fut assez vite reconnu
comme tel par des spécialistes de l'art photographique de New York.
Dès 1941 la Photo League locale organisa une exposition solo pour
Weegee: "Murder Is My Business".
Sa
réputation allant grandissante il finira par devenir photographe
à Hollywood en 1948 et le conseiller en photographie de certains
films (notamment pour "Dr Folamour" de Kubrick, lui-même photographe
avant de devenir réalisateur)
Dans
la dernière partie de sa vie Weegee se lança dans quelques
essais sur les techniques photographiques, et s'intéressa brièvement
à celles du cinéma.
Mais
ce sont les dix ans d'instantanés des rues de New York qui resteront
à tout jamais le chef d'oeuvre noir de ce génie du regard.
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